Norouz (en persan: nowruz) est la fête traditionnelle des peuples iraniens qui célèbrent le nouvel an du calendrier persan (premier jour du printemps). La fête est célébrée par certaines communautés le 21 mars et par d'autres le jour de l'équinoxe vernal, dont la date varie entre le 19 et le 22 mars.

L'origine du Norouz se situe dans l'Iran ancien. Norouz a des origines iraniennes et zoroastriennes ; cependant, depuis plus de ans, cette fête est célébrée par diverses communautés en Asie de l'Ouest, Asie centrale, Caucase, bassin de la mer Noire, Balkans et Asie du sud... C'est une fête culturelle et religieuse (voir Zoroastrisme et la foi baháʼíe).

En français, Norouz est également appelé Nouvel An iranien ou Nouvel An persanNorouz : fête du Nouvel An Persan | France Musique. Le Norouz est inscrit à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2019..

Nom de la fête Le mot vient de l'avestique nava, « nouveau » + rəzaŋh, « jour »/« lumière du jour » (« nouveau jour »/« nouvelle lumière »), et qui a toujours le même sens en persan (no, « nouveau » + ruz ou rouz, « jour », signifiant « nouveau jour »)

Variantes communément rencontrées Norouz est célébré depuis au moins et est profondément enraciné parmi les rituels et les traditions du zoroastrisme. Aujourd'hui, la fête de Norouz est célébrée dans de nombreux pays qui ont été des territoires ou qui ont été influencés par l'Empire perse : en dehors de l'Iran, on peut citer le Kurdistan, l'Afghanistan, des parties du Moyen-Orient aussi bien que dans les ex-républiques soviétiques du Tadjikistan, de l'Ouzbékistan, du Turkménistan, de l'Azerbaïdjan, du Kazakhstan et du Kirghizistan, pays dans lesquels la fête est appelée Navrouz. La fête est aussi célébrée par les Parsis zoroastriens et les hindous de la vallée du Cachemire qui appellent la fête Navreh en Inde ou les Salars, dans la province de Qinghai, en Chine:Fichier:ChinaSalarNovruz.JPG.

Dans la plupart des pays, on accompagne la fête par un Norouz Mubarak (mubarak : félicitations). Au Kurdistan, on dit Newroz pîroz be.

Les suivants de la variante Fasli du calendrier zoroastrien célèbrent aussi Norouz comme le premier jour de l'année nouvelle. D'autres variantes du calendrier zoroastrien célèbrent deux fois Norouz, une fois en tant que Jamshedi Navroz, le 21 mars en tant que début du printemps, et un second Norouz a lieu, en juillet/aout (voir : calendrier zoroastrien), en tant que veille de l'année nouvelle ou jour de l'an. Que ce second Norouz soit célébré en tant que dernier jour de l'année (contrairement à ce qu'on pourrait penser d'un terme qui signifie « nouveau jour ») pourrait être dû au fait que dans la Perse antique le jour commençait au coucher du soleil, alors qu'ultérieurement, les Perses pensaient que le jour commençait au lever du soleil.

foi baháʼíe, une religion qui trouve ses origines en Iran, célèbre aussi ce jour (son nom est alors écrit Naw-Rúz dans les langues à alphabet latin selon la translittération baha'ie) en tant que fête religieuse marquant non seulement la nouvelle année selon le calendrier bahá'í, mais aussi la fin de leur jeûne de 19 jours. Les baháʼís persans suivent toujours les coutumes iraniennes associées avec le Norouz, mais les baháʼí du monde entier fêtent ce jour, en suivant plus ou moins leurs coutumes locales. Naw Rúz, d'après leurs écritures, tombant le jour de l'équinoxe vernal, depuis le Téhéran est défini comme point de référence du globe terrestre pour définir ce jour... Les baháʼís doivent ce jour-là suspendre leur travail ainsi que tout travail scolaire.

Dans les républiques ex-soviétiques d'Asie centrale, Norouz, le 21 ou 22 mars, est communément considéré comme le « nouvel an des musulmans » (entendre des ethnies de religion musulmane) et donne lieu à des festivités tant religieuses que profanes. Alors que le calendrier persan est très précis concernant le moment astronomique auquel la nouvelle année commence, la période de 24 heures pendant laquelle l'année astronomique commence est considérée comme Norouz.

