thumb|Reproduction grandeur nature d'une célébrité au musée de cire de Calcutta. Un musée de cire (appelé à l'origine « cabinet, ou cercle de figures de cire ») est un musée qui expose des statues en cire de taille humaine représentant notamment des personnes célèbres, qu'elles soient historiques (la Révolution française, intellectuels), contemporaines (sur le thème des conquêtes coloniales), ou imaginaires, éventuellement dans des reconstitutions de scènes mémorables (« tableaux ») dont elles ont été les protagonistes ; des sujets présentant un intérêt scientifique (anatomie - pathologique ou non, ethnologie, phrénologie), avec un objectif éducatif ou d'édification ; d'autres pièces sont conçues avec une visée de divertissement, certaines d'entre elles révélant un penchant pour le monstrueux et le macabre réservées à un espace généralement dénommé « chambre des horreurs ».
Le musée Grévin, par exemple, montra un sacrifice humain au Dahomey, ou le bey de Tunis signant le traité du Bardo(Probablement en 1882), cf. ., puis Louis Morin y organisa un spectacle d'ombres chinoises, Musée Grévin au Dahomey, en 1892 (année de la conquête par les Français, qui déclencha une Dahomey-mania dans le monde du spectacle). Le musée de l’Homme possède un grand nombre de moulages phrénologiques (légués notamment par Franz Joseph Gall) ou ethnographiques (celles de Pierre Marie Alexandre Dumoutier sont phrénologiques ou ethnographiques). Le musée du Quai Branly possède une statuette de guerrier marquisien (vers 1840) à vocation pédagogique.
Les fêtes foraines pouvaient proposer des cires tournant autour des mêmes centres d'intérêt, parfois plus fantaisistes et sensationnalistes.
Un homme comme Jules Talrich put ainsi fournir plusieurs musées en cires de diverses natures tout en fabriquant des pièces pour l'enseignement de l'ethnographie, d'autres par intérêt pour la physiognomonie et la phrénologieDeux bustes conçus avec le concours d'Armand Harembert, spécialiste de céphalométrie, pour participer au redressement moral de jeunes détenus en colonie pénitentiaire. Voir Armand Harembert, Code naturel de la morale sociale expliqué par la céphalométrie et mis à la portée de tout le monde : le droit humain, 1862, p. 92-93. Il est connu surtout pour ses apports à la science anatomique et à la pédagogie médicale, à la médecine légale, à l'art funéraire et à l'art religieux.
Aujourd'hui, les deux plus célèbres musées de cire sont le musée de Madame Tussaud à Londres, et le musée Grévin à Paris.
En France
Antoine Benoist vignette|Cabinet de cire de 1792 avec les trois pères de la Révolution française, Franklin, Voltaire et Rousseau, installés aux Champs-Élysées.(musée de la Révolution française) Sous le règne de Louis XIV, Antoine Benoist (1629-1717) réalise des bustes en cire du roi, devient peintre ordinaire et premier sculpteur en cire du roi et ouvre un cabinet de cire à Paris, rue des Saints-Pères. Il y expose le « cercle de la cour » composé de figures de cire grandeur nature (avec entre autres : François VII de La Rochefoucauld, Madame de Maintenon, Madame de La Fayette, Bossuet, Jean Racine, Jean de La Fontaine, Nicolas Boileau). Il réalise aussi le cercle de la cour du roi d'Angleterre Jacques II en 1684. Jean de La Bruyère raille Benoist dans Des jugements car .
Crèche Il y eut, de 1726 à 1728, rue de la Bûcherie, une crèche peuplée de personnages de cire : « On nommait la Crèche un spectacle établi rue de la Bûcherie, près du Petit-Pont, dans une des salles de l'Hôtel-Dieu. Des figures de cire y représentaient la crèche de Jésus-Christ, où l'on contemplait une quarantaine de personnages, non compris le bœuf et l'âne. Cette exhibition annuelle durait depuis l'Avent jusqu'à Pâques, et l'on y était admis pour deux sous [Jèze, Etat de Paris, édit. de 1757, p. 178.]. En 1726, les propriétaires se nommaient Nicolas et Anne Bertrand »Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le treizième siècle par Alfred Franklin..
