André Oheix, né André-Marie-Maurice Oheix le à Loudéac (Côtes-d'Armor) et mort pour la France le à Vienne-le-Château dans la Marne lors de la Première Guerre mondiale, est un historien français spécialiste du haut Moyen Âge, notamment en Bretagne.

Biographie

Famille et formation André-Marie-Maurice Oheix, dit André Oheix, est né le à Loudéac dans les Côtes-d'Armor dans une famille bourgeoise aisée. Son père, Robert-Ange-Marie Oheix, est un avocat, journaliste et écrivain de , fils de Jean Oheix, médecin de Savenay, et de Jeanne-Marie Moizan, fille d'une lignée de riches marchands de toiles à Trévé. Sa mère Marie-Ambroisine-Louise-Théodore, née Pivert, est la fille du président du tribunal civil de Loudéac, Joseph Pivert. André est le troisième enfant de la fratrie dont l'ainée est une fille dénommée Jeanne et le second un fils dénommé Robert comme son père.

Trois mois après la naissance d'André, sa mère meurt des suites de son accouchement. Son père se retrouvant seul, avec trois enfants en bas âge, rejoint Trévé et la propriété familiale des Moizans, le manoir de la Ville-aux-Veneurs, où vit sa mère, Jeanne-Marie, prête à l'aider à s'occuper de ses enfants. Voulant garder sa progéniture près de lui, Robert Oheix, prend en mains leur éducation scolaire. Il dispose d'un sérieux bagage, en raison de ses activités professionnelles, comme de son activité éminente d'historien de la Bretagne. En relations avec Arthur de La Borderie et membre de sociétés savantes, il est l'auteur de nombreuses publications. André, se retrouve donc tôt en formation dans le manoir, avec son frère, avec sa sœur et avec sa grand-mère. Elle meurt, en 1893 à , laissant les trois enfants (André a onze ans) seuls avec leur père.

André, laisse rapidement apparaître une forte précocité, que son père encourage et renforce notamment par l'apprentissage du latin, suivi d'échanges réguliers dans cette langue, par la lecture des vies des saints bretons et par son initiation à l'hagiographie. André a , lorsqu'il signe un premier article avec pour sujet Jules Simon, réalisé sans doute avec l'aide de son père. Ce texte présente déjà les caractéristiques du style de l'écriture d'André. Il est publié en 1897 dans la Revue historique de l'ouest.

Sa formation devient ensuite plus normative, il obtient le Baccalauréat et débute un cursus en droit. Son père lui facilite son entrée, malgré son jeune âge, dans les sociétés savantes. En 1904, ses études sont en bonne voie et il a déjà plusieurs publications d'études historiques à son actif, lorsque son père, René Oheix, meurt à l'âge de . André a et il reste fidèle à sa maison familiale tout en poursuivant ses études à Paris.

Il continue son droit tout en suivant également l'enseignement de l'École des chartes et de l'École des hautes études. Dans cette dernière il devient particulièrement assidu aux cours d'histoire de Ferdinand Lot qui, lors de l'année scolaire 1908-1909, . C'est également dans ce cadre qu'il lie des relations dans le domaine de l'hagiographie bretonne, notamment avec, René Largillière, Joseph Loth, l'abbé François Duine, Robert Fawtier et Éthel Jones, son épouse. En 1913, il obtient le prix de thèse de la Faculté de droit de Paris pour sa thèse de doctorat intitulée Les Sénéchaux de la Bretagne des origines au XIIe siècle et il travaille à un Recueil des actes des rois et ducs de Bretagne du X au XII siècle, en vue de sa thèse de l'École des Hautes-Études.

Historien en parallèle à ses études C'est en 1900, bien avant la fin de ses études, qu'il publie des analyses historiques. La première est un article de vingt huit pages intitulé « Étude hagiographique n° 1 : saint Friard et saint Secondel ». Lorsque son père meurt en 1904, il a déjà publié au moins cinq autres articles.

À partir de 1906, il devient « disciple » de Ferdinand Lot. Il circule beaucoup, notamment en suivant les congrès des sociétés savantes de Bretagne, et il poursuit ses communications et ses articles tout en terminant sa thèse du doctorat de droit. Il devient lui même, selon Debary, une .

Peu après la mobilisation d'André Oheix, l'abbé François Duine, souligne un entre Ferdinand Lot et André Oheix, qui était un jeune homme, capable de de l'école de son maître. Il regrette le départ de celui qu'il qualifie de aussi d'. Persuadé que les conférences de Ferdinand Lot sont , il est fier d'avoir pu influencer André Oheix qu'il pense devoir être, à son retour de la guerre, l'un des moteurs du renouveau et du progrès des études hagiographiques en Bretagne..

Grande guerre : sergent mort pour la France En 1914, André Oheix se marie avec Amélie Marie Trémant. André Oheix, mobilisé le , rejoint, à Cherbourg, le premier régiment d'infanterie coloniale ( RIC).

Envoyé au front au mois d'octobre, il est nommé sergent au mois de décembre. En , il évoque son existence au combat dans un courrier au prêtre François Duine : . Au mois de juin il est cité et reçoit la Croix de guerre, puis il disparaît lors d'un affrontement le . Son absence parmi les prisonniers de retour en France après la fin du conflit est constatée par le tribunal de Loudéac qui, par un jugement, confirme .

Ses restes sont retrouvés en 1935 lors . Rapatriés à Trévé, ils sont inhumés au cimetière du village. Sa tombe porte une inscription devenue illisible : .

Le travail de l'historien à l'épreuve du temps Malgré la disparition d'André Oheix très peu de temps après la fin de ses études de droit et celle de son frère le lieutenant Robert Oheix, également mort pendant la guerre, le manoir ainsi que les archives familiales sont restés dans la famille.

Dans les années 1960, son neveu Yves Guillon fait don à l'abbaye de Landévennec d'une partie des archives Oheix concernant l'hagiographie bretonne. Ce fond donne lieu à seulement deux publications succinctes, de Jean-Luc Deuffic puis de Michel Debary, qui souligne que s'y trouve, écrit par André, un Recueil des actes des ducs de Bretagne jusqu'au , inachevé, et un important dossier sur les saints bretons.

Au , si André Oheix est toujours cité, il est relégué dans une époque importante et révolue : en 2004, les recherches sur l'abbaye de Landévennec progressent avec notamment des études sur les relations au haut Moyen Âge, entre les Bretons et l'Italie. Ce qui renvoie dans un premier temps fort .. Dans le même ouvrage, Philippe Guigon publie un article intitulé Aux origines du fonds Oheix. Il confirme l'intérêt du travail sur les saints bretons réalisé par André, souligne et constate que le travail d'André est bien plus précis que celui de son père dont le travail et la correspondance représentent la plus grande partie du fonds..

Publications Articles et ouvrages personnels . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Articles et ouvrages collectifs .

Distinctions

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

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Voir aussi

Articles connexes Manoir de la Ville-Aux-Veneurs Hagiographie bretonne Paul Aurélien

Liens externes

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