Maṅgala Sutta ou Maṅgalasutta est un sutta qui fait partie de deux recueils, le Khuddakapāṭha et le Sutta Nipāta , eux-mêmes faisant partie du Khuddaka Nikaya, la partie du Sutta Pitaka.
Il est généralement admis, par la plupart des orientalistes et moines traducteurs, qu’il date de la période du bouddhisme ancien.
Il est évoqué dans deux chapitres du Mahavamsa, une des chroniques relatant l’histoire des souverains de l’ancien royaume de Ceylan.
C’est l’un des suttas récités quotidiennement dans le cadre du rituel theravāda.
Composé de douze versets, il met en scène le Bouddha historique, qui répond à une question posée par un deva au sujet des «bénédictions».
Plusieurs traductions en anglais ont été réalisées, toutes dans le cadre de l’ensemble du Sutta Nipāta, entre autres par: les moines theravāda , (1997), Laurence Khantipalo Mills (2015), Bhikkhu Bodhi (2017) et l’orientaliste britannique Robert Chalmers (1932).
Il y a deux traductions en français : l’une due au moine srilankais Walpola Rahula (1961), l’autre faite à partir de celle en anglais de Ṭhānissaro Bhikkhu précédemment mentionnée .
Titre Maṅgala Sutta ou Maṅgalasutta, Mahāmaṅgala Sutta ou encore Mahā Maṅgala sutta , est composé de : « Maṅgala » qui signifie « bénédiction », « félicité », « bonheur », « prospérité » (en pāli et en sanskrit)Gérard Huet, « maṅgala » dans Dictionnaire Héritage du Sanscrit. . et de « sutta » (pāli ; sanskrit IAST : sūtra) signifiant « aphorisme », « fil », « cordon sacré » « traité de rituel ou d'enseignement canonique » Gérard Huet, «sūtra» dans Dictionnaire Héritage du Sanscrit. . ou encore « discours » du bouddha historique.
Les traductions du titre en anglais diffèrent selon les traducteurs, dont entre autresLes références complètes des ouvrages cités sont indiquées dans la suite de l’article. : «The Boon of Boons (La Bénédicton des Bénédictions)» par Robert Chalmers; «The Supreme Good Omens (Les Bons Présages Suprêmes)», Laurence Khantipalo Mills; «Protection (Protection)», Ṭhānissaro Bhikkhu.
Les deux traductions en français proposent également des titres différents: celle de Walpola Rahula, « Les Bénédictions » et celle de Ṭhānissaro Bhikkhu, « La plus haute protection »La traduction en français par Ṭhānissaro Bhikkhu a été réalisée à partir de celle en anglais déjà mentionnée, «Protection» étant rendue par «La plus haute protection»..
Ce sutta figure dans deux recueils du Khuddaka Nikaya (la partie du Sutta Pitaka) du bouddhisme théravāda :
- dans le Khuddakapāṭha (Khp.5), sous le titre «Maṅgala Sutta»; - dans le Sutta Nipāta (Sn.II.4), titre: «Mahāmangala Sutta».
Datation L’orientaliste japonais Hajime Nakamura et le moine theravāda américain Bhikkhu Bodhi, estiment que le Sutta Nipāta, dont fait partie le Maṅgala Sutta, est un recueil datant du bouddhisme originel.
Le moine theravāda américain Ṭhānissaro Bhikkhu est moins catégorique, considérant quant à lui qu’aucun élément ne permet de conclure avec certitude qu’il s’agit de textes du bouddhisme primitif, sans toutefois en exclure la possibilité.
Un élément permet de supposer que le sutta date effectivement de cette période: l’entrée en matière du texte est « Ainsi ai-je entendu » (pāli : evaṃ me sutaṃ; sanskrit IAST: evaṃ mayā śrutaṃ; anglais: Thus have I heard.), formule que la tradition attribue à Ānanda, qui l’ aurait prononcée lors du premier concile bouddhique, un an après la mort du Bouddha Gautama, au .
Seule certitude concernant la datation du sutta: vers 140 av. J.-C. le roi cinghalais Dutugemunu a ordonné qu’une représentation du Bouddha récitant le Mahāmaṅgalasutta figure dans la chambre des reliques du Grand Stūpa Ruwanwelisaya (voir détails section suivante).
Évocation historique vignette|Le Grand Stūpa Ruwanwelisaya, construit durant le règne du roiDutugemunu vers 140 av. J.-C.Dans la chambre des reliques, il y a une représentation du Bouddha récitant le Mahāmaṅgala Sutta. Le Maṅgala Sutta est mentionné dans deux chapitres du Mahavamsa, une des chroniques relatant l’histoire des souverains de l’ancien royaume de Ceylan, l’actuel Sri Lanka. Bien que celle-ci ne fasse pas partie du canon bouddhique, les passages dans lesquels le sutta est évoqué sont cités ci-après.
Contexte historique: Vers 140 av. J.-C. (ce qui confirme l’ancienneté du sutta), le roi Dutugemunu , souverain de l’ancien Royaume d'Anurādhapura a fait construire le Grand Stūpa Ruwanwelisaya, lequel est censé renfermer des reliques du Bouddha. Le roi supervisa lui-même les travaux, notamment ceux de la chambre dans laquelle celles-ci seraient conservées, dont il est question dans l'un des chapitres cités.
