vignette|La boxeuse katoï de muay-thaï Parinya Charoenphol en 2006.
L'inclusion des personnes trans dans le sport, et plus particulièrement des femmes trans dans les compétitions féminines, est un sujet de débats depuis le milieu du . Si les études scientifiques soit ne permettent pas de trancher, soit concluent à une absence d'avantages pour les femmes trans au niveau sportif malgré des différences physiques telles que la densité osseuse ou la taille des poumons, de nombreuses fédérations de sport, au niveau national ou international, les excluent, argumentant une inéquité ou des risques de blessures accrus pour leurs adversaires.
Lorsqu'elles sont incluses, de nombreuses contraintes peuvent exister : taux de testostérone inférieur à un seuil fixé depuis un à trois ans, prise d'hormones féminisantes depuis avant la puberté, chirurgie de réassignation sexuelle effectuée, gabarit suffisamment petit. Ces contraintes peuvent différer entre pays et entre les fédérations nationales et internationales..
Les hommes trans, quant à eux, sont parfois obligés de produire une décharge juridique concernant le risque de blessures, un certificat d'aptitude, ou une justification médicale à leur prise de testostérone, considérée autrement comme un produit dopant.
De nombreuses fédérations mettent en avant l'existence d'évènements ou de versions mixtes du sport comme manière de permettre aux femmes trans d'avoir une pratique sportive malgré ces exclusions.
Arguments La participation des personnes transgenres aux sports de compétition, une institution traditionnellement fondée sur la ségrégation sexuelle, est une question controversée, en particulier l'inclusion des femmes et des filles transgenres dans les sports féminins.
Les opposants soutiennent que les femmes transgenres ont un avantage injuste sur les femmes cisgenres dans les sports de compétition et peuvent les mettre en danger en raison des différences sexuelles dans la physiologie humaine, et que ces différences ne sont pas suffisamment inversées par les thérapies hormonales transgenres. Les partisans des athlètes transgenres soutiennent que les bloqueurs de puberté et les œstrogènes prescrits par un médecin suppriment les niveaux de testostérone et réduisent la masse musculaire des femmes transgenres, réduisant ainsi les éventuels avantages concurrentiels. Les partisans soutiennent également que le sport, en particulier les sports pour les jeunes, concerne également l'appartenance, le bien-être et la socialisation des jeunes. Ainsi des hommes trans choisissent la musculation afin de redessiner leur corps et conforter leur genre.. L'American Medical Association déclare que la législation interdisant aux femmes trans de pratiquer des sports féminins en compétition nuit à la santé mentale des personnes transgenres.
Historique Dans les années 1930, plusieurs personnalités du monde sportif réalisent des transitions : Zdeněk Koubek, Mark Weston, Sophie Smetkowna et Dora Ratjen..
La controverse a provoqué des débats concernant la vérification du sexe dans le sport. Depuis le milieu du , les institutions sportives ont répondu à la participation des femmes transgenres et des femmes soupçonnées d'être transgenres, masculines ou intersexes, en ajoutant des critères d'éligibilité aux sports féminins déterminés par l'examen physique, les chromosomes sexuels et les hormones sexuelles. Les tests de féminité apparaissent dans les années 1970 en réponse au dopage systématique à la testostérone ou aux stéroïdes anabolisants dans les pays de l'Est et sont abolis aux Jeux olympiques d'été de 2000, considérés comme trop chers, peu fiables et néfastes pour les sportives. Les partisans de ces réglementations les considèrent comme nécessaires pour assurer une concurrence loyale et la sécurité des femmes. Les opposants ont critiqué ces réglementations comme étant discriminatoires à l'égard des femmes transgenres et intersexes, affectant de manière disproportionnée les femmes racisées et causant des violations de l'éthique médicale.
Depuis la fin des années 2010 et le début des années 2020, certains États américains ont adopté des lois restreignant la participation des jeunes transgenres aux sports au secondaire ou des femmes et filles trans aux sports fémininshttps://www.ndlegis.gov/assembly/67-2021/testimony/SJUD-1298-20210316-9182-F-HACKE_RAY_D.pdf. En France, Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports, souhaite constituer un groupe d'experts en 2023 afin de formuler pour favoriser l'inclusion des personnes trans dans les compétitions..
L'inclusion des personnes trans dans le sport est traitée différemment selon le sport concerné et la fédération internationale dont il relève.
Recherche scientifique Une étude publiée en 2021 dans Medicine & Science in Sports & Exercise montre que la suppression de la testostérone chez les femmes transgenres ne supprime pas l'avantage de la performance masculine. Selon les auteurs de l'étude, la question de savoir si la réglementation en cours supprime l'avantage de la performance masculine n'a pas été examiné. Ils rapportent que les études longitudinales examinant les effets de la suppression de la testostérone sur la masse et la force musculaires chez les femmes transgenres montrent systématiquement des changements très modestes, où la perte de masse corporelle maigre, de surface musculaire et de force s'élève généralement à environ 5 % après 12 mois de traitement. Ainsi, l'avantage musculaire dont bénéficient les femmes transgenres n'est que très peu réduit lorsque la testostérone est supprimée Emma N Hilton, Tommy R Lundberg, Transgender Women in the Female Category of Sport: Perspectives on Testosterone Suppression and Performance Advantage, Medicine & Science in Sports & Exercise, Février 2021, doi: 10.1007/s40279-020-01389-3.
