Le résumé du roman Les Misérables qui suit s'inspire en particulier de ceux figurant dans la Revue contemporaine« La Seconde et Troisième Partie des Misérables » in La Revue contemporaine, volume 52, 1858, p. 356 et suivantes. et dans la Revue universelleRevue universelle, 1902, pages 109 et suivantes. ; un plan détaillé des 369 chapitres figure sur WikisourcePlan de l'ouvrage. ; plus encore que ceux des livres, leurs titres sont souvent allusifs et ne permettent guère de deviner leur contenu.

Première partie : Fantine Livre 1 : Un juste vignette|Monseigneur Bienvenu Myriel. Illustration de Gustave Brion. Le premier livre s'ouvre sur le long portrait de Monseigneur Charles-Francois-Bienvenu Myriel, évêque de Digne, où, malgré son rang, il vit très modestement en compagnie de sa sœur, Baptistine, et d'une servante, . Ce religieux est un juste qui se contente du strict nécessaire pour distribuer le reste de son traitement aux pauvres. Pénétré de charité chrétienne, il laisse sa porte grande ouverte et fraternise avec ceux que la société rejette, tel le conventionnel G., « coupable » d'avoir voté la mort du roi.

Livre 2 : La chute vignette|gauche|upright=0.7|Jean Valjean et . Illustration de Frédéric Lix, vers 1879-1880. En 1815, Jean Valjean est libéré du bagne de Toulon après y avoir purgé une peine de dix-neuf ans : victime d'un destin tragique, initialement condamné à cinq ans de bagne pour avoir volé un pain afin de nourrir sa famille, il voit sa peine prolongée à la suite de plusieurs tentatives d'évasion. Remis en liberté, son passé de forçat l'accable : ainsi, dans chaque ville qu'il traverse, contraint à faire connaître à la mairie son statut d'ancien bagnard qu'un passeport jaune matérialise, il est rejeté de tous, et seul monseigneur Myriel lui offre le gîte et le couvert. Jean Valjean, aigri par son long séjour au bagne, vole les couverts en argent de l'évêque et s'enfuit par la fenêtre. Lorsqu'il est arrêté et ramené par les gendarmes chez l'évêque, celui-ci lui pardonne et déclare lui avoir offert son argenterie, le sauvant ainsi de la condamnation pour récidive. Il engage Valjean à accepter deux chandeliers supplémentaires contre la vertu et l'intégrité de sa conduite future.

Perdu dans ses pensées, Valjean vole, sans en avoir vraiment l'intention, une pièce de 40 sous à un ramoneur savoyard d'une dizaine d'années nommé Petit-Gervais. Le jeune Savoyard fait tomber la pièce qui finit sous le pied de Valjean, celui-ci ne s'en aperçoit pas et chasse l'enfant qui lui demande plusieurs fois de la lui rendre. Lorsque Valjean voit enfin la pièce, il essaie vainement de retrouver l'enfant pour lui restituer son argent.

Le vol est rapporté aux autorités ; Valjean est désormais récidiviste, recherché par la police, et encourt la prison à vie. Il doit donc cacher son identité. Mais il est passé définitivement du côté du bien.

Livre 3 : En l'année 1817 Ce livre commence par une description de la vie parisienne en 1817 avec ses mondanités, ses célébrités éphémères, ses hésitations politiques.

C'est également l'occasion de présenter Fantine et ses amours de grisette, de même que ses trois amies ainsi que leurs amants. Les trois jeunes filles réclamant depuis quelque temps une surprise à leurs amants, Tholomyès, l'amant de Fantine décide d'organiser cette surprise. Le groupe passe donc une journée dans la campagne près de Paris et finit la journée chez Bombarda, un restaurateur près des Champs-Elysées. Durant le repas, Favourite, l'une des quatre jeunes filles réclama la surprise, alors :Chacun déposa gravement un baiser sur le front de sa maîtresse ; puis ils se dirigèrent vers la porte tous les quatre à la file, en mettant leur doigt sur la bouche.Au bout d'une heure d'attente, les jeunes femmes commencent à s'impatienter, le serveur leur apporte une lettre contenant la surprise. La surprise, c'est la rupture des relations. Le livre s'achève par ce coup de théâtre : les quatre jeunes gens mettent brutalement fin à leurs liaisons et abandonnent leurs jeunes maîtresses pour rentrer dans leurs familles, prendre un métier et se marier. À la suite de la rupture, les quatre jeunes femmes se séparent et oublient leur amants. Seule Fantine pleura Tholomyès car : C’était, nous l’avons dit, son premier amour ; elle s’était donnée à ce Tholomyès comme à un mari, et la pauvre fille avait un enfant.

