Le congrès des Républicains de décembre 2021, aussi appelé Congrès pour la France, est une élection primaire interne organisée du au par Les Républicains (LR), afin de désigner un candidat représentant ce parti à l'élection présidentielle française de 2022. Il fait suite au congrès de , qui a tranché le mode de désignation du candidat LR entre une primaire ouverte et un congrès fermé.

À l'issue de ce congrès, Valérie Pécresse est désignée pour représenter LR à l'élection présidentielle française de 2022.

Contexte Après l'échec de François Fillon à l'élection présidentielle de 2017, Les Républicains sont dans l’opposition au président centriste Emmanuel Macron, qui débauche plusieurs figures LR pour participer au gouvernement et adopte certaines mesures conformes à la vision du parti de droite.. Après un important échec aux élections européennes de 2019, Les Républicains réalisent de bons scores aux élections municipales de 2020 ainsi qu'aux élections régionales et départementales de 2021.

Le parti se divise sur la méthode de sélection de son candidat à l'élection présidentielle de 2022. Beaucoup ont le souvenir de la primaire ouverte de 2016, qui réunit de votants mais divise la droite, et l'échec de son candidat désigné, François Fillon, mis en cause dans des scandales politico-financiers pendant la campagne présidentielle. Pour 2022, aucun candidat naturel ne s'impose comme favori des sondages et le parti souffre de la candidature d'Éric Zemmour, qui rogne l’électorat LR..

Le , lors d'un congrès, une consultation réservée aux décide du processus de sélection du candidat. Avec un taux de participation de 50,3 % des inscrits, 58 % des votants choisissent une primaire « fermée » (interne et réservée aux adhérents) contre 40,4 % pour une primaire « ouverte » et 1,6 % de votes blancs. Les statuts sont modifiés en conséquence, avec également la mise en place d'une commission pour filtrer les candidatures et une possibilité de révoquer le soutien au candidat désigné afin de ne pas répéter le fiasco provoqué par l'affaire Fillon..

Modalités du scrutin Dates et votants Le premier tour se déroule en ligne du à au à . Un second tour est prévu les et , aux mêmes horaires, si aucun candidat n'obtient plus de 50 % des suffrages exprimés, seuls les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix pouvant se présenter à ce second tour..

Pour pouvoir voter, il faut être adhérent aux Républicains. Lors de la date limite d'inscription, fixé au , le parti compte près de à jour de cotisation (contre au début de l’année)... Cependant, à la fin du mois, après émanant des autorités du parti, près de n’ont pas fourni leur numéro de téléphone leur permettant de recevoir un mot de passe pour voter, LR indiquant alors que le nombre d’électeurs pouvant participer au congrès est ramené à ..

Candidatures Chaque candidat doit être parrainé par au moins LR, répartis sur au moins (sans que plus d'un dixième des signataires de la présentation puissent être issus d’un même département)..

Organisation et contrôle vignette|Christian Jacob, président du comité d'organisation du congrès. Le comité d'organisation de la primaire est chargé de définir les modalités pratiques du processus, et veiller à son bon déroulement. Il est composé de : Christian Jacob, président des Républicains ; Annie Genevard, vice-présidente déléguée des Républicains ; Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains ; Daniel Fasquelle, trésorier national des Républicains ; Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée nationale ; Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat ; Bernard Deflesselles, représentant de Xavier Bertrand ; Patrick Stefanini, représentant de Valérie Pécresse ; Marie-Claire Carrère-Gée, représentante de Michel Barnier ; François Varlet, représentant de Philippe Juvin ; Alexandra Borchio-Fontimp, représentante d'Éric Ciotti.

L'instance de contrôle est chargée de valider la composition du corps électoral, la recevabilité des candidatures et la sincérité des résultats. Il est composé de : Philippe Bas, sénateur ; Olivier Dutheillet de Lamothe, conseiller d'État honoraire ; Rémi-Pierre Drai, avocat.

Irrégularités En , Libération révèle que le scrutin a été . D'après le journal, des centaines de votants étaient des adhérents fictifs, ce qui est d'autant plus significatif que les écarts entre les résultats étaient très étroits. Valérie Pécresse explique que la présence d’un chien parmi les adhérents LR était , et Christian Jacob dénonce une « tentative de déstabilisation ».

Candidats L'instance de contrôle admet le les candidatures de six participants : Michel Barnier, Xavier Bertrand, Éric Ciotti, Philippe Juvin, Denis Payre et Valérie Pécresse. Cependant, Denis Payre ne réunit pas les d’élus requis.

