La cathédrale Saint-Apollinaire de Valence est le plus ancien monument de la ville de Valence dans le département de la Drôme. Située sur la place des Ormeaux dans le quartier du Vieux Valence, elle est classée sur la liste des monuments historiques de 1862.

Historique vignette|redresse=1.2|Rapport sur l'incendie du , Archives nationales.

L'évêque Gontard (1063–1099) impulse la construction de cet édificeHistoire de la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence. dans le quartier historique du Vieux Valence. Elle est consacrée le sous le triple nom de saints Cyprien, Corneille et Apollinaire par le pape qui se rendait au concile de Clermont pour prêcher la première croisade.. On peut toujours voir la pierre de dédicace dans le mur sud de la cathédrale.

En 1281, la foudre touche le clocher, qui est remplacé par une flèche en charpente recouverte d'ardoises. Au , une nouvelle chapelle est édifiée à la place de l'abside du transept sud (c'est l'actuelle sacristie).

Détruite lors des guerres de Religion, la cathédrale est reconstruite au et son clocher, qui menaçait ruine après avoir été de nouveau foudroyé, est remplacé au .

L'architecture de cette cathédrale l'apparente à d'autres monuments d'Auvergne et du Velay, notamment les décors en pierres polychromes. Elle possède un déambulatoire, permettant le passage des pèlerins et confirmant son rôle d'église étape sur le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Elle a été incendiée à deux reprises, en 1562 et 1567, par les huguenots et reconstruite à partir de 1604 dans le style roman initial.

En 1799, le pape est exilé et envoyé en France. Il est octogénaire, très affaibli et sa course s'arrête à Valence, où il meurt le . Après autopsie, son corps est embaumé, scellé dans un cercueil en plomb, puis dans un autre en bois. L'ensemble est déposé dans la chapelle de la citadelle de la ville. Il n'est inhumé civilement à Valence que le 10 pluviôse de l'an VIII (30 janvier 1800). Bonaparte autorise le rapatriement du corps à Rome le 24 décembre 1801.Mais les Valentinois réclament son cœur et ses entrailles, qui sont restitués en 1811 et toujours conservés dans la cathédrale, enchâssés dans un buste en marbre.

Le passage du pape et de ses gardes suisses incita un pâtissier à créer un biscuit sablé en forme de personnage, le Suisse, qui est toujours une spécialité de Valence.

Le , la foudre tombe encore sur la flèche de l'édifice, incendiant la tour du clocher qui s'effondre. Deux étages sont reconstruits sur les vestiges de la tour entre 1824 et 1826. Très vite, des lézardes apparaissent et la foudre fragilise de nouveau l'édifice en 1837Archives nationales, dossier de restauration de la tour et du clocher, cote F/19/7912..

La cathédrale est classée monument historique depuis 1862.

Un incendie s'est déclaré à l'intérieur de la cathédrale le aux alentours de , il a très vite été contrôlé. Il a vraisemblablement été déclenché par accident à la suite du traitement du bois pour lutter contre les insectes xylophages..

Architecture La cathédrale se situe en partie haute de la vieille ville, dominant les anciens remparts et les bas quartiers du bord du Rhône. Une petite terrasse se trouve devant le clocher-porche, dont l'entrée n'est plus utilisée. Au sud, elle est bordée par la place des Ormeaux, dont l'ancien évêché occupe la partie opposée, aujourd'hui musée d'Art et d'Archéologie de Valence. On entre dans la cathédrale par une porte latérale de cette place, ou du côté nord par une autre porte donnant sur la petite place du Pendentif de Valence où se trouve ce monument célèbre pour sa voûte caractéristique. À cet endroit se trouvait le cloître.

L'ensemble de l'édifice, bien que presque entièrement reconstruit au , conserve toutes les caractéristiques de la première cathédrale romane.

Nef La longue et haute nef, divisée en sept travées, est voûtée en berceau sur arcs-doubleaux reposant sur des demi-colonnes adossées à des piliers carrés. À l'extrémité ouest une tribune supporte l'orgue, ouverte sur la nef par une grande arcade en plein cintre avec une clé ornée d'un blason. De chaque côté de la nef se trouvent des collatéraux voûtés en berceaux croisés qui communiquent avec la nef par des arcs en plein cintre. Les collatéraux ne comportent pas de chapelles. La nef est assez sombre, l'éclairage ne venant que des baies en plein cintre des collatéraux.