Cabinet des grands voleurs Le forain Clément Lorin, « montreur de lanterne magique, directeur d'un spectacle d'animaux » ouvrit (en 1776 ou 1777 ?) sur le boulevard du Crime, son Cabinet des grands voleursÉmile Campardon, Les spectacles de la foire, t. II, p. 78..
Curtius Curtius, mentor de Marie Grossholtz (épouse Tussaud) ouvre en 1762 à l'hôtel d'Aligre, du 121 au 125 rue Saint-Honoré, un cabinet de figures de cire à Paris, déplacé en 1776 au Palais-Royal, 17 Galerie Montpensier. Il compte le tableau « la famille royale au Grand couvert à Versailles ». Il ouvre une annexe en 1782 au boulevard Saint-Martin, transférée ensuite au boulevard du Temple : la caverne des grands voleurs. Il meurt en 1794 et lègue une partie de son exposition à Marie Tussaud. La partie de l'exposition restée à Paris et gérée par François Tussaud, mari séparé de Marie Tussaud, ferme en 1847.
Cabinet du duc d'Orléans André-Pierre Pinson, chirurgien appartenant aux Cent-Suisses, céroplasticien et artisteCadre renfermant cinq portraits en cire représentés de profil, par André-Pierre PINSON, de 1771 à 1780, provenant des châteaux d'Ancy-le-Franc et Montmirail au marquis de Courtanvaux. (catalogue d'une vente, 1891, http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41532447b) réalisa pour le cabinet du duc d'Orléans, au Palais-Royal, un écorché en cire (vers 1780) et la Femme à la larme (offrant un beau visage en profil, tandis que l'autre profil montre une coupe de la tête - conservée au Musée de l'homme) et bien d'autres pièces qui se trouvent depuis la Révolution au Muséum national d'histoire naturelle https://kinedoc.org/work/kinedoc/510c693a-ce6a-40ef-8125-2f7ed4cc0733.pdf .
Louis-Sébastien Mercier évoque Le Nouveau Paris, 1798, Laffont - 1990, ..
Muséum de démonstration de physiologie et de pathologie Prudhomme donne dans son Miroir de l'ancien et du nouveau Paris (1807)t. II, p. 274-277 la description de ce cabinet ouvert par Jean-François Bertrand (ou Bertrand-Rival) : « Les jeunes gens devraient tous visiter le muséum de démonstration de physiologie et de pathologie de M. Bertrand, professeur d'accouchement, galerie du Palais-Royal, n° 23.
Ce muséum est un cours de morale. On y voit toute la structure du corps humain et les maladies auxquelles il est sujet ; tout ce qui concerne les femmes ; les maladies internes et externes, l'onanisme et ses terribles résultats dans les deux sexes ; les maladies vénériennes, et celles qui sont produites par l'excès de la continence. Les pères de famille doivent conduire dans cet endroit leur fils adolescent, pour lui donner un préservatif contre la séduction des femmes impures ».
Le même musée avait été visité par en 1799, qui notaitVoyage d'un Allemand à Paris et retour par la Suisse (1800), . : Jean-François Bertrand-Rival, auteur du Précis historique, physiologique et moral des principaux objets en cire préparée et coloriée d'après nature qui composent le muséum de J.-Fois Bertrand-Rival (rue Hautefeuille le 31, section du Théâtre français). L'auteur continue : ..
Musée Hartkoff Le musée Hartkoff s'installa « salle Beethoven, pass. de l'Opéra » en 1865. Il comprenait « un musée géologique, ethnologique et anatomique et une série de figures de cire 'prises, disait le catalogue, sur le masque original des personnes historiques et faites par le professeur Schwartz, célèbre phrénologue de Stockholm » : rois de Suède, Voltaire, Schiller, Paganini, Weber, Mirabeau, Robespierre, (Berthold ?) Auerbach et quelques assassins célèbres, et Julia Pastrana, la femme-singeJean Frollo, Le Petit Parisien 1889.01.25. Les publicités mettaient en avant les 2000 pièces anatomiques du musée. Hartkoff ferma son musée pour le transporter à Londres en 1868La Petite Presse 1868-02-17.
Musée français (Talrich) Situé sur le boulevard des Capucines, ce musée créé par le céroplaste et modeleur-anatomiste Jules Talrich connaît une existence éphémère entre 1866 et 1867.