Ayant obtenu les parrainages Candidat (nom et âgePar convention, l'âge des candidats est calculé à la date de dépôt des candidatures.) Fonction(s) politique(s) exercée(s) lors de la campagne Campagne et ralliement DétailsMichel Barnier()centré|sans_cadre|136x136pxAucune Élimination au (rallie Valérie Pécresse)Plusieurs fois ministre, député à l'Assemblée nationale, député et commissaire européen, il exerce successivement entre 2016 et 2021 les fonctions de négociateur en chef de l'Union européenne chargé de la préparation et de la conduite des négociations avec le Royaume-Uni puis de la préparation des relations futures avec le Royaume-Uni dans le cadre du Brexit. Il annonce sa candidature le 26 août 2021. Xavier Bertrand()centré|sans_cadre|137x137pxPrésident du conseil régional des Hauts-de-France(depuis 2016) 120px|Logo de Xavier BertrandÉlimination au (rallie Valérie Pécresse)Ministre du Travail et de la Santé sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il est élu président du conseil régional des Hauts-de-France en 2016. Il quitte Les Républicains en 2017 et annonce sa candidature le 24 mars 2021 sans passer par une éventuelle primaire de la droite. Il consent finalement à se présenter au congrès des Républicains le 11 octobre 2021, puis de reprendre sa carte à LR.Éric Ciotti()centré|sans_cadre|125x125pxDéputé des Alpes-Maritimes(depuis 2007) Élimination au Député à l'Assemblée nationale depuis 2007 et membre du conseil général puis départemental des Alpes-Maritimes (dont il exerce la présidence jusqu'en 2017) depuis 2008, il annonce sa candidature le 26 août 2021.Philippe Juvin()centré|sans_cadre|150x150pxMaire de La Garenne-Colombes(depuis 2001) 80px|Logo de Philippe JuvinÉlimination au (rallie Valérie Pécresse)Maire de La Garenne-Colombes depuis 2001, député européen entre 2009 et 2019, il exerce également les fonctions de professeur de médecine (anesthésie réanimation, puis médecine d'urgence) et de chef de service des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou. Il annonce sa candidature le 26 juillet 2021.–Valérie Pécresse()centré|sans_cadre|132x132pxPrésidente du conseil régional d'Île-de-France(depuis 2015) 80px|Logo de Valérie PécresseVainqueur au Plusieurs fois ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy, elle est députée à l'Assemblée nationale, conseillère régionale d'Île-de-France à partir de 2004 puis devient présidente du conseil régional de la même région en 2015. Elle annonce sa candidature le 22 juillet 2021. Elle réadhère ensuite à LR, deux ans après son départ du parti.

N’ayant pas obtenu les parrainages Candidat (nom et âge) Fonction(s) politique(s) exercée(s) lors de la campagne Ralliements Détails Denis Payre() centré|sans_cadre|150x150px Aucune –Entrepreneur de profession, fondateur du parti Nous Citoyens en 2013, il annonce sa candidature le , après avoir adhéré aux Républicains. Le , alors qu’il n’a pas obtenu les d’élus, il dénonce un comportement des dirigeants LR, invoquant notamment le fait que sa candidature n’a été validée qu’à la mi-octobre, ne lui laissant pour collecter ses signatures ; il forme un recours auprès de la direction du parti..

Campagne

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, est le premier à se lancer dans la course à la présidentielle, le dans un entretien dans le magazine Le Point où il expose son refus de participer à une primaire. À la suite des élections régionales, où Bertrand est réélu largement, deux autres barons de la droite potentiellement candidats à la primaire sortent renforcés : Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse. De son côté le président des Républicains, Christian Jacob, espère que François Baroin, malgré son refus, se présente et devienne le candidat naturel. Il est également opposé à la primaire qu'il juge responsable de la défaite de la droite lors de la précédente élection.

Le , Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau et Hervé Morin signent une tribune publiée par Le Figaro dans laquelle ils demandent la tenue d'une primaire ouverte de la droite et du centre et refusent de soumettre la question de la candidature aux sondages. La présidente de la région Île-de-France annonce sa candidature le , et est suivie 4 jours plus tard par le maire de La Garenne-Colombes, Philippe Juvin. Michel Barnier annonce sa candidature le quelques heures après Éric Ciotti tandis que Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau renoncent. Jean Leonetti, chargé de l'organisation commande une grande enquête est confiée à l'Ifop lancée auprès de où les quatre candidats déclarés ainsi que Xavier Bertrand sont testés. Un dernier candidat, l'entrepreneur Denis Payre annonce vouloir se présenter.

Le résultat de l'enquête montre une avance de Xavier Bertrand, qui refuse toujours de participer à un mode de départage, mais il est talonné de près par Valérie Pécresse. Cette enquête devait aussi permettre de mettre en évidence un mode de départage mais si l'idée d'un congrès fermé semble être la favorite, mais la primaire ouverte ou semi-ouverte reste assez bien perçue. À l'issue d'une concertation des adhérents, le choix du congrès fermé est retenu. Bertrand accepte de rentrer dans le rang et décide de participer au congrès. Mis à part Denis Payre, les cinq autres candidats ont ramené leurs 250 parrainages et entament un tour de France des fédérations pendant les mois d'octobre et novembre afin de rencontrer un maximum de votants et en faire adhérer de nouveaux, certains candidats vont jusqu'à faire trois réunions publiques par jour.

Contrairement à la primaire de 2016, les barons du parti ne se prononcent pour aucun candidat. Ceci conjugué au fait que le corps électoral est pour près de la moitié de nouveaux adhérents, l'issue de ce scrutin reste incertaine.

Après la qualification d'Éric Ciotti et de Valérie Pécresse pour le second tour, cette dernière reçoit les soutiens de tous ses concurrents éliminés : Michel Barnier, Xavier Bertrand et Philippe Juvin, mais aussi ceux de ténors du parti comme Gérard Larcher, Rachida Dati, Agnès Evren, Damien Abad, Jean-François Copé Ciotti ne reçoit lui aucun soutien majeur, mais les félicitations du candidat et adversaire d'extrême droite Éric Zemmour.

Débats Lors d'une réunion organisée le , il est décidé que les candidats ayant réuni leurs participeront à quatre débats télévisés et radiophoniques. Le premier débat a lieu le sur LCI et RTL et est animé par Ruth Elkrief et David Pujadas. Il est suivi le par un débat sur BFM TV et RMC coanimé par Maxime Switek et Apolline de Malherbe. Un troisième débat a lieu sur CNews et Europe 1, le co-présenté par Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk. Enfin, Léa Salamé et Laurent Guimier, dans leur émission Élysée 2022 sur France 2 et France Inter, tiennent le dernier débat le , veille de l'ouverture du vote.

En complément, le , les cinq candidats ont participé à un oral avec une série de questions/réponses devant le conseil national du parti à Issy-les-Moulineaux.