Le traité de Moscou est signé le entre la République fédérale d'Allemagne et l'Union soviétique. Il est la première concrétisation de la nouvelle politique de rapprochement avec l'Est, l'Ostpolitik, pratiquée par le chancelier Willy Brandt depuis son investiture. Ce traité entre en vigueur le après une longue et difficile procédure de ratification en RFA en raison de la forte opposition que l'Ostpolitik suscite dans une partie de la classe politique et de l'opinion en RFA.
Contexte historique
Le traité traduit la volonté de la RFA et de l'URSS de normaliser leurs relations Site. Depuis la seconde guerre mondiale, l'Allemagne est le seul pays pour lequel il n'a pas été signé de traité de paix. Les Soviétiques ont longtemps espéré qu'une solution de neutralisation de l'Allemagne similaire à celle trouvée pour l'Autriche pourrait être mise en œuvre, mais les Occidentaux s'y refusent craignant une communisation rampante de la RFA. Le chancelier Adenauer, au pouvoir de 1949 à 1963 s'efforce constamment de renforcer l'ancrage de l'Allemagne de l'Ouest dans le camp occidental et refuse tout compromis avec la RDA, dont l'existence n'est reconnue juridiquement et diplomatiquement par aucun état occidental. A contrario, l'Union soviétique et la RFA ont établi des relations diplomatiques dès .
La négociation du traité a été rendu possible par l'adhésion de la RFA au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui vaut renoncement par la RFA à se doter d'armes nucléaires en propre, qui était une des préoccupations majeures des soviétiques, alimentées par les discussions entre les membres de l'OTAN sur certaines formes de transfert à des pays européens du contrôle sur des armes nucléaires, stockées en Europe, mais restées entièrement sous contrôle américain.
Le traité de Moscou n'est pas véritablement un traité de paix, mais plutôt un acte d'établissement de bonnes relations, de renonciation à l'usage de la force et de reconnaissance du statu quo des frontières en Europe, mention étant faite explicitement de l'inviolabilité de la ligne Oder-Neisse.
Le traité est complété par une lettre sur l'unité allemande Site adressée par la RFA à l'URSS, qui précise que le traité ne contrevient en aucune façon à l'objectif du gouvernement allemand d'œuvrer pour un état de paix en Europe dans lequel la nation allemande retrouvera son unité par sa libre auto-détermination. Les Allemands annoncent également que la ratification du traité est soumise à la conclusion d'un accord entre les quatre puissances occupantes de l'Allemagne relatif au statut de Berlin.
Le traité n'obéit cependant pas seulement à des considérations politiques. Les deux parties souhaitent aussi trouver un accord afin de faciliter le développement de leurs relations économiques.
Ratification Willy Brandt est conscient que la ratification n'est pas acquise d'avance. Il ne dispose au Bundestag que d'une très faible majorité, avec ses alliés libéraux : la coalition SPD-FDP sortie des élections de la ne dispose que d'une majorité très étroite face à la CDU-CSU [ Site]. La grande majorité des membres de la CDU-CSU ressentent comme une trahison cette rupture totale avec la politique suivie pendant 15 ans par Adenauer, grande figure de la refondation de l'Allemagne. Les arguments utilisés pour refuser la ratification sont que le traité n'est pas un traité de paix réglant définitivement la question allemande et notamment celle des frontières puisqu'aucun accord n'est intervenu entre les quatre puissances, que la reconnaissance de la ligne Oder-Neisse est une concession importante sans aucune contrepartie, et que l'objectif caché des Soviétiques est d'affaiblir l'intégration de la RFA dans l'Europe de l'Ouest. Brejnev souhaite vivement que ce traité voie le jour. Aussi multiplie-t-il les déclarations d'apaisement.
Les Occidentaux aussi souhaitent sa ratification, qui s'inscrit bien dans la politique de détente qu'ils mènent et avec laquelle l'Ostpolitik est totalement compatible, dès lors que Brandt a rassuré ses alliés sur le fait que sa politique ne signifie en aucune manière une forme de détachement de la RFA du bloc de l'Ouest.
La ratification intervient finalement le , en même temps que celle du traité de Varsovie, l'opposition CDU-CSU acceptant finalement de s'abstenir.
Les élections législatives suivantes quelques mois plus tard en voient le SPD l'emporter avec une progression significative de son score, marquant ainsi un large soutien de la population de la RFA à l'Ostpolitik conduite par Brandt.
Termes du traité Le traité est un texte bref, comportant un préambule et cinq articles Site.
Dans le préambule, les deux parties soulignent leur volonté et leur .
L'Article 1 affirme la volonté commune de la RFA et de l'U.R.S.S. d'aboutir à la détente et de parvenir à la en prenant .
Dans l'Article 2, les deux parties .
L'Article 3, le plus important, consacre toutes les frontières actuelles en Europe, issues des accords de Yalta et de Potsdam, y compris celles des deux États allemands. Les deux parties .
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Ostpolitik Moscou 1970 Moscou 1970 Catégorie:Traité de la guerre froide Catégorie:Histoire contemporaine de l'Allemagne Catégorie:Traité signé en 1970 Catégorie:Août 1970 1970