Lea Garofalo naît le à partie de la commune de Petilia Policastro et est assassinée le à Milan pour s'être rebellée contre la 'Ndrangheta et avoir témoigné contre elle.

Lea Garofalo vient d'une famille aisée de la 'Ndrangheta, mais témoin durant son enfance des meurtres et des violences du clan Garofalo auquel elle appartient elle aspire à quitter son milieu. Elle épouse Carlo Cosco et part avec lui à Milan pensant échapper à son milieu, mais ce dernier se révèle être un homme de main du frère de Léa Garofalo pour le trafic de stupéfiants à Milan. Il n'a épousé Léa Garofalo que pour monter dans la hiérarchie de la 'Ndrangheta.

La déception et le souhait d'un meilleur avenir pour sa fille Denise la pousse à collaborer avec la justice. Carlo est arrêté et ce dernier commence à organiser son assassinat.

Lea Garofalo est exclue du programme des témoins, n'ayant pas révélé selon les juges suffisamment d'informations utiles et sans aucune ressources financières pour vivre avec sa fille, toujours poursuivie par Carlo Cosco, elle décide que sa seule possibilité est de faire la paix avec lui. Carlo Cosco l'enlève durant un voyage à Milan et l'assassine, et son corps est ensuite brûlé selon la pratique du lupara bianca. Carlo Cosco prétend qu'elle s'est enfuie en Australie en abandonnant sa fille et récupère la garde de cette dernière.

Lea Garofalo devient un symbole de la résistance des femmes à la culture mafieuse par son courage et la ténacité avec laquelle elle a résisté à la 'Ndrangheta. Denise Cosco Garofalo témoigne contre son père lors du procès.

Le , Carlo Cosco et son frère Vito sont condamnés à réclusion à perpétuité, dont deux ans à l'isolement. Giuseppe Cosco, Rosario Curcio, Massimo Sabatino et Carmine Venturino (ancien fiancé de Denise Garofalo) sont condamnés à la prison à vie avec un an d'isolement, Néanmoins le crime pour association mafieuse n'est pas retenu contre eux, malgré toutes les informations données par Lea Garofalo.

Biographie Contexte familial vignette|Piazza filottete à Petilia Policastro.|gauche Lea Garofalo est née le dans un village de Calabre, Pagliarelle, situé dans la municipalité de Petilia Policastro. Le village compte environ . Sa famille fait partie de la 'Ndrangheta, la mafia calabraise, son père Antonio Garofalo et son frère Floriano Garofalo en sont des chefs locaux.. Son père et son oncle Giulio Garofalo sont assassinés dans les guerres intestines entre clans de la 'Ndrangheta. Son père Antonio Garofalo, un chef local est assassiné la veille du nouvel an en 1974 à l'âge de par trois frères d'un clan rival quand Lea a huit mois. Ce meurtre initie une faide entre le clan des Mirabellis et des Garofalo à Pagliarelle, qui fait dans les familles rivales. Dans le village de , 35 meurtres ont lieu en . En 1981 son oncle Giulio tente de venger son frère en ouvrant le feu pendant un enterrement, et il est assassiné à son tour en 1989, en plein jour dans le centre de Petilia Policastro devant ses yeux. Quelques mois plus tard, les Garofalos se vengent en tuant l'un des trois frère, le deuxième suit en 1990 et en 1991 le dernier est abattu. En 1992 enfin, le clan Garofalo tue leur cousin Mario Garofalo, qui travaillait pour les Mirabellis. Floriano Garofalo, le frère de Lea prend part à la plupart des tueries, demandant même à sa benjamine de lui cacher un pistolet.

Vincenza Rando, l'avocate de Lea Garofalo indique . La mort de son père déclenche une guerre des clans à Pagliarelle, qui fait dans les familles rivales. Très tôt, Lea Garofalo veut échapper à cette vie..