Collatéraux vignette|Médaillon de Alexandre Milon dans le musée de ValencePlaque à côté du médaillon dans le musée de Valence :200px..

Dans les collatéraux se trouvent entre autres : la pierre tombale de l'évêque Alexandre Milon de Mesme

Ici repose le cœur du très illustre et très vénéré Alexandre Milon évêque comte de Valence[,] abbé de Léoncel et Saint- Benoît- sur-Loire et de cette (?) basilique le grand restaurateur. Il est décédé le Qu'il repose en paix 200px

Transept Dans le transept se trouvent plusieurs bustes et autels. Entre autres : le buste de l'évêque Emmanuel-Marie-Joseph-Anthelme Martin de Gibergues

(Le drapeau)À la mémoire du très illustre et vénéré dans la patrie de Christ Emmanuel-Marie-Joseph-Anthelme Martin de Gibergues(en) catholic-hierarchy.org - Bishop Emmanuel-Marie-Joseph-Anthelme Martin de Gibergues †. Évêque de Valence- de Die et du Tricastin

Qui à partir du en des temps très difficiles une guerre barbare faisant rage dirigea avec sagesse l'église de Valence pasteur exceptionnel, par une piété et une munificence insignes, des âmes, avec un zèle ardent héraut infatigable de la parole divine

Par une mort prématurée il décéda à Paris le pleuré par le peuple et par le clergé

Son corps dans cette Cathédrale Saint-Apollinaire repose enseveli. vignette|200px

Prolongement de la nef

Chœur et abside Le chœur en demi-cercle suit directement le transept sans travée intermédiaire, il est entouré de colonnes cylindriques qui supportent, par des chapiteaux, de petits arcs surhaussés. Au-dessus, trois baies l'éclairent, enfin une voûte en cul-de-four coiffe l'ensemble. L'abside est polygonale et s'ouvre sur des absidioles semi-circulaires dont chacune abrite une chapelle. Une baie en plein cintre s'ouvre dans chaque chapelle et dans les pans de murs droits qui les séparent.

Mausolée contenant le cœur et les entrailles du pape (vignette|description) : vignette|200px|Le buste de pontifex maximus

le 29 jour d' VALENTIÆ Allobroges PIENTISSIME OBI[V]IT dont le corps et déposé au cimetière de S.Catherine transféré à Rome le jour de dans la basilique vaticane à côté de la basilique de Pierre à la confession il repose.

Les organes de vie de par générosité VALENTINÆ CATHEDRALI le 29 jour de mars 1803 cédés IN HOC MARMORE DIE 25 OCTOBRE 1811 INCLVSA RELIGIOSE SERVANTVR ______ vignette|300px

Déambulatoire Un déambulatoire entoure le chœur, rappelant que la cathédrale était une étape vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Il est dans ce déambulatoire que se trouvent des bustes et dans les absidioles des tombes.

Buste de l'évêque Charles-Pierre-François Cotton vignette|200px|Le buste de Charles-Pierre-François Cotton.

À la pieuse mémoire (ill.???) ainsi que clerc dans la patrie de Christ Charles-Pierre-François Cotton évêque de Valence couronné du manteau sacré qui à partir de l'an de Dieu 1875 pour trente ans en faisait tout pour tous il menait l'Église de Valence (Valentia) par la force de l'âme et la puissance de la parole excellent.

À Saint-Siméon-de-Bressieux dans le village natal aux jours entièrement mérités il est décédé le et dans la basilique de Valence à côté du maître-autel il est honorablement enterré. vignette|200px

Autel avec les reliques d'Eutychiana dans une absidiole du déambulatoire (vignette|description.)

Découvert vers 1840 dans les catacombes de Rome, le tombeau d'Eutychiana fut considéré comme celui d'une sainte, bien qu'aucun élément n'autorise cette hypothèse. En 1847, les reliques furent offertes à l'évêque Pierre Chatrousse par , enchâssées dans la statue de cire sous l'autelDescription sur un tableau dans la cathédrale :vignette|120px.

vignette|200px|L'autel d'Eutychiana.

À Aria Eutychiana, son épouse pleine de mérites, Aelius Crispinus a fait [ce monument] vignette|300px

Les remplois de la cathédrale Plusieurs blocs de pierre de la cathédrale Saint-Apollinaire sont des remplois de constructions gallo-romaines de la cité de .

