Le chef d'état-major de la Marine (CEMM) est un officier général français. Il est un conseiller du chef d'état-major des armées pour la Marine nationale. Il est aussi responsable devant le ministre des Armées de la préparation de la Marine nationale en vue de sa mise en œuvre. Depuis le , le poste de chef d'état-major de la Marine est occupé par l'amiral Christophe Cluzel.
Principales attributions Le chef d'état-major de la Marine est le premier représentant de la Marine nationale. Il conseille et assiste le chef d'état-major des armées (CEMA). Il lui apporte l'expertise propre de la Marine nationale. En outre : il entretient des relations bilatérales avec les Marines étrangères ; il participe aux instances inter administrations dans le domaine d'action relevant de l'État en mer ; il dispose d'une autorité (hiérarchique) sur différentes instances, comme : L’État-major de la Marine (EMM) ; La Direction du personnel militaire de la Marine nationale (DPMM) ; Les différents commandements, directions et services qui compose la Marine nationale. Le chef d'état-major de la Marine assure la préparation des Forces de la Marine nationale, à ce titre, il est : Responsable de l'instruction ; Responsable de l'entraînement ; Responsable du maintien en condition opérationnelle des Forces maritimes ; Responsable de la rédaction des concepts et des doctrines d'emploi des Forces maritimes. Le Chef d'État-major de la Marine rend des comptes au Chef d'État-major des Armées de :
La disponibilité des moyens ; L'état de préparation opérationnelle des Forces maritimes.
Dans le domaine capacitaire, le Chef d'État-major de la Marine élabore :
Les besoins militaires de la Marine nationale ; Les besoins en matière de soutien et d’infrastructure - à ce titre, il : Est responsable de l’évaluation opérationnelle des nouveaux équipements ; Prononce leur mise en service opérationnel et le retrait de service en fin de vie.
Dans le domaine des ressources humaines, le Chef d'État-major de la Marine :
exprime les besoins en emploi, en effectifs et en compétences du personnel civil relevant de son autorité ; prend part à la mise en œuvre de la politique ministérielle concernant le personnel civil et participe aux instances de dialogue social ; est responsable pour le personnel militaire de la Marine nationale du recrutement, de la formation initiale et continue, de la discipline, du moral et de la condition du personnel, des parcours professionnels et de carrière, de la gestion des effectifs, des emplois et des compétences.
Il possède des attributions en matière de maîtrise des risques et en matière de sécurité nucléaire.
Autorité et commandement L'autorité du chef d'état-major de la Marine s'exerce sur plusieurs organismes : L'état-major de la Marine qui assure, sous la direction du major général de la Marine (MGM) et à travers ses sept bureaux la direction générale des entités suivantes. : La direction du personnel militaire de la Marine (DPMM), dirigée par un vice-amiral d'escadre « DPMM » ; Les grands commandements de forces : Le vice-amiral d'escadre « ALFAN », commandant la force d'action navale (FAN) ; Le vice-amiral d'escadre « ALFOST », commandant la force sous-marine Le contre-amiral « ALAVIA », commandant l'aéronautique navale (AVIA) ; Le contre-amiral « ALFUSCO », commandant la force des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO) ; Les commandants de zones maritimes : Le vice-amiral d'escadre, préfet maritime de la Méditerranée ; Le vice-amiral d'escadre, préfet maritime de l'Atlantique ; Le vice-amiral d'escadre, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord ; Le contre-amiral « ALPACI », commandant la flotte du Pacifique et les forces armées en Polynésie française ; Le contre-amiral « ALINDIEN », commandant la zone maritime de l'océan Indien (ZMOI) et les forces maritimes de l'océan Indien ; Le contre-amiral « COMSUP FAA », commandant les Forces armées aux Antilles. Les services et directions suivants : L'Inspection de la Marine nationale (à ne pas confondre avec l'Inspection générale des armées, qui relève du ministre des Armées) ; Le délégué au rayonnement de la Marine ; La Commission permanente des programmes et des essais des bâtiments de la flotte ; Le Centre d'études stratégiques de la marine ; Le Service d'informations et de relations publiques des armées pour la Marine (SIRPA Marine) ; Le Service logistique de la Marine ; Le Conseil permanent de la sécurité nautique de la marine ; Le Conseil permanent de la sécurité aérienne de la marine ; Le secrétariat permanent du Conseil de la fonction militaire de la Marine ; L'inspecteur du service de santé pour la Marine ;
Il préside le conseil d'administration du Service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom) et exerce, au nom du ministre des Armées, la tutelle de l'École navale.
