La conférence de Charm el-Cheikh de 2022 sur les changements climatiques, dite COP 27, est une conférence internationale de l'Organisation des Nations unies qui se déroule du au à Charm el-Cheikh au bord de la mer Rouge en Égypte, pays organisateur. Sameh Choukri, ministre égyptien des Affaires étrangères, en est le président. Elle réunit les pays signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Elle constitue également la des parties au protocole de Kyoto () et la quatrième réunion des parties à l'accord de Paris de 2015 ().

La conférence s'achève le , avec trente-sept heures de retard par rapport à la clôture officielle, après de nombreuses difficultés pour établir un compromis sur la rédaction du compte rendu final.

Organisation Date et lieu La COP 27 devait initialement avoir lieu du 8 au . En raison de la pandémie de COVID-19, la COP 26 a été reportée de à et par voie de conséquence la COP 27 est elle-même reprogrammée du 6 au ..

Elle se tient dans la cité balnéaire de Charm el-Cheikh au bord de la mer Rouge, déjà hôte de la COP 14 de la biodiversité en 2018. En effet, l'Égypte était le seul candidat en lice pour l'Afrique dont c'était le tour d'accueillir la COP en tant que continentLa présidence des COP tourne chaque année entre cinq groupes régionaux à échelles continentales définis par l'Organisation des Nations unies (ONU) selon un ordre lui-même prédéfini : Afrique, Amérique latine et Caraïbes, Asie-Pacifique, Europe de l’Ouest élargie et Europe de l’Est.. L'Égypte est également l'un des pays africains les plus menacés par les changements climatiques...

C'est la deuxième fois que ces négociations annuelles se tiennent au Moyen-Orient, après le Qatar en 2012 (sans inclure le Maghreb dans la notion de Moyen-Orient). C'est au moins la troisième / quatrième édition qui a lieu dans un pays gouverné par un régime politique autoritaire (par rapport aux droits de l'homme) après le Maroc en 2001 (et 2016) et le Qatar en 2012 (et avant Dubaï aux Émirats arabes unis fin 2023).

Réunions préparatoires Semaine africaine du climat (août 2022) Lors de la Semaine africaine du climat, l’une des réunions de préparation à la COP qui s’est ouverte le lundi à Libreville au Gabon, Sameh Choukri, ministre égyptien des Affaires étrangères, et futur président de la COP 27, dénonce l'« injustice climatique » subie par les pays africains et fustige « nombre de pays développés qui ont renié leurs engagements », donnant la tonalité de sa future présidence..

Pré-COP à Kinshasa (3 au 5 octobre 2022) Afin de préparer la COP27, les ministres de l’environnement d’une cinquantaine de pays se sont retrouvés du 3 au à Kinshasa en république démocratique du Congo (RDC) pour une « pré-COP » qui devait permettre de faire le point sur les avancées possibles et les blocages à craindre lors de la conférence à venir. Les thèmes abordés sont ceux de la COP : l’atténuation des émissions, l’adaptation au changement climatique, la finance climat et la question des pertes et préjudices.. Dans leurs discours d'ouverture, le Premier ministre de RDC, Jean-Michel Sama Lukonde, et sa ministre de l'Environnement, Eve Bazaïba, rappellent que l'Afrique n'est « responsable que de 4 % des émissions mondiales » de gaz à effet de serre et « en séquestre davantage qu'elle n'en émet »..

La RDC va aussi profiter de la pré-COP pour se présenter en « pays solution ». Les quelque d’hectares de forêt tropicale du pays sont en effet capables d’absorber le carbone et de contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique. De même le pays possède des ressources en minerais phares de la transition énergétique (cuivre, cobalt, lithium…). Dans ce cadre, la RDC demande un soutien financier international, tout en revendiquant son droit à exploiter son pétrole ..

Présidence vignette|upright=0.9|Sameh Choukri, président de la COP 27. Le , le gouvernement égyptien a nommé Sameh Choukri, ministre égyptien des Affaires étrangères, président de la COP 27 et la ministre de l'Environnement, Yasmine Fouad, « coordinatrice ministérielle et envoyée spéciale de la COP27 »..

Lors de la Semaine africaine du climat, l’une des réunions de préparation à la COP qui s’est ouverte le lundi à Libreville au Gabon, Sameh Choukri, dénonce l'« injustice climatique » subie par les pays africains et fustige « nombre de pays développés qui ont renié leurs engagements », donnant la tonalité de sa future présidence.

Yasmine Fuad, titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement et d’un doctorat en sciences politiques pour les études euro-méditerranéennes, est déjà internationalement connue en tant qu’auteur principal du quatrième chapitre du rapport spécial sur la désertification présenté par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 2017, tandisqu’à la COP26 à Glasgow, elle a coprésidé les discussions sur le financement climatique..

Participants Plus de de – dirigeants, négociateurs et société civile – y sont attendues. Parmi les quelque annoncés, peu de représentants du G20, qui pèse pourtant pour 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le président chinois, Xi Jinping, sera en particulier absent. Le président américain, Joe Biden, ne viendra que le , en raison des élections de mi-mandat. Emmanuel Macron, Olaf Scholz (le chancelier allemand), Giorgia Meloni (la Première ministre italienne) et Rishi Sunak (le Premier ministre britannique) seront présents et s’exprimeront les 7 et . Le président brésilien récemment élu mais pas encore en exercice, Luiz Inácio Lula da Silva, sera également présent, probablement la deuxième semaine..