Union avec Carlo Cosco vignette|Vincenza Rando, vice-présidente de l'association Libera et avocate de Lea Garofalo. Depuis l'adolescence, Lea Garofalo est amoureuse de Carlo Cosco, également issu d'une famille de la mafia. Comme elle, il dit vouloir rompre avec le passé de leurs familles mafieuses. Le jeune couple s'enfuit, puis se marie en 1991 et déménage à Milan, Lea a alors .

Elle réalise que Carlo lui a menti, en réalité il est l'un des hommes de son père et de son frère, et qu'il ne l'a épousé que pour bénéficier de son statut de fille d'un chef de clan de la 'Ndrangheta. Leur immeuble est une plaque tournante du trafic de drogue, et elle-même doit empaqueter la cocaïne et surveiller pour Carlo en son absence. Mécontente, elle subit de la violence conjugale et la séquestration, et fait plusieurs tentatives de suicide, avant que la naissance de sa fille Denise en 1991 ne lui redonne de l'espoir. vignette|L'immeuble le Panoramio à Milan où Lea Garofalo emménage avec son mari Carlo Cosco en 1991. Alors que Carlo Cosco est incarcéré, Lea Garofalo lui annonce qu'elle veut le quitter. Il entre dans une telle rage que les policiers doivent intervenir, mais elle s'obstine et part pour Bergame avec sa fille. Elles y restent six ans, hébergées d'abord par des religieuses puis dans leur propre appartement une fois que Lea a trouvé un travail.

Vincenza Rendo devient son avocate. Lea est parvenue à prendre contact avec l'association Libera pour recevoir de l'aide.

Cette situation est intolérable pour les hommes des familles Garofalo et Cosco qui considèrent que leur honneur est bafoué.

Rupture Le , les carabiniers de Milan organisent un blitz contre la 'Ndrangheta de Petilia Policastro, qui a commencé à s'implanter dans la ville depuis quelques années. Ils arrêtent Floriano Garofalo, frère de Lea Garofalo, qui est chargé de gérer l'activité criminelle dans le centre de la Lombardie. Neuf ans après son arrestation et son acquittement, Floriano Garofalo est assassiné le dans une embuscade dans un hameau de Petilia Policastro.

En 2000, en guise d'avertissement, la vieille Fiat de Lea Garofalo est incendiée par Floriano alors qu'elle est en visite dans sa famille, et en 2002, son scooter est volé et la porte d'entrée de son domicile est incendiée. Elle décide alors de se rendre à un poste de carabinieri, craignant pour sa vie et celle de sa fille, afin de quitter la N'Drangheta et une vie marquée par les vengeances et les assassinats. Elle collabore avec la justice, fournissant notamment des informations importantes sur le rôle joué par son compagnon Carlo Cosco, et le frère de celui-ci, Giuseppe Cosco dans le trafic de drogue. De plus elle accuse Giuseppe Cosco du meurtre de son frère Floriano Garofalo et Carlo Cosco de complicité.

Placée sous le statut de témoin de justice (Testimone di giustizia, un citoyen sans casier judiciaire, différent du collaborateur de justice ou repenti, collaboratore di giustizia, qui s'applique à une personne qui fait des révélations après avoir été arrêtée ou condamnée), elle bénéficie d'une protection à partir de 2002. Dans la 'Ndrangheta, famille de sang et famille mafieuse se confondent. Quitter le clan signifie quitter ses parents et toute sa famille et que la trahison vienne d'une femme supposée être obéissante et soumise, est encore plus grave. Changements d'identité, déménagements successifs (au moins une fois par an), solitude et peur deviennent son lot quotidien. Après le meurtre de son frère en 2005, Lea Garofalo vit constamment dans la peur, ne dort plus qu'avec un couteau sous l'oreiller.

Pire encore, en 2006, Lea Garofalo est exclue du programme de protection au motif que ses révélations n'ont pas été suffisamment significatives et prouvées. Pour des raisons inexpliquées, celle qui était considérée comme un témoin clé, devient « peu fiable ». Le juge Giuseppe Gennari déclare : .

