La famille de Spengler est une famille subsistante de la noblesse germanique originaire de Bavière en Allemagne depuis le .
Le premier Spengler connu fut Georges Spengler de Windsbach, échanson du prince-évêque Gottfried de Spitzenberg-Helfenstein. Il fut anobli en 1183 par Frédéric dit Barberousse, empereur du Saint-Empire romain germanique. Il participa à la croisade en 1189 et 1190 sous la bannière de cet empereur à l’appel du pape Grégoire VIII.
Les membres de la famille de Spengler, qui occupèrent de nombreuses fonctions militaires, servirent pendant les cinq siècles suivants les empereurs successifs du Saint-Empire romain germanique, notamment Hieronimus Spengler, qui fut au porte étendard de l’empereur Charles Quint.
Histoire Les origines de la famille de Spengler sont notamment connues grâce à l'ouvrage publié en 1896 sur celle-ci par Edward W. Spangler intitulé et à l'ouvrage de référence de Carl W. Schelgel publié en 1918 sur les familles américaines d'origine germanique qui consacre une section à la famille de Spengler. Au , le plus ancien ancêtre connu de la famille, Georges Spengler de Windsbach, ou Georg Spengler von Winspach en allemand, originaire d’une bourgade située près de Nuremberg en Bavière, était titulaire de la charge d’échanson du prince évêque de Wurtzbourg d’alors, le prince-évêque Gottfried de Spitzenberg-Helfenstein, appelé en latin Gottfridus I de Pisenberg. L’échanson était l’officier chargé de servir à boire au roi ou au prince, de tenir la cave et de pourvoir à l’achat des vins. Il épousa une noble allemande, N. von Schweickeser et eut un fils prénommé Jörg qui assura sa descendance. L’empereur Frédéric dit Barberousse l’anoblit par lettre patente de 1183. Cet acte d’anoblissement de 1183 fut confirmé par la suite dans les lettres patentes des empereurs qui succédèrent à l’empereur Frédéric Barberousse, notamment par l’empereur Charles Quint dans une lettre patente du dont subsiste une copie datée du et par l’empereur Ferdinand dans une lettre patente dont subsiste une copie certifiée conforme datée du , toutes deux conservées par les Archives de la ville de Nuremberg.
De plus, l’empereur lui concéda en 1183 des armoiries dites parlantes évoquant sa charge d’échanson, à savoir un écu à la française surmonté d’un heaume contenant une aiguière ou pignate d’argent sur fond rouge, en langue héraldique : avec au cimier .
Le prince-évêque Gottfried de Spitzenberg-Helfenstein, dont Georges Spengler était l’échanson, était né en 1132 et mourut à Antioche en 1190. Selon ses contemporains, il était un proche confident de l’Empereur Frédéric Barberousse. Il fut élu évêque de Ratisbonne en 1185, puis de Wurtzbourg en 1186 et prit une part active à la croisade, accompagné de Georges Spengler.
L’empereur Frédéric Barberousse convoqua la troupe des croisés au printemps 1189 à Ratisbonne en Allemagne. Par son éloquence, le prince-évêque Gottfried participa activement à réunir une armée composée selon les historiens d’environ dont venus de tout le Saint Empire romain germanique. Le départ des troupes fut donné le . L’armée fut divisée en quatre corps et le prince évêque Gottfried et Georges Spengler firent partie du corps, alors que l’empereur Frédéric Barberousse prit le commandement du corps de troupes.
