Walter Cox McCrone, né le à Wilmington (Delaware) et mort le à Chicago, est un chimiste américain qui est considéré comme un expert de premier plan en microscopie.
Pour le grand public, cependant, il est surtout connu pour son travail sur le Suaire de Turin, la Carte du Vinland et la science médico-légale.
Biographie McCrone est né à Wilmington. À l'Université Cornell, il obtient une licence en chimie (1938) et un Ph.D. en chimie organique (1942), après quoi il y effectue deux ans de travail post-doctoral. De 1944 à 1956, il est microscopiste et scientifique des matériaux à ce qui est maintenant l'Illinois Institute of Technology.
Devenu consultant indépendant en 1956, il fonde McCrone Associates, une société de conseil en analyse désormais située à Westmont, dans l'Illinois. En 1960, il fonde le McCrone Research Institute, une organisation à but non lucratif pour l'enseignement et la recherche en microscopie et cristallographie.
Pendant plus de trente ans, il édite et publie The Microscope, une revue trimestrielle internationale de microscopie. Il a également écrit plus de 600 articles techniques ainsi que seize livres ou chapitres. Il est crédité d'avoir étendu l'utilité du microscope aux chimistes, qui l'avaient auparavant considéré comme étant principalement un outil pour le biologiste. En 2000, l'American Chemical Society lui décerne son prix national de chimie analytique.
McCrone a siégé au conseil d'administration et en tant que président de Ada S. McKinley Community Services, Inc., une agence de services sociaux à but non lucratif à Chicago.
Il est décédé d'une insuffisance cardiaque congestive à son domicile de Chicago.
Le Suaire de Turin Le travail analytique le plus célèbre de McCrone est sa participation au Projet de recherche du Suaire de Turin (STURP). Le Suaire de Turin est un morceau de tissu de lin, revendiqué par certains comme le linceul funéraire de Jésus et rejeté par d'autres comme un faux médiéval. Parmi ses défenseurs, figure la Holy Shroud Guild, établie par l'Église catholique romaine aux États-Unis en 1951.
En 1977, une équipe de scientifiques sélectionnés par la Guilde du Saint Suaire développe un programme de tests qu'ils proposent de mener sur le Suaire. L'archevêque de Turin accorde l'autorisation. Les scientifiques du STURP mènent leurs tests sur cinq jours en 1978. McCrone, qui n'est que brièvement membre du STURP, en analysant les échantillons qu'il a empruntés, conclut que les taches rouges qui ont été désignées comme du sang sont en fait des pigments, en particulier, peinture ocre rouge et vermillon tempera.
Deux membres ultérieurs de l'équipe STURP, John Heller et Alan Adler, publient leur propre analyse évaluée par des pairs concluant que les taches sont du sang. Nickell ajoute que, McCrone a adhéré à son opinion selon laquelle la comparaison d'images microscopiques montrait que la tache sur le Suaire n'était pas du sangJ.H. Heller, AD Adler, Blood on the Shroud of Turin, in Applied Optics, 19, 1980 : 2742-4 ; J.H. Heller, AD Adler, A Chemical Investigation on the Shroud of Turin, in Canadian Society of Forensic Sciences Journal, 1981, ..
Les membres du STURP contestent également la conclusion similaire de McCrone selon laquelle l'image du Suaire a été peinte. Ils soutiennent (également dans des articles évalués par des pairs) que les analyses physiques excluent la présence de pigments en quantités suffisantes pour être responsables de l'imagePour un résumé des études du STURP, voir L.A. Schwalbe, R.N. Rogers, Analytica Chimica Acta , 1982, ..
McCrone démissionne de l'équipe du STURP en . Selon les mots de McCrone, il a été « éliminé » du STURP. Heller, cependant, déclare que McCrone a démissionné après avoir été insulté par les critiques du STURP.
Dans son livre Jugement Day for the Turin Shroud, Walter McCrone dénonce de manière non équivoque le traitement qu'il a subi de la part du STURP. Il les accuse notamment d'être fondamentalement biaisés en faveur de l'authenticité, à tel point que toute analyse du suaire devenait impossible si elle ne correspondait pas à un résultat favorable à la dévotion. Dans son livre à charge, il explicite aussi qu'après avoir publié ses résultats favorables à une datation médiévale, trois membres du STURP, Jackson, Jumper et Rogers sont allés le voir dans son laboratoire et lui ont volé ses échantillons de suaire, en prétextant que les autres échantillons qu'il avait rendus étaient inférieurs et que le STURP allait lui échanger d'autres échantillons ultérieurement. Ce qu'ils ne firent jamais.
Notes et références
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