Anne-Marie (Lily) van Oost-de Gerlache de Gomery (née le à Huysse (Kruisem) et morte à Huysse (Audenarde) le ) est une résistante belge de la Seconde Guerre mondiale. Déportée et survivante du camp de Ravensbrück, elle s'efforce de faire reconnaître la place des femmes dans la lutte contre le nazisme et de transmettre la mémoire de l'histoire. Elle est bourgmestre de Mullem de 1970 à 1976.
Biographie Anne-Marie Germaine (Lily) van Oost est née le à Huysse. Elle est la fille de Georges van Oost (1866-1957), sénateur et industriel du textile, et de Marie Louise Douville de Franssu (1883-1954), issue de la noblesse française. La famille réside dans le château de l'Ast à Huysse et, en hiver, dans leur maison de Gand, au Nederkouter. Elle a deux frères, Henri et Jacques qui décède alors qu'il est encore bébé...
À , elle entre au pensionnat du Sacré-Cœur de Jette, à Bruxelles, dans la section de langues modernes.
En 1940, la Belgique est occupée par l'Allemagne nazie. Le château de l'Ast est réquisitionné pour héberger des soldats de la Wehrmacht. Anne-Marie van Oost organise, avec les scouts, des camps pour les enfants des prisonniers de guerre, aide la Croix-Rouge, comme téléphoniste et ambulancière et sert des repas au Foyer Léopold III de Gand..
Elle s'engage par la suite dans l'Armée secrète où son père Georges van Oost et son frère Henri van Oost sont aussi actifs. Sous le pseudonyme de Lily, elle réside dans une maison à Aalter où elle sert de relais de messages entre les différents secteurs de la résistance en Belgique. Ensuite et jusqu'au printemps 1944, elle effectue, à vélo, des missions de liaison entre l’État-Major de la Zone III et le commandant de Secteur de Flandre orientale ainsi que des transferts de messages concernant les opérations militaires, de Aalter au château de Blauwhuis à Wingene et de Huysse vers les plaines de parachutages. Elle s'installe ensuite à Mariakerke, près de Gand dans maison qui possède deux entrées. Elle peut y accueillir et héberger des réfractaires, des agents anglais et des maquisards, tout en assurant la transmission de messages..
En mai-, à la demande du chef de la zone 3 de l’Armée secrète, August Haus, Lily van Oost entre dans le maquis, en vue du débarquement. Elle participe à des missions de liaison pour organiser des plaines de parachutages et de refuges, à des missions de liaison auprès de chefs de groupements de saboteurs et des transports d’armes et de fonds. À cette époque, son frère Henri van Oost qui se cache est recherché et leurs parents arrêtés comme otages à la suite de l'évasion du résistant Albert Mélot.
Le , alors qu'elle doit rejoindre les Ardennes, pour sa sécurité, Lily van Oost est arrêtée par la Geheime Feldpolizei, rue Belliard à Bruxelles, où elle vient récupérer une fausse carte d’identité .
Elle est d'abord interrogée à Bruxelles, avenue Louise au siège de la Gestapo, puis emprisonnée à Gand, et ensuite à Anvers. Elle est déportée en Allemagne, au camp de Ravensbrück, le , par le dernier convoi de déportés quittant la Belgique. Le train s'arrête le à Furstenberg d'où les prisonnières continuent le chemin à pied jusqu'à Ravensbrück. Elle porte le matricule 62787 et le triangle rouge des prisonniers politiques.
Début , elle souffre gravement du typhus. Durant trois mois, ses amies, dont la docteure Adélaïde Hautval , Denise Lauvergnat et Jeannine Lejard l'aident à survivre. Aat Breur-Hibma, une peintre néerlandaise fait son portrait, à la demande de la docteure Hauvat, pour l'envoyer à sa famille en cas de décès..
Lily van Oost quitte Ravensbrück dans la nuit du 23 au avec quelque 1500 prisonnières belges, françaises et hollandaises. Elles sont conduites, en camion, à Malmö à la suite d'un accord entre Folke Bernadotte, président du Comité international de la Croix-Rouge, et Heinrich Himmler. Le convoi arrive en Suède le , via Lübeck, Kiel et Krusoo, à la frontière danoise. Durant le voyage, le convoi est bombardé par des avions de chasse britanniques et une quinzaine de femmes sont tuées. La paix est proclamée le . C'est alors que Lily van Oost apprend la mort de son frère Henri, le , des suites d’un accident de la route en service commandé. Le , elle est enfin de retour en Belgique..
