La mosquée du bois de Vincennes, également connue sous le nom de mosquée de l'hôpital du jardin colonial ou mosquée de Nogent, a été la toute première mosquée construite en France métropolitaine depuis l'invasion omeyyade de la Gaule au . Elle est construite au début de dans le bois de Vincennes, dans le cadre d'un projet de contre-propagande et pour servir une partie des soldats musulmans venus en France pendant la Première Guerre mondiale.

Histoire Jardin colonial () En , un jardin d'essai, le Jardin d'agronomie tropicale de Paris, est créé à l'extrémité orientale du bois de Vincennes pour faire des expériences avec les plantes de l'Empire colonial français. Il est appelé Plusieurs pavillons sont construits à l'occasion de l'exposition coloniale qui se tient de à , dont un pavillon du Maroc et un de la Tunisie, toujours existants in situ.

Première Guerre mondiale

Hôpital de campagne Pendant la Première Guerre mondiale, près de musulmans d'Afrique du Nord combattent en France métropolitaine. Pour les blessés, dès la fin de l'année 1914, un hôpital de campagne est installé dans le jardin colonial. Entre et , cet hôpital soigne près de en convalescence, majoritairement maghrébins et musulmans.

Propagande allemande vignette|redresse|gauche|Image de propagande allemande de la mosquée du , le Camp du croissant, au sud de Berlin, en . La décision de construire une mosquée sur le terrain de l'hôpital est prise en réaction à la propagande de guerre allemande qui tente de retourner les musulmans des colonies britanniques et françaises contre leurs dirigeants coloniaux. L'Empire allemand est alors allié à l'Empire ottoman, qui se veut à la tête de la communauté musulmane mondiale, à travers sa gestion des lieux saints de La Mecque et de Médine et le maintien du califat. Cette stratégie est imaginée par l'orientaliste allemand Max von Oppenheim, qui publie en un « mémorandum sur l'introduction de la révolution sur les terres islamiques de nos ennemis » (en ). Von Oppenheim, dont le surnom d est popularisé à titre posthume par Wolfgang G. Schwanitz., est chargé d'un nouveau Bureau de renseignement pour l'est, qui parraine le camp de prisonniers de guerre du Croissant, , à Zossen-Wünsdorf près de Berlin. Comme son nom l'indique, le est spécifiquement destiné aux soldats musulmans des colonies britanniques et françaises. Il comprend une mosquée monumentale, la première jamais construite en Allemagne, achevée en (version du sur archive.today).. Les autorités allemandes diffusent des articles sur le traitement inapproprié de l'islam dans l'armée française, illustrés en contraste par des images de la mosquée allemande de .

Construction vignette|Image de propagande française de la mosquée du jardin colonial (). En retour, la raison militaire brise les scrupules français à édifier un lieu de culte musulman (autre que les cimetières) en France métropolitaine. Le diplomate Pierre de Margerie, directeur des affaires politiques au ministère français des Affaires étrangères, promeut la construction de la mosquée et orchestre la large diffusion d'une photo de celle-ci par des agents français dans le monde musulman, avant même que la construction ne soit achevée.. La mosquée en bois est rapidement érigée, sur les plans de M. Péni, l'architecte du Jardin colonial. Elle est inaugurée le par Gaston Doumergue, alors ministre des Colonies. Les prières de dédicace sont lues par deux imams, Bou-Mezrag El-Mokrani, de Chlef (un descendant de Cheikh Mokrani), et Katranji Sid Abderrahman, d'Alger.

vignette|Rassemblement pour l'Aïd al-Adha devant la mosquée, en . vignette|Aïd al-Adha célébrée au jardin colonial en . vignette|Agence Rol, Mission musulmane au jardin colonial de Nogent, 13 novembre 1916. Si Kaddour ben Ghabrit est le troisième en partant de la gauche Les soldats qui meurent dans l'hôpital militaire sont enterrés dans le carré militaire du cimetière de Nogent-sur-Marne, où une qoubba est inaugurée en .

Le lieu de culte est cependant délaissé par les tirailleurs qui préfèrent prier à l'air libre, à côté de la mosquée, estimant que les Français , citant ..

Destruction Après-guerre, la mosquée est désaffectée. Elle est démolie en .. À ce moment-là est inaugurée la grande mosquée de Paris dans le par Gaston Doumergue, pour rendre hommage aux dizaines de milliers de soldats musulmans tombés durant le premier conflit mondial. De nombreux monuments commémoratifs sont érigés à proximité de l'ancienne mosquée pendant l'entre-deux-guerres, dédiés à la mémoire des soldats tombés au combat de diverses colonies françaises, pour la plupart non-musulmans...

En est inauguré un nouvel hôpital à Bobigny, baptisé hôpital franco-musulman et depuis hôpital Avicenne. En ouvre son annexe, le cimetière musulman de Bobigny, qui contient également un carré militaire.

L'ancien jardin colonial est renommé Jardin d'agronomie tropicale de Paris. Certains pavillons et monuments sont rénovés dans les années .. La qoubba du cimetière de Nogent-sur-Marne, en ruine, est démolie en . Elle est reconstituée à l'identique en .

Description La mosquée est construite en bois. Elle comporte un minaret et un dôme, une salle de prières correctement orientée vers La Mecque, une salle mortuaire et un espace d'ablutions. Des tapis d’Orient sont offerts par les Grands Magasins du Louvre.

Aujourd'hui, il n'en reste qu'une stèle commémorative et un panneau explicatif..

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes Grande mosquée de Paris Hôpital Avicenne Mosquée Missiri Liste des mosquées de Paris

Vincennes Catégorie:Édifice religieux achevé en 1916 Vincennes Catégorie:Bois de Vincennes