Histoire

Le terme Norouz est apparu pour la première fois dans les documents de l'Empire perse au avant notre ère, mais il y a des raisons de croire que la célébration est beaucoup plus ancienne, et qu'elle était déjà probablement un jour important pendant la dynastie achéménide (vers 648 av. J.-C. - 330 av. J.-C.). Il a été suggéré que dans le célèbre complexe palatial de Persépolis, ou qu'au moins le palais de l'Apadana et « Palais aux cent colonnes » avaient été construits afin d'être utilisés spécialement pendant les célébrations de Norouz. Cependant, aucune mention du terme Norouz n'existe dans les inscriptions achéménides.

Les plus anciennes mentions de Norouz remontent à l'époque parthe/arsacide (247 av. J.-C. - 224 ap. J.-C.). Il y a des références spécifiques à la célébration de Norouz pendant le règne de Vologèse I (51-78 av. J.-C.), mais les détails ne sont pas cités.

Norouz est initialement une fête printanière célébrée en l'honneur de Rapithwin, génie de midi et de la belle saison, et qui marque le début de l'année. Elle commençait par la célébration du premier sacrifice et annonçait le triomphe final de la Vérité (frašegird) et du Feu, Ãtar. La fête est célébrée par les prêtres des feux WahrāmJean Haudry, Le feu dans la tradition indo-européenne, Archè, Milan, 2016 , .

Des détails substantiels sur la célébration de Norouz apparaissent après l'accession au trône d'Ardachîr , fondateur de la dynastie sassanide (224 - 650 de notre ère). Sous les rois sassanides, Norouz était célébré comme le jour le plus important de l'année. La plupart des traditions royales de Norouz comme les audiences royales en public, les cadeaux et le pardon des prisonniers ont été établies pendant l'époque sassanide et sont restées telles quelles jusqu'à l'époque moderne.

Norouz, de même que Sadeh (qui est célébré au milieu de l'hiver), a survécu dans la société après l'introduction de l'islam en 650 apr. J-C. D'autres célébrations comme Gāhanbār et Mehregan ont été mises de côté ou ont seulement continué à être suivies par les zoroastriens, qui les ont emmenées jusqu'en Inde. Norouz, cependant, était une fête très célébrée, même par ceux qui ont adopté l'islam très tôt. Le jour était férié pendant la période abbasside.

Après la chute du califat et la réémergence de dynasties perses, tels les Samanides et les Bouyides, Norouz a été élevé à un niveau encore plus important : les Bouyides ont fait revivre les anciennes traditions de l'époque sassanide et ont restauré d'autres célébrations de moindre importance qui avaient été éliminées par le califat.

Même les envahisseurs ottomans et mongols n'ont pas tenté d'abolir Norouz au profit d'une autre célébration. Norouz est donc resté la principale fête des Iraniens à la fois au niveau officiel et populaire. La dernière illustration remarquable de la stabilité de cette fête est à la suite de l'avènement de la République islamique. Le nouveau régime d'obédience religieuse voyait d'un mauvais œil une célébration si grandiose et si populaire pour une fête dont l'origine n'était pas musulmane. Aucun effort n'est fait pour célébrer officiellement ce jour et un parallèle systématique est fait avec les martyrs de la révolution et de la guerre. Le régime a même tenté de l'interdire au début des années 1980. Après deux décennies, la volonté populaire a donné raison à l'Histoire. Norouz est de nouveau célébré en Iran encore plus fastueusement que par le passé et de grands Haft Sîn ont fait leur apparition ces dernières années à l'initiative de la mairie de Téhéran dans les grandes places de la ville.

