vignette|redresse|Plaque de rue au parc Monceau, à Paris. vignette|redresse|Plaque d’ à Londres, Royaume-Uni. vignette|redresse|À Liège (Belgique) : parfois une certaine ironie… vignette|redresse|Et même toujours à Liège… vignette|redresse|Plaque de la rue Adam-Mickiewicz à Beykoz, Istanbul, en Turquie. La partie rouge indique le nom de la rue, la partie blanche le quartier et la partie inférieure le district.
L’odonymie est l'étude des odonymes, noms propres désignant une voie de communication. Un odonyme peut être le nom d'une rue, d'une route, d'une place, d'un chemin, d'une allée. Elle s'inscrit dans le domaine de la toponymie qui étudie plus largement les noms de lieux en géographie et dans le domaine plus général de l'onomastique, l'étude des noms propres.
Un odonyme comporte généralement deux parties : un nom individuel («Victor-Hugo», «République ») et un indicateur du type de voie dont il s'agit («rue», «boulevard »). En général, un odonyme est un élément d'une adresse postale (mais ce n'est pas systématique) ; les édifices le long de la voie peuvent posséder un numéro pour permettre leur identification individuelle.
Étymologie Le terme français « odonyme » vient du grec ancien (, « route ») et du suffixe « -onyme », provenant du grec ancien ( [= ()], « nom », que l'on retrouve dans anthroponyme, patronyme, domonyme ou même synonyme).
Principes De façon typique, un odonyme est formé de deux ou trois parties : un terme générique, indiquant le type de voie ; un terme spécifique, désignant particulièrement la voie ; si la langue le permet, les deux parties peuvent être reliées par une préposition (« de », « au »), ou non.
Un odonyme classique peut donc être par exemple , , ou Route . Certaines voies ne possèdent pas de terme générique, par exemple la Canebière à Marseille ou à Berlin. Réciproquement, certains odonymes ne possèdent aucun terme spécifique comme à Londres ou le à Atlanta.
Un odonyme peut inclure une direction (est, ouest, nord, sud ou les quadrants nord-ouest, nord-est, sud-ouest, sud-est), particulièrement dans les villes utilisant un plan en damier : , D'autres qualificatifs peuvent être apportés : « haut / bas », « vieux / nouveau », « prolongé(e) »
Typologie Commerces thumb|redresse|alt=Plaque à lettres blanches sur fond bleu marine.| / La Rue des Forges, une rue de Guernesey faisant référence aux forges qui y étaient anciennement situées. Certaines voies sont nommées d'après le type de commerce ou d'industrie qui s'y tiennent, ou s'y tenaient. Cette pratique est moins courante à l'époque moderne, mais les noms peuvent avoir subsisté.
Exemple de voies : Carrer de les Moles à Barcelone (« rue des meules »), où les tailleurs de pierre avaient leur boutique ; Rue des Lombards à Paris, d'après les changeurs de Lombardie qui s'y étaient établis au ; à Londres (« marché au foin »), où un marché de fourrage se tenait ; Les rues des Faures (forgerons), Sabaterie (cordonniers et savetiers), Vieille-Boucherie, à Bayonne. Les rues de la Cave dans les régions viticoles.
Sites et toponymie traditionnelle vignette|redresse|(Rue des vergers), à Singapour.|alt=Orchard Road (Rue des vergers), à Singapour, porte le nom des vergers qui étaient situés de part et d'autre de la route.
Certaines voies portent le nom de lieux, monuments, édifices qui y étaient présents lors de leur ouverture. Le nom est resté après que ces sites ont disparu.
Au , on tend de plus en plus souvent à valoriser la microtoponymie traditionnelle des lieux où s'ouvrent de nouvelles rues, quartiers ou lotissements, donnant à ces voies les noms des terres ou anciens lieux-dits ― et microtoponymes en général ― traversés par les nouvelles rues ouvertes : par exemple, les champs ruraux dits les Prés de la Fougueraie donnent de cette façon leur nom à la nouvelle rue des Prés-de-la-Fougueraie, au sein d'un nouveau lotissement bâti sur cette ancienne petite zone rurale ; d'autres rues de beaucoup d'autres lotissements reçoivent aussi leur nom des parcelles agricoles sur lesquelles elles sont placées : tel est le cas de la rue du Moulin-de-Marion, rue du Champ-Renardier, place des Ruches, boulevard de la Mare-aux-Joncs À rebours, l'impasse de la Pierre-qui-Tourne, à Amboise, a été renommée allée Antoine Lavoisier.
