La liste des épouses des rois et prétendants au trône de Grèce comprend les noms des six souveraines qui règnent, avec leurs maris, sur le royaume de Grèce entre 1832 et 1924 puis entre 1935 et 1973, ainsi que ceux des autres conjointes des rois et prétendants au trône.

La première de ces souveraines, Amélie d'Oldenbourg, porte le titre de « reine de Grèce » (en ) de 1833 à 1862. Les six femmes qui lui succèdent (Olga Constantinovna de Russie, Sophie de Prusse, Élisabeth de Roumanie, Frederika de Hanovre et Anne-Marie de Danemark) arborent, quant à elles, le titre de « reine des Hellènes » (en ) de 1863 à 1973. À ces six souveraines s'ajoutent Aspasía Mános, à qui aucun titre n'est conféré durant son éphémère mariage, entre 1919 et 1920, et Marie-Chantal Miller, qui est l'épouse de l'actuel prétendant à la couronne.

Étroitement apparentées au gotha européen, les souveraines grecques se sont inégalement intégrées à leur pays d'adoption, même si toutes, à l'exception d'Amélie d'Oldenbourg, ont embrassé la religion de leurs sujets. Les constitutions hellènes successives leur conférant des responsabilités limitées, la plupart des reines, sauf Amélie d'Oldenbourg et Frederika de Hanovre, sont restées éloignées de la politique. Chacune des souveraines s'est, par contre, montrée active dans le domaine social et, moindrement, culturel.

Titulature des épouses royales Après quatre siècles de domination ottomane, la Grèce obtient son indépendance avec le protocole de Londres de 1830. Cependant, les puissances protectrices du nouvel État (Royaume-Uni, France et Russie) lui imposent rapidement un régime monarchique. L'article 3 du traité de Londres de 1832 fait ainsi de la Grèce un royaume, dont le chef élu (Othon ) porte le titre de « roi de Grèce ». Dans ces conditions, l'épouse du souverain (Amélie d'Oldenbourg) reçoit le titre de « reine de Grèce » (en ) en 1836.

Les choses évoluent après la révolution de 1862 et la déposition du premier couple royal, remplacé par un autre souverain, élu en 1863. Contrairement à son prédécesseur, le nouveau monarque, Georges , reçoit le titre de « roi des Hellènes », qui lui est conféré par le traité de Londres de 1863. Son épouse, Olga Constantinovna de Russie, et celles de ses successeurs, prennent donc le titre de « reine des Hellènes » (en ) à partir de 1867. Outre leurs titres personnels, les souveraines arborent traditionnellement (et en accord avec le traité de Londres de 1863) le titre de « princesses de Danemark », ce qui s'explique par l'appartenance de Georges à la famille royale de Danemark.

Le roi Alexandre  ayant échoué à faire reconnaître, de son vivant, son union avec Aspasía Mános, celle-ci ne reçoit jamais le titre de « reine des Hellènes ». Pendant ses quelques mois de mariage, la jeune femme est ainsi connue sous le nom de « Madame Mános ». Ce n'est qu'une fois devenue veuve (1920), et après la naissance de sa fille Alexandra (1921), qu'Aspasía Mános est finalement intégrée à la famille royale et titrée officiellement « princesse de Grèce et de Danemark » (1922).

Rôle institutionnel des souveraines

Le rôle de l'épouse du souverain n'est réellement défini par aucune des trois premières constitutions du royaume de Grèce. Il n'est ainsi fait nulle référence à la reine dans la loi fondamentale de 1844.. Cependant, le troisième décret voté par le parlement hellénique en 1852 répare en partie cet oubli en octroyant automatiquement la régence à la reine Amélie d'Oldenbourg en cas de disparition du roi Othon et de minorité ou d'absence de diadoque. Cette disposition est ensuite reconnue par les puissances protectrices de la Grèce à l'occasion de la signature du traité de Londres de 1852, avant d'être abolie au cours de la révolution de 1862.