Historique de la fonction Avant la Première Guerre mondiale, le chef d'état-major de la Marine est avant tout le chef du cabinet militaire du ministre de la Marine, et ce mode de fonctionnement est à l'origine de l'appellation utilisée ; le militaire qui a autorité effective sur la Marine est alors l'amiral commandant l'armée navale, parfois désigné officieusement comme « amiralissime », en référence au titre de « généralissime » usité à l'époque dans l'Armée de terre.
La Première Guerre mondiale remet tout cela en cause, car un immense travail de réorganisation doit être effectué « rue Royale »Où se trouve le ministère de la Marine. pour conduire une guerre maritime industrielle de longue durée et être en mesure d’affronter les nouvelles menaces constituées par les sous-marins allemands et les mines sous-marines : on crée même alors une sorte « d'état-major bis » appelé « direction générale de la guerre sous-marine » , aux domaines d'action parfois redondants ; cette redondance constatée conduit logiquement à la dissolution de la DGGSM à la fin de la guerre et à l'attribution de ses nombreuses prérogatives aux bureaux de l'état-major général de la Marine.
Pour disposer d’un système permettant une transition souple entre le temps de paix et le temps de guerre , le vice-amiral chef d'état-major général de la Marine devient, dans les , le commandant désigné des forces maritimes françaises en cas de guerre, et le travail d'état-major revient dans de telles circonstances au major général de la Marine, son premier adjoint en temps de paix.
Du au , l'organisation de la Marine n'a plus comporté d'état-major général, mais un "état-major des forces maritimes françaises" en lieu et place qui en faisait office pour le temps de guerre. L'amiral Darlan est ainsi devenu commandant en chef des forces maritimes françaises avant d'être appelé à d'autres fonctions en dans la France de Vichy.
Après la Seconde Guerre mondiale, la disparition progressive du portefeuille de ministre de la Marine amène à confier une partie des prérogatives du ministre au chef d’état-major de la Marine, prérogatives qui sont cependant peu à peu reprises au niveau « interarmées » par l'État-Major des armées et son chef : le chef d'État-Major des armées (CEMA). Le CEMM perd ainsi au profit du CEMA ses responsabilités de direction des opérations maritimes en 1971À titre de comparaison, ses homologues de l'armée de terre et de l'armée de l'air les avaient déjà perdues dix ans plus tôt, en 1961..
Dans les , c'est à nouveau une large part des prérogatives organiques qui est transférée au CEMA, mais le CEMM reste son principal conseiller quant à la préparation et à l'emploi de la Marine.
L'amiral Bernard Louzeau décide à la fin des années 1980 de remplacer l'emblème de la Marine « une ancre d'or entrelacée d'un câble » par un logo représentant « une étrave de navire blanche avec deux vagues bleu et rouge ». L'amiral Pierre-François Forissier décide quant à lui de doter la Marine d'un hymne dont les paroles sont écrites en 2011 par le lieutenant de vaisseau Christian Beauval et la musique par le chef de musique des armées Didier Descamps, chef de la Musique des équipages de la flotte de Brest....
