Le château Malvand, dit aussi château de « La Malvande » ou Résidence « La Tour », est un château situé dans la commune de Pregny-Chambésy, dans le canton de Genève, en Suisse.

Localisation gauche|vignette|Photo satellite, par Swistopo, du château et de son domaine. Au fil de son existence, le château connaît diverses appartenances historiques, relevant notamment du Royaume de France depuis sa construction jusqu'à l’intégration de la commune de Pregny à la Confédération suisse, le ..

Le château se dresse dans la localité de Chambésy, au sein du sous-secteur du Vengeron, plus précisément au lieu-dit La Capite. Le domaine s’étend sur une superficie totale de .. Histoire

Résidence « La Tour » Le document le plus ancien relatif à ce domaine remonte au .. À cette époque, les frères André et Gonsalve de Malvenda, membres d’une famille noble originaire de Valence et affiliée à la Monarchie catholique espagnole, possèdent ce vaste domaine. Celui-ci s’étend sur les vignobles du coteau de Chambésy, les terres et bois de la Foretaille. Le bâtiment principal, alors existant, est dominé par une imposante tour qui lui vaut son appellation : la résidence « La Tour ». En , André, fils de Gonsalve, accède à la seigneurie du domaine. Le domaine et la résidence demeurent dans la même famille jusqu’en , année où le domaine est divisé en trois parts à l’occasion de la succession des filles de Melchior. Andréa, épouse du sieur de Choudens, hérite de la résidence « La Tour Malvand » ; Françoise, mariée à Jean Fabri, reçoit une partie des terres du domaine ; et Élisabeth, unie à Jean Blondel, obtient par son mariage la maison de maître dite « La Coudira ».

Andréa de Choudens-Malvenda eut une fille, Aimée, qui épousa Jean-François de Malherbe. En dot, elle apporta toute la résidence « La Tour Malvand » à son époux. En , Jean-François de Malherbe vendit la résidence à Samuel Malcontent.gauche|vignette|196x196px|Dessin de la résidence «La Tour» en 1718. En , Abraham Sauter rachète la résidence « La Tour » aux Malcontent ainsi que les terrains alentour. Il décide alors de construire, une maison composée de deux niveaux sur caves et coiffée d'un ample toit à quatre pans venant s'accoler à la tour existante. Il crée également une terrasse de la même largeur que la maison, un jardin potager au sud du domaine et améliore les étables ainsi que les granges. Comme d'autres maisons de maître de l'époque, son axe de symétrie préside à l'ordonnance générale des abords et souligne l'ouverture de la composition sur le lac et les Alpes.

Château Malvand En , Abraham Sauter choisit d'échanger l'intégralité de la propriété contre les terres de Jacob Huber, situées à Bourdigny. Par la suite, Jacob Huber entreprend également des travaux de transformation sur la résidence et ses jardins : il fait démolir l'ancienne tour et fait ériger deux ailes basses supplémentaires à la maison. C’est ainsi que le bâtiment prend le nom de « château Malvand ». Huber répare et agrandit les granges et les écuries, y ajoutant des remises créant ainsi deux grandes dépendances agricoles. Les activités rurales ainsi que le logement du fermier y sont regroupés. Il aménage également .

Enfin, en , il acquiert le vaste domaine voisin, appelé Le Vengeron. Le domaine de la Malvande s’étend désormais au nord jusqu’au Nant du Vengeron. Il s’enrichit alors considérablement en prés et en bois, s’ouvrant largement sur le petit lac. Le dispositif central du domaine se complète d’une allée d’environ 300 mètres, orientée nord-sud, reliant le Nant du Vengeron à la cour d’honneur, située entre la maison de maître et les communs. Les accès au domaine s’effectuent par des portails en ferronnerie, encadrés de montants en calcaire surmontés de chapiteaux et de boules.

En , Jacob Huber acquiert un cours d'eau appartenant aux seigneurs de Tournay, composé de quatre sources distinctes, situé dans le domaine du château. Il entreprend des travaux de correction de ce cours d'eau afin de pouvoir l'utiliser et l'employer également pour alimenter le hameau de Chambésy-Dessous.

