Louis François Félix Musnier de la Converserie, né le à Longueville, dans le Pas-de-Calais, et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire. Il rejoint l'armée royale française comme sous-officier en 1781, après un passage à l'École militaire. Encore lieutenant en 1788, il bénéficie d'une promotion rapide au cours de la Révolution française. Après avoir servi comme aide de camp auprès du général de la Morlière, il est affecté en Vendée pour lutter contre les Chouans. Plus tard, il sert comme adjudant général au sein de deux états-majors successifs. En 1798, il est promu général de brigade pour s'être distingué en Italie.

En 1800 Musnier commande une brigade à la bataille de Marengo. Après une période d'inactivité relative au bout de laquelle il est promu général de division, il est envoyé participer à la guerre d'Espagne. Il intègre le d'armée du maréchal Moncey puis de Junot. En 1809, le général Suchet prend le commandement du corps, et mène à sa tête une série de victoires ; pendant cette période, la division Musnier participe à de nombreux engagements. En 1814, Musnier retourne en France et est affecté à l'armée de Lyon, où il affronte les armées autrichiennes, et se rallie à Napoléon lors des Cent-Jours. Cependant, il subit les conséquences de ce choix à la seconde Restauration, en étant mis en disponibilité. Le général Musnier prend finalement sa retraite en 1832 et meurt à Paris le . Son nom est inscrit sur l'Arc de triomphe de l'Étoile.

Biographie

Carrière sous la monarchie et la Révolution française

vignette|gauche|upright=1.5|alt=Scène de bataille entre Français et Autrichiens sous la Révolution.|La division Boudet et la cavalerie de Kellermann attaquent les grenadiers autrichiens à la bataille de Marengo, le . Huile sur toile de Louis-François Lejeune.

Louis François Félix Musnier naît le à Longueville, dans le Pas-de-Calais. Le , à l'âge de 14 ans, il entre à l'école militaire de Paris en tant que cadet-gentilhomme.. Il est promu sous-lieutenant le , et rejoint le régiment de Piémont en décembre de l'année suivante. Son avancement est assez lent : élevé au grade de lieutenant le , il ne devient adjudant-major que le , et passe capitaine le . Musnier devient alors l'aide de camp du général de la Morlière, général en chef de l'armée du Rhin en . L'année d'après, il est affecté à l'armée de l'Ouest pour participer à la guerre de Vendée. Le , il est nommé commandant du de la .

Musnier passe chef de brigade de la le , puis est transféré à la 60. Nommé adjudant-général le , il remplit les fonctions de chef d'état-major de l'armée du Nord et de l'armée de Batavie jusqu'en . Musnier rejoint alors l'armée d'Italie en , où il se distingue à la prise de Novare le ; pour ce fait d'armes, il est promu général de brigade. Il a été affecté avec son grade à la division Boudet, avec laquelle il prend part à la seconde campagne d'Italie, et s'empare de Plaisance le . À la bataille de Marengo, le , sa brigade se compose de la légère et de la de ligne.. Dans l'après-midi, sous le commandement du général Desaix, les troupes de Boudet débouchent sur le champ de bataille et redonnent courage aux soldats de Bonaparte en retraite.. Les forces de Desaix, avec la légère en tête, repoussent le autrichien de Wallis, mais reculent face à une brigade de grenadiers menée par le général Anton von Zach. Peu après, Desaix ordonne l'attaque générale : dans une action bien coordonnée, l'infanterie française met en désordre les grenadiers autrichiens tandis que la cavalerie lourde de Kellermann les charge de flanc. Desaix est mortellement blessé dans l'action, mais la brigade des grenadiers est anéantie, et son chef, Zach, est capturé. Ce succès détermine la retraite autrichienne..

Musnier est encore employé en Italie, notamment à la bataille de Pozzolo le . Il est mis en disponibilité le , avant d'être affecté au commandement de la militaire le .. Sous le Consulat, il devient successivement membre et commandeur de la Légion d'honneur le et le , puis est électeur attaché au collège du Pas-de-Calais..

Général d'Empire

Invasion de l'Espagne

vignette|droite|alt=Portrait en pied d'un maréchal de Napoléon.|Le maréchal Moncey, commandant en chef le de l'armée d'Espagne. Peinture de Jacques-Luc Barbier-Walbonne.

Le l'Empereur élève Musnier au grade de général de division. En , il est employé au corps d'observation des côtes de l'Océan, qui devient quelques mois plus tard le de l'armée d'Espagne, sous les ordres du maréchal Moncey. À cette date, Napoléon a décidé d'envahir l'Espagne par la force et a obligé le roi Charles IV à abdiquer en faveur de Joseph Bonaparte. Sous divers prétextes, l'Empereur dirige d'importantes troupes dans la péninsule. En , les armées françaises prennent le contrôle d'un certain nombre de points stratégiques. Le , à Madrid, la population se soulève contre les occupants, c'est le début de la guerre d'Espagne.. Les troupes de Moncey, qui ont été parmi les premières à pénétrer en Espagne, alignent . La , commandée par le général Musnier, compte répartis en 17 bataillons..

