vignette|Le cardinal dans Richelieu sur la digue de La Rochelle, par Henri-Paul Motte (détail). Le cardinal de Richelieu a été l'objet de très nombreuses représentations artistiques.

Arts plastiques Richelieu commande plusieurs portraits de sa personne au peintre Philippe de Champaigne, qui est son portraitiste attitré et seul peintre autorisé à le représenter en habit de cardinal. En tout, Champaigne réalise onze portraits de Richelieu.

Portrait du cardinal de Richelieu, 1635-1640 version conservée au musée du Louvre, à Paris version conservée à la chancellerie des universités, à Paris version conservée à la National Gallery, à Londres version conservée au sein de la Royal Collection Triple portrait du cardinal de Richelieu (National Gallery, Londres), 1642 Portrait du cardinal de Richelieu (musée des Beaux-Arts de Strasbourg), 1642 Portrait du cardinal de Richelieu en buste (château d'Aulteribe, Sermentizon), 1633-1634 Portrait du cardinal de Richelieu assis, 1635-1636 (musée Condé, Chantilly) Portrait du cardinal de Richelieu sur son lit de mort, 1642 (Institut de France) Le Bernin, le sculpteur le plus célèbre de l'époque, réalise un buste du cardinal aujourd'hui conservé au musée du Louvre, dans la galerie de sculpture italienne.

Buste du cardinal de Richelieu

François Girardon réalise une statue du cardinal de Richelieu (1585-1642) qui se dresse dans la chapelle de la Sorbonne, sur son tombeau.

Abraham Dupré grave une médaille du cardinal.

Au XIXe siècle, plusieurs tableaux d'histoire représentent le cardinal de Richelieu.

Littérature Certains voient en lui l'un des plus importants ministres qui aient gouverné la France : ses visions politiques sont fécondes et sont mises à exécution avec une persévérance, une fermeté inébranlables. La tradition populaire — influencée par le portrait qu'en a tracé Alexandre Dumas — retient l'image d'un personnage froid et machiavélique, presque maléfique, qui mérite — au regard de l'histoire réelle — d'être sérieusement nuancé. On lui reproche de s'être montré implacable et d'avoir quelquefois exercé des vengeances personnelles sous le prétexte des intérêts de l'État. La couleur rouge de sa cape ou la couleur pourpre de sa soutane cardinalice s'accordent — disent ses adversaires — à son caractère sanguinaire. Comme en témoigne le vers par lequel se termine Marion de Lorme : « Regardez tous ! Voilà l’homme rouge qui passe ».

Corneille a des sentiments mitigés au sujet de Richelieu qui avait encouragé les critiques de l'époque au sujet de la « querelle du Cid », aussi compose-t-il ces vers à la mort du cardinal-ministre en 1643 :

Qu’on parle mal ou bien du fameux Cardinal

Ma prose ni mes vers n’en diront jamais rien ;

Il m’a trop fait de bien pour en dire du mal ;

Il m’a trop fait de mal pour en dire du bien.

Isaac de Benserade note dans Le Livre des épitaphes la parodie du quatrain de Corneille composée par un libelliste anonyme :

Ci-gît un fameux Cardinal

Qui fit plus de mal que de bien ;

Le bien qu'il fit, il le fit mal ;

Le mal qu'il fit, il le fit bien.