Elle reste discrète sur sa déportation, attend 1974 et la mort de ses parents pour publier le récit-témoignage de sa déportation à Ravensbrück : Le Faux silence.
(Lily van Oost)
Après la guerre Le , elle épouse Gaston de Gerlache de Gomery (1919-2006). Résistant dans le réseau Luc-Marc pendant la guerre, il est alors pilote de la Royal Air Force. À partir de 1954, il va explorer l’Antarctique comme son père, Adrien de Gerlache avant lui. Ils ont cinq enfants...
À la mort de son père, Lily de Gerlache prend la direction de la Société Royale Nationale Les Amis de la Rose qu'il a créée en 1926. . En 1968, elle est la Présidente fondatrice de la World Federation of Rose Societies. Une rose crée en Belgique lui est dédiée. Lily de Gerlache en fait planter des rosiers à Ravensbrück en souvenir de ses amies. vignette|Monument Ravensbrück érigé à Woluwe-Saint-Lambert en mémoire des femmes mortes en luttant contre le nazisme. À la suite de Gaston de Gerlache, elle devient bourgmestre de Mullem, de 1970 à 1976. La dernière bourgmestre puisque, durant son mandat, elle négocie la fusion de la commune avec Audenarde..
Lily de Gerlache reste mobilisée pour sauvegarder la mémoire de la lutte des femmes contre le nazisme. Avec Adrienne Gommers, elles parviennent, après la libération, à créer un lieu de mémoire dédié aux femmes, le monument Ravensbrück, à Woluwe-Saint-Lambert, dans le Parc Georges Henri. Conçu et réalisé par la sculptrice Thérèse Chotteau, il est inauguré par la reine Paola, le . Elle se rend également dans les écoles et à des cérémonies patriotiques pour y évoquer la mémoire de la déportation..
En , Lily de Gerlache s'exprime contre les partis politiques qui soutiennent le révisionnisme et justifient la collaboration, visant particulièrement le ministre belge Jan Jambon de la N-VA et le français Jean-Marie Le Pen.
Lily de Gerlache décède le dans le château d'Alst. Les funérailles ont lieu le à l'église Saints-Pierre-et-Urbain de Huysse. Elle est inhumée dans le caveau de famille à Gomery..
Distinctions Bourgmestre honoraire de Mullem.. Citoyenne d’honneur de la commune de Woluwe-St-Lambert le , en même temps qu'Andrée Dumon Commune de Woluwe Saint Lambert. Mesdames Lily de Gerlache et Andrée Dumon Citoyennes d’honneur de Woluwe-Saint-Lambert. 2015 Lire en ligne (France) en 2006 Médaille du Mérite Agricole (France). (France) avec Sabres croisés 1940-1945 avec palme sans_cadre|50x50px Croix de Guerre 1940-1945 avec palme sans_cadre|50x50px Croix du Prisonnier Politique 1940-1945
sans_cadre|50x50px Médaille de la Résistance
sans_cadre|50x50px Médaille Commémorative de la Guerre 1940-1945 Palmes de Bronze de la Croix Rouge de Belgique 1940-1945
Bibliographie
Lily de Gerlache de Gomery, Le faux silence, auto-édition, 1974 Dunya Breur, Een verborgen herinnering. De tekeningen van Aat Breur-Hibma uit Ravensbrück, Tiebosch, Amsterdam 1983, . Deuxième édition augmentée, SUN Nijmegen, 1995. Marc Verschooris, De papegaai is niet dood, Geheim agenten Albert Deweer, Albert Mélot en Albert Wouters – Gent 1994, Gorredijk, 2019. Marc de Bel, Marie, codenaam Jeanne, Van Halewyck, 2017 (inspiré de la vie de Lily van Oost) Marie-Pierre d' Udekem d 'Acoz, Pour le Roi et la Patrie, Racines, 2002, 505 pp., . Georges Hauptmann, Maryvonne Braunschweig, Docteur Adélaïde Hautval dite « Haïdi », 1906-1988 ; des camps du Loiret à Auschwitz et Ravensbrück, Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah 238 p. Étienne de Montety, La Douceur, 2023, Stock. L'héroïne May de Caux est inspirée d'Anne-Marie van Oost-de Gerlache..
Références
Catégorie:Résistante belge Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Déporté à Ravensbrück Catégorie:Survivant de Ravensbrück Catégorie:Femme politique belge Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 2006 Catégorie:Chevalier du Mérite agricole Catégorie:Naissance en octobre 1923 Catégorie:Décès en mars 2020 Catégorie:Décès à 96 ans