Une perfidie est, dans le domaine de la guerre, une tromperie dans laquelle une partie s'engage à agir de bonne foi (par exemple en hissant le drapeau blanc) dans l'intention de trahir cet engagement quand l'ennemi, une fois sa vigilance atténuée, est exposé (par exemple : sortir de couvert pour attaquer les adversaires qui viennent recueillir les faux « prisonniers »). La perfidie est une infraction au droit de la guerre, ce qui constitue donc un crime de guerre, car elle porte atteinte aux protections et aux restrictions réciproques qui sont développées dans l'intérêt de toutes les parties, tant combattantes que civiles.

Conventions de Genève La perfidie est explicitement interdite aux termes du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux de 1977, dans ses articles 37, 38 et 39 :

Histoire

La réprobation envers la perfidie s'inscrit dans les coutumes de la guerre bien avant leur interdiction dans le Protocole I. Par exemple, dans la Seconde conférence de La Haye, l'article 23 stipule :

Pendant la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre Asie-Pacifique, des soldats japonais laissaient des dispositifs piège sur leurs morts et leurs blessés et faisaient semblant de se rendre ou d'être blessés pour attirer les forces alliées dans un piège puis les attaquer par surprise. Un exemple de cette perfidie est le cas de la , aux premières étapes de la bataille de Guadalcanal en 1942 : une fausse reddition des Japonais aurait entraîné la mort de 20 soldats américains. De tels actes, ainsi que d'autres tromperies commises pendant la guerre du Pacifique, ont incité les Américains à tirer sur les soldats japonais morts ou blessés ainsi que sur ceux qui tentaient de se rendre et à ne pas accorder facilement le statut de prisonniers de guerreUlrich Straus, The Anguish Of Surrender: Japanese POWs of World War II (excerpts) Seattle: University of Washington Press, 2003 , .

Au procès de Dachau, le tribunal soulève la question de la légalité d'endosser l'uniforme ennemi pour approcher l'ennemi sans l'attaquer ; lors du procès en 1947 d'Otto Skorzeny, qui a préparé et commandé l'Opération Greif, le tribunal militaire américain le déclare non coupable de crime de guerre. Il avait communiqué à ses soldats l'avertissement d'un juriste allemand sur le fait que combattre sous l'uniforme américain serait une infraction au droit de la guerre. Dans son jugement, le tribunal observe que l'affaire n'a pas nécessité d'autre verdict que « coupable » ou « non coupable » et qu'il est impossible de tirer des conclusions générales de cet acquittementSource: Law Reports of Trials of War Criminals. United Nations War Crimes Commission. Vol. IX, 1949: Trial of Otto Skorzeny and others General Military Government Court of the U.S. zone of Germany 18 August to 9 September 1947. Le tribunal souligne aussi qu'endosser l'uniforme ennemi à des fins d'espionnage n'est pas du même ordre que porter cet uniforme au combat.

Références

Annexes Articles connexes Fausse bannière Trahison Droit de la guerre Crime de guerre

Liens externes

. UK's Geneva Conventions (Amendment) Act 1995 which bans perfidy

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