alt=|vignette| Soldats soviétiques à Stalingrad prenant un court repos lors des combats. droite|vignette| Staline, Roosevelt et Churchill pendant la conférence de Téhéran en 1943. vignette|385x385px|Pertes humaines militaires de la Seconde Guerre mondiale en Europe et en Asie par théâtre et année.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'Union soviétique a joué un rôle décisif dans la victoire des Alliés contre l'Allemagne nazie et les autres puissances de l'Axe, principalement sur le théâtre d'opérations européen.
Après la signature de l'accord de Munich le entre le Royaume-Uni, la France, l'Italie et l'Allemagne, qui « prévoit la cession à l'Allemagne du territoire des Sudètes de la Tchécoslovaquie, malgré l'existence de l'accord d'alliance de 1924 et du pacte militaire de 1925 entre la France et la République tchécoslovaque, pour laquelle elle est également connue sous le nom de trahison de Munich », l'Union soviétique signe près d'un an plus tard un pacte de non-agression avec l'Allemagne nazie le . En plus des stipulations de non-agression, le traité comprend un protocole secret qui divise les territoires de la Roumanie, de la Pologne, de la Lituanie, de la Lettonie, de l'Estonie et de la Finlande en « sphères d'influence » allemande et soviétique, anticipant d'éventuels « réarrangements territoriaux et politiques » de ces payschathamhouse.org, 2011. En octobre et , des pourparlers germano-soviétiques concernant une éventuelle entrée de l’URSS dans l'Axe ont lieu à Berlin, mais l'Allemagne ne répondra jamais à la proposition soviétique du , laissant les négociations en suspens, l'objectif idéologique d'Hitler étant de mettre en place le Lebensraum à l'Est.
L'Allemagne envahit la Pologne le déclenchant la Seconde Guerre mondiale, Staline attend quant à lui le avant de lancer sa propre invasion de la Pologne. Une partie des régions de Carélie et de Salla en Finlande sont annexées par l'Union soviétique après la guerre d'Hiver. Suivent les annexions soviétiques de l'Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie et de certaines parties de la Roumanie (la Bessarabie, le nord de la Bucovine et la région de Herța). On savait, lors du procès de Nuremberg, l'existence du protocole secret du pacte germano-soviétique concernant les divisions prévues de ces territoires. L'invasion de la Bucovine viola le pacte Molotov-Ribbentrop, car cela dépassait la sphère d'influence soviétique convenue avec l'AllemagneBrackman, Roman. The Secret File of Joseph Stalin: A Hidden Life (Psychology Press, 2001) p. 341, .
Le , Hitler lance une invasion de l'Union soviétique. Staline est convaincu que la machine de guerre totale des Alliés finira par arrêter l'Allemagne, notamment avec l'aide du programme prêt-bail de l'Occident, les Soviétiques parviennent à stopper l'avancée éclair de la Wehrmacht à environ 30 kilomètres de Moscou. Au cours des quatre années suivantes, l'Union soviétique repoussa les offensives de l'Axe, comme lors de la bataille de Stalingrad et de la bataille de Koursk, et se précipita vers la victoire lors de grandes offensives soviétiques, telles que l'offensive Vistule-Oder.
La majeure partie des combats soviétiques se sont déroulés sur le front de l'Est, tout en menant la guerre de Continuation contre la Finlande, mais les Soviétiques ont également envahi l'Iran () en coopération avec les Britanniques et, à la fin de la guerre, attaqué le Japon (), avec lequel ils menaient des conflits frontaliers depuis les années 1930.
Staline rencontre Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt pendant la conférence de Téhéran en 1943 afin de mettre en œuvre une guerre sur deux fronts contre l'Allemagne, et pour parler de l'avenir de l'Europe après la guerre. Berlin tombe finalement en . Repousser la plus grande invasion de l'Histoire en parvenant à changer la donne jusqu'à la victoire finale à l'Est a nécessité un énorme sacrifice de la part de l'Union soviétique, qui a subi le nombre de pertes les plus élevées de la guerre, perdant plus de 20 millions de citoyens, soit environ un tiers de toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale. La perte démographique totale pour les peuples soviétiques demeure encore plus grandeGeoffrey A. Hosking (2006). Rulers and victims: the Russians in the Soviet Union. Harvard University Press. p. 242. .
