Alberto Beltrán (Mexico, 1923 — Mexico, 2002) est un peintre, muraliste, illustrateur, caricaturiste et graveur mexicain.

Beltrán est l'un des artistes graphiques mexicains les plus productifs, polyvalents et ayant eu du succès. En plus d'être un artiste, il est également le fondateur de plusieurs journaux et magazines au Mexique au .

Son travail le plus notable est son œuvre gravé, fortement lié à ses activités dans l'édition : il est considéré comme le successeur de José Guadalupe Posada et Leopoldo Méndez.

Biographie Jeunesse et formation Alberto Beltrán García naît dans le quartier populaire Tepito de Mexico le , fils de Hesiquio Beltrán Franco et Josefina García Tesoros del Registro Civil Salón de la Plástica Mexicana, Mexico : Gobierno de la Ciudad de México et CONACULTA, 2012, p. 38..

Provenant d'une famille pauvre, il ne peut aller au-delà de l'école primaire et doit commencer à travailler. En 1939, alors qu'il est encore adolescent, il entre à l' pour étudier le dessin et commence peu après à dessiner pour divers éditeurs locaux...

En 1943, il entre à la où il apprend les techniques de l'estampe avec Carlos Alvarado Lang et de la peinture à fresque et la lithographie avec Alfredo Zalce. Cependant, la plupart de ses compétences sont autodidactes, par exemple sa capacité à graver sur linoléum.

Carrière La carrière d'Alberto Beltrán commence réellement lorsqu'il entre en 1945 au , invité par Alfredo Zalce. Il commence à graver des thèmes plus nationalistes, tels que la Révolution mexicaine, la critique sociale et la paix, en travaillant avec des artistes tels que Leopoldo Méndez, Pablo O'Higgins, Adolfo Mexiac, , José Chávez Morado, , Elizabeth Catlett, , Mariana Yampolsky et Raúl Anguiano. Il fait partie du collectif, dont il a été président à plusieurs reprises, depuis le début jusqu'en 1959 « Destacó en el grabado Alberto Beltrán por firmeza de mano e ideas », Notimex, Mexico, 21 mars 2009..

À la fin des années 1940, il commence à faire des caricatures et des illustrations politiques pour les principaux journaux de Mexico et du reste du pays. Son travail est publié dans Excélsior, , Diario de la Tarde et .. Il est le fondateur ou le cofondateur de plusieurs publications, parmi lesquelles avec Alejandro Carrillo Marcor. Dans les années 1970, il est l'un des fondateurs du quotidien de grand tirage , pour lequel il travaille pratiquement toute sa vie, et collabore à la création de son supplément culturel appelé , pour lequel il produit de très nombreuses illustrations. En 1976, il travaille avec le magazine pour enfants .

Ses articles de journaux et ses livres deviennent si populaires qu'ils permettent de soutenir l'édition mexicaine qui est alors en difficulté. Il a notamment contribué aux ouvrages de Gutierre Tibón (1946), de (1948), de (1950), de Rómulo Gallegos (1954), de Miguel León-Portilla (1959), d'Agustín Yáñez (1968) ou encore d'Elena Poniatowska.

Il voyage dans les zones urbaines et les communautés rurales en tant que reporter et représente par des dessins les histoires dont il est témoin ou qu'il vit lui-même, sans idéalisation, dans la veine du . Beltrán travaille par ailleurs dans le domaine de l'éducation, participant à des campagnes d'alphabétisation, dont certaines en langues indigènes, ce qui l'amène à collaborer avec l'Instituto Nacional Indigenista. Il collabore avec le Secrétariat à l'Éducation publique du Mexique pour produire des manuels scolaires en espagnol et dans d'autres langues.. Il édite deux journaux de caricatures, (depuis 1955), puis (1960). La même année, il travaille avec , un magazine consacré à l'éducation. Il devient ensuite recteur de l'Escuela Libre de Arte y Publicidad.

Plus tard, il réalise des peintures et des sculptures et est également muraliste. L'une de ses premières œuvres est la partie supérieure de l'Institut de pneumologie du en 1959, en collaboration avec Francisco Zúñiga. En 1967, il réalise la fresque (Quetzalcóatl et l'Homme d'aujourd'hui) en mosaïque, coquilles d'escargot et céramique pour l'extérieur du musée d'anthropologie de Xalapa, à Veracruz, plus tard déplacé sur le campus de l'université de Veracruz. En 1969, il réalise une mosaïque murale dans la voûte du musée de la ville de Veracruz. En 1972, il réalise un vitrail monumental pour le registre civil de Veracruz. En 1988, il réalise une peinture murale en acrylique pour le bureau du procureur général de la ville de Mexico.

Beltrán promeut la création du (Centre d'information et documentation) en 1971 avec la collaboration de la (Direction générale d'art populaire) et du Secrétariat à l'Éducation publique du Mexique. C'est la seule institution qui se consacre à l'étude, à la promotion et à la protection de nombreuses sous-cultures du Mexique. Il est chargé de produire des livres, des brochures, des bulletins et d'autres documents qui sont conservés dans l' (Archives des traditions et de l'art populaire).

En 1985, il reçoit le prix national des Beaux-Arts.