On peut encore voir aujourd'hui une des de la dans le déambulatoire du chœur, de droite (voir photographie ci-contre). Daté de 274 ou 275 , il serait le ou et porte l'inscription suivantecf. Philippe Ravit, Le paysage valentinois, de la fondation de la colonie de Valentia (Valence) au apr. J.-C., Lyon 3, 2007, 202 p. (mémoire) :

L'empereur César Lucius Domitien Aurélien, pieux, heureux, invincible, auguste, souverain pontife, Germanique très grand, Gothique très grand, Carpique très grand, Parthique très grand, revêtu de la puissance tribunicienne pour la… fois, consul … fois, père de la patrie, proconsul, restituteur et pacificateur de l'univers, a réparé la route. 3 (ou 4 ?) milles (de Valence).vignette|200px

Orgues vignette|redresse=1.2|L'orgue.

On sait qu'un orgue existait déjà à Saint-Apollinaire en 1392. En 1751 Alexandre Milon de Mesme, évêque de Valence, commande un orgue doté de Description des Grandes Orgues (plaque dans la cathédrale)vignette|300px.. Ainsi, de 1751 à 1753 le facteur d'orgues suisse Samson Scherrer. (et non son fils Ludwig, dit Louis Scherrer, venu seulement à Valence pour signer le contrat), construit un nouvel orgue, qui se trouve en très mauvais état à la Révolution. Il est restauré par François et Joseph Callinet en 1813 puis 1835, ensuite démonté pendant des travaux de réfection de la cathédrale. En 1898, les ateliers de Cavaillé-Coll, sous la direction de Charles Mutin, installent un nouvel instrument dans le buffet de Scherrer. L'orgue est enfin restauré en 1985 par Yves Kœnig, puis reçoit par le même facteur une rénovation, inaugurée en par l'organiste québécois Vincent Boucher. La veille fut donnée une conférence sur « Bach et l'orgue » par Gilles Cantagrel, musicologue.

Organiste titulaire depuis le : Dominique Joubert. Composition Grand-Orgue : Montre 16' Montre 8' Prestant4' Doublette 2' Grosse fourniture Cymbale Voix humaine 8' Trompette I 8' Trompette II 8' Clairon 4' Positif : Montre 8' Bourdon 8' Prestant 4' Flûte 4' Nasard 2' 2/3 Doublette 2' Tierce 1' 3/5 Larigot 1' 1/3 Fourniture Trompette 8' Cromorne 8' Tremblant Bombarde : Bourdon 16' Bourdon 8' Flûte 4' Grosse tierce 3' 1/5 Quarte de nasard 2' Flageolet 2' Tierce 1' 3/5 Cornet V rgs Trompette I 8' Trompette II 8' Clairon 4' Récit : Flûte 8' Flûte 4' Cornet III Hautbois 8' Pédale : Grosse Quinte 10 2/3 Flûte16' Flûte 8' Prestant 4' Bombarde 16'

Les jeux de trompette 1, 2, clairon et cornet sont sous forme de jeux « baladeurs » que l'on peut appeler soit au clavier de bombarde, soit au clavier de grand orgue. Tempérament légèrement inégal : Neidhart 1729 .

La cathédrale abrite également un orgue de chœur de six jeux de Joseph Merklin (un clavier, pédalier en tirasse permanente) de 1867. Un bourdon de 16 fut ajouté en 1871. Il est placé dans le transept sud.

Composition : en basses et dessus, , , , , en basses et dessus.

Appel trompette.

Entrées Plaques gravées dans une entrée latérale : À

(titre du Pape) qui par son piété éminente s'est vis-à-vis de publiquement établi (?) dont le cœur et les entrailles reposent ici évêque au temps de Valence paru du trône du Pape à l'accompagnateur romain il s'était toujours exprimé à l'évêque d'aujourd'hui et dans la patrie de Christ Pierre Chatrousse (biographie) au pallium de l'archevêque (insignerit)

1847. vignette|230px

Autre plaque à côté, rappelant l'historique de la cathédrale et ses principaux bienfaiteurs

Éphéméride de ce temple privilégié ______ À l'emplacement de l'ancienne église cathédrale, une autre plus grande et plus digne fut édifiée vers la fin du , pendant qu'il faisait route par la Gaule,