Le régiment de carabiniers (en néerlandais: ) était une unité d'infanterie de la force terrestre des forces armées belges.

Origines Le régiment est créé par un arrêté royal le à partir des et bataillons du régiment de carabiniers. Il est en garnison dans la caserne Prince Baudouin à Bruxelles.

Première guerre mondiale Lors de la mobilisation, il est divisé en 3 régiments distincts : le régiment de carabiniers, le régiment de carabiniers, et le régiment de carabiniers de forteresse. Il appartient à la division d'armée Il formait avec le régiment de carabiniers, la brigade mixte. Le régiment quitte Bruxelles le et reçoit ce même jour son drapeau aux Quatre-Bras (Tervueren).

Après avoir opéré à l'est de la Dyle, où il reçoit sont baptême de feu à Schiplaken, il se retire dans la position fortifiée d'Anvers . Il prend part aux différentes sorties de l'armée de campagne au cours desquelles il se distingue aux combats de Kampenhout, de Hambosch, de Wackerzeel et de Werchter ainsi que dans la défense de la Nèthe. Après la sortie d'Anvers, les et régiments de carabiniers sont fusionnés à Lierre, le . Pendant la bataille de l'Yser, il s'illustre lors de la contre-attaque de Tervaete du et se maintient pendant encore aux abords de Stuyvekenskerke et du Château de Vicogne (). Le régiment occupe ensuite différents secteurs du front : au nord de Dixmude (jusqu'en ); Noord-schote, Maison du Passeur (jusqu'en ) où deux de ses bataillons se distinguent à Steenstraete lors des premières attaques allemandes avec gaz et sont cités à l'ordre du jour de la division d'armée ; devant Dixmude (jusqu'en ) puis au sud de Dixmude (jusqu'en ). Le le régiment se dédouble pour reformer le régiment de carabiniers.

Il est positionné ensuite à Steenstraete-Het Sas (de février à ); de nouveau au sud de Dixmude (mai-); à Nieuport (de février à ). Le , il est au front dans le secteur de Boesinghe. Il prend ensuite part à l'offensive des Flandres et s'empare des Franken-Preussen et Bayernstellungen, conquiert les positions de la crête entre West-Roosebeke et Passchendaele, reprend West-Roosebeke, Rumbeke, franchit la Mandel et délivre Meulebeke.

Le , il escorte le Roi Albert dans sa rentrée triomphale à Bruges et le à Bruxelles.

de ses hommes sont tombés au champ d’honneur sur toute la durée de la guerre.

Le corps de musique du régiment fut dirigé durant toute la guerre par Arthur Prévost.

Entre-deux-guerres Il est dissous une première fois le .

Seconde guerre mondiale Mobilisation Le régiment est mobilisé le dans la caserne Prince Baudouin à Schaerbeek par dédoublement du régiment de carabiniers. Il est intégré à la division d'infanterie. En raison d'un manque d'espace, le bataillon est caserné dans un bâtiment scolaire sur la Grande rue au Bois à proximité. Ce régiment de première réserve connaît une mobilisation mouvementée.

Il part le pour la ligne KW et est déployé à Herent, Wavre-Notre-Dame, Haacht et Rijmenam. Les postes sont prêts, mais le régiment ne peut pas en profiter très longtemps car, en , ils sont déplacés vers le canal Albert près de Klein-Vorst et Tessenderlo. Pour ne rien arranger, ils doivent se déplacer à pied faute de moyens de transport. Au cours de l'hiver rigoureux de 1939, ils sont obligées de construire leurs propres baraquements, sinon les chevaux et l'équipement ne survivraient pas au froid glacial. Fin mars, le régiment apprend que leurs positions seront reprises par des unités de la Division venues du secteur de Hasselt sur le canal Albert. Le régiment est placé en réserve sur la côte et logé dans la caserne de Lombardsijde. Cependant, au bout de dix jours la côte fut abandonnée et ils s'installèrent en région bruxelloise. Le régiment est déployé le sur la ligne Hal-Ninove à Sint-Kwintens-Lennik, Gooik et Leerbeek. Moins de plus tard et avant l'invasion, le régiment est à nouveau déplacé, en 2 étapes pour reprendre la position d'un régiment de la division d'infanterie entre Eigenbilzen–Veldwezelt (cette division étant affectée entre Hal et Ninove). Après une première reconnaissance, les chefs de bataillons étaient peu heureux de leurs futures positions. Leurs prédécesseurs avaient vraisemblablement fort confiance en la protection offerte par l'obstacle que constituait le canal Albert et avaient ainsi négligé de renforcer leurs positions. Le colonel Long installa son poste de commandement le long de la route Veldwezelt–Mopertingen à environ à l'est du pont de Veldwezelt.