Après s'être acquitté d'un franc d'entrée, le visiteur y découvre différents tableaux inspirés de la littérature (Don Quichotte et Sancho Panza, Renaud et Armide, Sara la baigneuse), de la mythologie (Hercule et Omphale) ou de l'histoire de l'anatomie (André Vésale, Guillaume Dupuytren). Au sous-sol, la « Chambre de la Question », représentant une scène de torture, sert d'introduction à un tour de magie, le Décapité parlant (visible moyennant un supplément de cinq francs).
Musée Oller Situé dans les sous-sols de l'Olympia à Paris (38, boulevard des Capucines), le musée, initié par Joseph Oller, a été ouvert de 1895 à 1900. Le musée Grévin a présenté des séances de cinématographe pour le concurrencer. Il présentait des scènes de la Révolution française, de la Passion du Christ, des personnages historiques et contemporains et des scènes comiques.
Musée Grévin À l'initiative d'Arthur Meyer qui sollicite Alfred Grévin, Le musée Grévin ouvre en 1882 à Paris sur le boulevard Montmartre. Ses parties les plus anciennes comprennent le théâtre Grévin (salle de spectacle), le Palais des Mirages (attraction utilisant le principe de l'illusion d'optique), ainsi que la salle de la Coupole et la salle des Colonnes possédant de très beaux décors de style baroque datant de 1882, qui en font le plus ancien bâtiment existant abritant un musée de cire.
Des années 1970 à 1990, le musée Grévin a ouvert des succursales en province ; à Lourdes en 1974 (acheté en 1979, vendu en 1987), Tours en 1984 (fermé en 2005), La Rochelle en 1989 (fermé en 2002), Dijon en 1990 (fermé en 1995), au Mont-Saint-Michel en 1991, à Saint-Jean-de-Luz en 1993 (fermé en 2007) et Salon-de-Provence en 1992 (fermé en 2015). En 1998, le groupe parc Astérix a acheté le musée Grévin, devenu le groupe Grévin & Cie, a vendu les musées de province. Seuls subsistent les musées de Lourdes et du Mont-Saint-Michel. Les figures de cire du musée Grévin de Tours ont été vendues aux enchères à l'hôtel Drouot le pour .
Le musée ouvre des filiales à l'étranger avec le musée Grévin Montréal en 2013, le musée Grévin Prague en 2014 et le musée Grévin Séoul en 2015.
Un total de trois Grévin ouvrent hors de France. Déficitaire, le musée Grévin Prague ferme en et rouvre avec de nouveaux propriétaires sous le nom de ChocotopiaAnnonce de la fermeture du musée Grévin Prague, site Grévin-praha.com... Inauguré en , le musée Grévin Séoul est cédé en ..
Musées de cire d'après-guerre Après 1945 de nombreux musées de cire ont ouvert. Beaucoup ont fermé dans les années 1990 et 2000. Quelques musées de cire indépendants subsistent, le diorama Thérèse de Lisieux, le musée de cire de l'historial de Sainte-Anne-d'Auray, le musée de l'histoire et des traditions de Basse Bretagne de Perros-Guirec, le musée de (inauguré en 1953) de l'Aigle ou du Saint Curé d'Ars (ouvert en 1994 et repris en 2015 par la Communauté de communes de Trévoux). Le musée de cire d'Issoire (ouvert en 1965), le musée Jeanne-d'Arc de Rouen (1953-2012), les musées de cire de Saint-Malo (1947-1997), du Puy-en-Velay (1956-1970), Granville, Aurillac, Trouville-sur-Mer, Moulineaux (château de Robert le Diable), Saintes-Maries-de-la-Mer, Rocamadour (musée de Roland le Preux), Le Plessis-Brion, Loudun, Albi, l'historial de la Chaise-Dieu (réalisé par M. Crépin, architecte de théâtre du musée Grévin, ouvert de 1956 à 2014) ou l'historial de Montmartre (1954-1991) ont fermé. Deux musées de cire contigus, le musée des martyrs de Paris (inspiré du London Dungeon) et le musée du rock 'n' roll (inspiré du Rock Circus de Piccadilly Circus du Tussauds Group), ont ouvert en 1990 au Forum des Halles à Paris. Faute de visiteurs, ils ont fermé en 1993.