Mahavamsa. Chapitre XXX . La Chambre des reliques (verset 83).Les travaux sont en cours d’achèvement. Le roi donne des instructions concernant les étapes de la vie du Bouddha qu’il souhaite voir représentées dans la décoration:
Mahavamsa. Chapitre XXXII . Le Paradis Tusita (verset 43).La scène se passe au monastère de . Le roi Dutugemunu participe à une célébration un jour d’ uposatha. Il a annoncé qu'il réciterait le Maṅgalasutta à la place du moine supérieur, mais finalement y renonce :
Remarque: Dans le chapitre XXX.34, il est fait mention du «Mahāmaṅgalasutta» et dans le XXXII.22 du «Maṅgalasutta».
Dans le rituel theravāda Il fait partie du service liturgique theravāda . C’est l’un des trois textes parmi les plus célèbres du canon pāli (les deux autres étant étant le «Metta Sutta» (Sn.I.8) et le «Ratana Sutta» (Sn. II.1), aussi inclus dans le Sutta Nipāta). Ils sont récités quotidiennement dans le cadre rituélique.
Résumé Le Maṅgala Sutta est un texte court qui ne compte que douze versets, numérotés 258-269 (ou 261-272, dans certaines traductions) parmi les 1429 qui forment l’ensemble du Sutta NipātaLe Sutta Nipāta est formé de 70, 71 ou 72 suttas, selon que les traducteurs incluent, ou n'incluent pas, les deux prologues et l’apologue des et vaggas (ce qui explique la non-coïncidence des numérotations).. Il est rédigé en vers et peut être résumé comme suit:
- Phrase introductive présentant la situation. -Verset 258 (ou 261): Un deva Pour désigner la divinité dont il est question dans le sutta, les termes «deva» (divinité masculine) ou «devī» (divinité féminine), de même que les pronoms «he (il)» et «she (elle)» sont alternativement employés dans les traductions en anglais.Dans sa traduction en français, W.Rahula emploie le mot «dieu»., s’adresse au Bouddha pour lui demander d’expliquer en quoi consiste les « bénédictions » (maṅgalāni«maṅgalāni» est le pluriel de «maṅgala»: Gérard Huet, « maṅgala » dans Dictionnaire Héritage du Sanscrit. .) en ce monde; -Versets 259-268 (ou 262-271): Dans sa réponse le Bouddha en énumère trente-huit, regroupées par trois, quatre ou cinq et réparties dans chacun des dix versets. Il dit que tout acte, tout effort accompli dans l'observance des préceptes qu’il a enseignés est une « bénédiction », de même que de ne pas s’attacher aux illusions mondaines; -Verset 269 (ou 272): Il conclut que le bonheur résultant de l’observation de ces principes est aussi une «grande bénédiction».
Traductions
En anglais
Toutes les traductions du Maṅgala Sutta ont été effectuées dans le cadre de l'ensemble du Sutta Nipāta, entre autres par: - les moines theravāda : australien, Laurence Khantipalo Mills (2015) et américains, Thānissaro Bhikkhu (2016), Bhikkhu Bodhi (2017); - l’indianiste britannique Robert Chalmers (1932).
En français
Il y a au moins deux traductions en français : - celle réalisée par le moine theravāda srilankais Walpola Rahula, dans L’enseignement du Bouddha, d'après les textes les plus anciens (1961)Walpola Rahula: Dans la partie « Choix de textes » de L’enseignement du Bouddha, d'après les textes les plus anciens , de la réimpression de 1978.; - celle réalisée à partir de la traduction en anglais de Ṭhānissaro Bhikkhu (mentionnée ci-dessus), non publiée sur support papier, accessible seulement en ligne.
Elles sont reproduites ici:
Walpola Rahula (1961):
Ṭhānissaro Bhikkhu (2016) (le texte en anglais figure dans l'ouvrage cité, . Voir références section Bibliographie).:
Remarque : Walpola Rahula a traduit l’entrée en matière du sutta par : «Ainsi ai-je entendu.», la formule la plus couramment employée, et Ṭhānissaro Bhikkhu par: «J'ai entendu qu'une fois…», formule alternative moins fréquemment utiliséeLa traduction de l'entrée en matière à partir du pāli, par: « Ainsi ai-je entendu » (anglais: Thus have I heard ) ou J'ai entendu qu'une fois... » (anglais : « Thus I have heard at one time » ou « Thus I once heard »), fait l'objet d'un débat entre orientalistes (parmi lesquels: Jean Filliozat, Jean Przyluski, Étienne Lamotte, Alexandre von Staël-Holstein, pour n'en citer que quelques-uns) depuis plusieurs décennies, dont les lectures et interprétations respectives diffèrent. Dans les traductions consultées, la formule la plus employée est « Ainsi ai-je entendu »..
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Ouvrages
En français
(les numéros de pages indiqués dans l’article sont ceux figurant dans la réédition de 1978).
En anglais
. Consulté le . . Consulté le . . Consulté le . . Consulté le .
L’édition originale (en anglais) a été publié par les éditions KUFS, à Osaka, Japon, en 1980. André Bareau en a fait le compte-rendu en 1984, dans la Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient , Tome 73,1984, , lire en ligne . Consulté le .
. Lire en ligne, version PDF: .Consulté le . . Consulté le . , est également disponible dans un autre format sur dhammatalks.org (lire en ligne). Les deux consultés le .
Dictionnaire
. Le Dictionary of Buddhism a fait l’objet d’une double publication en 2004 et 2013, sous des titres différents:
- . Consulté l e . - et version téléchargeablePDF, 3477p , lire en ligne : . Consulté le . Les deux consultés le .
Articles connexes
Liens externes
. Consulté le .
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