10 mai Comme la plupart des autres unités gardant le canal Albert, le régiment est alerté vers 00h30. Le régiment est alors dans ses cantonnements à environ un kilomètre du canal et à la garde du sous-secteur nord de la division en ce y compris les ponts de Veldwezelt, Briegden et Gellik. Les ponts de Veldwezelt et de Briegden sont gardés par un détachement du bataillon de cyclistes-frontière du Limbourg.

Aussitôt l'alarme donnée, les hommes se rendent à leurs positions de combat. Les et bataillons sont en première ligne tandis que le bataillon reste à l'arrière. Le bataillon est positionné du pont de Veldwezelt (inclus) au pont de Briegden (inclus). Cette position est prolongée à l'ouest par le bataillon, du pont de Briegden (exclus) à Eigenbilzen (exclus). Ce bataillon garde le pont de chemin de fer et le pont de Gellik. Le bataillon est stationné en arrière au nord de la route Veldwezelt–Mopertingen. Les armes lourdes du bataillon sont réparties entre les autres bataillons, qui ont également reçu des renforts d'autres unités de la division :

bataillon : 1 canon C47 de la compagnie, 2 pelotons de la compagnie C47 attachée à l'état-major de la division bataillon : 2 pelotons de mitrailleurs de la compagnie, 2 pelotons C47 de la compagnie, 1 peloton mortier Van Deuren bataillon : 1 peloton respectivement des , et compagnies

Aucune réserve n'est prévue pour mener une éventuelle contre-attaque. Le régiment étant trop proche de la frontière néerlandaise, aucun avant-poste ne fut déployé. Seul un petit détachement a été envoyé à l'est du canal pour renforcer un poste de douane.

Les quatre ponts sur le canal Albert compris dans le sous-secteur du régiment sont flanqués de 9 bunkers et équipés de barrages et de charges explosives. Ces charges explosives ont été placées par le bataillon du génie et leur surveillance aux ponts de Veldwezelt et Briegden incombe à des détachements du bataillon de cyclistes-frontière du Limbourg tandis que ceux des ponts près de Gellik au bataillon du génie. La zone couverte par le régiment est assez vaste et compte un coude à quasi 90° du canal Albert. Le régiment de ligne appartenant également à la division d'infanterie est placé au sud et à l'ouest se trouve le régiment de ligne appartenant à la division. Le régiment peut compter sur l'appui feu direct des et groupes du régiment d'artillerie.

Le premier échelon ( et bataillons) se signale prêt au combat à 03h24. Le deuxième échelon ( bataillon) suit à 03h55.

Quelques minutes après le passage de planeurs au-dessus des positions du régiment vers 04h12, de nombreux Stukas et bombardiers lourds traversent la frontière en formations denses pour bombarder les cantonnements, les postes de commandement et les carrefours. L'armée de l'air allemande disposait apparemment de données précises sur l'emplacement de ces différentes cibles. Après le bombardement, les planeurs atterrissent entre 04h26 et 04h45. Le bombardement de Veldwezelt reprend une fois que tous les planeurs ont atterri.