Sous le règne de Georges , les constitutions de 1864 et de 1911 occultent elles aussi le rôle de la souveraine. Ainsi, les nouvelles lois fondamentales précisent seulement, dans leur article 51, qu'en cas de veuvage, une reine-mère non remariée du successeur mineur, sans qu'il soit fait mention d'un éventuel droit à la régence... Les choses évoluent considérablement durant le règne de Paul avec la mise en place de la constitution de 1952. Le nouveau texte prévoit en effet que la reine-mère non remariée obtienne non seulement la tutelle du souverain mineur (article 51) mais qu'elle puisse aussi assurer la régence en cas de décès prématuré ou d'absence prolongée de son époux (articles 49, 50 et 53)..

Cette innovation disparaît ensuite de la constitution de 1968, qui n'évoque plus la reine dans ses dispositions relatives à la régence (articles 37 et 39). L'épouse du souverain n'est plus mentionnée que dans le cadre de la censure, autorisée (article 14). La nouvelle loi fondamentale prive par ailleurs explicitement l'épouse du roi et les autres membres de la dynastie (excepté le roi et le diadoque) de toute (article 34). Elle autorise cependant la reine, comme tout , à , à condition de n'y mener aucune (article 33)..

Condition sociale et religion des épouses royales

Aucune des constitutions du royaume de Grèce ni aucun traité international lié aux lois de succession au trône hellène n'établissent de règle concernant le mariage des souverains grecs ou de leurs descendants .. L'institution du mariage morganatique, d'origine allemande, n'existe donc pas officiellement dans le pays et aucune règle explicite n'oblige les monarques, leurs successeurs ou les autres membres de la famille royale à choisir pour épouses des femmes issues du gotha européen, autrement dit des princesses appartenant à des maisons souverainesL'autorisation de l'union du prince Christophe de Grèce avec la riche roturière américaine Nancy Leeds en 1920 illustre la relative liberté matrimoniale accordée aux membres de la famille royale ..

Malgré tout, en Grèce comme dans les autres royaumes européens, les unions inégales ont longtemps été considérées comme des mésalliances et aucune roturière n'a pu accéder au titre de reine des Hellènes. À travers son mariage avec Aspasía Mános, le roi Alexandre  est ainsi le seul monarque grec à n'avoir pas contracté une union homogame. Ayant échoué à obtenir l'autorisation de son père, Constantin , et du primat de l'Église grecque, Mélèce III, son mariage n'a toutefois jamais été reconnu de son vivant.

Aucune disposition constitutionnelle n'évoque non plus explicitement la question de la religion des reines, même si les différentes lois fondamentales grecques établissent que l'éventuel tuteur d'un souverain mineur doit (articles 51 des textes de 1864, 1911 et 1952 ; article 39 de 1968). À l'exception notable d'Amélie d'Oldenbourg, restée luthérienne jusqu'à sa mort, toutes les épouses royales ont pourtant fini par se convertir à l'orthodoxie (Sophie de Prusse en 1891 ; Frederika de Hanovre en 1946 ; Anne-Marie de Danemark en 1964..), quand elles ne sont pas simplement nées dans cette religion (Olga de Russie, Aspasía Mános, Élisabeth de Roumanie.). Bien que mariée après l'abolition de la monarchie, Marie-Chantal Miller a également décidé d'embrasser la religion de son futur époux, en 1995..

Dames de compagnie des souveraines

La reine Olga (assise) entourée de sa fille Marie (en deuxième position), de sa belle-fille Sophie (en troisième position) et de ses dames de compagnies (v. 1890). La deuxième d'entre elles (à droite de la souveraine) est Eleni Voultsou-Theocharis. Comme dans toutes les monarchies européennes, les souveraines grecques sont entourées de dames de compagnie. Issues de la haute société hellène, et notamment de familles s'étant illustré lors de la guerre d'indépendance, ces jeunes femmes sont souvent apparentées et le changement de dynastie opéré en 1862-1863 n'affecte pas cette continuité. Ainsi Sophia Baltatzis, dame d'honneur de la reine Olga, est la fille de Mina (Wilhelmine) Reinecke-Baltatzis, dame d'honneur de la reine Amélie..