La Fontaine, dans son Voyage dans le Limousin, écrira « Le cardinal de Richelieu… Cardinal qui tiendra plus de place dans l'Histoire que trente papes. » Voltaire, qui conteste la paternité de son Testament politique, l'admire mais lui reproche son trop grand pouvoir, comme Montesquieu dans ses Pensées. Alexandre Dumas en fait un des personnages principaux des Trois mousquetaires : il le dépeint comme l'homme d'État par excellence, machiavélique et empli de sa mission gouvernementale, le qualifiant de « grand » cardinal par opposition au « petit » qui lui succède, Mazarin (D'Artagnan devient lieutenant des mousquetaires grâce à Richelieu). Alexandre Dumas en fait également le personnage principal d'un autre roman : Le Sphinx rouge ou Le comte de Moret. Michel Zévaco, dans L'Héroïne, en fait la cible d'une vengeance féminine après l'assassinat de la mère de l'héroïne, Annaïs de Lespars. Richelieu est enterré dans la chapelle de la Sorbonne. Alfred de Vigny, dans son Cinq-Mars paru en 1826, est l'un des premiers auteurs à poser « l'Homme rouge ». Le cardinal y est l'ennemi du jeune marquis d'Effiat, qui va tout tenter pour l'éliminer et affranchir l'infortuné Louis XIII de l'influence de son tout-puissant ministre. Richelieu est dépeint par Vigny comme un être omnipotent, quasi omniscient, machiavélique, égocentrique et valétudinaire. Victor Hugo sera influencé par cette perception du cardinal-duc, dans sa pièce Marion de Lorme : « Meure le Richelieu, qui déchire et qui flatte ! L’homme à la main sanglante, à la robe écarlate ! ». Certains romantiques reprennent des pamphlets de l'époque du Cardinal pour en faire un débauché, un incestueux amant de ses nièces, un sceptique voire un incroyant. Balzac y fait également référence à la fin de son roman Illusions perdues. Robert Merle, dans les tomes 10 à 13 de Fortune de France, dépeint un personnage formidablement subtil et calculateur mais essentiellement obsédé par le service du roi ; l'auteur présente les manœuvres du cardinal comme toujours inspirées par le bien public. Dans Le Rouge et le noir de Stendhal, le cardinal inspire Julien Sorel : « On avait déposé dans sa chambre un magnifique buste en marbre du cardinal Richelieu, qui malgré lui attirait ses regards. Ce buste avait l'air de le regarder d'une façon sévère, et comme lui reprochant le manque de cette audace qui doit être naturelle au caractère français. De ton temps, grand homme, aurais-je hésité ? ». Le cardinal apparaît également dans le roman d'Umberto Eco, l'Ile du Jour d'Avant. La course à la suprématie maritime entre les puissances européennes de son temps donne l'occasion au cardinal, par l'intermédiaire de son collaborateur et futur successeur Mazarin, de confier une mission d'espionnage au héros de ce récit, Roberto de la Grive, à propos du « secret des longitudes ». La série de romans de fantasy historique Les Lames du cardinal de Pierre Pével dépeint Richelieu comme un homme d'Etat froid et cynique, amateur de dragonnets plutôt que de chats. Dans Les Simples de Yannick Grannec, le cardinal inspire le personnage fictif de l'évêque de Vence, Jean de Soline, notamment lors de la scène de pose pour le portrait triple de l'évêque, de ses ambitions à avoir du pouvoir, de sa relation avec sa maitresse et des chats.

Cinéma, télévision et théâtre Si Richelieu a connu de nombreuses incarnations au cinéma, à la télévision et au théâtre là encore, le personnage est le plus souvent, à quelques exceptions près, traité d'après l'œuvre originale d'Alexandre Dumas.

Filmographie

1839 : Virginie Déjazet dans la pièce de théâtre Les Premières Armes de Richelieu ;

1909 : James Kirkwood dans The Cardinal’s Conspiracy de David Wark Griffith et Frank Powell : 1911 : Auguste Volny dans La Rivale de Richelieu de Gérard Bourgeois ; 1912 : Philippe Garnier dans Les Trois Mousquetaires ;

1914 : James Cruze dans Cardinal Richelieu's Ward ;

1915 : Jackson Wilcox dans Under the Red Robe de Wilfred Noy ; 1916 : Walt Whitman dans The Three Musketeers ;

1920 : Hans Lackner dans Ninon de Lenclos d’Eugen Burg ; 1921 : Édouard de Max dans Les Trois Mousquetaires ; Nigel De Brulier dans Les Trois Mousquetaires ;

1922 : Bull Montana dans L'Étroit Mousquetaire ; Ludwig Hartau dans Der Mann mit der eisernen Maske de Max Glass ;

1923 : Robert B. Mantell dans ;

1926 : Edward Connelly dans Bardelys le magnifique ; 1929 : Nigel De Brulier dans Le Masque de Fer ;

1932 : Samson Fainsilber dans Les trois mousquetaires ;

1935 : George Arliss dans Cardinal Richelieu ; Nigel De Brulier dans Les Trois Mousquetaires ;

1937 : Raymond Massey dans Sous la robe rouge ;

1939 : Miles Mander dans Les Trois Mousquetaires ; Nigel De Brulier dans L'Homme au masque de fer de James Whale ;

1942 : Ángel Garasa dans Les Trois Mousquetaires ; Tore Lindwall dans En Äventyrare de Gunnar Olsson ;

1945 : Miguel Moya dans Los tres mosqueteros ;

1947 : Aimé Clariond dans Monsieur Vincent ;

1948 : Vincent Price dans Les Trois Mousquetaires ;

1950 : Edgar Barrier dans Cyrano de Bergerac ; Paul Cavanagh dans Les Trois Mousquetaires ;

1951 : Pascal Mazzotti dans la pièce de théâtre Les Trois Mousquetaires ;

