Le sommet du G20 de 2021 est la seizième réunion du Groupe des vingt (G20). Il se tient les 30 et à Rome, au centre de congrès La Nuvola..

Organisation Composition permanente Le Groupe des vingt (G20), créé en 1999, est un forum intergouvernemental composé de dix-neuf des pays aux économies les plus développées et de l'Union européenne, dont les chefs d'État, chefs de gouvernement, ministres des finances et chefs des banques centrales se réunissant annuellement. Les vingt membres du G20 sont l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Arabie saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, les États-Unis, la France, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Mexique, la République de Corée, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et l'Union européenne . Ils représentent plus de 80 % du PIB mondial, 75 % du commerce mondial et 60 % de la population de la planète.

Présidence 2021 Le sommet du G20 à Rome est présidé par Mario Draghi, Premier ministre d'Italie.

Dirigeants présents

Dirigeants invités La présidence italienne du G20 a invité six autres dirigeants à participer au sommet : Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas (invité permanent) ; Pedro Sánchez, Premier ministre d'Espagne (invité permanent) ; Félix Tshisekedi, Président de la république démocratique du Congo, invité en qualité de Président en exercice de l'Union africaine ; Hassanal Bolkiah, Sultan, représentant de l'ASEAN ; Paul Kagame, Président, représentant du NEPAD ; Lee Hsien Loong, Premier ministre de Singapour.

Photo du groupe des participants thumb|upright=1.5|center|Photographie de groupe des participants. Premier rang (de gauche à droite) : Joe Biden, président des US, Félix Tshisekedi président de la république démocratique du Congo (président de l’Union africaine), Emmanuel Macron, président de la France, Recep Tayyip Erdoğan, président de la Turquie, Hassanal Bolkiah, sultan du Brunei (ASEAN Chair), Joko Widodo président de l’Indonésie (nouvel hôte su sommet de 2022), Mario Draghi, premier ministre (PM) de l’Italie (Hôte), Faisal Al-Saud, ministre des affaires étrangères de l’Arabie-Saoudite (précédent hôte du sommet 2020), Paul Kagame, président du Rwanda (NEPAD chair: New Partnership for African Development), Moon Jae-in, président de la Corée-du-Sud Jair Bolsonaro, président du Brésil, Alberto Fernández, président d’Argentine, Lee Hsien Loong, premier ministre de Singapour Rang du milieu (de gauche à droite) : Marcelo Ebrard, ministre des affaires étrangères du Mexique, Ursula von der Leyen, président de la Commission européenne, Boris Johnson, PM du Royaume-Uni, Pedro Sanchez, PM d’Espagne, Narendra Modi, PM d’Inde, Angela Merkel, chancelière allemande, Mark Rutte, PM du Danmark, Justin Trudeau, PM du Canada, Scott Morrison, PM d’Australie, Charles Michel, président du Conseil européen, Wang Yi, ministre des affaires étrangères de Chine, Naledi Pandor, ministre des affaires étrangères d’Afrique-du-Sud Dernier rang (de gauche à droite): Randall Quarles, président du FSB, Ngozi Okonjo-Iweala du Nigeria, Directeur du WTO, Tedros Adhanom, directeur général du WHO, David Malpass, Directeur de la Banque mondiale, Guy Ryder, directeur général de ILO, Toshimitsu Motegi, ministre des affaires étrangères du Japon, Anton Siluanov, ministre des finances de Russie, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations-Unies, Kristalina Georgieva de Bulgarie, président de l’IMF (précédent président de la Banque mondiale), Qu Dongyu, Directeur du FAO, Mathias Cormann, Secrétaire général de l’OCDE, Moussa Faki Mahamat du Tchad, président de la Commission africaine.

Dirigeants absents L’absence de Xi Jinping, président de la République populaire de Chine, qui n’est pas sorti de Chine depuis le , est caractéristique de l’isolement de la Chine depuis le début de la crise sanitaire. Le président Xi Jinping s'est contenté d'un message écrit, posté sur le site de la conférence, aucune intervention par visioconférence ou message vidéo n'étant prévu pour les chefs d'Etat et de gouvernement, qui devaient venir s'exprimer sur place. L’émergence de nouveaux cas de Covid dans le pays et les décisions drastiques de confinement prises seraient en lien avec son absence, mais d’autres considérations géostratégiques sont probablement à prendre en compte. La Chine étant le premier émetteur de gaz à effets de serre, les accords conclus sur le climat risque d’être obérés sérieusement dans leur mise en œuvre.

Les présidents de la Russie, du Japon, du Mexique et de l’Afrique du Sud sont également absents.

Organisations internationales Sont membres permanents du sommet différentes organisations internationales : le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'Organisation mondiale du Commerce, l'Organisation internationale du travail, l'Organisation des Nations unies (ONU) et le Conseil de stabilité financière (CSF).

Sécurité

Manifestations en marge du sommet

Contexte et objectifs attendus Covid-19 et crise économique La pandémie de Covid-19, provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2 et apparue le à Wuhan., dans la province de Hubei (en Chine centrale), avant de se propager dans le monde a eu de profonds impacts sur la santé des peuples dans le monde entier. Elle a affecté les moyens de subsistance de ces peuples, les économies et le commerce international.

Si l'activité économique mondiale a repris à un rythme soutenu en 2021 grâce au déploiement des vaccins et au soutien constant mis en place par les différents états, cette reprise reste très inégale d'un pays à l'autre et au sein d'un même pays, de même que l'accès aux vaccins.