Cultivées, parlant français (la langue de la Cour) et souvent belles et élégantes (comme Ekateríni Karatzá), les dames de compagnie accompagnent les souveraines (et les princesses) dans leurs missions. C'est particulièrement vrai durant les périodes de guerre, lors desquelles elles travaillent au côté des reines dans les hôpitaux de campagne, mais ça l'est également en temps de paix, quand elles accompagnent leurs maîtresses dans leurs fonctions de représentation.. Durant les deux premiers règnes, les dames de compagnie portent des tenues inventées par les souveraines à partir des costumes du folklore grec...

Plusieurs dames de compagnies des souveraines ont laissé leur trace dans l'histoire de la famille royale. Ioulia Somaki-Karolou est ainsi l'autrice d'une biographie de la reine Olga.. Quant à Angeliki Kontostavlou, elle est à l'origine d'une importante collection de photographies princières, continuée par Amaryllis Markezinis et publiée dans un album en 2007..

Bijoux des reines des Hellènes Différents bijoux sont associés aux reines des Hellènes.

Dans sa dot, la reine Olga amène en Grèce plusieurs parures héritées des Romanov, en 1867.. Ensuite répartis entre ses enfants, une bonne partie des joyaux quitte la Couronne hellèneUne parure de turquoises passe ainsi au prince Christophe de Grèce .. Une parure d'émeraudes passe néanmoins aux souveraines suivantes. Au moment du mariage du futur avec la princesse Élisabeth de Roumanie, en 1921, cette parure est remaniée pour créer un diadème de style kokochnik. Présentant un E, il est serti de gros cabochons de diamants et d'émeraudes...

Un diadème en diamants et rubis à branches d'olivier issu de la reine Olga est, par ailleurs, revenu aux reines des Hellènes dans les années 1950. Passé à la grande-duchesse Hélène (épouse du prince Nicolas de Grèce) puis à sa fille Olga, le bijou est finalement racheté par le roi , qui en fait cadeau à la reine Frederika de Hanovre. Ce diadème, qui appartient désormais à la reine Anne-Marie de Danemark, rassemble les rubis qu'offrait, chaque année, le roi à son épouse en guise d'anniversaire de mariage..

Un diadème de diamants hérité des Hohenzollern passe dans la famille royale au moment du mariage de Sophie de Prusse avec le futur . Probablement offert par le Kaiser en 1889, il est ensuite régulièrement porté par les reines et les princesses de Grèce.. Un autre bijou, connu sous le nom de diadème de cercles en diamants, est également entré dans la famille royale grâce à la reine Sophie. Parfois rehaussé d’une goutte suspendue au cercle central, il entre, plus tard, en possession de la princesse Irène.

Outre le diadème en diamants et rubis à branches d'olivier déjà nommé, un autre bijou est entré dans la famille royale de Grèce grâce à la reine Frederika de Hanovre. Il s'agit du diadème de collier de perles et diamants, qui semble être passé par héritage à sa fille Irène.

D'autres bijoux sont arrivés dans la famille royale de Grèce grâce à la reine Anne-Marie de Danemark. Le diadème corsage antique a ainsi été offert à la souveraine par sa mère, la reine Ingrid de Suède, au début des années 1960. Réalisé à partir d'un ornement de corsage hérité de la reine Victoria de Bade, il est porté par plusieurs des filles et belles-filles d'Anne-Marie au moment de leurs noces. Surtout, le diadème du khédive d'Égypte passe par héritage à la reine des Hellènes au moment de la mort de sa mère, en 2000. Conçu par Cartier en 1905, ce diadème rappelle le souvenir du vice-roi , qui l'a offert à la princesse Margaret de Connaught au moment de son mariage avec le futur de Suède.

Liste des épouses royales Reine de Grèce (1833-1862) Portrait Nom et titre(s) Conjoint Filiation Éléments biographiques Armoiries Célibat du roi Othon ( - ) 70px|Amélie d'Oldenbourg Amélie d'Oldenbourg.( - )Reine de Grèce( - )()Régente de Grèce(1850-1851 et 1861-1862) Othon ( - ) Maison d'OldenbourgAuguste d'Oldenbourg( - )Adélaïde d'Anhalt-Bernbourg-Schaumbourg-Hoym( - )