1953 : Renaud Mary dans Les Trois Mousquetaires ; Maurice Cimber dans la pièce de théâtre Les trois mousquetaires ;

1954 : Maurice Tillier dans Si Versailles m'était conté… ;

1955 : Jacques Dumesnil dans Si Paris nous était conté de Sacha Guitry ; 1957 : Pompín Iglesias dans Les trois mousquetaires et demi ;

1959 : Pierre Asso dans Les Trois Mousquetaires ; Henri Galiardin dans la pièce de théâtre Les Trois Mousquetaires ;

1961 : Jacques Dumesnil dans Si Paris nous était conté ; Daniel Sorano dans Les Trois Mousquetaires ;

1962 : Massimo Serato dans Le Secret de d'Artagnan ; Pierre Asso dans l'épisode La Conjuration de Cinq-Mars de La caméra explore le temps ;

1964 : Rafael Rivelles dans Cyrano et d'Artagnan ;

1967 : Georges Riquier dans la série Le Tribunal de l'impossible, épisode Le Fabuleux Grimoire de Nicolas Flamel de Guy Lessertisseur ; 1969 : Michael Palin dans Monty Python's Flying Circus ; Leo Ciceri dans The Three Musketeers ; Raymond Jourdan dans D'Artagnan ;

1971 : Christopher Logue dans Les Diables ; Jacques Gripel dans la pièce de théâtre Les Trois Mousquetaires ; Rafael Britten dans Les exploits amoureux des trois mousquetaires ;

1972 : Etienne de Swarte dans Qui êtes-vous, Monsieur Renaudot ? de Claude Deflandre ; 1973 : Charlton Heston dans Les Trois Mousquetaires ; Ivano Staccioli dans Li chiamavano i tre moschettieri... invece erano quattro ; 1974 : Philippe Clay dans D'Artagnan L'Intrépide ; Bernard Haller dans Les Quatre Charlots mousquetaires et À nous quatre, Cardinal ! ; Charlton Heston dans On l'appelait Milady ; Jacques Maury dans La Cité crucifiée de Jean-Paul Roux ;

1976 : Jean-Marie Galey dans Les Mystères de Loudun ;

1977 : Henri Virlogeux, dans D'Artagnan amoureux, d'après le roman de Roger Nimier ; Martin van Zundert dans Rubens, peintre et diplomate de Roland Verhavert ; Pierre Vernier (adulte) et Claude Brochart (enfant) dans Richelieu, le Cardinal de Velours ; Michel Favory dans Les Grandes Batailles du passé - Le Siège de la Rochelle 1627 ;

1978 : Jean Danet dans la pièce de théatre L’escrime ne paie pas ; Alexandre Trofimov dans D'Artagnan et les Trois Mousquetaires téléfilm ; Pierre Vernier dans Mazarin, Le Roi est mort vive le cardinal ;

1981 : Georges Marchal dans Cinq-Mars de Jean-Claude Brialy ; Yevgeny Vesnik dans Dog in Boots film d'animation ; Roger Carel dans la série animé Les Trois Mousquetaires ;

1982 : Jean-Claude Perrin dans la pièce de théâtre Les Trois Mousquetaires) ;

1983 : Didier Sandre dans Richelieu ou la Journée des dupes ; Antonio Ozores dans La loca historia de los tres mosqueteros ;

1986 : Noel Ferrier dans Les Trois Mousquetaires ;

1987 : Pierre Fromont dans Sous le signe des Mousquetaires ;

1991 : Hervé Van Der Meulen dans la pièce de théâtre Les Trois Mousquetaires ;

1993 : Tim Curry dans Les Trois Mousquetaires (1993) ;

1994 : Bernard Dhéran dans Albert le cinquième mousquetaire ;

1995 : Kevin Page dans Wishbone ;

1999 : Jean-Pierre Moulin dans la pièce de théâtre Les Trois Mousquetaires ; Pierre Bianco dans la pièce de théâtre Les Trois Mousquetaires ;

2000 : Michael Praed dans The Secret Adventures of Jules Verne série télévisée ;

2001 : Stephen Rea dans D'Artagnan ;

2002 : Michael Shallard dans L'Église et la Couronne, épisode radiophonique de la Série Doctor Who ;

2004 : Martin Lamotte dans Milady ;

2005 : Tchéky Karyo dans D'Artagnan et les Trois Mousquetaires ; Niels Olsen dans Les Trois Mousquetaires ;

2006 : Par des interprètes multiples dans le spectacle Mousquetaire de Richelieu au Grand Parc du Puy du Fou depuis 2006 ;

2008 :