Durant sa vie active, Alberto Beltrán est plutôt solitaire, ne s'est jamais marié et n'a jamais eu d'enfants. Timide, simple et prudent, il n'aime pas être le centre d'attention. Il a une affection particulière pour l'État de Veracruz, au point de se considérer comme un de cœur, ce qui l'a amené à travailler sur de nombreux projets artistiques et autres à Xalapa, Veracruz et San Andrés Tuxtla. En tant que membre du , il pense que les artistes doivent travailler pour le peuple avant eux-mêmes. Il n'a jamais vendu aucune de ses gravures, et ses livres d'illustrations n'étaient pas payants. Il vit assez simplement et économise toujours la plupart de ce qu'il gagne ou reçoit des prix.

Dernières années Vers la fin de sa vie, Alberto Beltrán travaille sur un projet éditorial appelé et publié par .

Beltrán vit un temps dans le , un foyer pour journalistes âgés. Il souhaite créer une fondation pour l'éducation artistique avec l'argent qu'il a économisé, mais en raison de problèmes juridiques et financiers, il lui est impossible d'atteindre cet objectif.

Alberto Beltrán meurt à l'âge de 79 ans des suites d'une hémorragie cérébrale dont il est victime le .

Œuvre vignette|Linogravure représentant Ricardo Flores Magón, par Alberto Beltrán. Beltrán est l'un des artistes graphiques mexicains les plus productifs, polyvalents et ayant eu du succès. Illustrateur, caricaturiste politique, dessinateur et graveur, il est également le fondateur de plusieurs journaux et magazines au Mexique au . Son travail s'ajoute à celui des historiens politiques, des anthropologues, des économistes et des poètes.

Son travail le plus notable est son œuvre gravé : il est considéré comme le successeur de José Guadalupe Posada et Leopoldo Méndez. La plupart de ses œuvres sont associées à ses publications. Caricaturiste politique, il met l'accent sur les excès du pouvoir et les vices de la société. José Genis explique qu'. En tant que journaliste, il rapporte aussi ce qu'il voit sans romancer les choses à travers son œuvre graphique. Pour illustrer les livres, il a utilisé trois techniques principales : la gravure sur bois, la gravure sur métal et la lithographie.

Alberto Beltrán est l'auteur de plusieurs peintures murales. Dans ses œuvres, il montre des expressions faciales réalistes et détaillées qui témoignent d'une grande partie de l'histoire..

Ses portraits précis de la vie indigène sont le résultat de ses fréquents voyages dans différentes régions rurales du Mexique. Elles ont été utilisées pour illustrer des publications littéraires de l'Instituto Nacional Indigenista et un livre intitulé de , dont les illustrations sont restées célèbres. Le livre de Ricardo Cortés Tamayo contient plusieurs images d'Alberto Beltrán illustrant les gens du peuple de la campagne entre 1950 et 1960. Ses illustrations pour ., d' est considéré comme .

Son travail avec le porte sur l'anti-impérialisme américain, le nazisme, le fascisme et contre la dictature de Franco. Il a soutenu divers mouvements sociaux et civils, en particulier ceux liés aux idéaux de la Révolution mexicaine et aux travailleurs. Il a dessiné des représentations d'hommes ordinaires tels que des vendeurs, des cuisiniers, des boulangers et des policiers, entre autres, ainsi que des symboles tels que le nopal, le maguey, l'agave, les huaraches, les machettes, les sombreros et les sarapes. Pendant sa collaboration avec le Taller, il pensait que l'art était destiné aux masses, et non à son enrichissement personnel ou à sa gloire. Il signait ses œuvres , sans majuscules ni accents.

Distinctions et reconnaissance Parmi les récompenses qui lui ont été décernées, les plus notables sont le premier prix des en 1953 pour son travail dans le domaine de l'alphabétisation, le prix national de la Gravure en 1956, le premier prix de gravure de la première Biennale interaméricaine de peinture et de gravure en 1958, le prix national de journalisme en 1976 pour ses caricatures politiques, la troisième place du concours Satire pour la paix dans l'ancienne Union soviétique en 1984 et le prix national des Sciences et des Arts dans la modalité des Beaux-Arts en 1985.

Alberto Beltrán est membre fondateur de l' en 1966, du , du depuis 1980 et a été nommé Créateur émérite par le en 1993. En 2005, la Dirección General de Culturas Populares e Indígenas a publié un livre sur lui intitulé .

Malgré toutes ses récompenses et sa reconnaissance, l'artiste reste peu connu de son vivant, même au Mexique. L'un de ses dessins, représentant l'entrée de Benito Juárez dans la ville de Mexico le , a été exposé pendant des décennies dans la station de métro Zócalo sous la forme d'une fresque murale, mais crédité à un « artiste inconnu du ». Lui qui aurait préféré vivre un siècle avant le sien réalise .

La dernière année de sa vie, trois expositions ont été organisées en son honneur, mais la plupart des œuvres étaient des copies, car les originaux avaient été perdus, et beaucoup d'entre eux étaient en très mauvais état. On ne sait pas exactement combien d'œuvres il a créées au cours de sa vie, ni où se trouvent celles qui existent encore, mais celles qui ont été retrouvées sont très appréciées. Il a fait don d'un grand nombre d'œuvres, probablement sa plus grande collection, à l'Université nationale autonome du Mexique, qui ont été éditées pour créer un livre en 2003 intitulé . L'ouvrage comprend des essais de , , Silvia González et Elena Poniatowska, qui a été sa compagne. D'autres collections importantes sont conservées au (y compris les plaques de gravure originales), au , au (principalement des dessins d'indigènes et de culture populaire) et à l' (principalement des ouvrages politiques).

Pour le peintre et graveur , membre de la section graphique de l'Académie des arts, Beltrán était l'héritier de José Guadalupe Posada et de Leopoldo Méndez :

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie

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