Le seuil de 5 nanomole/litre, utilisé par plusieurs fédérations, est remis en cause par plusieurs études. En effet, bien que des variations existent entre les hommes et les femmes, la chercheuse en médecine de l’université de Montréal, Cara Tannenbaum, relève que ces différences peuvent être très inégales selon les personnes. En l'occurrence, des femmes produisent plus de testostérone que certains hommes..
Les méta-analyses montrent un manque d'études pour statuer sur les performances dans le sport entre personnes transgenre et cisgenre. Les auteurs révèlent l'hétérogénéité des conclusions et indiquent des résultats non concluantsE-Alliance, . Les quelques études menées semblent montrer que les différences de genre assignées à la naissance ont un impact différent selon les sports pratiqués. L'environnement est considéré comme inconfortable et peu inclusif pour les personnes transgenres ainsi qu'une inadéquation des réglementations sportives aux besoins des personnes transgenres.
En 2023, une méta-analyse, commandée par le Centre canadien pour l'éthique dans le sport, étudie toute la littérature scientifique publiée entre 2011 et 2021 en anglais concernant les femmes trans et leur participation à des sports de haut niveau montre que les femmes trans n'ont pas d'avantages dans les compétitions sportives d'élite si les règles existantes sont suivies. Elle précise qu'au contraire des facteurs sociaux, comme la nutrition et la qualité de l'entraînement, les facteurs biomédicaux ne présentent pas un avantage. Ces études montrent qu'il y a peu de preuves pour montrer que les facteurs liés à la puberté masculine - tels que la taille des poumons et la densité osseuse - produisent un avantage pour les athlètes trans.
Similairement, une méta-analyse de 2026 fondée sur 52 études affirme que suite à une transition hormonale, les athlètes femmes transgenres ne présentaient pas d'avantage physique et aérobic significatif sur les athlètes femmes cisgenres. À l'inverse, les hommes athlètes transgenres présentent des différences significatives de performance à la fois vis-à-vis des athlètes femmes cisgenres et vis-à-vis des athlètes hommes cisgenres.
Vécu des personnes trans dans le sport Plusieurs sportifs de haut niveau expriment les difficultés de l'acceptation de leur transidentité dans ce milieu..
Règlements Un groupe de fédérations internationales s'est réuni afin d'établir un consensus sur de règles qui permettront aux athlètes transgenres d'accéder aux compétitions féminines d'élite. La réunion est organisée par l'IAAF à Lausanne le avec l'audition d'une série d'experts dans des domaines disciplinaires pertinents et des athlètes cisgenres et transgenres. Il en résulte les points suivants: Ils restent attachés à l'équité et à l'égalité des chances pour les athlètes féminines L'inclusion des femmes transgenres dans la catégorie des femmes devrait être encouragée par des normes d'éligibilité significatives, à condition qu'elle ne crée pas d'injustice intolérable Les règles destinées à accommoder les athlètes transgenres devraient être spécifiques aux sports et conçues par la fédération internationale concernée La testostérone est le principal facteur connu de l'écart de performance entre les hommes et les femmes et le taux de testostérone sérique est considéré comme un indicateur acceptable pour distinguer les athlètes masculins des athlètes féminins Si une fédération décide d'utiliser la testostérone sérique à cette fin, elle devrait adopter un seuil fixe égal ou inférieur à 5nmol/L pour l'éligibilité de la catégorie féminine Des recherches supplémentaires sont nécessaires sur cette question et devraient être encouragées par les fédérations sportives Les fédérations sportives internationales d'aviron, d'athlétisme, de golf, de tennis et le comité international paralympique se sont réunies afin d'échanger sur la situation des athlètes transgenres et de leur possibilité de participer à des compétitions. De nouvelles règles concernant l'athlétisme sont en cours de préparation. Il s'agirait de considérer qu'au-delà de 5 nmol/L (nanomoles par litre) de testostérone, la sportive ne serait pas autorisée à concourir dans la catégorie féminine en athlétisme..
Jeux olympiques Le Comité international olympique n'envisage pas de modifier les textes avant les jeux olympiques de Tokyo de 2020 car il considère comme injuste d'apporter des modifications alors que les qualifications sont en cours. Le , il indique vouloir laisser les fédérations internationales choisir les critères de participation. Il leur propose un « cadre » à partir duquel elles pourront établir leurs propres règles. Des réflexions font l'objet d'actives considérations sur cette thématique.. Un ancien escrimeur trans (FtM) devient membre du conseil d’administration du Comité olympique japonais en 2021.. En 2021, à Tokyo, l'haltérophile néo-zélandaise Laurel Hubbard est la première athlète transgenre à participer aux Jeux Olympiques. En 2024, à Paris, la coureuse italienne Valentina Petrillo est la première athlète transgenre à concourir aux Jeux Paralympiques.. Elle est autorisée à participer à 2 compétitions aux JO de Paris 2024 (200 m et 400 m en athlétisme) dans la catégorie féminine. Le président du Comité international paralympique, Andrew Parsons, précise que son instance « respecte les règles des fédérations internationales ».
Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles En mars 2026, la commission exécutive du Comité international olympique (CIO), sous la présidence de Kirsty Coventry, adopte le rétablissement des tests génétiques de féminité effectifs à partir des Jeux olympiques d'été de 2028 à Los Angeles. Cette mesure réserve l'accès aux compétitions féminines aux personnes de sexe biologique féminin et non-porteuses du gène SRY, actant de ce fait l'exclusion des femmes transgenres et de certaines femmes intersexes.