Chargé de réprimer la rébellion de Valence, le maréchal Moncey arrive devant la ville le avec . Deux jours plus tard, il ordonne l'assaut, mais les Français subissent des pertes sévères et doivent battre en retraite vers Madrid.. Le , après la défaite du général Dupont à Bailén, les Français évacuent Madrid et se retirent derrière l'Èbre, dans le nord du pays. Napoléon décide alors de reprendre les choses en main, et se rend lui-même en Espagne avec la Grande Armée. Le de Moncey présente cette fois un effectif de . Musnier commande la .. Après son échec du mois de juin, Moncey entame le second siège de Saragosse le . Le maréchal a réuni dans ce but , , et sapeurs du génie et 144 canons. La du général Musnier comprend les et de ligne, à trois bataillons chacun, ainsi que deux bataillons polonais du de la légion de la Vistule. Face à une défense espagnole déterminée, les Français doivent enlever la ville maison par maison. Après avoir perdu tués, blessés ou morts de maladie, Moncey s'empare de Saragosse le . Les défenseurs ont subi des pertes trois fois supérieures à celles de leurs adversaires, pour la plupart de maladie..

Combats en Aragon

vignette|alt=Portrait en pied d'un maréchal de Napoléon, sabre au côté et chapeau à la main, avec ses troupes passant près de lui.|Le maréchal Suchet, commandant en chef de l'armée d'Aragon. Peinture de Jean-Baptiste Paulin Guérin.

Le , désormais sous les ordres du général Junot, envahit le sud de l'Aragon après la chute de Saragosse. Cependant, les coups de main menés par les guérilleros espagnols contraignent les Français à abandonner certains territoires. La guerre avec l'Autriche étant imminente, Napoléon retire au la moitié de son effectif. Entre-temps, Junot est remplacé à son poste par le général de division Louis-Gabriel Suchet. Le jour de la prise de commandement de Suchet, l'armée espagnole du général Blake se présente en Aragon.. Suchet marche à sa rencontre avec ses troupes, et attaque Blake à Alcañiz, le . L'armée française dispose d'environ , 500 cavaliers et 18 canons ; la de Musnier est constituée des mêmes unités qu'à Saragosse, avec en plus un bataillon du de ligne. Les Espagnols, retranchés sur les hauteurs d'Alcañiz, ont quant à eux une légère supériorité numérique par rapport à leurs adversaires. La division Laval tâte l'aile droite de Blake, puis Suchet ordonne à Musnier d'attaquer au centre. Le général part à l'assaut avec les cinq bataillons du de ligne et le polonais de la Vistule, formant une imposante colonne de . Cependant, l'artillerie espagnole tire à mitraille sur les Français et cause des pertes sensibles : pris sous un feu intense, les fantassins de Musnier se débandent. Suchet fait sonner rapidement la retraite.. Le a perdu 800 tués ou blessés, tandis que Blake ne compte que 300 hommes hors de combat. Cette défaite oblige Suchet à abandonner la majeure partie de l'Aragon..

Fort de son succès, Blake marche sur Saragosse avec , et franchit la rivière Huerva avec le gros de ses troupes. De son côté, Suchet détache Laval et une brigade de pour observer les Espagnols sur la rive droite, tandis que lui-même affronte Blake le à la bataille de María. Le général français déploie la division Musnier, qui a été renforcé par un bataillon de réserve., sur son flanc droit et la division Habert sur son flanc gauche. Suchet, qui attend des renforts, essaie de gagner du temps. Blake engage la division Musnier, mais il est repoussé par le de ligne et les lanciers polonais de la Vistule. Les Français lancent une contre-attaque qui est cependant arrêtée par une tempête de grêle.. Rejoint par des troupes fraîches, Suchet ordonne à Habert et à la cavalerie de Watier d'attaquer l'aile droite adverse. L'infanterie espagnole est enfoncée, et Blake se replie après avoir perdu quatre à cinq mille hommes et la plupart de ses canons..

Suchet poursuit les Espagnols, qui prennent position à côté du village de Belchite. Le Suchet se présente face à eux, et entame les hostilités en attaquant leurs flancs. À gauche, la division Musnier progresse et refoule les troupes de Blake, tandis que le général Habert s'en prend à l'aile droite. Un coup de canon français fait sauter les magasins de munitions espagnols, ce qui provoque la panique puis la débandade. La victoire revient à Suchet, qui charge Musnier d'observer les mouvements de Blake tandis que lui-même retourne à Saragosse, afin de rétablir l'ordre. Les forces espagnoles sont anéanties, alors que les pertes françaises ne dépassent pas 200 tués ou blessés.. Musnier passe le reste de l'année à pacifier le sud de l'Aragon ; il remporte quelques succès contre la guérilla, mais celle-ci se dérobe souvent à l'approche des colonnes françaises..

vignette|gauche|upright=1.5|alt=Siège d'une ville par les Français en Espagne, sous le Premier Empire.|Siège de Lérida par le général Suchet, 1810. Huile sur toile de Jean-Charles-Joseph Rémond, 1836.

En l'armée d'Aragon aligne environ , répartis en trois divisions d'infanterie commandées par les généraux Laval, Musnier et Habert, ainsi qu'une brigade de cavalerie sous les ordres du général Boussart. Avec onze bataillons totalisant , la de Musnier est la plus importante formation du corps de Suchet.. Le roi Joseph, qui vient d'entrer en Andalousie, ordonne à Suchet de marcher sur Valence. Le général obtempère et atteint la ville le , mais face à la détermination des défenseurs, il lève le siège peu après et retourne en Aragon. Suchet lutte un temps contre la guérilla, puis décide d'occuper Lérida où il arrive le . Après avoir été informé de l'approche des troupes du général O'Donnell, Suchet prend avec lui la division Musnier et part à la rencontre de l'armée ennemie. Cependant, les deux adversaires se manquent, et Musnier revient à proximité de Lérida dans la nuit du ..