En , les descendants de Jacob Huber vendent les deux propriétés de la Malvande et du Vengeron à Isaac Vernet, l'un des plus riches bourgeois de la République. À sa mort en , les deux propriétés sont léguées à sa petite-nièce Catherine Fabri-Vernet.. Cette dernière apporta diverses transformations et améliorations à la maison : elle modifia les deux ailes en y ajoutant un étage, lequel fut coiffé de toits à la Mansart, et fit construire les deux grandes dépendances actuelles. À la mort de Catherine Fabri-Vernet en , la propriété passa à sa fille Renée Fabri, épouse de Nicolas Théodore de Saussure, qui y vécut et en demeura propriétaire jusqu'à sa mort en . À cette période, les Fabri-de Saussure réaménagent les jardins d’agrément dans un esprit paysager. Les allées et les cours se couvrent de gravier, de pavés en granit et de galets devant les communs. Deux fontaines prennent place en vis-à-vis dans la cour d'honneur, tandis qu’une troisième, dotée d’un abreuvoir, s’installe au nord des communs. À la mort du couple Fabri-de Saussurre, la fortune fut partagée entre ses neveux et nièces de la famille Saladin. C’est l’aîné, Charles Saladin, qui acheta le domaine de l’hoirie, le restaura, et le transmit à son fils Ernest Saladin.

En , une première voie ferrée à double voie reliant Genève à Versoix est construite, entraînant un premier morcellement du domaine.

À la mort d'Ernest Saladin en , le domaine fut légué à son petit-neveu et filleul, Ernest Rilliet, qui le revendit en à la Société Chambésy-les-Pins. gauche|vignette|Le château en 1947.En , le domaine fut ensuite morcelé en 55 parcelles comprenant entre et , sur lesquelles de nombreuses villas furent construites entre et Valoris S.A., Morcellement Chambésy-Parc, Genève, 1955. Le domaine est alors réduit à , comprenant le château, les deux grandes dépendances et de parc. En , Diana Blanchfleure Hedberg, épouse de Torsten Kreuger, acquiert le domaine et entreprend d’importantes transformations et rénovations. La maison de maître est modernisée, notamment au niveau des cuisines et des salles de bains, tandis que la salle à manger est agrandie. Le garde-corps de l’escalier principal est également remplacé. La dépendance nord subit une transformation majeure avec l’aménagement d’un vaste espace de réunion à l’étage et la démolition du pont de grange. Par ailleurs, la loge du gardien-jardinier, située à l’entrée sud du domaine, est détruite. En , le domaine perd une part importante de ses terrains pour permettre la construction des bretelles d’accès à l’autoroute A1 Genève-Lausanne, alors en cours d’achèvement. Cela entraîne la construction d’un imposant mur de soutènement s’étendant sur toute la longueur de la propriété.

Le , le château et ses dépendances sont inscrits à l'inventaire des objets protégés par le Département des Travaux Publics du canton de Genève..

En , une partie du domaine est intégrée à la zone de protection des rives du lac.

En , la propriété est mise en vente au prix de ..

Projets sur le domaine

Premier projet de densification En , un promoteur immobilier acquiert le domaine dans le but d’y construire un centre économique régional pouvant accueillir entre et . Le projet prévoit la création d’une zone urbaine, destinée à un établissement hôtelier, à des activités administratives et à l’habitat. Il inclut également l’exclusion des parcelles composant le domaine de la Malvande du périmètre de protection générale des rives du lac, établi en 1992. Lors d'une enquête publique menée du au , le Conseil municipal de Pregny-Chambésy émet un préavis défavorable le . Cependant, l’État de la République et canton de Genève ainsi que la Commune de Pregny-Chambésy jugent nécessaire de modifier les limites de zones du périmètre de protection générale des rives du lac. Consultée, la Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS) constate que le tracé actuel du périmètre crée une séparation artificielle entre la maison de maître et les dépendances du domaine de la Malvande, ce qui justifie une révision de la protection des rives du lac. Toutefois, la CMNS subordonne son approbation à l’adoption d’une mesure garantissant la sauvegarde de l’ensemble du domaine.