Elle fait appel de la décision devant le puis devant le Conseil d'État italien et obtient d'être réadmise au programme en (en tant que collaboratore di giustizia, repentie et pas en tant que témoin), mais en - quelques mois avant sa mort - elle décide subitement, sans doute à bout de forces, de renoncer volontairement à toute protection. Au même moment, elle écrit une lettre au Président de la République italienne dans laquelle elle se plaint d'avoir été qualifiée seulement de collaboratrice de justice (et non de témoin), d'avoir bénéficié d'une assistance judiciaire défaillante à divers égards, d'avoir été obligée de déménager dans différentes villes avec sa petite fille dans le cadre du programme de protection, d'avoir perdu son emploi, ses contacts sociaux et d'avoir dû vendre son domicile pour payer les frais d'avocats. On ne sait pas si cette lettre a été envoyée.

Elle reprend contact avec Carlo Cosco, qui, pendant plusieurs mois, semble conciliant mais tente à plusieurs reprises de la faire enlever et tuer.

Première tentative d'enlèvement en mai 2009 Alors que Lea Garofalo vit à Campobasso avec Denise, dans un logement loué par Carlo Cosco, le , Massimo Sabatino se présente à son domicile envoyé par Carlo Cosco pour réparer la machine à laver qui est en panne et essaie de la kidnapper. Elle parvient à le maitriser grâce à l'intervention de sa fille Denise qui n'est exceptionnellement pas à l'école ce jour-là et prévient les carabiniers en leur faisant part de ses soupçons au sujet de Carlo Cosco qu'elle pense être le commanditaire de l'agression. Massimo Sabatino a en effet fuit en abandonnant une caisse à outil, qui contient des cordes, du filin d'acier, du ruban adhésif, des gants en silicone et une scie, mais aucun outil pour réparer une machine à laver. L'enquête piétine quelque peu jusqu'à ce que Lea Garofalo disparaisse à Milan le .

Enlèvement et meurtre en novembre 2009 Le , Carlo Cosco attire Lea Garofalo à Milan sous prétexte de parler de l'avenir de leur fille Denise. Le soir du , après avoir proposé à Denise de rendre visite à sa tante et ses cousins, il emmène Lea manger au restaurant afin de discuter de la situation de leur fille. Il est prévu qu'ils reviennent chercher Denise plus tard et les dépose toutes deux à la gare de Milan pour qu'elles repartent en train. En l'absence de Denise, Carlo Cosco enlève Lea et l'emmène dans un appartement qu'il a emprunté pour l'occasion. Vito Cosco les y attend. C'est là qu'elle est assassinée. Carmine Venturino, Rosario Curcio et Massimo Sabatino emportent le corps de Lea Garofalo à San Fruttuoso, un quartier de Monza, où il est ensuite brûlé pendant trois jours jusqu'à ce qu'il soit complètement détruit..

La méthode d'enlever et de dissoudre un corps dans l'acide ou de le brûler est un procédé connu en Italie sous le nom de lupara bianca. Sans corps, il est impossible de prouver la mort ou l'assassinat de la personne.

Enquête et procès

Situation de Denise Garofalo après le meurtre de sa mère Denise Garofalo se rend immédiatement compte de la disparition de sa mère qui ne répond plus au téléphone, chose complètement inhabituelle chez elle. Lorsque son père revient la chercher sans sa mère, elle s'inquiète aussitôt et ils partent à sa recherche en voiture pendant des heures. Carlo prétend que Lea s'est fâchée et est partie seule, mais sa fille ne le croit pas. Commence pour elle un long calvaire durant lequel elle est obligée de vivre et coopérer avec les personnes qu'elle soupçonne à raison d'avoir tué sa mère.

Le , alors que la famille Cosco au complet (Carlo, ses frères Vito et Giuseppe, et sa belle-sœur Renata) avec Denise est dans le bar Barbara à Milan, Denise reçoit un appel de la police de Milan qui veut la voir. Elle s'y rend avec son père et est reçue par Christian Persurich, qui demande à l'interroger seule. Il lui annonce que sa tante Marisa a signalé la disparition de Lea à la police. Denise est interrogée durant et lui révèle tout ce qu'elle sait, ainsi que sa certitude que c'est son père qui l'a tuée.