La place du Général-de-Gaulle est un espace public urbain de la commune de Lille dans le département français du Nord en région Hauts-de-France. La place est de type grand-place qui se caractérise par un aspect complètement minéral que l'on retrouve dans de nombreuses villes des anciens Pays-Bas. Il s'agit de la place historique et principale de la ville.
Considérée jusqu'au comme une partie du forum cité en 1066 dans l'acte de fondation de la collégiale Saint-Pierre, la place aurait pour origine la volonté de l'échevinage de la ville d'en faire un marché, au . La Deûle est canalisée, le sol est progressivement surélevé par des remblais, puis pavé afin de créer une place du Marché. Au , la construction de la bourse de commerce divise la place en Grand-Place et Petite-Place (actuelle place du Théâtre). Après la libération de Lille durant la Seconde Guerre mondiale, elle est renommée en hommage à Charles de Gaulle. La place est localement appelée « Grand'Place » ou, plus rarement, « place de la Déesse ».
La place du Général-de-Gaulle a conservé son rôle de grand-place : c'est toujours un lieu de fête et d'échanges, y compris commerciaux, et de manifestations de tous types. C'est toujours le cœur de la braderie de Lille. Le commerce des livres, avec la librairie le Furet du Nord et les nombreux bouquinistes, y est important également.
La place est bordée par divers bâtiments ; huit sont classés ou inscrits au titre des monuments historiques, parmi lesquels le Théâtre du Nord (ancienne Grande Garde) et la Vieille Bourse (ancienne bourse de commerce). Au centre de la place, trône la colonne de la Déesse. Érigée en 1845, elle représente l'héroïsme des Lillois durant le siège de Lille en 1792.
Description Morphologie et accès vignette|upright=1.5|alt=Plan de la place.|La place du Général-de-Gaulle, entre la place du Théâtre, la place Rihour, et le Nouveau Siècle.|gauche La place du Général-de-Gaulle se situe au cœur de Lille, entre le secteur piétonnier et le Vieux-Lille.. De forme presque rectangulaire, elle mesure de longueur, pour de largeur. Trois côtés forment entre eux des angles droits, tandis que le dernier est de forme convexe avec la rue Esquermoise.. La place du Général-de-Gaulle est pavée en damier de granit bleu de Lanhélin et granit rose de la Clarté..
À partir du , pour les véhicules motorisés, la place du Général-de-Gaulle est accessible depuis la rue des Manneliers exclusivement. Le passage pour les voitures se fait alors en sens unique. Les véhicules peuvent sortir par la rue Esquermoise vers le nord-ouest et par la rue Nationale vers le sud-ouest. Pour les piétons, la grand-place est également accessible par ces rues, mais aussi par la rue Neuve et par la place Rihour au sud ; par les rues des Sept-Agaches, du Petit-Paon et de la Bourse à l'est et par la rue des Débris-Saint-Étienne au nord. La place du Général-de-Gaulle est à partir de 2011 en zone de rencontre : les véhicules motorisés doivent céder le passage aux piétons et leur vitesse est limitée à ... Le , la place ainsi que plusieurs rues voisines deviennent réservées aux piétons ainsi qu'aux cyclistes roulant au pas. Des accès demeurent possibles pour des véhicules motorisés dans le cadre de livraisons ou pour des riverains possédant un garage..
La place est accessible depuis le métro, via la première ligne en sortant à la station Rihour. Elle est également accessible depuis la gare de Lille-Flandres, à par la rue Faidherbe. Le parking souterrain sous la grand-place contient . Selon un sondage réalisé en 2007 sur un échantillon de , 48 % des personnes arrivant sur la place du Général-de-Gaulle sont venues à pied, 32 % en transport public, 14 % en voiture et 6 % à vélo. En 2007, la même étude compte et entre 400 et par jour par sens en heure de pointe, dont 10 à 15 % se rendent au parking souterrain. L'arrivée du métro a entraîné la suppression des autobus ; auparavant, la place servait de point nodal où plusieurs lignes de tramway convergeaient.. Depuis , la navette du Vieux-Lille, un minibus desservant le Vieux-Lille, traverse la place du Général-de-Gaulle...
Dénomination En J.-P. V., Liberté : de la Grand-Place à la rue de Lannoy in Journal de la société des amis de Panckoucke, avril 2007, , . après la libération de Lille, le nom de la place rend hommage à Charles de Gaulle, natif de la commune en 1890. ; elle devient la « place du Général-de-Gaulle ».
À partir du milieu du , la place se nomme « Place du Marché », puis « Grand'Place ». voire « Grande-Place » dès l'érection de la bourse du commerce en 1652, noms qui restent encore attribués à la place. Sans précision de date, elle est autrefois appelée « Place d'Armes ». La place est également communément appelée la « Place de la Déesse »..
En s’appuyant sur l'acte de fondation de la collégiale Saint-Pierre, les historiens ont longtemps cru que la place remontait aux origines de la commune. Elle était identifiée au forum, cité en 1066., mais les fouilles archéologiques ont démontré que ce n'était pas le cas.... La notion de forum ferait plutôt écho au quartier où vivent les familles les plus aisées et bourgeoises ; s'étendant sur les actuelles rues de la Grande-Chaussée, des Chats-Bossus, de la Clef et des Arts. Il est donc impossible d'identifier la grand-place au forum du .
La grand-place est immatriculée « LR10 » parmi les îlots regroupés pour l'information statistique (IRIS) de Lille, tels que l'Insee les a établis en 1999Plan d'assemblage - Grands quartiers - IRIS 2000 - Lille, Insee, 1999, , consulté 24 janvier 2014..