Changement climatique : prélude à la COP 26 Le sommet intervient à la veille de la Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques, ou COP26, qui se déroule du au . Les premiers signes sur d'éventuels progrès sont ainsi attendus lors de ce sommet, mais d'importants obstacles subsistent, le G20 étant divisé sur des questions telles que la sortie progressive du charbon et la limitation du réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius, ce qui laissait peu de temps aux diplomates pour parvenir à un accord avant la tenue de ce sommet.

Retour des Etats-Unis et tensions diplomatiques La venue de Joe Biden, président des Etats-Unis, marque le « retour de l'Amérique » dans les sommets internationaux, promis pendant la campagne victorieuse du démocrate contre Donald Trump. Elle s’inscrit toutefois dans un contexte de tensions avec ses propres alliés comme la France à propos de la crise des sous-marins australiens ou de l’Union européenne avec les droits de douane additionnels sur l’acier et l’aluminium.

La crise diplomatique qui oppose la France à l'Australie, et dans une moindre mesure les États-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni, commence le après l'annulation abrupte d'une commande de douze sous-marins devant être construits en Australie par Naval Group et ses partenaires pour la marine australienne. Cette crise a notamment mené au rappel de l'ambassadeur de France aux États-Unis et de l'ambassadeur de France en Australie.

Résultats Si certains dirigeants ou observateurs saluent des avancées indéniables au niveau mondial comme le nouveau cadre fiscal international, d’autres déplorent les faibles résultats dans des domaines majeurs notamment dans la lutte contre le changement climatique ou l’engagement vers les pays vulnérables, et ce à la veille de l’ouverture de la COP 26. Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, résume ce sentiment mitigé dans sa déclaration sur Tweeter « Je salue l'engagement renouvelé du G20 en faveur de solutions au niveau mondial, mais je quitte Rome avec des espoirs déçus - même s'ils ne sont pas enterrés».

Changement climatique : pas d’engagement précis Limitations du réchauffement climatique Le communiqué final du G20 réaffirme les objectifs de Paris signés par 195 pays plus l'Union européenne lors de Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP21) et fixant comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre et d’ici 2100 par rapport aux niveaux préindustriels. Il insiste toutefois sur le fait que « conserver (l'objectif de) à portée nécessitera des actions et des engagements significatifs et efficaces de tous les pays ». Mais les engagements précis notamment en ce qui concernent les engagements nationaux sur le charbon ne sont pas précisés. Beaucoup de pays, notamment émergents, restent très dépendants de cette source pour leur production électrique, a fortiori dans le contexte actuel de crise énergétique mondiale. Aucun objectif précis n’est non plus donné pour atteindre la neutralité carbone. Le G20 évoque seulement le « milieu du siècle ». Un horizon moins précis que l'horizon de 2050 voulu notamment par la présidence italienne du G20. De même l'aide climatique aux pays pauvres n'est pas au niveau des objectifs attendus. L'engagement des plus riches de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 ne sera pas tenu... avant 2023.

Vladimir Poutine déclare par vidéo que « pour régler le problème du réchauffement climatique, il ne suffit pas simplement de réduire les émissions. Il faut augmenter l'absorption des gaz à effet de serre. La Russie, comme un certain nombre d'autres pays, a des possibilités colossales pour le faire : c'est le potentiel absorbant de nos forêts, de notre toundra, des terres agricoles, de nos mers et marécages ».

Xi Jinping a de son côté plaidé pour « le principe de responsabilités communes mais différenciées » dans le réchauffement climatique.

Financement climatique à destination des pays en développement Lors de la COP de 2009 qui s’est tenue à Copenhague, l’ensemble des parties s’étaient engagées à mobiliser de dollars par an (environ 86 milliards d’euros), dès 2020, pour aider les pays en développement à faire face au dérèglement climatique. Cet objectif est devenu la base de la confiance entre États et l’un des moteurs de l'action climatique, reflétant des questions d’équité, alors que les pays en développement sont en première ligne d’un réchauffement climatique dont ils ne sont pas historiquement responsables.

Un rapport publié par l’OCDE en 2020 montre que cet objectif ne serait pas atteint en 2020. Les financements climatiques publics des pays développés ont atteint en 2018 62.2 milliards USD en 2018 : 32.7 milliards USD sont des financements bilatéraux (en hausse de 21 % par rapport à 2017), et 29,6 milliards USD, des financements multilatéraux attribués aux pays développés (plus 8 % comparé à 2017). Le montant des financements climatiques de sources privées est resté quasiment inchangé en 2018, s’établissant à 14,6 milliards USD contre 14,5 milliards USD l’année d’avant. Avec 2,1 milliards USD, les crédits à l’exportation liés au climat représentent moins de 3 % du total. Au cours de la période 2016-18, c’est l’Asie qui a reçu la plus grande partie des financements climatiques (43 %), devant l’Afrique (25 %) et les Amériques (17 %). Un nouveau rapport publié le , en préambule à la COP 26 de Glasgow confirme cet état de fait mais nuance la situation car l’objectif serait en fait atteint en 2023 et dépassé en 2024 et 2025.

Pour confirmer cet objectif, les pays du G20 s'engagent à reverser aux pays vulnérables 100 milliards de dollars sur le montant global de 650 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS) émis par le Fonds monétaire international (FMI). Une décision d’intention qui fait suite à la déclaration de La France s’est engagée à « réorienter 20 % de l’argent qu’elle reçoit du FMI vers le continent africain » et du Canada de faire de même.