Commanditaires

Coca-Cola est un des commanditaires et est accusé d'écoblanchiment. alors que la marque est aussi nommée championne de pollution plastique par Break Free From Plastic. et GreenPeace..

Contexte et enjeux Cette conférence constitue pour certains observateurs une transition entre la COP 26 de Glasgow qui s'est tenue en 2021 et fut la plus importante depuis l'accord de Paris, et la COP28, qui aura lieu à Dubaï en 2023 et s’annonce comme cruciale, car elle devrait être l’occasion du premier bilan mondial des efforts climatiques des pays. Les principaux enjeux sont l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre, l'adaptation au changement climatique, le financement pour le climat, la défense du continent africain et le financement des pertes et dommages touchant principalement les pays du Sud.

Situation du climat en 2022 Chaleur et événements extrêmes Les neuf premiers mois de l’année 2022 ont été marqués sur le plan climatique par des vagues de chaleur extrême, des sécheresses historiques, des inondations dévastatrices et des incendies ravageurs, affectant des millions de personnes et entraînant des milliards de dollars de pertes économiques. C’est le constat dressé par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), dans son rapport provisoire sur l’état du climat en 2022...

La température moyenne à la surface du globe a dépassé de la moyenne de la période préindustrielle (1850-1900), sous l’effet des activités humaines. Les émissions de gaz à effet de serre, essentiellement dues à la combustion d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) et à la déforestation, ont continué à progresser en 2021 accentuant les concentrations de ces gaz dans l’atmosphère, en particulier le dioxyde de carbone () et le méthane, qui ont battu de nouveaux records.. En Europe, le mois d’octobre est le plus chaud jamais enregistré par le service européen de surveillance climatique Copernicus. Les températures moyennes ont été « près de au-dessus de la période de référence 1991-2020 ». L'organisme avait déjà annoncé en septembre que l’été 2022 avait été le plus chaud jamais enregistré, avec des températures supérieures à la normale de ..

Parallèlement les événements extrêmes se sont multipliés. Au Pakistan, des inondations dramatiques ont fait au moins Le Pakistan sous les eaux, en première ligne du dérèglement climatique, Radio France, 14 octobre 2022., affecté d'habitants et détruit et d'hectares de terres agricoles.. Un tiers du pays s’est retrouvé sous les eaux, après avoir déjà subi, avec l'Inde, une canicule extrême entre mars et mai, atteignant des pointes à .. En Afrique de l'Est, la sécheresse entraîne des désastres. Les précipitations y ont été inférieures à la moyenne pendant quatre saisons humides consécutives, du fait du phénomène climatique La Niña qui empêche les pluies de s’abattre sur la région, ce qui ne s’était jamais produit en quarante ans, « et tout porte à croire que la saison actuelle pourrait également être sèche », indique l'OMM. Selon l'ONU, de personnes souffrent de la faim cette année dans la région... En Somalie, les analyses effectuées en ont révélé une menace de famine (phase 5 de l'échelle IPC) et indiqué que plus de souffraient d’une faim extrême, signe de catastrophe. Au Kenya et en Somalie, près de de personnes sont en situation d’urgence (phase 4 de l'échelle IPC). L’urgence et la catastrophe sont toutes deux associées à une mortalité accrue.

Projections à l'horizon 2100 vignette|upright=1.4|Projection de la variation de température moyenne mondiale par rapport à la période 1850-1900 suivant les scénarios du GIEC. Le sixième rapport d'évaluation (RE6) du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations unies, qui s'inscrit dans une série de rapports destinés à évaluer et synthétiser les informations scientifiques, techniques et socio-économiques relatives au réchauffement climatique, présente, entre autres, une projection des différents paramètres climatiques à l'horizon 2100.

Les scénarios envisagés par le GIEC sont appelés « trajectoires socio-économiques partagées » (SSPSSP = Shared Socio-economic Pathways, soit trajectoires socio-économiques partagées.). Le scénario climatique le plus favorable, appelé SSP1, implique un changement global vers une gestion durable des ressources mondiales et une réduction des inégalités. Il permettrait d'atteindre les objectifs de l’accord de Paris, à savoir limiter le réchauffement de la planète à 1,5 et . Le scénario suivant, appelé SSP2, s'apparente davantage à un maintien du statu quo, avec des progrès lents et inégaux vers les objectifs de développement durable, la persistance des inégalités de revenus et la dégradation de l'environnement. La surélévation de température serait de . Le scénario SSP3 (+ ) envisage un nationalisme exacerbé dans le monde entier, les pays se concentrant sur leurs intérêts nationaux à court terme, ce qui entraîne la persistance et l'aggravation des inégalités et de la dégradation de l'environnement. Deux autres scénarios, SSP4 et SSP5 (près de ), envisagent des inégalités et une extraction de combustibles fossiles encore plus importantes, mais semblent en contradiction avec une communauté internationale qui a accepté à une écrasante majorité de viser les objectifs climatiques définis dans l’Accord de Paris..

Contexte géopolitique Guerre en Ukraine : entre opportunité et frein à l'action