La chapelle Sainte-Croix (en allemand Heilige Kreuzkapelle) est une chapelle située dans la commune française de Saint-Avold, en Moselle, région Grand Est.

Elle est le monument religieux encore existant le plus ancien de Saint-Avold, ayant eu la chance d’être épargnée par la Révolution de 1789, les guerres, les incendies et les catastrophes naturelles.

Devenue propriété de la commune en 1966, elle est inscrite aux monuments historiques depuis 1980.

Localisation La chapelle Sainte-Croix est située à la périphérie du centre-ville, à l'angle de la rue du Général-Mangin et du passage des Poilus. À l'origine hors les murs, à une centaine de mètres de la porte Saint-MarcNom de la porte de Hombourg au Moyen Âge. en direction de Hombourg, elle a été érigée sur le premier contrefort entièrement boisé de la colline gréseuse du KreuzbergLe sommet de cette colline siège d'une ancienne carrière a été urbanisé au avec la création de la rue du Haut de Sainte-Croix et de l'impasse Coteaux de Sainte-Croix ; un château d'eau y avait été installé en 1911.. L'endroit correspondait à la jonction de deux voies d'accès par l'est à la cité, celle venant d'Allemagne et l'autre venant du sud en longeant les remparts (le « Schinderkulweg », actuel Passage des Poilus). L'entrée dans la cité par le sud put se faire directement par l'abbaye bénédictine et la rue du Couvent à partir de 1732, supprimant ainsi le détour par le carrefour de la Sainte-Croix.

Historique Le bâtiment date de la fin du ; il est le monument religieux encore existant le plus ancien de Saint-Avold.... À l'origine, il était protégé et entretenu par la compagnie des arquebusiers de Saint-Antoine.. La chapelle était alors un lieu de culte important. Le Vendredi saint, une foule de fidèles suivait le chemin de croix qui avait pour cadre un ensemble de stations dont il ne subsiste aujourd'hui que cinq éléments (cf. Le chemin de croix). Une léproserie est construite à proximité au , détruite pendant la guerre de Trente Ans. Après la suppression de la compagnie d'arquebusiers en 1710, la fréquentation de la chapelle décline et fait craindre son abandon. En 1758, l'évêque de Metz Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon décide de créer un ermitage dont le titulaire devra assurer l'entretien des bâtiments. Une caserne de cavalerie est construite tout près en 1780.Située en direction de Hombourg avant l'actuel passage des Poilus, dénommée caserne Fabert ou « caserne française ». Contrairement à la caserne, le grenier aux vivres, bâtisse annexe voisine de la chapelle, n'a pas été détruit.. En 1794, la chapelle est vendue comme bien national au tisserand Joubert qui y installe deux métiers et un hangar adjacent ; il la restitue à la paroisse en 1802 après la signature du Concordat. Jean-Nicolas Houllé (1750-1841), premier curé concordataire de Saint-Avold, nommé en 1803, y rétablit le culte. De nouveau abandonnée, dépouillée de la plupart de ses statues et de son autel baroque vendu à un antiquaire en 1875, elle est réaffectée au culte en 1880 par l'archiprêtre Georges-Auguste Lemire (1838-1922), restaurée par les maçons Joseph (1855-1931) et Jean (1873-1940) Orefice., munie d'un nouvel autel et augmentée d'une sacristie construite en partie sur l'emplacement de l'ancien hangar des années 1790, et qui oblige à obturer la baie ouest. Dans l'entre-deux-guerres, elle est ornée de vitraux par l'atelier de Théophile Bohl (1868-1942) de Haguenau, maintenant disparus. Une restauration a lieu en 1937, puis la maison de l'ex-ermite, habitée jusqu'en 1930 mais tombant en ruines, est rasée en 1943. Après la guerre, la chapelle est de nouveau laissée à l'abandon et subit des actes de vandalisme. En 1966, la paroisse cède le bâtiment au franc symbolique à la ville, qui entreprend dans les années 1976-1983 la couverture des toits en ardoise avec suppression d'un chien-assis au nord-est, la réfection des façades, ainsi qu'une profonde restructuration du site, avec modification des escaliers, reconstruction des murs de soutènement, réaménagement du parvis, installation de réverbères sur le chemin d'accès et projecteurs d'illumination de la façade. La cloche mise en place en 1730 dans le petit campanile par le fondeur messin Jean Bideaut est démontée en 1983. Une grille en fer forgé a remplacé la simple rambarde de la terrasse supérieure.

Cimetière de la Belle-Croix Sur proposition de la ville et par ordonnance de de Montmorency-Laval, le cimetière Saint-Pierre-et-Paul, petit et trop proche des habitations, avait été fermé en 1783. ; il est alors décidé d'implanter un nouveau cimetière sur les deux terrasses en contrebas de la chapelle et sur celle de son flanc nord-est, là où se trouvait déjà la maison de l'ermite. À cette époque existait encore au niveau intermédiaire le calvaire qui avait fait donner l'autre nom de « chapelle des Trois Croix » à l'édifice et au pied duquel se trouvaient les sculptures du chemin de croix. Tout le nouveau cimetière est entouré de murs. Devenu également trop petit, il a été fermé aux inhumations en l853, tandis qu'un cimetière plus vaste était créé sur la colline septentrionale du FelsbergRue de Cimetière, connu maintenant comme « vieux cimetière du Felsberg ».. Jean-Nicolas Houllé, archiprêtre de Saint-Avold mort en 1841, avait été inhumé sur la terrasse supérieure au plus près de la chapelle. La comtesse Angélique Françoise Crozat de Vaugrand, sœur cadette de Charles-François-Dominique de Villers, y fut également inhumée..

