Renée Pellet, née le à Genève et morte le , est une femme politique suisse.

Première femme du canton de Genève à exercer son droit d'éligibilité, elle est élue adjointe au maire en à Meyrin. Elle est la première femme à accéder à un exécutif en Suisse.

Biographie

Enfance et formation Marthe Renée Châtelain naît le à Genève. Selon un tract du Mouvement féminin de Meyrin, elle fait ses classes à Cointrin où elle emménage en .

Mariage et parcours professionnel En , elle épouse Alphonse Pellet et s’installe à Meyrin. Le mariage est de courte durée, car elle devient veuve dans sa trentaine.

Renée Pellet travaille à Genève dans l’horlogerie jusqu’en avant de s'engager en politique.

Parcours politique

Candidature inédite Le , le canton de Genève accorde le droit de vote et d’éligibilité aux citoyennes du canton. En de la même année a lieu dans la commune de Meyrin une élection complémentaire à la suite de la démission de l’un des deux adjoints au maire. Trois candidatures sont en lice : deux hommes présentés par des partis politiques : André de Garrini du parti libéral, et Virginio Malnati du parti indépendant chrétien-social ; tandis que le Mouvement féminin de Meyrin, issu du groupement communal des femmes paysannes, propose une femme, Renée Pellet.

On estime à le nombre d’électeurs () et d’électrices () inscrites dans les deux arrondissements électoraux de la commune de Meyrin. La participation des femmes est pratiquement équivalente à celle des hommes : sur les délivrés, 430 sont déposés par des femmes et 481 par des hommes. Renée Pellet est élue au détriment de ses deux concurrents qu’elle devance respectivement de 39 et 84 voix. Elle devient ainsi la première femme à accéder à un exécutif en Suisse.

Son élection crée la surprise. La forte mobilisation de l'électorat féminin a été favorable à Renée Pellet dont la campagne s’est limitée à un tract et des affiches, face à des concurrents expérimentés, déjà conseillers municipaux. Un des journaux qui rapporte l'événement pointe cependant la portée communale de cette élection qui ne doit « pas augurer forcément d’une accession générale et rapide des femmes aux charges politiques laisser aller à une généralisation trop hâtive. Car, et les mouvements féministes le savent bien, il y a encore toute une éducation civique de la citoyenne qui est à faire avant qu’elle puisse partager, avec les citoyens, toutes les charges de la communauté politique ».

Adjointe et remplaçante du maire Dès son élection le jusqu’en , Renée Pellet siège aux côtés du maire Édouard Stettler et du deuxième adjoint, M. Peney. Elle s'attelle à la révision du statut des fonctionnaires de la commune ; a la charge du service social, de la voirie ; s'occupe des services de police ainsi que des cotisations de l’assurance scolaire obligatoire.

Elle est souvent invitée à des événements politiques pour témoigner de son expérience au poste d'adjointe du maire aux côtés d'autres pionnières à des fonctions politiques.

Elle remplace le maire qui a cessé son activité pour des raisons de santé d' à début .

Non-réélection à l'exécutif, entrée au délibératif, présidence du conseil municipal Meyrin connaît un essor dans les années . Avec la construction de la nouvelle cité, la population se multiplie, passant de dans les années à dans les années . En conséquence, l'exécutif passe d'une configuration de maire et deux adjoints à un conseil administratif composé de trois membres. Ce changement s'applique dès les élections de . Lors de ces élections, Renée Pellet est affiliée à la liste hors-parti du Groupement des Intérêts communaux. Elle n’est pas élue conseillère administrative, tandis que ses deux concurrents de l'élection complémentaire de , Virginio Malnati et André de Garrini, sont élus.

Alors que le parti socialiste saluait son dévouement sans relâche, soulignant qu’elle avait accompli un immense travail social à la mairie de Meyrin, et souhaitant qu’elle pût le continuer en tant que conseillère administrative, c'est au délibératif que l'ancienne adjointe continue son engagement pour les causes sociales et paysannes. Elle n’hésite pas à revêtir le costume paysan genevois pour la séance d’installation du conseil municipal de qu’elle préside.

Rejointe par deux autres femmes, Monique Rouget et Hélène Simoness-Rochat, qui intègrent le délibératif en , elle devient la première femme à accéder à la tête du conseil municipal qu'elle préside en -1969. Elle siège jusqu’en .

Fin de vie et mort Renée Pellet est pratiquement aveugle lorsqu'elle quitte son domicile à Meyrin pour la maison de Loëx (actuel Hôpital de Loëx), où elle célèbre le ses en présence des autorités meyrinoises. Elle décède à la fin de l'année, le , à quelques jours de son anniversaire. La cérémonie funèbre a lieu au Centre Œcuménique de Meyrin le , suivie de l'incinérationAvis de décès Renée Pellet 1985. Archives de la Commune de Meyrin. Correspondance générale 1985 .

Hommage En , la commune de Meyrin lui rend hommage, après sa mort en donnant son nom à un chemin. Cette voie de mobilité douce relie le chemin du Vieux-Bureau à la rue Emma-Kammacher, une autre femme notoire de la commune de Meyrin.

Références

Liens externes

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