thumb|Un célestin. L’ordre des Célestins (en latin : Pauperes Eremite Domini Celestini) est un ordre monastique de tradition bénédictine érémitique. En 1248, Pierre de Morrone quitte son monastère pour devenir ermite. Ses disciples seront connus comme moines « célestins » lorsque leur maitre et guide est élu pape (1294), prenant le nom de . L'ordre se développe en Italie et en France. Il est supprimé en 1778.

Fondation Autour de 1240, le moine bénédictin Pierre de Morrone (futur ), provenant de l'abbaye molisane de Santa Maria di Faifoli, se retire sur le mont Majella, dans les Abruzzes, dans le but d'observer plus fidèlement la Règle monastique (de saint Benoit) en menant partiellement une vie d'ermiteOrdre des Célestins sur le site de la BNF.. Quelques années plus tard, il fonde, près du castrum de Roccamorice, l'ermitage du Saint-Esprit : la tradition retient la date du . (Fête de la décollation de saint Jean Baptiste) pour cette fondation.

Autour de Pietro s'est vite développée une communauté d'ermites, dont l'existence est documentée pour la première fois le , lorsque les autorités de la ville de Sulmona donnèrent aux moines Giacomo et Giovanni, les représentants légaux de Pierre, des terres sur la montagne du Morrone, surplombant la villeCode diplomatique célestin, .. Le suivant, l'évêque de Valva et le chapitre de la cathédrale San Panfilo accordèrent à ces ermites la permission de construire une église dédiée à la ViergeCode diplomatique célestin, ..

Le premier monastère fut établi sur les pentes du mont Majella, en Italie. À l'origine ces religieux étaient membres des Ermites de saint Damien, ou Frères du Saint-Esprit (du nom de l'abbaye du Saint-Esprit, à Sulmona).

Le pape Urbain IV autorise cette fondation en 1263 et l'agrège à l'ordre bénédictin..

L'ordre est officiellement approuvé en 1274La bulle confirmative est datée du dans . par le pape Grégoire X en dépit de la récente réaction du deuxième concile de Lyon contre la multiplication des formes nouvelles de vie religieuse. Le nouvel ordre se répand largement en Italie, où il compte bientôt une centaine de maisons.

Devenu pape en 1294, , en approuve les Constitutions le , dont l'élément le plus caractéristique était la durée limitée à trois ans, renouvelables, de la charge d'abbé général. Le nom de fut donné aux membres de l'ordre.

Expansion en France Les Célestins furent introduits en France par Philippe le Bel en 1300. Celui-ci tenait à exalter la mémoire de au détriment de son successeur, le pape avec lequel il est en conflit ouvert ; les premiers prieurés s'établirent dans les forêts d'Orléans et de Compiègne.

Le monastère des Célestins de Paris est érigé en 1352, et s'installe dans l'ancien couvent des Carmes. En 1365, Charles VLe roi, protecteur de l'ordre, réside à proximité du monastère, à l'hôtel Saint-Pol.. Le portail de l'église du couvent était flanqué de deux statues à l'effigie du roi de France et de son épouse Jeanne de Bourbon. On pouvait également y lire l'inscription latine ..

Le couvent des Célestins est étroitement lié à la famille royale. Philippe de Mézières, conseiller de Charles V de France, s'y retire à la mort du roi et y est enterré en 1405. Les Célestins font figure de nécropole royale et princière. Ils abritent les entrailles de la reine Jeanne de Bourbon, le prince Louis d'Orléans y est inhumé en 1407 après son assassinat. Cette faveur royale fut comme le signe de l'essor de l'ordre en France.

Le monastère devint le chef de l'ordre de la province française de la congrégation, et bientôt, à la faveur du Grand Schisme d'Occident, les monastères français, au nombre d'une dizaine, obtinrent leur autonomie par rapport à la juridiction italienne.

Au début du , les Célestins ont comme cardinal protecteur Robert Bellarmin qui après avoir gagné la confiance des moines s'investit dans la réforme de l'Ordre. En 1612 il préside lui-même le chapitre général triennal, à Monte Norone. Il y fait accepter le nouveau bréviaire (tridentin) de Paul V et donne son soutien à dom Claude Champigny, abbé-général, considéré comme le réformateur de l'Ordre. Dans une lettre Bellarmin l'invite, entre autres, à choisir avec soin ceux qui auront des positions d’autorité dans l'Ordre. En 1667, de nouvelles Constitutions sont adoptées.