Pacte de non-agression avec l'Allemagne
vignette|Staline et Ribbentrop lors de la signature du pacte germano-soviétique le 23 août 1939. Au cours des années 1930, le ministre soviétique des Affaires étrangères Maxim Litvinov émerge comme une voix de premier plan pour la politique soviétique officielle de sécurité collective avec les puissances occidentales contre l'Allemagne nazie. En 1935, Litvinov négocie des traités d'assistance mutuelle avec la France et avec la Tchécoslovaquie dans le but de contenir l'expansion hitlérienne. Après les accords de Munich, qui permettent à Hitler d'annexer les régions tchécoslovaques peuplées majoritairement d'Allemands, la politique d'apaisement des démocraties occidentales conduit l'Union soviétique à réorienter sa politique étrangère vers un rapprochement avec l'Allemagne. Le , Staline remplace Litvinov, étroitement identifié à la position anti-allemande par Viatcheslav Molotov.
En , Staline accepte la proposition d'Hitler de signer un pacte de non-agression avec l'Allemagne, négocié par les ministres des Affaires étrangères Viatcheslav Molotov pour les Soviétiques et Joachim von Ribbentrop pour les Allemands. Outre un engagement de neutralité en cas de conflit entre l'une des deux parties et les puissances occidentales, le pacte germano-soviétique comportait un protocole secret qui délimitait entre les deux pays des sphères d'influence, et dont la mise en œuvre se traduira par l'invasion, l'occupation et l'annexion de certains États ou territoiresEncyclopædia Britannica, German-Soviet Nonaggression Pact, 2008Text of the Nazi-Soviet Non-Aggression Pact, executed 23 August 1939. L'URSS se voit promettre la partie orientale de la Pologne, alors principalement peuplée d'Ukrainiens et de Biélorusses, en cas de dissolution, et l'Allemagne reconnait la Lettonie, l'Estonie et la Finlande comme faisant partie de la sphère d'influence soviétique, avec la Lituanie ajoutée dans un second protocole secret en Christie, Kenneth, Historical Injustice and Democratic Transition in Eastern Asia and Northern Europe: Ghosts at the Table of Democracy, RoutledgeCurzon, 2002, . Une autre clause du traité exige la cession de la Bessarabie, territoire alors roumain, devant être rattachée à la nouvelle RSS de Moldavie sous contrôle de Moscou.
Le pacte est conclu deux jours après la rupture des pourparlers militaires soviétiques avec les représentants britanniques et français en sur une éventuelle alliance franco-anglo-soviétiqueLionel Kochan. The Struggle For Germany. 1914–1945. New York, 1963. Les discussions politiques sont suspendues le , Molotov estimant qu'elles ne peuvent être reprises tant que les pourparlers militaires ne progressent pas jusqu’à la fin du mois d'août. Après l'impasse des pourparlers sur les garanties pour les États baltesMichael Jabara Carley (1993). End of the 'Low, Dishonest Decade': Failure of the Anglo-Franco-Soviet Alliance in 1939. Europe-Asia Studies 45 (2), 303–341. , les pourparlers militaires sur lesquels Molotov insiste débutent finalement le . Dans le même temps, l'Allemagne — avec qui les Soviétiques avaient entamé des négociations secrètes le Fest, Joachim C., Hitler, Houghton Mifflin Harcourt, 2002, , page 588Ulam, Adam Bruno, Stalin: The Man and His Era, Beacon Press, 1989, , page 509-10 — arguait qu'elle pouvait offrir aux Soviétiques de meilleures conditions que la Grande-Bretagne et la France, sous l'instance de Ribbentrop énonçant qu'« il n'y avait pas de problème entre la Baltique et la mer Noire ne pouvant être résolu entre nous deuxFest, Joachim C., Hitler, Harcourt Brace Publishing, 2002 , page 589-90Vehviläinen, Olli, Finland in the Second World War: Between Germany and Russia, Macmillan, 2002, , page 30». Les responsables allemands déclarent que, contrairement à la Grande-Bretagne, l'Allemagne pouvait permettre aux Soviétiques de poursuivre leur développement sans être inquiétés, en pointant « l'élément commun dans l'idéologie de l'Allemagne, de l'Italie et de l'Union soviétique : l'opposition aux démocraties capitalistes de l'OuestBertriko, Jean-Jacques Subrenat, A. and David Cousins, Estonia: Identity and Independence, Rodopi, 2004, page 131». À ce moment-là, Molotov avait obtenu des informations sur les négociations anglo-allemandes et un rapport pessimiste de l'ambassadeur soviétique en France. gauche|vignette|Cavalerie soviétique en parade à Lviv (alors Lwów), après la capitulation de la ville lors de l'invasion soviétique de la Pologne en 1939.