est l'ébauche d'une chanson, composée et enregistrée par John Lennon en 1976 et finalisée par les Beatles. Parue en ouverture de la compilation Anthology 1, le , et en single, le suivant, elle fait partie de la promotion du documentaire télévisé The Beatles Anthology. Suivra aussi, l'année suivante, , une seconde « nouvelle » chanson. Ces deux titres sont produits par Jeff Lynne, membre fondateur du groupe ELO et un ami et collaborateur de George Harrison.
Le clip vidéo de , produit par Vincent Joliet et réalisé par Joe Pytka, dépeint, du point de vue d'un oiseau en vol, une suite de scènes aux nombreuses références à l'œuvre des Beatles.
La chanson remporte en 1997 le Grammy Award de la meilleure performance pop d'un duo ou groupe avec chant et atteint le top 10 des classements aux États-Unis et en Angleterre.
Elle est ressortie en 2025 dans un remixage utilisant un algorithme d'intelligence artificielle, afin d'isoler le piano et la voix de la démo d'origine.
Historique thumb|Le Dakota Building, où Lennon vit et enregistre, possiblement en 1976, . John Lennon écrit en 1976. (ou en 1977Livret de la compilation 1+), alors qu'il traverse une période longue de cinq ans hors de toute activité publique, essentiellement consacrée à son fils Sean né en 1975. Il en enregistre une démo qui reste inachevée, chez lui dans son appartement du Dakota Building à New York.
Quelque temps après la mort de Roy Orbison en 1988, George Harrison et Jeff Lynne sont invités à une soirée à Graceland. Discutant de l'avenir des Travelling Wilburys, Harrison affirme que sans la voix de leur collègue disparu, il serait difficile de continuer l'aventure, notant que la seule personne pouvant le remplacer serait Elvis Presley lui même. Un de ses associés lui dit qu'il existe des enregistrements inédits avec la voix du « King » sur une piste isolée qui pourraient être utilisées. L'idée plait aux deux Wilburys qui jonglent avec l'idée. À la fin de ce même voyage aux États-Unis, Harrison rend visite à Yoko Ono et lui raconte cette conversation et c'est à ce moment qu'elle l'informe de l'existence d'enregistrements inédits de son défunt mari. Le projet des Travelling Wilburys incorporant la voix d'Elvis meurt dans l'œuf mais les bandes avec la voix de John restent dans l'esprit de l'ex-Beatle..
Six ans plus tard, The Beatles Anthology, un vaste projet, comprenant des albums, un documentaire de télévision et un beau-livre, qui vise à raconter l'histoire des Beatles de l'intérieur, propose entre autres une série de nouvelles interviews avec les trois membres du groupe et avec Lennon, mort en 1980, cette fois tirés d'archives diverses. On inclut nombres d'enregistrements inédits de chansons des Beatles, telles des maquettes, des chansons inédites et des enregistrements live. Pour compléter le tout, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr ont d'abord eu l'intention d'enregistrer, en trio, de la musique instrumentale accessoire pour le documentaire. Rapidement, ils se ravisent et décident qu'ils enregistreront de nouvelles chansonsRingo Starr, DVD Anthology, 0:00:43. Par contre, la seule manière qu'ils ont de se réunir musicalement en tant que Beatles est de s'assurer de la présence de John Lennon sur les enregistrementsGeorge Harrison, DVD Anthology, 0:01:13.
En , McCartney communique à son tour avec à Yoko Ono et lui demande si elle voulait bien remettre ces enregistrements inédits de son mari afin que le groupe puissent les compléter. Le du même mois, après la cérémonie de l'intronisation posthume de John au Rock and Roll Hall of Fame durant laquelle Yoko accepte le prix des mains de Paul, celle-ci lui remet des cassettes contenant quatre chansons: , , et Ringo Starr, DVD Anthology, 0:01:58. Yoko Ono explique : .
Le groupe décide de compléter en premier lieu.
