Guala de Brescia (Bergame, vers 1180 - , ). est un moine dominicain, nommé évêque de Brescia, considéré comme bienheureux par l'Église catholique. Sa mémoire est célébrée le , mais localement le .
Nommé légat du pape par Grégoire IX, il réalise de nombreuses missions diplomatiques et pacificatrices dans le nord de l'Italie, aussi bien entre des cités italiennes (entre elles), que dans un long conflit qui oppose les États pontificaux avec l'Empereur Frédéric II. En butte avec certaines autorités politiques de sa ville, il est banni de son diocèse (par des responsables politiques) durant les dernières années de sa vie.
Biographie thumb|Bas-relief représentant la , voyant saint Dominique monter au Ciel entre le Christ et la Vierge Marie. Le dominicain Guala de Brescia est né à Bergame vers 1180, dans la famille noble de RoniisLe nom Guala (Wala) est d'origine ancienne barbare (Lombarde) et signifie . Le nom de la famille, indiqué dans différents documents peut varier comme , , , ce qui amène Guerrini à croire que Guala appartenait à la branche Camuni des Martinengo, seigneurs de Rogno., dont les membres sont actifs dans la vie politique de la ville. Il entra en 1218 dans l'Ordre des frères prêcheurs fondé par Dominique de Guzmán, dont il fut l'un des premiers disciples. De Bologne, Dominique l'envoie à Brescia comme prieur du couvent qui y était (déjà) fondé et inquisiteur de la Foi. À la mort de saint Dominique, Guala déclare avoir vu en songe . :
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Il mène des missions délicates en tant que légat du pape Grégoire IX auprès de l'empereur Frédéric II. Dans le cadre de cette mission, il se forge une réputation de diplomate et de pacificateur de talent. Peut-être a-t-il été aidé par une harmonie et une affinité particulières avec le frère de l'empereur, et l'empereur lui-même, au goûts éclectique. Thèse présentée à la Faculté de Théologie de l'Université de Fribourg.. Le principal succès du légat de Guala fut la signature de la paix de San Germano, à Cassino, le , qui assurera une période de relative tranquillité en Europe, bien que courte (8 ans) et instable. Dans le conflit entre la papauté et le Saint-Empire romain germanique, Guala a soutenu une ligne politique modérée, visant à la médiation et à l'équilibre des pouvoirs, se heurtant souvent à la ligne intransigeante et combative menée par le légat du pape Gregorio da Montelongo. Il est aussi appelé par le pape à ramener la paix entre différentes cités italiennes (comme Trévise et Padoue ou Bologne et Modène).
L'évêque En 1229, il est nommé évêque de Brescia à la demande du pape Grégoire IX. Il même une vie d'oraison et une grande activité apostolique. Les chroniqueurs rapportent que ..
En 1232, Guala est missionné par le pape pour effectuer une enquête dans le diocèse de Parme concernant des accusations de malversations financières et abus d'argent. Il restera un certain temps sur place pour démêler cette affaire. Le pape lui demande également de régler la levée de l'excommunication de la ville de Bergame, ainsi que d'autres affaires juridiques et religieuses touchant diverses villes d'Italie du Nord. Il est également sollicité par certaines autorités locales pour régler des différends judiciaires (et politiques).
En 1234, Guala demande la rédaction des possessions épiscopales du Val Camonica et le serment de fidélité de nombreux quartiers. Il entreprend une action pour réformer le clergé de Brescia, clergé corrompu dans ses coutumes morales et spirituelles. Les principaux fléaux du clergé était la ruée sans scrupules à l'investiture des bénéfices ecclésiastiques par les familles nobles, l'appauvrissement et l'usurpation des bénéfices et de la table épiscopale, la désagrégation des anciennes églises paroissiales sous la pression sécessionniste des chapelles qui leur étaient soumises, visant à l'autonomie. Le pape Grégoire IX le missionne pour de nouvelles actions diplomatiques en 1240, mais la mort du pape met fin à ces fonctions de légat pacificateur. Les opposants de l'évêque, dans sa ville épiscopale vont ainsi profiter de la disparitions de son soutien pontifical pour lancer des attaques contre lui. Ainsi, le dur affrontement avec les potentats locaux (la ville et le diocèse sont divisés entre factions rivales), jaloux de leurs prérogatives et de leurs propres intérêts économiques, conduit à l'expulsion de l'évêque de la ville, avec la complicité de la municipalité, qui a prononcé l'interdiction de l'évêque en s'appuyant sur des actes d'accusation spécialement construits. Il lui a été reproché : la lâcheté de l'évêque qui n'avait même pas tenté de défendre le territoire contre l'avancée des troupes impériales d'Ezzelino III da Romano en 1238 (un fait réel, mais conforme au caractère pacifique de l'évêque) ; le vol allégué d'avoirs, ayant transporté et déposé secrètement de l'argent et des documents auprès du trésorier de l'église Saint-Alexandre à Bergame, avant le siège de Brescia (en fait, le dépôt a été fait par Guala pour sécuriser ces avoirs du risque lié à la guerre imminente)..
Guala est remplacé par un certain Elia Roberto, également religieux des frères prêcheursOn ne sait pas si le remplacement a été indiqué par Guala lui-même, ou non., dont la nomination n'a jamais été acceptée par le Saint-SiègeEn fait, Elia Roberto, qui plus tard devenu patriarche d'Antioche ne figure pas dans le chronologie officielle des évêques de Brescia..
L'évêque est accusé devant le pape qui le convoque. Guala se rend au Vatican et explique au pape la situation et les attentes politiques de ses adversaires. Après enquête, le pape innocente Guala, et donne l'ordre de lui restituer son titre et sa fonction. Cependant, les autorités locales et seigneurs de la ville refusent et l'évêque se trouve interdit de rentrer dans sa ville. Guala, étant exilé, il va passer les cinq dernières années de sa vie dans la pauvreté, vivant dans une aile spécialement construite dans le monastère d'Astino près de Bergame.
À la suite de multiples interventions du nouveau pape Innocent IV, il est finalement réintégré dans ses droits comme évêque de Brescia en 1244, et il est triomphalement accueilli dans le Val Camonica, où il est acclamé podestat par le peuple. Cependant, il retourne au couvent d'Astino, peut-être pour prendre congé de ses confrères. Le de la même année (peut-être déjà gravement malade) il bénit la pose de la première pierre de la nouvelle église de Saint-Stéphane à BergameP.Venturino Alce O.P., Ferrari Grafiche Clusone, p. 20.. Il meurt dans son couvent d'Astino dans la chambre avec la petite chapelle qu'il avait construite, en La date du décès est indiquée par certains historiens comme le 3 septembre, d'autres comme le 5 septembre... Dans son testament, il lègue sa fortune personnelle à différentes institutions caritatives (hôpitaux, monastères). Il est enterré dans le couvent dominicain où il décède.
Béatification et culte
Dès le décès de l'évêque, il est considéré comme par une partie de la population, et il fait l'objet d'un culte populaire. En 1868, le pape Pie IX autorise officiellement la célébration de sa mémoire dans les diocèses de Brescia et de Bergame.. Dans l'Église catholique, sa mémoire est célébrée le , mais dans les diocèses de Brescia et de Bergame, elle est célébrée le .
Notes et références Sources
Notes
Références
Annexes Articles connexes Ordre des Frères Prêcheurs
Liens externes
Bibliographie . . . Thèse présentée à la Faculté de Théologie de l'Université de Fribourg.
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