Histoire
Moyen Âge : la création de la place du Marché
Jusqu'au , le site était occupé par les eaux de la Deûle et par un marais. À proximité se trouvait la halle échevinale qui, après avoir brûlé en 1213, est rebâtie en 1233.. En 1242, l'échevinage de la ville. canalise la Basse-Deûle entre La Bassée et Lille. en 1242, ce qui crée un plan d'eau permanent et inonde les caves en bordure de l'actuelle place. En 1271, les travaux de canalisation de la Haute-Deûle sont achevés. Les eaux libèrent l'espace correspondant à la grand-place actuelle.. Dans un premier temps, le site est traversé de temps à autre, avec difficulté, et seulement à la belle saison, par des charrois ou des cavaliers, dont les chevaux y ont perdu de nombreux fers, ce qui témoigne de la difficulté d'avancer dans un terrain qui reste bourbeux..
Très vite, l'espace dégagé est utilisé pour les activités commerciales du marché de Lille.. Datant de la fin du , les premiers aménagements consistent en un aplanissement du sol qui est recouvert de silt jaune, puis de mortier.. Le commerce de grain s'effectuait sous un bâtiment en torchis de type halle, qui est incendié. et non rebâti. Il y avait également des enclos pour le bétail.. Au début du , on étend de la craie, puis régulièrement des remblais épais pour rehausser le terrain, qui est encore inondé lors des plus grosses crues.. Les marchands qui venaient vendre leurs marchandises payaient une taxe à l'entrée de la ville, contre laquelle ils recevaient des méreaux fiscaux, qui attestaient qu'ils étaient en règle. Lorsqu'une couche de calcaire régulièrement damée est étendue au milieu du , la vocation du site est définitivement fixée : la place devient le marché (elle prend ce nom vers 1350.). Elle accueille les nombreux étals des marchands abrités sous des auvents de toile, qu'ils installent à leur guise. sans que le Magistrat réussisse à faire respecter les emplacements définis..
À partir du milieu du , la municipalité engage du personnel pour nettoyer le marché. Trois rues non alignées permettent d'y accéder. De forme trapézoïdale., elle s'étend en plus de l'actuelle place du Général-de-Gaulle sur l'actuelle place du Théâtre nommée « Petite Place » jusqu'à la construction du Théâtre en 1785. Avant la construction de la Bourse en 1562, les deux places communiquaient largement, n'étant séparées que par quelques maisons à l'emplacement de l'actuelle rue des Trois CouronnesLes plans de la ville en 1204, 1304, 1450 et 1604 établis par l’historien archiviste Brun-Lavainne distinguent Grande et Petite Place et le petit îlot de maisons à l'emplacement de la rue des Trois Couronnes y figure. L’historien Victor Derode à l’entrée « place du Théâtre », autrefois « Petite Place » dans l'« histoire de Lille et la Flandre wallonne » situe la halle échevinale sur celle-ci. sur une superficie d'au moins . À l'angle nord de la place s'élève l'église Saint-Étienne, avec son cimetière. À l'est, la place est bordée par des maisons particulières, appelées à l'époque vulgairement « Marché à Poterie », au sud par des maisons et une boucherie, et à l'ouest par des maisons adossées au canal des boucheries un des nombreux canaux de Lille recouverts au , qui coulait approximativement à l'emplacement de l'actuelle rue Saint-Nicolas.. Sur son centre, du nord au sud, se trouvaient l'hôtel du Beauregard, la chapelle des Ardents et la fontaine au Change..
La place est aussi un lieu symbolique pour les autorités : le revart, premier magistrat de la ville, et le prévôt de la ville, agent du roi, y sont installés. C'est sur la place que l'on expose au pilori, que l'on supplicie les condamnés à mort et que l'on y expose leurs corps. La place du Marché est aussi un lieu de fêtes. Devant la halle échevinale, se tient la fête de l'Épinette qui est ponctuée par une joute équestre le premier dimanche de Carême.. On y joue aussi aux dés, malgré les interdictions.
Au début du , la place est recouverte d'un pavage irrégulier, sur couche de sable vert et au milieu du siècle, l'accroissement de la population lilloise et le besoin d'embellir la place poussent la Chambre des comptes et l'échevinage à arrenter à des habitants des terrains publics contigus au cimetière. Ceux-ci y bâtissent leurs boutiques. L’opération permet à la ville de rétablir ses finances.. Une grande partie des échanges de denrées et de produits artisanaux se font sur la place ou à ses abords : on y trouve toujours le marché au blé, mais aussi ceux aux poulets, aux poissons, au sel, au compenage (tous les aliments destinés à accompagner le pain) ; au tissu dit sayette, à la paille ; aux chevaux ; aux poteries ; aux navettes. Près de la place du Marché se trouvent les infrastructures publiques nécessaires au marché : les changeurs et le poids public établi., ainsi que d'autres marchés spécialisés : la ruelle aux Fromages ou rue au fromage, la rue des Manneliers (vanniers). Les savetiers et les cordonniers sont rassemblés à proximité.
Temps modernes : de la place du Marché à la Grand'Place vignette|La première carte de Lille est celle de Deventer en 1560 ou de Guichardin en 1580. La grand-place se situe au centre du plan..|alt=Plan de Lille en 1580. En 1550, un corps de garde est bâti à la place de l'ancienne boucherie.. Les Nouvelles Boucheries qui se situaient au rez-de-chaussée du bâtiment, étaient surmontées d'un lion des Pays-Bas... En parallèle, sur la place se déroule le marché aux grains.. Quarante-quatre ans plus tard, la halle échevinale est agrandie et embellie.