Le Cameroun septentrional ou Cameroun du Nord (en anglais : ) était la partie nord du Cameroun britannique, un territoire sous mandat de la Société des Nations puis sous tutelle des Nations unies administré par le Royaume-Uni. Aujourd'hui, il correspond à trois États du Nigeria : Adamawa, Borno et Taraba.

Administration territoriale Le Cameroun septentrional est divisé en deux provinces : Bornu et Adamawa, chacune dirigée par un résident. La province de Bornu comprend l'émirat de Dikoa. La province d'Adamawa comprend les districts d'Adamawa, les districts situés au nord et au sud du fleuve Bénoué, ainsi que Gurumpao et Yebbi. Ces territoires sont administrés par le Lamido d'Adamawa, sous l'autorité du résident de la province d'Adamawa. La division de Gashaka est, quant à elle, administrée par un district officer basé à Gashaka, également sous l'autorité du résident de la province d'Adamawa.

Afin de préserver leurs ressources et pour des raisons de commodité administrative, les Britanniques, conformément au décret du , administrent le Cameroun septentrional depuis la région du nord du Nigeria, sans pour autant l'intégrer au Nigeria.

Histoire Le Kamerun (dont le territoire correspond à l’actuel Cameroun et à la frange Est du Nigeria) est colonisé par l'Allemagne sous le régime du protectorat durant la « course à l'Afrique » entre puissances européennes à la fin du . Pendant la Première Guerre mondiale, le protectorat est occupé par les troupes britanniques, françaises et belges. À l'issue du traité de Versailles, le protectorat est divisé entre un territoire sous mandat français et un territoire sous mandat britannique.

Période du mandat (1922-1946) Dans les années 1920, les populations de l'est de Dikoa, restées dans la réserve, commencent à reconnaître l'autorité des cheikhs établis par les Britanniques. Les populations chassées par une famine en 1913 reviennent progressivementArticle du journal La Dépêche coloniale du 7 août 1924, page 1.

Période de la tutelle (1946-1961) gauche|vignette|Vote à Bama, le .Le , le territoire organise son premier référendum : les électeurs avaient le choix entre rejoindre le Nigeria et reporter la décision ; ils optent pour cette dernière solution, 62,25 % d'entre eux s'étant prononcés en faveur du report de la décision.

Un deuxième référendum a lieu le , offrant aux électeurs le choix entre l'union avec le Nigeria (indépendant depuis le ) ou avec le Cameroun (indépendant depuis le ) ; 60 % des électeurs du Cameroun septentrional se prononcent en faveur de l'union avec le Nigeria, contre 40 % en faveur de l'union avec le Cameroun. C'est ainsi que le Cameroun septentrional devient la province de Sardauna au Nigeria.

Du au , le territoire dispose d'un quasi-gouvernement régional.

Dirigeants

1959-1961 : Percy Wyn-Harris

Éducation vignette|Enfants d'une école rurale dans la province d'Adamawa.Dans les années 1920, les Britanniques proposent de créer une école musulmane officielle à Dikoa.

Au Cameroun septentrional, l’éducation est en retard par rapport à celle du Cameroun méridional. Pour pallier la pénurie d’enseignants, le nombre d’écoles est réduit de 10 à 6, tandis que l’effectif moyen par classe augmenteArticle du journal La Dépêche coloniale du 7 août 1924, page 2.

En 1925, le territoire compte trois écoles primaires, pour un effectif total de 31 élèves. En 1930, il n’y a plus qu’une seule école à Mubi, qui accueillait 28 enfants. Il existe une autre école, non subventionnée et non reconnue, dans la province de Dikoa, sous juridiction nigériane. Cinq habitants du Cameroun septentrional suivent une formation pour devenir instituteurs au Nigeria. La même année, on compte 619 écoles musulmanes qui n’avaient que peu ou pas de lien avec l’enseignement de type occidental. En 1938, le Cameroun septentrional compte quatre écoles primaires reconnues.

Un représentant britannique au Conseil de tutelle des Nations unies déclare au début des années 1950 : .

La situation s’améliore légèrement à la fin des années 1950 avec la création de trois écoles primaires dans les provinces d'Adamawa du Nord et d'Adamawa du Sud. En 1961, à la fin de la tutelle britannique, il n’y avait jamais eu d’école secondaire au Cameroun septentrional, ni aucune école pour filles.

Population Le Cameroun septentrional est principalement composé de groupes tribaux animistes — c'est-à-dire qui pratiquent le culte des esprits — et d'une minorité de tribus musulmanes plus avancées et mieux organisées sur le plan politique.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Anicet Oloa Zambo, L'affaire du Cameroun septentrional - Cameroun/Royaume-Uni, Paris, L'Harmattan, 2007, 288 p.

Articles connexes Histoire du Cameroun Histoire coloniale du Cameroun Histoire du Nigeria Cameroun britannique Cameroun méridional Référendum de 1959 au Cameroun septentrional Référendum de 1961 au Cameroun britannique

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