280px|thumb|right|Roosevelt, İnönü et Churchill lors de la deuxième conférence du Caire qui s'est tenue du 4 au 6 décembre 1943.

La Turquie opte pour une politique de neutralité vis-à-vis de la Seconde Guerre mondiale qui éclate en 1939. Le pays entretient alors des relations bilatérales avec l'Axe et les Alliés. Refusant de s'allier au Troisième Reich, la Turquie signe le Pacte d'amitié turco-allemand en puis décide finalement par opportunisme de déclarer la guerre à l'Allemagne en .

Histoire La Turquie sous la présidence de Mustafa Kemal Atatürk avait une politique fortement antinazie, Atatürk se réconcilie avec la Grèce de Venizélos et la France. Il se rapproche également de la Yougoslavie et de la Roumanie pour verrouiller les Balkans contre l'influence de l'Allemagne nazie. En , Atatürk meurt, İsmet İnönü devient ainsi le président de la république de Turquie et opte pour une politique de neutralité vis-à-vis de la Seconde Guerre mondiale, tout en entretenant des relations avec les deux parties belligérantes (l'Axe et les Alliés). Cependant, peu avant le déclenchement de la guerre, la Turquie avait signé un pacte d'aide mutuelle avec la France et la Grande-Bretagne en 1939, obtenant dans ce jeu diplomatique la cession par la France du sandjak d'Alexandrette et acquérant des équipements militaires « », arastiralim.com, consulté le 6 février 2012.. Le Troisième Reich tente toutefois par la diplomatie d'éloigner la Turquie du Royaume-Uni « », , 15 juin 1941..

Après l'invasion allemande de la France, la Turquie demeure neutreOnur Isci, "The Massigli Affair and its Context: Turkish Foreign Policy after the Molotov–Ribbentrop Pact." Journal of Contemporary History (2019): DOI: 10.1177/0022009419833443. online, s'appuyant sur une clause les excusant si une action militaire pouvait entraîner un conflit avec l'URSS, ce qu'elle craignait après la division de la Pologne, car la Thrace orientale, y compris Istanbul et les régions frontalières du Caucase, étaient particulièrement vulnérables à une éventuelle attaque soviétique. Les magazines nationalistes Bozrukat et Chinar Altu appelèrent à la déclaration de guerre contre l'Union soviétique. En , Bozrukat publia une carte de la , qui comprenait le Caucase et les républiques d'Asie centrale sous contrôle soviétique. À l'été 1942, le haut commandement turc considérait qu'une guerre avec l'Union soviétique sera quasi inévitable. Une opération était prévue mais ne sera pas mise en œuvre, Bakou étant la cible initiale.

En , la Bulgarie voisine rejoint les forces de l'Axe et permet à l'Allemagne de déplacer des troupes pour envahir la Yougoslavie et la Grèce. Le , Franz von Papen transmet une lettre d'Adolf Hitler adressée à İsmet İnönü. Dans sa lettre, Hitler écrit qu'. Il souligne en outre . Il y propose un pacte de non-agression à la Turquie, qui signe le pacte d'amitié turco-allemand le .

La Turquie était un important producteur de chromite, qui est un ingrédient clé dans la fabrication d'acier inoxydable et de matériaux réfractaires, et l'Allemagne y avait un accès limité. La question clé dans les négociations de la Turquie avec les deux parties était la vente de chromite aux forces de l'Axe ou aux AlliésGül İnanç, "The politics of ‘active neutrality’on the eve of a new world order: The case of Turkish chrome sales during the Second World War." Middle Eastern Studies 42.6 (2006): 907-915.S. Deringil, Turkish Foreign Policy During the Second World War: An ‘Active’ Neutrality (Cambridge 1989).N. Tamkin, Britain, Turkey and the Soviet Union, 1940–1945 (London 2009).. Les Alliés avaient accès à d'autres ressources et achetaient principalement la chromite afin d'empêcher qu'elles ne rejoignent l'Allemagne. L'inflation était élevée alors que les prix doublaientErik J. Zurcher, Turkey: A Modern History (3rd ed. 2004) pp 203-5A. C. Edwards, "The Impact of the War on Turkey," International Affairs (1946) 22#3 pp. 389-400 in JSTOR. À partir de 1942, les Alliés leur fournissent une aide militaire. Les dirigeants turcs conférèrent avec Roosevelt et Churchill lors de la seconde conférence du Caire en en leur promettant d'entrer en guerre. Voyant l'Allemagne proche de la défaite, la Turquie décide de stopper ses ventes commerciales avec le Troisième Reich en et rompt ses relations en août.

La Turquie déclare par opportunisme la guerre aux puissances de l'Axe en , après que les Alliés eurent lancé l’invitation à la réunion inaugurale des Nations unies (avec les invitations de plusieurs autres nations) qui était conditionné à une belligérance totale. Elle joint ainsi l'ONU en .

Pendant toute la durée de la guerre, aucune troupe turque ne sera déployée sur un théâtre d'opération militaire. La Turquie a par ailleurs accueilli de nombreux universitaires allemands d'origine juive fuyant le nazisme, comme Hirsch, Neumark, Eckstein, Reichenbach ou encore Richard von Mises et fut ensuite un lieu de transit pour un nombre encore mal connu (entre et ) de Juifs fuyant la ShoahAlexandre Adler : Rendez vous avec l'Islam, p. 170 ; Dirk Halm et Faruk Sen, Exil sous le croissant et l’étoile, Paris, Turquoise, 2009 ; Arnold Reisman, Turkey's Modernization. Refugees from Nazism and Atatürk's Vision, Washington, New Academia Publising, 2006 ; Joseph B. Schechtman, The Mufti and the Fuehrer. The Rise and Fall of Haj Amin al-Husseini, New York-Londres, Thomas Yoseloff 1965, p. 154 ; Stanford Jay Shaw, Turkey and the Holocaust, New York-Londres, New York University Press/MacMillan Press, 1993 ; Frank Tachau, « German Jewish Emigrés in Turkey », dans Avigdor Levy (dir.), Jews, Turks, Ottomans. A Shared History, Fifteenth Through the Twentieth Century, New York, Syracuse University Press, 2002, pp. 233-245.. Le consul de Turquie à Rhodes, Selahattin Ülkümen, a été Juste parmi les nations en 1990.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Pacte d'amitié turco-allemand Monde musulman pendant la Seconde Guerre mondiale Histoire militaire de la Turquie

Bibliographie , (1920-1945), İsmail Soysal, Ankara, 2000. – PhD thesis Arnold Reisman, Turkey's Modernization. Refugees from Nazism and Atatürk's Vision, Washington, New Academia Publising, 2006. Stanford Jay Shaw, Turkey and the Holocaust, New York-Londres, New York University Press/MacMillan Press, 1993. Cemil Koçak, « Parliament Membership during the Single-Party System in Turkey (1925–1945) », European Journal of Turkish Studies, 3 | 2005

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