Enregistrement
Afin de produire les titres inédits, les trois Beatles choisissent, à l'insistance de Harrison, son partenaire des Traveling Wilburys, Jeff Lynne, originellement du groupe Electric Light Orchestra. Celui-ci a également été producteur de son album , celui de Ringo Starr Time Takes Time et, plus tard, retenu par Paul McCartney pour Flaming Pie. Leur producteur historique George Martin, ne prend pas part à ces séances à cause de ses problèmes d'audition. McCartney explique : Martin affirme par contre qu'il n'a pas été invité, bien qu'il ne soit pas du tout amer et a préféré ne pas être impliqué dans ces séances.
La bande originale de la chanson se trouve sur une cassette audio, le chant de Lennon et le piano enregistrés sur la même piste. Pour la préproduction, McCartney fait appel à Geoff Emerick, l'ancien ingénieur du son des Beatles avec lequel il a souvent collaboré pour ses projets solo. Heureux de faire partie de ce projet, celui-ci invite son collègue Jon Jacobs pour le seconder. Comme l'enregistrement est fait par Lennon sans l'aide d'un métronome, ils doivent utiliser une pour ensuite, par échantillonage, déplacer à la main chaque vers de la chanson afin que le rythme demeure constant. À cette époque, les deux sons sont impossibles à séparer, si bien que McCartney double la voix de son collègue en tentant le plus possible d'imiter le timbre de Lennon afin de le rehausser par rapport au piano. Jeff Lynne explique que cela reste bon pour l'intégrité du projet, car Lennon ne fait pas que chanter un vers ici ou là, mais joue aussi sur la chansonJeff Lynne, DVD Anthology, 0:03:16.
Maintenant sur un ruban 24 pistes, présente l'intérêt de permettre aux trois autres Beatles d'y apposer leur touche, en complétant l'arrangement et en ajoutant un pont avec de nouvelles paroles, pour en quelque sorte réunir le groupe au complet. Les overdubs et la production sont réalisés en février et dans le studio personnel de Paul McCartney, , à Icklesham dans le SussexPaul McCartney, DVD Anthology, 0:06:47. Les musiciens enregistrent leurs contributions autour de l'idée de base de Lennon, qui contient des trous à comblerRingo Starr, DVD Anthology, 0:03:33. McCartney, qui a écrit la majorité des paroles manquantes, s'occupe principalement de la basse et chante en solo et en duo avec Lennon et fait les chœurs. Harrison ajoute plusieurs parties de guitare slide et acoustique en plus de faire les chœurs et de chanter un vers en solo.. La chanson se termine par une courte coda et qui comprend une partie de ukulélé jouée par Harrison en plus de la voix parlée de John Lennon en fond Renee Montagne's, « Paul McCartney Gets Back to The Beatles », NPR, 26/11/2002. Consulté le 1/03/2011 qui sonne comme s'il disait « » (fait par John Lennon). D'après McCartney, c'était complètement involontaire et découvert uniquement lors de l'écoute du mix final Sean O'Hagan », Macca beyond », The Observer, 18/09/2005. Consulté le 1/03/2011. Dans le remix pour la compilation 1+ sortie en 2015, cette phrase, , dite par Lennon reprenant une rengaine de George Formby, est cette fois entendue dans le bon sens. Dans le remix de 2025, la finale comporte la phrase entendue dans les deux sens.
La chanson terminée, lorsque Ringo Starr entend les harmonies de McCartney et Harrison, il déclare qu'elle . En fait, Starr explique qu'il a plutôt regardé ce projet du point de vue d'une Ringo Starr, DVD Anthology, 0:06:26, comme s'il n'était plus un Beatle. À la fin du travail, les trois Beatles sont d'accord pour dire qu'ils ont le plus apprécié d'enregistrer , car , l'autre titre de Lennon finalisé par le groupe, était déjà presque terminé dès le départ. Ils n'y ont que peu contribué, ayant l'impression d'être cantonnés au rôle de musiciens de session pour leur collèguePaul McCartney, DVD Anthology, 0:08:09.
remporte en 1997 le Grammy Award de la meilleure performance pop d'un duo ou groupe avec chant, après être devenu le single des Beatles à atteindre le top 10 des classements aux États-Unis. et le en Angleterre.. Elle assure au groupe au moins un titre dans le top 40 pendant quatre décennies (des années 1960 aux années 1990). Le groupe publie aussi en 1996, sur le même principe (chanson de John Lennon retravaillée par les autres), qui atteint également le top 10 au Royaume-Uni. Assurée d'une énorme couverture médiatique, ne sort qu'en pour atteindre aussitôt la première position du classement britannique..