L'actuelle tendance à voir la (micro)toponymie traditionnelle comme une partie du patrimoine immatériel et comme la vive histoire linguistique de la France fait que beaucoup de nouvelles rues et de nouveaux lotissements ne prennent pas de noms consacrés aux fleurs, aux arbres, aux oiseaux ou aux personnages célèbres, mais aux très anciens (micro)toponymes des champs sur lesquels on a bâti ces lotissements ou ouvert ces nouvelles rues.
Exemples : À Barcelone, La Rambla est une série de rues. La Rambla de Canaletes porte le nom d'une fontaine qui s'y élève toujours, mais la Rambla dels Estudis porte celui de l'Estudi General, un bâtiment universitaire démoli en 1843. La Rambla de Sant Josep, la Rambla dels Caputxins et la Rambla de Santa Monica sont nommés d'après d'anciens couvents. À New York, porte le nom d'un canal qui a été remblayé pour construire la rue. De même la petite rue du Canalet à Blagnac, près de Toulouse (Haute-Garonne), rappelle qu'elle a été tracée sur le canal d'amenée d'eau à l'ancien moulin, après son remblaiement. À Londres, Crystal Palace Parade porte le nom d'un palais d'exposition qui est détruit par incendie en 1936, proche de la rue. vignette|redresse|Impasse de la Chatouillette à Pleucadeuc (Morbihan, France). De nombreux visiteurs aiment se prendre en photo devant ce panneau.
Noms auto-descriptifs Certaines rues décrivent simplement une de leurs caractéristiques.
Exemples : Rue Longue, ; Rue Pavée à Paris, l'une des premières du quartier à avoir été pavée ; , route de de long () de Bracknell à Finchampstead dans le Berkshire, au Royaume-Uni ; Petite rue du Refuge à Versailles, le libellé de la voie qui indique la caractéristique; Boulevard de l'Égalité à Tourcoing mène directement au cimetière. ou la posture amusante qu'elle fait prendre aux passants, comme la Rue Bombe Cul, qu'on trouve dans plusieurs bourgs du sud-ouest (Labastide-de-Lévis ou Penne d'Agenais)
Directions De nombreuses voies portent le nom d'un lieu vers lequel elles conduisent ; par exemple une ville. Celle-ci peut être située assez loin et ne pas avoir de lien direct avec la voie.
Les voies peuvent changer de nom en cours de route : par exemple, dans le Connecticut, à Wethersfield devient à Hartford. Au Royaume-Uni, la route entre Oxford et Banbury change de nom cinq fois, alternant entre et au fil des villages.
Une variante consiste à nommer une voie d'après deux destinations qu'elle relie : À Orlando en Floride (États-Unis), , Apopka, Floride, États-Unis. relie Clarcona et Ocoee, via Apopka, Lockhart ; En Australie, la , , Victoria, Australie. relie les villes de et ; À Marseille en France, le chemin du Merlan-à-La Rose Chemin du Merlan à La Rose, Marseille, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France. relie les quartiers du Merlan et de La Rose ; …
On peut trouver des voies nommées d'après une zone qu'elle évite : la (« déviation de Newbury ») évite précisément la ville de Newbury au Royaume-Uni.
Personnalités vignette|redresse|La rue Enrico Fermi (physicien) à Rome.
Certaines voies portent le nom de personnalités diverses (odonymes anthroponymiques appelés patro-toponymes).. De nombreuses possibilités existent : une personne célèbre qui a vécu ou travaillé à proximité. Par exemple, à Paris, l'avenue Victor-Hugo porte le nom de l'écrivain Victor Hugo qui y résida lors des dernières années de sa vie (une lettre fut adressée à l'écrivain, à la fin de sa vie, avec cette adresse : « M. Victor Hugo, en son avenue, Paris »).. une figure historique majeure. Par exemple, le boulevard René-Lévesque à Montréal, le boulevard à Bruxelles ou la dans de nombreuses villes de France. une personne associée à la rue. Par exemple, la Şoseaua Kiseleff à Bucarest porte le nom du gouverneur Paul Kisseleff, qui en ordonna la construction.