Livre 4 : Confier, c'est quelquefois livrer Dix mois après avoir été abandonnée, Fantine est contrainte de quitter Paris et de retourner dans sa ville natale, Montreuil-sur-Mer. Elle passe par Montfermeil, où elle tombe par hasard sur la mère Thénardier qui surveille ses deux filles, Éponine et Azelma. Rassurée par ces deux fillettes qui jouent, Fantine confie naïvement sa fille, la petite Cosette, contre une petite pension, aux Thénardier, qui tiennent une gargote. Malheureusement, les Thénardier sont des crapules sans scrupules qui comprennent rapidement l'intérêt financier que représente la fillette. Sitôt Fantine partie, ils montrent leur véritable nature. Cosette est maltraitée par toute la famille dont elle devient l’esclave. Parallèlement, les Thénardier vendent le trousseau de la petite fille et l'habillent de haillons tout en imposant régulièrement des augmentations du tarif de la pension à Fantine. Celle-ci, d'abord ponctuellement payée, commence à faire l'objet de retards à mesure que Fantine s'enfonce dans la misère.

Livre 5 : La descente vignette|gauche|Javert arrête Fantine. Illustration de Pierre Georges Jeanniot (1890). vignette|Jean Valjean ferme les yeux de Fantine. Illustration d'Émile Bayard (1862). Jean Valjean reparaît à l'autre bout de la France sous le nom de et opère sa complète rédemption : enrichi honnêtement en améliorant la fabrication dans l’industrie des verroteries noires, il devient le bienfaiteur de la ville de Montreuil-sur-Mer, dont il est nommé maire ; tous l’apprécient, à l’exception du policier Javert, qui pense le reconnaitre en le voyant soulever sur son dos la charrette qui écrasait le père Fauchelevent, tour de force qui, selon Javert, n'aurait été possible qu'au bagnard Jean Valjean. Javert n’aura désormais de cesse de le renvoyer au bagne, le poursuivant tout au long du roman.

En regard de l'ascension de Jean Valjean, son rachat pourrait-on dire (« je vous achète votre âme » lui avait dit l'évêque), on assiste à la chute de Fantine, fille-mère qui, pour nourrir Cosette, ira de déchéance en déchéance, jusqu'à la prostitution et la mort. Fantine habite à Montreuil-sur-Mer, et travaille à la fabrique de M. Madeleine, mais celui-ci ignore tout de son calvaire, jusqu'à une altercation à la suite de laquelle elle est menacée d'emprisonnement par Javert ; l’apprenant, et au grand mécontentement de celui-ci, il la fait libérer et semble devoir la tirer de sa déchéance.

Livre 6 : Javert On fait davantage connaissance dans ce livre avec ce policier incarnant la justice implacable et rigide, qui a mis toute son énergie au service de la loi, et qui, ayant été détrompé par les autorités à qui il avait dénoncé le maire comme étant Jean Valjean, demande à M. Madeleine de le destituer.

Livre 7 : L’affaire Champmathieu Au terme d'une longue nuit d'hésitation (décrite dans le célèbre chapitre intitulé Une tempête sous un crâne), va se dénoncer pour éviter à un pauvre diable, un simple d'esprit nommé Champmathieu, reconnu à tort comme étant Jean Valjean, d'être condamné à sa place.