Interprètes John Lennon : chant, piano Paul McCartney : chant, basse, contrebasse, chœurs et guitare acoustique George Harrison : chant et chœurs, guitares slide et acoustique, ukulélé Ringo Starr : batterie, percussions
Équipe technique Jeff Lynne : producteur Geoff Emerick : ingénieur du son Jon Jacobs : ingénieur du son
Clip vidéo Après un décompte de 30 secondes à la fin de la diffusion du premier épisode du documentaire, le clip est présenté pour la première fois le . Produit par Vincent Joliet et réalisé par Joe Pytka (Space Jam), le clip montre, du point de vue d'un oiseau en plein vol, plusieurs scènes regorgeant de références aux chansons des Beatles, comme Penny Lane, Paperback Writer, A Day in the Life, Eleanor Rigby, et Helter Skelter. On estime que le clip contient de quatre-vingts à une centaine d'allusions à l'histoire des Beatles, leur musique et leurs textes. Bien que l'oiseau soit audible au début du clip, il n'apparaît à aucun moment à l'écran. Selon Neil Aspinall, alors directeur général d'Apple Records, la raison est que personne n'était d'accord sur quelle espèce d'oiseau utiliserNeil Aspinall, DVD Anthology, 0:00:17.
thumb|Le célèbre passage-piéton d'Abbey Road apparaît en fin de clip.
Joe Pytka a dû faire part de toutes ses idées aux Beatles et à Yoko Ono, pour s'assurer de leur accord avant de commencer le tournage. Il reçoit leur approbation, en même temps que la bénédiction personnelle de Derek TaylorJoe Pytka, DVD Anthology, 0:01:06. Les endroits authentiques sont utilisés le plus possible : le quartier de Penny Lane est remaquillé par le département artistique de Pytka pour ressembler à ce qu'il était dans les années 1950 (enfance du groupe), et le Liver Building et les docks de Liverpool sont également présents, en référence au père marin de John Lennon, Alfred LennonJoe Pytka, DVD Anthology, 0:02:01.
Bien que Pytka ait fixé ses idées sur un storyboard, il l'abandonne dès le début du tournage, et suit le cours de ses inspirations selon les angles et perspectives proposés par le steadicam ou la Louma (caméra montée sur une grue Akela de 25 mètres). Par exemple, l'accident de voiture, qu'il filme d'en haut pendant des heures, avant de se rendre compte qu'une prise au steadicam sur le sol est bien meilleureJoe Pytka, DVD Anthology, 0:04:44. Des images d'archives sont utilisées, fondues dans le clip final grâce à un écran vert, comme le bobtail de Paul McCartney dans le cimetière, et l'éléphant dans la salle de danse indienneJoe Pytka, DVD Anthology, 0:05:50. Cet éléphant est ajouté à la fin, parce que Ringo Starr aime la scène mais tient à ce qu'un éléphant s'y trouve. Pytka accepte car, plus tôt, il a ajouté un sitar à cette scène sur demande de George HarrisonJoe Pytka, DVD Anthology, 0:07:06. En plus du steadicam, Pytka utilise aussi un hélicoptère téléguidé équipé d'une caméra pour la scène du passage piéton d'Abbey RoadJoe Pytka, DVD Anthology, 0:07:38.
George Harrison joue de l'ukulélé en studio pour la finale de et suggère que ce soit lui qui soit filmé de dos à jouer de cet instrument sur la toute dernière scène du clip. Pytka a refusé cette idée, sentant qu'un Beatle contemporain ne devait pas apparaître à l'écran. Plus tard, Pytka déclare que ce fut un déchirement de cœur, particulièrement après la mort de Harrison en 2001 et après avoir découvert que l'ukulélé n'était pas qu'un simple extrait d'une vieille chanson, comme il le supposaitJoe Pytka, DVD Anthology, 0:10:16.