Deuxième projet de densification Le propriétaire, en coordination avec le service des monuments et des sites, initie dès les études nécessaires à l’élaboration d’un futur projet de plan de site. Il est également convenu que ce projet devra respecter les éléments bâtis et paysagers anciens. Le nouveau projet de plan de site est présenté en et son périmètre englobe onze parcelles. Le projet prévoit la construction de cinq principaux bâtiments destinés à des logements, ainsi que des activités hôtelières et tertiaires. Deux sont situés sur les parcelles au nord, avec des surfaces respectives de et , et une hauteur d’environ . Les deux autres bâtiments, implantés sur les parcelles au sud, couvrent des surfaces de et , pour une hauteur d’environ . Ces quatre bâtiments sont positionnés en dehors de la zone de vue entre la maison de maître et le lac.. La cour située entre les deux dépendances est complétée à l’ouest par un bâtiment de et d’une hauteur de , destiné à atténuer les nuisances provenant de la voie ferrée. De plus, le projet s’engage à préserver et renforcer les massifs arborés existants, à aménager l’ensemble des places de stationnement en sous-sol, ainsi qu’à rénover et mettre en valeur la maison de maître et les dépendances existantes.

Afin de concrétiser ce projet, le promoteur doit obtenir l'aval du Conseil municipal de Pregny-Chambésy ainsi que du Grand Conseil genevois, en vue de modifier la dénomination de la zone d’aménagement du domaine, incluant l’ensemble des parcelles concernées.. Le , la CMNS émet un préavis favorable. Lors de l'enquête publique ouverte du au , cinq observations sont relayées. À l'issue de cette phase de la procédure, le Conseil municipal de la commune de Pregny-Chambésy émet un préavis défavorable le ... Deux rapports, datés du et du , émis par la commission d'aménagement du canton, recommandent également aux parlementaires du Grand Conseil de rejeter le changement de zone d'aménagement du Domaine de la Malavande...

Le , le Grand Conseil genevois adopte, par 52 voix pour, 37 voix contre et 4 abstentions, la loi n° portant sur le changement de zone d'aménagement du Domaine de la Malvande... Le , le Conseil d'État approuve le plan de site...

Liste des propriétaires successifs - 1534: André I de Malvenda et Gonsalve de Malvenda ; 1534 - : André II de Malvenda ; - 1618: Melchior de Malvenda (?-1618) ; 1618 - ?: Andréa de Choudens-Malvenda ; ? - 1652: Aimée & Jean-François de Malherbe; 1652 -?: Samuel Malcontent (?-1755) ; ? - 1713: Étienne Malcontent (1701-?) ; 1713 - 1724: Abraham Sauter; 1724 - 1751: Jacob Huber (1693-1750) ; 1751 - 1773: Isaac Vernet (1700-1773) ; 1773 - 1795: Catherine Fabri-Vernet (1735-1795) & Michel-Jean-Louis Saladin (1756-1844) ; 1795 - 1847: Renée Fabri (1767-1847) & Nicolas Théodore de Saussure (1767-1845) ; 1847 -1848: Charles Saladin ; 1848 - 1911: Ernest Saladin (1827-1911) & Marie-Henriette Melly (1833-1864) ; 1911 - 1943: Ernest Rilliet; 1943 - 1958: Société Chambésy-les-Pins; 1958 - 1998: Diana Blanchfleure Hedberg (1920-1998) & Torsten Kreuger (1884-1973) ; 1998 - 2001 : Björn Torsten & Sten Ivar (1944- ) & John Kreuger (1945- ) ; 2001 - 2010: ?; Depuis 2010: Société RI Realim.

Architecture Une brochure datant de la deuxième moitié des années 1950, lors de la vente du château, décrit le bâtiment principalValoris S.A. ''Château de la Malvande, Chambésy-Dessous, Genève'', environ 1955. : La brochure complète également la description du domaine et des autres bâtiments :

Domaine gauche|vignette|La dépendance nord.