Le Vélodrome d’Hiver, ou vélodrome d’hiver de Paris, était un stade parisien érigé en 1909 et détruit en 1959. On l'appelait familièrement le « ’ ». Il était situé rue Nélaton, dans le . Il est connu pour avoir été en 1942 le théâtre de la rafle du Vél’ d’Hiv’.
Histoire Du début du siècle à la Seconde Guerre mondiale vignette|gauche|L'inauguration du Vélodrome d'Hiver (1910). vignette|Le Patin d'Or, course de patinage à roulettes courue au Vélodrome d'Hiver, en 1911. Au début du , la compétition cycliste devient un spectacle de masse prisé par la population ouvrière des villes. La construction des vélodromes participe à cette vogue. Dès 1902, Henri Desgrange demande à l'architecte Gaston Lambert d'aménager la Galerie des Machines, vestige de l'Exposition universelle de 1889 situé dans le quartier de Grenelle, pour y créer une piste de compétition cycliste. Inauguré le , le vélodrome connaît rapidement un grand succès populaire. Mais en 1909, la ville annonce la destruction de la Galerie des Machines afin de libérer la perspective vers le Champ de Mars.
Desgrange décide alors d'édifier tout à côté, à l'angle du boulevard de Grenelle et de la rue Nélaton, un nouveau temple du vélo. Ce futur a pour architectes et Durand, qui l'intitulent le . Dans le nouveau « Vél’ d’Hiv’ » construit en charpente métallique qui voit alors le jour, assis sur des gradins de briques et de béton, peuvent observer les coureurs qui parcourent une piste en bois de sapin ovale, avec virages relevés de de développement autour d'une vaste pelouse centrale. La salle est éclairée par une immense verrière zénithale et plus de mille ampoules. Le meeting d'ouverture eut lieu le dimanche 13 .
De nombreuses manifestations animèrent cet équipement même pendant la Première Guerre mondiale (le champion Louis Darragon s'y tua en lors d'une course derrière moto). La fameuse course cycliste dite des « Six Jours de Paris », créée en 1913, par Bob DesmaretsDirecteur du Vélodrome d'Hiver et père de Sophie Desmarets., à l'exemple d'une course américaine équivalente, connut son heure de gloire dans l'entre-deux-guerres, et devint vite le sommet de la saison cycliste. Le site est utilisé lors des Jeux olympiques d'été de 1924.. En 1926 commença l'élection de la « Reine des Six jours », chargée de donner le départ de la course ; les Reines étaient choisies dans le milieu des artistes populaires à la mode : Édith Piaf, Yvette Horner, La Houppa, furent ainsi Reines des Six jours. L'animation se répandait alors de jour comme de nuit jusque dans les rues du quartier.
En 1931., l'édifice est rénové par l'américain Jeff Dickson (également programmateur de la salle Wagram) et devient le « Palais des Sports de Grenelle ». En effet, avec sa compagnie, la Jeff Dickson International Sports, il organise en plus des traditionnels matchs de boxe et course de vélos, d'autres compétitions sportives dans l'enceinte : tennis, basket-ball mais également hockey et patinage sur glace (grâce à un équipement adéquat permettant la réalisation d'une patinoire). C'est le début des « années folles » du hockey sur glace.
Le Vélodrome accueille les championnats d'Europe de patinage artistique en , puis les championnats du monde de patinage artistique en .
La rafle du Vélodrome d'Hiver vignette|gauche|Plaque commémorative de la rafle de 1942, à l’ancien emplacement du vélodrome.
vignette|Le meeting du 11 avril 1943.
À partir du 16 et , sont détenus au Vélodrome d'Hiver plusieurs jours, dans des conditions très précaires, une partie des (, et ), victimes de la rafle du Vél’ d’Hiv’., avant leur transfert vers des camps de transit (notamment Drancy)., puis leur déportation vers le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.
Le s'y tient un meeting du Front révolutionnaire national, lors duquel des membres de la Milice révolutionnaire nationale prêtent serment.
Après-guerre et destruction L'après-guerre y voit l'organisation de tournois de boxe (avec, entre autres, Marcel Cerdan et Sugar Ray Robinson), d'épreuves équestres, de défilés de mode et même de courses de taureaux (à Paris, la dernière corrida a justement lieu au Vélodrome d'Hiver le ), une messe y a été célébrée par l'archevêque de Paris, une charge de cavalerie y a été organisée (spahis contre garde républicaine), des spectacles « Far West », un défilé de méharis ont agrémenté le lieuAffiche de la dernière corrida parisienne (site spécialisé de l'association La Querencia de Paris).. Le , des élus d'outre-mer y tiennent un meeting portant sur le thème « L'Union française en péril ». Félix Houphouët-Boigny pour le RDA (Rassemblement démocratique africain), Aimé Césaire pour le PCF ou encore Lamine Gueye pour la SFIO y interviennent..
Le Vélodrome d'Hiver accueille le Championnat d'Europe masculin de basket-ball du 3 au 12 mai 1951..
Des championnats de patinage artistique s'y déroulent en 1949, 1952, 1956 et 1958, et la revue sur glace Holiday on Ice s'y produit de 1950 à 1958, avant d'inaugurer le nouveau palais des sports de Paris, porte de Versailles, en 1960.
Au mois d', le Vél d'Hiv est une nouvelle fois réquisitionné par la police pour une rafle. Cette fois-ci, il s'agit de la plus grande rafle menée contre des personnes d'origines Nord-Africaines dans l'hexagone. Le complexe se transforme en centre de rétention de Français musulmans d'Algérie (FMA) sur ordre du préfet de Police de Paris récemment promu, Maurice Papon.. 3 000 hommes algériens y sont détenus. Le bâtiment sert ainsi de centre de triage et d'interrogatoire pour les Algériens suspectés d'avoir participé aux attentats du FLN.
Le vélodrome est détruit en 1959 et un immeuble de bureaux est construit à la place au début des années 1960. Dans un premier temps, le bâtiment accueille le siège de la société Elf avant le départ de l'entreprise dans les années 1980 pour La Défense. Des bureaux du ministère de l'Intérieur occupent ensuite l'immeuble « Nélaton » (du nom de la rue)Siège historique de la direction de la Surveillance du territoire au 7, rue Nélaton, jusqu'à son déménagement à Levallois-Perret en 2007.. Aujourd'hui, le bâtiment abrite notamment la rédaction des journaux Le Parisien et Les Échos.
Dans les arts et la culture populaire
Filmographie
Cinéma 1928 : La Ronde infernale de Luitz-Morat. 1959 : Vel' d'Hiv''' de Guy Blanc et Frédéric Rossif. 1960 : Donne-moi la main de Guy Blanc et Nicole Stéphane. 1976 : Monsieur Klein de Joseph Losey. 2010 : Elle s'appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner. La Rafle de Roselyne Bosch.
Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie Jacques Lem (dessins), Pierre Chany (texte) Six jours. De Grenelle à Bercy, édition Palais des Sports/L'Équipe, 1984. Préface de Jacques Goddet. . Sébastien Penuisic, sous la direction de Luc Capdevila, Les Six jours au Vél’ d’Hiv’ (1913-1939) : un sport-spectacle-évènement parisien, mémoire de maîtrise en histoire, université Rennes 2, 2001, 230 Dominique Grandfils, Au Temps du Vél’ d’Hiv’'', Gremese, 2014.
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Liens externes
archi.fr Photos de la Galerie des Machines de l'exposition de 1889.
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