Jusqu’à l’entrée en territoire byzantin, l’avancée des croisés se déroula sans encombre. Mais ils rencontrèrent vite des résistances dues à l’empereur byzantin Isaac Ange II, qui s’était engagé auprès de Saladin à ne pas leur porter assistance. À l’issue de durs combats, les croisés prirent les villes de Philippoli et Andrinople et obligèrent l’empereur Isaac Ange II à céder. Ils poursuivirent leur route en Anatolie et lors de la bataille d’Iconium le prirent cette ville, capitale du Sultanat de Roum, en infligeant une défaite à l’armée turque. Puis les croisés gagnèrent la Cilicie dans le royaume chrétien de petite Arménie. C’est là que, le , l’empereur Frédéric Barberousse se noya dans le fleuve Saleph. Il fut inhumé dans l'église Saint-Pierre d’Antioche. Un nouveau malheur s’abattit alors, puisque les chevaliers et la troupe des croisés furent frappés par une épidémie de peste. Le prince-évêque Gottfried mourut le à Antioche. Georges Spengler succomba aussi cette même année, comme de nombreux autres croisés. Ils furent inhumés, tout comme l’empereur, dans l'église Saint-Pierre d’Antioche.
À la veille de sa mort, le prince Gottfried avait souhaité que sa main droite soit rapportée à Wurtzbourg. Selon ses souhaits, sa main, séparée de son corps, pris le chemin de l’Allemagne dans une riche cassette transportée par des messagers à cheval. Pendant le voyage, des brigands qui crurent que la cassette renfermait un trésor, leur tendirent une embuscade. La main du prince évêque Gottfried ne fut jamais retrouvée. Une plaque de pierre évoque encore aujourd’hui sa mémoire dans la cathédrale de Wurtzbourg, près du pilier nord.
Selon une légende germanique, l’empereur Frédéric Barberousse n’est pas mort, mais dormirait au fond d’une caverne avec ses chevaliers dans la montagne de Kyffhäusser en Thuringe. Selon celle-ci, lorsque les corbeaux cesseront de voler autour de ces montagnes, alors l’empereur se réveillera pour rétablir le Saint-Empire dans toute sa splendeur et régner perpétuellement.
À la fin du , Hans Spengler (1476-1527) quitta la bourgade de Windsbach pour s’installer dans la ville impériale de Nuremberg où il mourut en 1527. Au , son fils Hieronimus Spengler, né en 1502, fut porte étendard de l’empereur Charles Quint, l’un de souverains les plus puissants d’Europe. Par une lettre patente du , il reçut le titre nobiliaire de chevalier ainsi que de nouvelles armoiries brisées, qui sont toujours celles de la famille de Spengler : . Surmontant l’écu, une couronne de chevalier sous la forme ancienne d’une bande vint s’ajouter au casque et au coiffé de la mitre au cimier.
Selon la science héraldique, le blason des Spengler a plusieurs significations symboliques. L’empereur Frédéric Barberousse a concédé à Georges Spengler des armoiries parlantes évoquant l'office dont il était titulaire d’échanson du prince-évêque de Wurtzbourg, d’où l’aiguière d’argent et le buste d’évêque au naturel au cimier.
Dans les nouvelles armoiries concédées par l’empereur Charles Quint, l’aigle symbolise l’empire, la majesté, la victoire, l’aigle étant l’animal qui s’élève le plus haut dans les cieux. En 1540, l’aigle apparaissait comme représentant un hommage à l’empereur Charles Quint et plus généralement aux empereurs du Saint-Empire romain germanique. Quant aux quatre étoiles à six rais, elles représentent l’astre céleste et symbolisent le rayonnement et l’éternité. Le chiffre 4 renvoie à la croix et aux quatre points cardinaux, à la stabilité et à la Terre, et au monde par les 4 points cardinaux. Quant aux métaux et aux émaux, l’or symbolise traditionnellement l’intelligence, le prestige, la vertu, la grandeur et le jugement. L’argent représente la pureté, l’humilité et la justice. Le gueules, la couleur rouge, représente l’amour, le désir de servir sa patrie, la charité, la victoire et l’ardeur. Enfin le sable, le noir, symbolise généralement la volonté farouche et la modestie.