Norouz dans l'Iran moderne vignette|Une enfant célébrant le Norouz à Palangan, un village Kurde en Iran. Mars 2017. vignette|alt=Femmes vêtues de vêtements traditionnels. Une vieille et une jeune regardent fixement l'appareil photo.|Une grand-mère et une petite fille à la fête de Norouz à Besaran, un village dans le Kurdistan iranien. Mars 2017. En Iran, les préparations de Norouz commencent pendant Esfand, le dernier mois d'hiver dans le calendrier persan. Les Iraniens, les Afghans et d'autres groupes commencent à se préparer en faisant un grand « nettoyage de printemps » dans leurs maisons, s'achètent de nouveaux vêtements pour la nouvelle année et achètent des fleurs (la jacinthe véritable et la tulipe sont particulièrement populaires). vignette|Norouz. Peintre : Yousef Abdinejad.

En association avec la renaissance de la nature, le nettoyage de printemps est la tradition nationale suivie par la plupart des ménages en Iran. Cela est aussi étendu aux effets personnels, et traditionnellement, tout le monde s'achète au moins une garde robe neuve. Le jour du nouvel an, les familles s'habillent avec leurs vêtements neufs et commencent alors les réjouissances de cette période, en allant rendre visite aux anciens, puis au reste de la famille et enfin aux amis. Le treizième jour (sizdah bedar), les familles quittent leur maison et vont pique-niquer à l'extérieur.

Pendant les vacances de Norouz, on attend de tous qu'ils se rendent visite (principalement limitées à la famille, aux amis et aux voisins) sous forme de courtes visites à la maison, qui sont généralement suivies de réciprocité. Typiquement, le premier jour de l'année, les membres de la famille se retrouvent à table, sur laquelle sont posés les Haft-sin (ou disposés à proximité) et attendent le moment exact de la nouvelle année. À ce moment-là, des cadeaux sont échangés. Plus tard dans la journée, les jeunes rendent visite aux plus âgés. Les visites doivent être assez courtes pour permettre de voir tous les gens à qui l'on a prévu de rendre visite. Ces visites durent généralement une demi-heure, pendant laquelle on rencontre généralement de la famille et des amis qui sont eux aussi en train de faire la tournée de la famille. À cause de ces visites, il faut s'assurer d'avoir assez de pâtisseries, gâteaux, fruits frais et secs sous la main, puisque ces derniers sont généralement distribués aux visiteurs en même temps qu'un thé ou un sirop. Beaucoup d'Iraniens organisent ce jour de grandes fêtes rassemblant tout le monde pour pouvoir réunir les convives qui viennent de loin.

En France, la communauté iranienne organise chaque année la célébration de Nowrouz dans différentes villes françaises. Généralement les associations franco-iraniennes prennent l'initiative d'organiser cette cérémonie. À Paris, depuis 2018 une association française loi de 1901, appelé le Centre Franco-Iranien prend l'initiative inédite d'organiser la fête de Nowrouz en commun avec l'association des Afghans de Paris. En 2019, la cérémonie qui a été organisée à la Mairie du , rassemblant près de 500 personnes, a été marquée par la participation des artistes afghans, français, indiens et iraniens.

Tchaharchanbé-Souri

Le dernier mardi soir de l'année est célébré par les Iraniens sous le nom de Tchaharchanbé-Souri (en ), moment où tout le monde sort dans la rue, fait des feux et saute par-dessus en criant « Zardi-yé man az to ; sorkhi-yé to az man » (en persan : ) qui signifie littéralement : « ma [couleur] jaune pour toi, ta [couleur] rouge pour moi » (le rouge est la couleur du feu), c'est-à-dire, figurativement, .

Offrir des pâtisseries connues sous le nom de Ajile Moshkel Gosha est la façon de remercier pour la santé et le bonheur de l'année passée, tout en échangeant toute pâleur et tout mal restant pour la chaleur et les vibrations du feu.

D'après la tradition, les esprits des ancêtres rendent visite aux vivants les derniers jours de l'année, et beaucoup d'enfants s'entourent de draps, rejouant ainsi symboliquement les visites des morts. Ils courent aussi dans les rues en tapant sur des boîtes et des casseroles et frappent aux portes pour jouer des tours aux gens. Ce rituel est appelé qashogh-zany (battage de cuillers) et symbolise le fait de chasser le dernier mardi de malchance de l'année.