Livre 8 : Contre-coup L’ordre reprend ses droits et Javert triomphe ; tous les bienfaits qu'aurait pu apporter M. Madeleine ne pourraient compenser la seule injustice faite à Champmathieu. Jean Valjean échappe cependant quelques jours à la justice et prépare son passage à la clandestinité pour respecter une dernière promesse faite à Fantine qu'il a assistée à l'heure de sa mort : sauver Cosette, pensionnaire asservie et malheureuse des Thénardier.

Deuxième partie : Cosette

Livre 1 : Waterloo vignette|gauche|Charge des cuirassiers français à Waterloo.Toile de Félix Philippoteaux, 1874. Victor Hugo aborde la seconde partie des Misérables par la bataille de Waterloo qui s'est déroulée quelques mois avant la sortie du bagne de Jean Valjean et deux ans avant l'abandon de Fantine par son amant. Le lien avec l'action principale est en fait assez mince : pendant la charge de la Haie-Sainte, un officier des cuirassiers français est laissé pour mort, enseveli dans une pile de cadavres ; Hugo rappelle incidemment que par crainte du typhus, beaucoup de corps ont été ensevelis à la hâte, certains encore vivants. L'officier est sauvé fortuitement par un maraudeur qui n'est autre que Thénardier et qui le déterre pour le dépouiller. Cet épisode donne lieu à un récit de 130 pages, mi-historique, mi-légendaire, où Hugo exprime son admiration teintée de désolation devant le souvenir de « La Seconde et Troisième Partie des Misérables » in La Revue contemporaine, volume 52, 1858, p. 356-360 (lire en ligne).

vignette|Le soir de Waterloo.Illustration de Gustave Brion. Depuis longtemps, Victor Hugo est hanté par cette bataille. Dès 1815, jeune écolier élevé par sa mère dans un milieu très royaliste, il écrit des vers maladroits pour célébrer la défaite du « Corse » et l'exécution du « maréchal perfide » Ney qui avait abandonné la cause des Bourbon pendant les Cent-Jours. Bien que ses choix politiques et son attitude envers Napoléon aient beaucoup évolué par la suite, devenu très républicain, il se reconnaît encore dans ces vers de jeunesse : Ta chute même, hélas, nous fit verser des pleurs. Champs de Waterloo, bataille mémorable, Jour à la fois pour nous heureux et déplorable. Le souvenir de cette bataille tragique lui inspire en 1852 le poème « L'Expiation » du livre V des Châtiments. Il refuse à plusieurs reprises de se rendre sur les lieux ; c'est seulement en 1861 qu'il visite le champ de bataille et c'est là qu'il termine ce récit épiqueMaurice Descotes, Victor Hugo et Waterloo, Lettres modernes, 1984 .

L'officier « sauvé » par Thénardier est le colonel Pontmercy, père de Marius. Ce bienfait involontaire alimentera par la suite une certaine vantardise de l'ex-maraudeur qui nommera son auberge Au sergent de Waterloo. Quand Marius aura connaissance du fait, des années plus tard, il développera une dette de reconnaissance envers le malfaiteur.

Livre 2 : Le vaisseau « L'Orion » En 1823 Jean Valjean, renvoyé au bagne de Toulon, profite d'un accident pour sauver un marin de la noyade et s'évader au passage.

Livre 3 : Accomplissement de la promesse faite à la morte vignette|gauche|Jean Valjean saisit l'anse du seau de Cosette. Illustration d'Adrien Marie (vers 1879-1881). vignette|Jean Valjean soustrait Cosette à Thénardier. Illustration d'Émile Bayard (vers 1879-1882). Jean Valjean, qui a récupéré en cachette une partie de la fortune acquise comme M. Madeleine, voyage comme un pauvre piéton anonyme : il se présente à l'auberge des Thénardier à Montfermeil où la petite Cosette est traitée comme une esclave. Dans une scène particulièrement pathétique, il la secourt alors qu'elle est perdue en pleine nuit dans un bois désert, terrifiée et exténuée par le poids d'un lourd seau d'eau : Hugo se montre ici sensible à la question sociale du travail des enfants, largement pratiqué dans la France de la monarchie de Juillet« La Seconde et Troisième Partie des Misérables » in La Revue contemporaine, volume 52, 1858, p. 360-363 .