Organisation Les Célestins se sont inspirés des autres courants religieux de leur époque (camaldules, cisterciens etc) pour façonner leur nouvel ordre, l'inspiration cistercienne se discerne dans le modèle organisationnel de la congrégation tandis que leur goût pour un ascétisme prononcé est une influence du courant "spirituel" des franciscains. Les célestins sont également soumis à la règle de saint Benoît à laquelle leur fondateur a adjoint sa propre règle le qui a été enrichie par les 25 chapitres des constitutions italiennes au . Aux constitutions italiennes il faut ajouter celles qui sont propres à la province de France, écrites à partir des années 1350.

Globalement, l'ordre prend la forme d’une grande congrégation divisée en deux provinces majeures : celle d'Italie et celle de France. L’abbaye de Saint Esprit de Sulmone est le cœur de cette congrégation et les différentes maisons de l’ordre en sont les multiples émanations, on parle de « monastères » pour les plus grandes et de loci pour les plus petites. On estime que les grands monastères comptent 12 frères tandis que les plus petits loci en contiennent 2 ou 3 seulement. Les moines de Sulmone élisent leur abbé tous les trois ans lors du Chapitre général. Dans chacune des deux provinces se trouvent un Chapitre provincial qui se réunit selon les mêmes modalités pour élire le prieur de la province.

Chaque "maison" de l'ordre se gouverne par le biais du chapitre conventuel, comme dans les autres ordres monastiques et religieux médiévaux. Ce chapitre a lieu le matin et c'est à cette occasion que les moines désignent communément ceux qui auront un ministère particulier pour un temps donné. Les offices majeurs sont attribués pour 1 ou 3 ans (Chantre, Sacristain) tandis que les autres ont une durée hebdomadaire (Lecteur, Procureur, prêtre célébrant).

Les Célestins en Europe Le seul couvent de Célestins construit dans les anciens Pays-Bas est celui de Heverlee, de style gothique. Il est dessiné dans les albums de Croÿ, coiffé d'un cartouche sur lequel est inscrit « Le Cloistre de Hevre »D'après dessin original classé sous le AA 2433 construit à Heverlee, à la suite de la demande faite peu avant sa mort (à Worms, le ) par Guillaume de Croÿ, seigneur de Chièvres et marquis d'Aarschot. Ce vœu est exécuté par sa veuve Marie-Madeleine de Hamal. Le couvent en pierre calcaire blanche est construit près du château d'Heverlee, de 1521 à 1526, par l'architecte Rombaut II Keldermans, incluant un cloître et une église à trois nefs, longue de environ et large de Le couvent des Célestines construit à Namur de 1635 à 1658, durant une courte période d'accalmie s'étalant des guerres de religion et Don Juan d'Autriche aux invasions françaises de Louis XIV relevait de l'Ordre de la Très-Sainte-Annonciation. Il n'a rien à voir avec les Célestins..

Le déclin Les destructions des guerres de religion ont infligé aux célestins de France des dommages irréparables. Au , l'ordre n'a plus assez de vitalité pour résister aux pressions de la commission des réguliers qui lui interdit en 1769 de recevoir des novices, il ne comptait alors plus que cent soixante-dix moines. Il est supprimé en 1778, à cause de la corruption qui s'y était développée.

Les trésors de la bibliothèque des Célestins de Paris sont dispersés avant même la Révolution.

L'église du couvent est détruite en 1795, alors que les gisants des princes sont transférés au Louvre ou à la basilique Saint-Denis, et les bâtiments conventuels démolis en 1847. En 1877, le boulevard Henri-IV est percé, sa partie inférieure correspond à l'ancien couvent, alors que l'actuelle caserne des Célestins de la Garde républicaine, construite vers 1900, occupe les anciens jardins du couvent.

