William Cecil, Burghley (parfois orthographié Burleigh), né le à Bourne et mort le à Westminster , est un homme d'État anglais.

Principal conseiller de la reine Élisabeth pendant la majeure partie de son règne, il est secrétaire d’État de 1558 à 1572, puis lord grand trésorier de 1572 à sa mort. Il joue un rôle majeur dans la mise en place et le fonctionnement du régime élisabéthain, ainsi que dans sa politique religieuse et étrangère.

Biographie

Formation et débuts politiques

William Cecil est le fils de Richard Cecil, propriétaire terrien et officier de la cour d'Henri VIII, et de Jane Heckington. Après des études à Stamford, il entre en 1535 au St John's College de l'université de Cambridge, où il fréquente notamment les humanistes John Cheke et Roger Ascham. Il quitte Cambridge sans obtenir de diplôme et rejoint Gray's Inn en 1541 afin d'étudier le droit.

Il entre au service du gouvernement sous le règne d'Édouard VI. Proche du lord-protecteur Edward Seymour, duc de Somerset, il l'accompagne lors de la campagne d'Écosse de 1547 et assiste à la bataille de Pinkie Cleugh. Après la chute de Somerset en 1549, Cecil est brièvement emprisonné, mais parvient à poursuivre sa carrière sous le gouvernement de John Dudley, duc de Northumberland. Il devient secrétaire d'État en 1550 et est fait chevalier en 1551.

Sa carrière marque le pas sous le règne catholique de Marie , sans qu'il soit exclu de la vie publique. Il siège à plusieurs reprises à la Chambre des communes, représentant notamment Stamford en 1547, le Lincolnshire en 1555 et 1559, puis le Northamptonshire au Parlement de 1563.

Principal conseiller d'Élisabeth Ire

À l'avènement d'Élisabeth en novembre 1558, Cecil est nommé secrétaire d'État et entre au Conseil privé. Il devient rapidement l'un des principaux conseillers de la souveraine, position qu'il conserve pendant près de quarante ans. Malgré des désaccords réguliers avec la reine, notamment en matière de politique étrangère, de religion et de succession au trône, sa présence assure une importante continuité au gouvernement élisabéthain.

Cecil joue un rôle important dans la mise en place du Règlement religieux élisabéthain à partir de 1559 et dans la consolidation du caractère protestant de l'État. Ses projets dépassent la seule recherche de l'obéissance politique et associent étroitement, particulièrement au cours des années 1560, conformité religieuse, fidélité à la Couronne et sécurité du royaume.

Il accorde parallèlement une importance particulière à l'Écosse, dont la situation lui paraît déterminante pour la sécurité de l'Angleterre face à la France. En 1559 et 1560, il soutient l'aide anglaise aux seigneurs protestants écossais opposés à la régente Marie de Guise. Envoyé en Écosse en 1560, il participe aux négociations qui aboutissent au traité d'Édimbourg de juillet 1560, lequel met notamment fin à l'intervention militaire française en Écosse.

En janvier 1561, Cecil devient maître de la Court of Wards and Liveries, charge qu'il conserve jusqu'à sa mort en 1598. Cette juridiction administre notamment les terres et la tutelle des héritiers mineurs relevant directement de la Couronne. Elle constitue pour Cecil une source de revenus mais aussi un important instrument de patronage et d'influence politique.

Élisabeth l'élève à la pairie sous le titre de baron Burghley en 1571. Il est reçu dans l'ordre de la Jarretière l'année suivante et, en juillet 1572, succède à William Paulet comme lord grand trésorier. Il abandonne alors la fonction de secrétaire d'État mais demeure jusqu'à sa mort l'un des personnages dominants du Conseil privé et du gouvernement anglais.

Politique extérieure et Marie Stuart

Dans les années 1570 et 1580, Burghley cherche à concilier la défense des intérêts protestants en Europe avec une politique extérieure prudente, destinée à éviter autant que possible une guerre coûteuse contre les grandes puissances catholiques. La situation aux Pays-Bas espagnols et l'aggravation des relations avec Philippe II d'Espagne conduisent cependant l'Angleterre à intervenir plus directement aux côtés des insurgés néerlandais dans les années 1580, notamment après la conclusion du traité de Sans-Pareil en 1585.