La prise des ponts permet aux Allemands d'étendre plus aisément leur tête de pont. À 10h16, le commandant du régiment ordonne une contre-attaque avec les pelotons récupérés auprès de la compagnie. À 11h00, cette contre-attaque piétine en raison de l'aviation allemande qui interdit tout mouvement de troupes vers le front. En soirée, l'ennemi a conquis une bande de terrain d'environ de profondeur sur la rive belge. Le régiment ne tient que difficilement et doit se replier à chaque tentative d'infiltration allemande. À 18h00, après l'échec de la contre-attaque du peloton de C47 du Lieutenant Bailleux sur T13, le colonel Long décide de déplacer son poste de commandement vers la bordure est de Mopertingen.

bataillon Le bataillon a trois compagnies en première ligne : la qui garde le pont de Veldwezelt, la le pont de Briegden et la qui est positionnée le long du canal entre les deux ponts. De ce fait, ce bataillon n'a aucune réserve pour réagir si ses lignes sont percées.

Pont de Veldwezelt À 00h30, le caporal chef de section du détachement des cyclistes-frontière est informé de l'alarme par son commandant de compagnie. Il commence alors immédiatement à préparer le mécanisme d'allumage des explosifs qui se trouve dans le bunker au pied du pont. À 01h35, tout est prêt, sa section s'installe à l'extérieur du bunker. Le bourgmestre de Veldwezelt est également au courant de l'alarme et, comme d'habitude, a fait évacuer les maisons à proximité immédiate du pont. À 04h15, le caporal voit des avions sans numéro d'immatriculation les survoler et le signale à la caserne de Lanaken. Il n'a pas encore l'autorisation de faire sauter le pont. À 04h20, les tirs d'alarme du fort d'Eben-Emael se font entendre, le commandant de le compagnie qui a le pont sous sa responsabilité demande à son commandement, sans l'obtenir, l'autorisation de faire sauter le pont. À 04h26, des planeurs allemands entament un piqué à proximité, la compagnie qui se trouve sur le pont à ce moment reçoit l'ordre de leur tirer dessus.

La section de cyclistes-frontière s'engouffre dans le bunker et entame la mise à feu des explosifs, ce qui prend quelques minutes. Un planeur effectue un atterrissage brutal à du bunker. Les parachutistes allemands se ruent à l'arrière non protégé du bunker et font sauter le hall d'entrée. Ensuite, la porte intérieure blindée est forcée et des explosifs sont jetés à l'intérieur du bunker tuant 12 des 13 cyclistes-frontière. Un quart d'heure après le début de l'action, les fallschirmjäger signalent par radio que le pont est capturé intact.

La compagnie qui est la plus proche du pont est complètement maîtrisée quasi immédiatement par les neuf planeurs qui atterrissent dans leurs sous-quartiers. Le peloton du Lieutenant Bossaert compte en un rien de temps et pour 11 dans le peloton du Lieutenant Lombaerts dans les premiers instants après l'atterrissage. La mitrailleuse anti-aérienne est également anéantie: 4 des sont tués et 2 sont grièvement blessés. Les hommes de la Trupp 2 mettent le bunker C hors de combat en détruisant l'armement avec des charges creuses. Cependant, ils n'ont pas le temps de pénétrer dans le bunker et l'équipage belge y reste piégé jusqu'à leur reddition le lendemain matin. Vers 6h15, les fallschirmjäger reçoivent le renfort d'un peloton est largué au-dessus du pont. Ce peloton est le seul de parachutistes allemands à être largué en parachute le .

À 07h29, la compagnie signale que ses deux pelotons de tête ont été éliminés et qu'un seul le peloton offre une résistance en profondeur. À 07h55, la 6Cie demande à se replier sur la voie Veldwezelt – Vroenhoven, ce qui est autorisé par le Maj Van Driessche. Les premières infiltrations allemandes ont également lieu entre la compagnie et le poste de commandement du bataillon.