L'habit thumb|right|150px|Habit des religieux célestins. Les Célestins portaient une tunique blanche, un scapulaire noir, un capuchon à collerette et, pour les profès, une coule noire. En raison de leur scapulaire noir qui formait comme un trait noir sur leur robe blanche, ils furent également appelés les barrés.

Implantations en Italie D'après Antoine Becquet.

Collemaggio 1274, 1444 (qui abrite le mausolée du pape Célestin V), à L'Aquila. On peut également noter que le moine célestin Mariano d'Abbattegio a été gouverneur de la ville. Milan 1525 : Notre-Dame de la Victoire, près de Milan Saint-Benoît de Nursie 1488, Ombrie.

Implantations en France Dates de fondation d'après le ms Avignon, Bibl. mun. 342, f. 151 (XVe s.), entre parenthèses les dates proposées par Antoine Becquet ; la construction a souvent commencé avant la date de fondation officielle retenue par les archivistes de l'ordre pour la mémoire officielle de leur congrégation.

Ambert, commune de Chanteau, 1304 : couvent Notre-Dame-des-Célestins, dioc. Orléans Amiens 1401 : Saint-Martin et Saint-Antoine Annecy, 1516 : Sainte-Croix. Avignon 1393 : couvent du Bienheureux Pierre de Luxembourg Colombier-le-Cardinal, 1361 : couvent Sainte-Marie, Vivaray, dioc. de Vienne, dép. Ardèche. Esclimont, commune de Saint-Symphorien-le-Château : couvent Notre-Dame-des-Célestins. . Étampes: maison des Célestins. Gentilly, au Pont-de-Sorgue (de nos jours Sorgues, près d'Avignon) : 1356 au Pont-de-Sorgue (de nos jours Sorgues) : Saint-Martial, Limay, 1376 : couvent de la Sainte-Trinité (actuel Château des Célestins), diocèse de Rouen. Lyon, 1421 (1421) : Notre-Dame de Lyon (emplacement actuel du théâtre et de la place des Célestins), de 1407 à 1778. Marcoussis, 1408 : couvent de la Sainte-Trinité, construit en 1407. Metz, 1402 (1401) : Sainte-Marie / Notre-Dame. Paris, 1352 : couvent des Célestins de Paris Rainneville: maison de Célestins Rouen, 1447 (1449) : couvent Notre-Dame-du-Val, fondé par Jean de Lancastre, duc de Bedford, vers 1430 à 1783. Sainte-Croix, 1405 : Sainte-Croix-sous-Offémont, dioc. de Soissons Saint-Pierre-au-Mont-de-Châtre, commune de Vieux-Moulin, canton Compiègne-Sud, dans l'Oise), 1308 : Saint-Pierre, dans la forêt de Compiègne, dioc. de Soissons Sens, 1366 : Notre-Dame. L'archevêque de Sens Guillaume de Melun pousse en 1364 la veuve de Jean de Maisières, maître des Comptes de 1349 à 1357, conseiller du Roi décédé en 1357, à détourner la fondation par son mari de quatre chapellenies destinées à l'enseignement à Sens au profit des Célestins à la recherche de leur première implantation en France. Subsiste jusqu'au . Par un hasard de l'Histoire, c'est dans l'ancien couvent des Célestins que l'Etat installe le collège impérial de Sens au , alors que le collège fondé par Hodoart et Ravault en 1537 était de l'autre côté de la rue ! Ternes (village de la commune de Pionnat, canton d'Ahun, Creuse], 1328 (1338) : Notre-Dame, Abbaye des Ternes Villars-Salet (Savoie) 1470 : Sainte-Catherine. Verdelais: couvent des Célestins de 1627 à 1778. Vichy, 1411 : couvent de la Sainte-Trinité, supprimé en 1778. Villeneuve-les-Soissons, 1444 (1404) : Sainte-Trinité.

Implantations dans d'autres pays D'après Antoine Becquet.

Heverlee (1525): Notre-Dame, près de Louvain. Oybbin (1426) : Mont-Paraclet, Bohème. Barcelone (1410) : Sainte-Chapelle, Espagne.

Sources . . .

Notes et références

Catégorie:Célestin V Catégorie:Fondation en 1264

Catégorie:Ordre monastique Catégorie:Ordre religieux catholique