Au , l’empereur Léopold concéda un titre de baron à son descendant, Adam de Spengler, par lettre patente du , en officialisant l’ajout d’une particule, en remerciement de ses bons et loyaux services en tant qu’officier pendant les guerres du Saint Empire romain germanique sous son règne et sous celui de son prédécesseur, l’empereur Rodolphe II. Au , son fils, Johan de Spengler, qui avait épousé en 1647 Maria de Baÿ, une noble française, émigra en Hollande, fondant la branche hollandaise des Spengler, où il mourut en 1675. Parmi ses illustres descendants figurait le baron (1790-1856), général de l'armée hollandaise, ministre de la Guerre de 1849 à 1852 et ministre par intérim de la Marine en 1851.
À la fin du , en réaction à l’occupation de la Hollande par les troupes françaises à compter de 1795 et à l’institution de la République batave, l'un des descendants de Johan de Spengler, le baron Gerret de Spengler, ingénieur major dans l’armée hollandaise, émigra à cette époque en Angleterre, alors que d'autres demeurèrent en Hollande. En 1806, il partit ensuite en Russie pour se mettre au service du tsar Alexandre qui avait besoin d’ingénieurs, fondant la branche russe des Spengler. Au , à la suite de la révolution russe de 1917, certains de ses descendants, fuyant le nouveau régime, s’établirent en France et en Suisse.
Armes vignette|Armes de la famille de Spengler Anciennes armes des Spengler
Les anciennes armes des Spengler ont été concédées à Georges Spengler, échanson du prince-évêque de Wurtzbourg, mort à la IIIe Croisade en 1190, par une lettre patente de l’empereur Frédéric Barberousse de 1183 :
vignette|Anciennes armes de la famille de Spengler
Au cimier figure un buste d'évêque au naturel.
Nouvelles armes des Spengler À partir du chevalier Hieronimus Spengler, né en 1502 et d’une lettre patente de l’empereur Charles Quint du , les Spengler portent :
. Au cimier figure toujours un buste d'évêque au naturel.
vignette|Nouvelles armes de la famille de Spengler
Personnalités Le chevalier Hieronimus Spengler, né en 1502, était le fils aîné de Hans Spengler et de Barbara Oblin von Königsberg. Il épousa Barbara Kostgain. Il avait choisi la carrière des armes et fut au le porte-étendard de Charles Quint, empereur du Saint Empire romain germanique. Hieronimus Spengler participa aux côtés de l’empereur Charles Quint à de nombreuses batailles. Une grande partie du règne de celui-ci fut occupée dès 1521 par son combat contre le roi de France François Ier pour la conquête du duché de Milan et de l’Italie. Charles Quint combattit aussi pendant de nombreuses années l’Empire ottoman et son sultan, Soliman le Magnifique, qui menaçait les possessions des Habsbourg le long de la Méditerranée et la paix dans la région. Il mena aussi des expéditions en Afrique, où il remporta une importante bataille à Tunis en 1535. Par une lettre patente du et en remerciement de ses fidèles et loyaux services pendant de nombreuses années sur les champs de bataille, lors des campagnes militaires et des guerres du Saint Empire romain germanique et dans les cours et en louant , l’empereur Charles Quint concéda à Hieronimus Spengler le titre de chevalier ou en allemand, de même qu’à ses frères Hans, Sebold et Laurenz. Dans cette lettre patente, Charles Quint souligna le fait que Hieronimus Spengler était loyal et sur les champs de bataille et se tenait toujours lors des batailles menées en Allemagne, en France, dans le duché de Bourgogne, en Espagne et en Hongrie. L'empereur Charles Quint leur concéda de nouvelles armoiries brisées comportant une aigle noire sur fond d’or contenant une aiguière ou pignate d’argent entourée de quatre étoiles d’or à six rais sur fond rouge, en langue héraldique : . Surmontant l’écu, une couronne de chevalier sous forme d’une bande vint s’ajouter au casque et au cimier au coiffé de la mitreDessin représentant les armoiries de Hieronimous Spengler et son épouse Barbara (Wappen des Hieronymous Spengler mit seine Frau Barbara), Kunstbibliothek, Staatliche Museen zu Berlin, Nr. Hdz 1840 (www.smb.museum/en/museums-institutions/kunstbibliothek)..