Certaines juridictions restreignent les nommages de voies d'après des personnalités. Par exemple, beaucoup de villes dans le monde, telles que Paris, Birmingham ou Stockholm, ne donnent de nom de voie qu'à une personne décédée. En France, la personnalité dont le nom est le plus donné est Charles de GaulleLe plus fréquemment sous la forme "Général De Gaulle".
Dates De nombreuses voies et places portent le nom d'une date particulière, en souvenir d'un événement survenu à cette date.
En France, les dates les plus usitées sont celles marquant la fin des conflits récents, comme on peut l'observer sur les sites de géolocalisation ou de listage des odonymesmaps.google.fr .www.viamichelin.fr ViaMichelin. : (1918), (1945), (1962).
D'autres dates de l'histoire de France sont également largement représentées : Quatorze-Juillet (1789), Quatre-Septembre (1870), Dix-Huit-Juin (1940)
Thèmes Des groupes de voies d'une même zone peuvent parfois être nommées suivant un thème particulier. Par exemple, le projet de la place de France projetée par Henri IV dans le nouveau quartier du Marais donna naissance à une série de voies reprenant le nom des différentes provinces françaises : rue de Bretagne, rue de Poitou, rue de Picardie, etc. De même, à Washington, chacun des des États-Unis a donné son nom à une avenue (par exemple, relie le Capitole à la Maison-Blanche). Ces avenues traversent le plan en damier de la ville en diagonale.
thumb|redresse|Plaque de rue à New York.|alt=Plaque de rue à New York, à l'angle de le et de la . Nomenclature systématique Dans de nombreuses villes construites suivant un plan en damier, les rues portent un nom permettant de les situer les unes par rapport aux autres. Par exemple, le Commissioners' Plan de 1811 pour Manhattan prévoyait des numéros pour les rues parallèles au petit axe de l'île et des numéros et des lettres pour les avenues parallèles au grand axe. À Washington, le plan initial prévoyait que les rues nord-sud portent des numéros croissants depuis le Capitole et les rues est-ouest des lettres. Au fil de la croissance de la ville, les rues est-ouest au-delà de reçurent des noms de deux syllabes dans l'ordre alphabétique (par exemple , , ), puis des noms de trois syllabes (, ), puis finalement des noms liés aux fleurs et aux arbustes (, , ), toujours dans l'ordre alphabétique.
Ce système est parfois utilisé aussi pour des lieux qui ne suivent pas un plan en damier comme dans le comté d'Arlington en Virginie.
Changements de nom thumb| (rue Svetogorska : rue de la Sainte-Montagne) à Belgrade.
Initialement (rue des Deux Colombes Blanches) en 1872, elle a été renommée en 1896, (rue de Bitola) en 1922, (rue Georges Clemenceau) en 1930, à nouveau en 1943, (Lola Ribar) en 1946 et finalement de son nom actuel en 1997.
Généralités Les noms des voies peuvent changer au fil du temps, pour de nombreuses raisons. Par exemple, l'actuelle rue de la Petite-Truanderie à Paris, petite voie qui existe au moins depuis le , s'est également appelée rue d'Ariane, rue d'Arienne et rue du Puits-d'Amour, sa désignation a évolué simplement au cours des siècles.. L'évolution des villes peut également conduire à modifier les noms : toujours à Paris, l'ouverture de la rue du Pont-Neuf a conduit à la suppression des rues Estienne, Tirechappe et de la Tonnellerie, ainsi que de la place des Trois-Maries..
Changement politique gauche|vignette|redresse|La rue Bullet à Casablanca rebaptisée après le protectorat français.
Certains noms sont modifiés lors de changement de régime ou de politique. À Metz, le « Kaiser-Wilhelm-Ring » devient en 1918 l'« avenue du Maréchal-Foch ».