Le terrain de l'ancien cimetière de la Belle-Croix a ensuite été utilisé après 1869 par les militaires français puis bavarois de la caserne voisine pour leurs entraînements. Au début du , il est devenu une place plantée de platanes, et plus tard un parking pour automobiles.

Description Plan La chapelle, construite dans le style gothique flamboyant de la fin du , est orientée dans un axe nord-ouest/sud-est. De dimensions , elle est formée d'un vaisseau rectangulaire à deux travées voûtées d'ogives se prolongeant par une abside à trois pans. La sacristie ajoutée à la fin du , accolée à la façade sud-ouest, est une petite construction à cinq côtés avec une fenêtre en son milieu.

Extérieur Les murs sont constitués de moellons de grès. recouverts d'un enduit. Quatre contreforts aux angles et deux sur l'abside en pierres de grès apparentes viennent renforcer la structure de l'édifice. Le faîte est surmonté d'un clocheton carré à sommet pyramidal.

Sur la façade principale, l'entrée se fait par une arcade en accolade avec un portail en bois à deux vantaux. De part et d'autre se trouvent deux grandes statues en pierre de Jaumont, qu'une légende locale tenace attribue au sculpteur naborien Christophe Melling (1716-1778).., alors qu’elles pourraient dater du début du ou même du , donc peut-être antérieures à la construction de la chapelle. Elles proviendraient de l'abbatiale Saint-Nabor d'où elles auraient été déplacées en 1843. Hautes de près de deux mètres, elles représentent la Vierge et saint Jean. Jusqu'au début des années 1960, une petite statue de sainte Marie Madeleine du était entreposée à côté de la ViergeVandalisée, elle est maintenant conservée aux archives municipales.. Un crucifix datant vraisemblablement de la fin du , temporairement déplacé dans l'abbatiale, a été réinstallé au-dessus du portail en 1911 pour reformer le groupe de calvaire d'origine. Tout en haut, une ouverture rectangulaire permet l'accès aux combles ; elle a été percée à l'emplacement d'une petite niche ogivale qui abritait une statue de saint Michel.

Sur la façade sud-ouest, dans l'angle formé avec la sacristie, se trouve le monument funéraire de l'archiprêtre Jean-Nicolas Houllé transféré de l'ancien cimetière voisin. À son côté, le cadre en pierre d'une épitaphe dont l'inscription a disparu est encastré dans le mur.

Intérieur L'intérieur ne se visite pas. ; il est parfois ouvert certaines années à l'occasion des Journées européennes du patrimoine. Le mobilier ancien a disparu, victime notamment de pillages dans les années 1970.

L'abside étant en partie enterrée, son mur a souffert de l'humidité. L'autel néogothique de la fin du y est adossé ; il est surmonté d'un Christ en croix posé sur un piédestal et fixé au mur. Deux statues en plâtre du , polychromes, représentent la Vierge en Mater dolorosa et saint Jean. Elles reposent de chaque côté de l'abside sur un support mural. Une petite statue de sainte Thérèse est posée sur l'autel à la droite du Christ.

Un monument portant une double épitaphe en allemand et en latin marque l'endroit où furent inhumés les restes de l'archiprêtre Jean-Nicolas Houllé le .

Ogivales, étroites et sans remplage, les deux fenêtres de la façade nord-est, les trois de l'abside et celle de la sacristie comportent des vitrages en losanges réalisés par le vitrailliste naborien Arthur Schouler (1927-1984) dans les années 1960. Le vitrail central de l'abside comporte un visage du Christ.

Le chemin de croix Sur le mur de soutènement de la terrasse supérieure sont scellés cinq motifs sculptés provenant du chemin de croix datant du ou du , ou encore plus précisément de 1661 et dus au sculpteur colonnais Jost Schmitt. Leurs dimensions sont environ . Ils évoquent des scènes de la Passion ; de droite à gaucheLorsque cette séquence de sculptures a été installée, on accédait à la terrasse par un escalier situé à droite, alors qu'il est maintenant situé à gauche., on observe : la condamnation à mort, la flagellation, le couronnement d'épines, Ecce homo et Jésus et Véronique. Entre le deuxième et le troisième est installée une niche de abritant une statue en ronde-bosse d'une Vierge de Pitié du début du ; elle a été restaurée en 1995., mais, comme les autres sculptures du site, est très érodée.

Inscription et classement aux monuments historiques La chapelle Sainte-Croix est inscrite par arrêté du au titre des monuments historiques.

Le , les trois statues du groupe de calvaire de la façade nord-ouest., la Vierge de Pitié. et les cinq sculptures du chemin de croix ont été classées au titre d'objets.

Galerie

Accessibilité L'accès se fait depuis un espace planté de platanes appelé autrefois Place de la Paix., maintenant parking ouvert en bas du passage des Poilus. L'ascension jusqu'au parvis se fait soit par des marches et paliers se terminant par un escalier en équerre assez raide, soit par un chemin en pente avec un virage en épingle à cheveux. Dans les deux cas, l'accès est impossible aux personnes à mobilité réduite non aidées. Depuis le parvis, l'entrée dans la chapelle, lorsqu'elle est autorisée, se fait par un escalier de six marches sans rampe d'appui.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes Liste des monuments historiques de la Moselle

Liens externes

Sainte-Croix de Saint-Avold Catégorie:Monument historique à Saint-Avold Catégorie:Monument historique inscrit en 1980 Catégorie:Chapelle monument historique dans le Grand Est