La présence en Angleterre de Marie Stuart, dont la revendication dynastique est soutenue par une partie des catholiques anglais et européens, constitue une autre préoccupation majeure. Cecil adopte progressivement une position de plus en plus ferme à son égard. Après la découverte de la conspiration de Babington en 1586, il joue un rôle important dans les procédures qui conduisent au procès et à la condamnation de l'ancienne reine d'Écosse, exécutée à Fotheringhay le 8 février 1587.

En tant que lord grand trésorier et membre du Conseil privé, Burghley prend également part à l'organisation administrative et financière de la guerre contre l'Espagne et de la défense du royaume lors de l'Invincible Armada de 1588. Dans les années suivantes, il demeure attentif au coût considérable du conflit et se montre généralement plus favorable que certains autres membres de la cour à une politique permettant le rétablissement de la paix.

Dernières années

Dans les années 1590, malgré son âge et une santé déclinante, Burghley demeure lord grand trésorier et l'un des principaux conseillers de la reine. Il favorise progressivement l'ascension politique de son fils Robert Cecil, qui devient secrétaire d'État en 1596 et joue à son tour un rôle central dans le gouvernement d'Élisabeth puis de Jacques .

William Cecil meurt le à Westminster. Il est inhumé dans l'église Saint-Martin de Stamford. Son fils aîné Thomas Cecil lui succède comme baron Burghley, tandis que Robert Cecil poursuit la carrière politique de son père. William Cecil est ainsi à l'origine des deux principales branches de la famille Cecil, dont sont issus les futurs comtes d'Exeter et comtes de Salisbury.

Il se fait construire une vaste demeure, dite Burghley House, à la manière d'un palais londonien de l'époque.

Un cénotaphe mural lui est dédié dans l'église Saint-Martin de Stamford (Lincolnshire). À la droite de ce monument a été ensuite construit le tombeau de son fils Robert Cecil.

Le mécène

William Cecil est un mécène de l'architecture et des hautes études, même s'il semble s'être moins intéressé à la peinture. Sa maison de Theobalds est peut-être la première en Angleterre à reproduire un modèle italien. Des effigies de Vénus et Cupidon ornent une fontaine de marbre dans la cour, un Vulcain et une Vénus de bronze décoraient la cheminée de la Grande Chambre. William Cecil adorait sans réserve l'érudition et les érudits. Il soutenait financièrement des écoles. Il avait toujours sur lui les Devoirs de Cicéron. Il aimait particulièrement l'histoire, la géographie et l'astrologie. Il protégea l'historien William Camden, et Arthur Golding lui dédia sa traduction d'un texte de Leonardo Bruni sur l'invasion de l'Italie par les Goths. Il commanda des cartes en France et fit peindre des vues de villes européennes dans la grande salle de TheobaldsPeter Burke, La Renaissance européenne, Seuil, Points Histoire, 2000, p. 196.

Descendance Il a un fils, Robert Cecil, et 3 filles, Anne, Elizabeth et Margaret

Dans la fiction

Il est l'un des personnages de la série britannique A Discovery of Witches où il est incarné par l'acteur Adrian Rawlins. C'est le personnage principal du manga seinen Dans l'ombre de la Reine (Cecil no Joô) d'Ai Kozaki publié depuis 2021. Il est un personnage important du roman de Ken Follett "Une colonne de feu".

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Naissance en septembre 1520 Catégorie:Naissance à Bourne (Royaume-Uni) Catégorie:Décès en août 1598 Catégorie:Personnalité de l'époque Tudor Catégorie:Personnalité politique anglaise du XVIe siècle Catégorie:Étudiant de St John's College (Cambridge) Catégorie:Baron de la pairie d'Angleterre au XVIe siècle Catégorie:Chevalier de la Jarretière au XVIe siècle Catégorie:Député du Parlement d'Angleterre au XVIe siècle Catégorie:Lord du sceau privé Catégorie:Lord trésorier Catégorie:Décès à 77 ans Catégorie:Décès à Westminster (borough) Catégorie:Chancelier de l'ordre de la Jarretière