Liste des chefs d'état-major de la Marine République : chefs d'état-major général de la Marine (CEMGM) Portrait Grade au momentde la prise de fonction Chef d'état-major Date de prise de posteet décret de nomination Durée Contre-amiral Jules Krantz . Contre-amiral Victor Duperré . Contre-amiral Henri Garnault . Contre-amiral Albert Roussin . Contre-amiral Abel Bergasse Dupetit-Thouars . Contre-amiral Eugène Sellier . Contre-amiral Alexandre Peyron . Capitainede vaisseau Gustave Besnard . Vice-amiral Alexandre Peyron . Contre-amiral Sébastien Lespès . 80px Contre-amiral Charles de la Jaille . 80px Contre-amiral Louis-Henri Brown de Colstoun . 80px Capitainede vaisseau Alfred Gervais . 80px Contre-amiral Louis Victor Alquier . Contre-amiral Alfred Le Timbre . 80px Vice-amiral Louis Vignes . 80px Vice-amiral Alfred Gervais . 80px Vice-amiral Edgar Humann . Contre-amiral Charles Chauvin . 80px Vice-amiralJean de Lamornaix . 80px Vice-amiral Jules de Cuverville . 80px Contre-amiral Léonce Caillard . 80px Vice-amiral Amédée Bienaimé . Contre-amiral Ernest Marquer . Contre-amiral Paul Campion . 80px Vice-amiral Charles Touchard . Vice-amiral Charles Aubert . Vice-amiral Laurent Marin-Darbel . Vice-amiral Paul Auvert . Vice-amiral Charles Aubert . Vice-amiral Pierre Le Bris . Vice-amiral Louis-Joseph Pivet . Vice-amiral Charles Aubert . 80px Vice-amiral Eugène de Jonquières . 80px Vice-amiral Ferdinand-Jean-Jacques de Bon . 80px Vice-amiral Pierre Alexis Ronarc'h . 80px Vice-amiral Henri Salaün . Vice-amiral Maurice Grasset . 80px Vice-amiral Henri Salaün . Vice-amiral Louis-Hippolyte Violette . Vice-amiral Georges Durand-Viel . 80px Vice-amiral François DarlanOn a vu plus haut (cf.Historique de la fonction), la particularité de l'organisation de l'état-major de la Marine d'août 1939 à juin 1943. Darlan s'est ensuite rangé du côté des Alliés en . Il a été assassiné à Alger le . .
État français : chef d'état-major des Forces maritimes françaises (CEMFMF) Portrait Grade au momentde la prise de fonction Chef d'état-major Date de prise de posteet décret de nomination Durée 80px François Darlan . 80px Contre-amiral Gabriel AuphanIl a fait en sorte que les Forces de Haute Mer de l'amiral de Laborde n'interviennent pas contre les forces alliées qui ont débarqué en Afrique du Nord, début novembre 1942, puis à l’arrivée des troupes allemandes à Toulon le , il veille à ce que l'ordre qu'il a donné de sabordage de la Flotte soit exécuté. Il a démissionné de ses fonctions le . . 100px Vice-amiral d'escadre Maurice Le Luc .
France libre : commandant des Forces navales françaises libres Portrait Grade au momentde la prise de fonction Commandant Date de prise de posteet décret de nomination Durée 80px Vice-amiral Émile Muselier . 80px Contre-amiral Philippe Auboyneau Avril 1942 . -
Gouvernement provisoire de la République et République Portrait Grade au momentde la prise de fonction Chef d'état-major Date de prise de posteet décret de nomination Durée 80px Vice-amiral d'escadre André LemonnierL'amiral Lemonnier est nommé à ce poste par le Comité français de libération nationale, qui a été constitué en pour mettre un terme à la division entre les Forces françaises libres du général de Gaulle et les forces de l'Armée d'Afrique du général Giraud alors commandant en chef français civil et militaire. Sont ainsi réunies les Forces Maritimes d’Afrique, et les Forces navales françaises libres aux que commande le contre-amiral Auboyneau qui est alors nommé Chef d'État-Major Général-Adjoint . 261x261px Vice-amiral Robert Battet . 100px Vice-amiral d'escadre Roger-Gabriel Lambert 100px Vice-amiral Henri Nomy
République : chef d'état-major de la Marine