La grotte de la Sainte-Baume est une grotte aménagée depuis le en lieu de culte et en chapelle (dédiée au culte catholique), située dans le sud de la France, dans le massif de la Sainte-Baume.
Cette grotte de dimensions modestes (environ 20 m par 30), est réputée pour avoir abrité, durant les dernières années de sa vie, Marie Madeleine. Dès le des moines s'installent au bord de la grotte pour accueillir les pèlerins, la grotte étant transformée en lieu de culte. Le sanctuaire se développe au cours des siècles, surtout à partir du , sous l'impulsion des comtes de Provence, et avec l'installation des dominicains. Haut lieu de la chrétienté occidentale, la grotte reçoit la visite de nombreux papes et rois.
Pillé lors des guerres de Religion, détruit totalement lors de la Révolution française, le lieu de culte est reconstruit au , particulièrement sous l'impulsion du père Henri Lacordaire qui restaure le couvent dominicain et l'hostellerie permettant d'accueillir à nouveau les pèlerins.
Au cours du les aménagements de la grotte se poursuivent, ainsi que de tout le sanctuaire dont elle fait partie. Aujourd'hui, la grotte est un important site touristique et économique du département avec l'accueil de et visiteurs par an.
Description Définitions Le terme de ou désigne un abri sous roche, une caverne ou une grotte. Ce terme utilisé en Provence peut voir son orthographe et sa prononciation varier suivant les lieux en baulme, baume, basme, beaume., ou en provençal..
Cette grotte a été très tôt dénommée car sainte Marie Madeleine y aurait vécu 30 années (ou moins, les récits varient), et ainsi sanctifié le lieu par sa présence, après son départ de Terre Sainte. La grotte a donné son nom au massif montagneux qui l’abrite, et à la forêt qui l'entoure.
Remarque : ne pas confondre cette grotte avec , à Lirac dans le Gard..
Contexte géologique et description thumb|La grotte au pied des falaises, entre les bâtiments, au centre de la photo. La grotte se situe dans le massif de la Sainte-Baume, à l'Est de Marseille. Le massif calcaire urgonien présente un plissement anticlinal qui a été poussé jusqu'à retourner localement les strates calcaires. Ce plissement a créé un vide karstique à l'origine de la cavité. La cavité s'ouvre au pied d'une barre rocheuse orientée Est-Ouest. Son ouverture en falaise est visible de loinL'ouverture était d'autant plus visible quand l'entrée n'était pas fermée par un mur, comme ce fut le cas lors de son aménagement.. La barre rocheuse surplombe une forte pente recouverte par la forêt de la Sainte-Baume, forêt primaire qui a été préservée au cours des siècles...
La grotte s'ouvre à une altitude de . Elle est surplombée par une falaise d'une centaine de mètres. Elle présente un développement d'une trentaine de mètres. La topographieLa topographie spéléologique est disponible en ligne. Se reporter au lien en référence. réalisée par Paul Courbon en 2008. montre une forme globalement rectangulaire de 25 m par 20 avec une ouverture (aujourd'hui fermée par un mur) sur toute la largeur de la grotte. Cette ouverture est située en face Nord du massif montagneux, elle est globalement orientée Est-Ouest (comme la falaise)..
thumb|Vue de l’intérieur de la grotte. Le point bas de la cavité se trouve 4 m sous le niveau de l'entrée, au bas des escaliers situés à droite en entrant. Le point haut se trouve environ 4 m au-dessus du niveau de l'entrée, en face de l'entrée, derrière l'autel, en haut d'une série d'escaliers.
Les concrétions (stalagmites et stalactites) sont inexistantes. Au plan hydrologique, la cavité connait de multiples infiltrations d'eau (surtout en période pluvieuse).. Une percolation pérenne a été captée lors de l'aménagement du couvent pour alimenter les habitations en eau courante. Cet usage n'est plus en vigueur, même si les installations persistent.
La grotte, qui est un lieu de pèlerinage depuis le début du christianisme, est aménagée en chapelle. Elle peut accueillir ..
L'aménagement de la grotte Depuis au moins la fin de l'Antiquité, la grotte est aménagée en lieu de culte. Ses multiples aménagements et réaménagements au cours des siècles ont profondément modifié son aspect intérieur.
Au Moyen Âge et à la Renaissance thumb|Représentation médiévale du couvent de l'hostellerie autour de la grotte. Le récit de pèlerins au permet d'avoir une idée de l'aménagement de la grotte à cette époque. Dans un article, Bernard Montagnes en fait la synthèse : .
L'auteur rapporte que le petit écoulement d'eau pérenne dans la grotte était déjà capté à cette date, et que la tradition rapporte que . Montagnes indique également que le était l'objet de rituels (superstitieux) à destination des femmes enceintes.
D'après une représentation de la grotte , un crocodile empaillé était suspendu à la voûte de la grotte. D'après B. Montagnes, ce crocodile . (dragon ayant habité dans cette grotte, d'après la légende).
De nos jours thumb|L'autel de la chapelle. La majeure partie de la grotte est aménagée en chapelle, avec un sol plat, dallé, où des bancs sont tournés vers l'autel central. Derrière l'autel se trouve , lieu supposé où la sainte s'installait pour prierCe lieu est l'un des rares où il ne tombe pas d'eau en période de pluies.. Une statue y est placée pour . Cette statue de Marie Madeleine sur son rocher provient du tombeau du comte Joseph-Alphonse-Omer de Valbelle qui était construit dans la chartreuse de Montrieux. Elle est l’œuvre du sculpteur Jean-Antoine Houdon. La statue représente l'une des maitresses du comte, . Après la Révolution française et la vente des biens de l’Église, les quatre statues de femmes disposées sur ce caveau sont dispersées, l'une d'elles (celle-ci), étant portée à la grotte de la Sainte-Baume pour y représenter .. Devant cette statue, un reliquaire, offert en 1886 par Ferdinand de Terris (évêque de Fréjus-Toulon), contient une partie de tibia et une mèche de cheveux de la sainte pénitente. Le reliquaire est l’œuvre de l’orfèvre lyonnais Armand Caillat.
thumb|Plaque du des parents endeuillés. Le tabernacle, situé à gauche de l'autel est surmonté par une statue de saint Michel. À sa droite, une statue de la Magdalena, offerte au par Félix Dupanloup. Sur sa gauche se trouve une statue de la Vierge à l'Enfant. Cette statue, antérieure à la Révolution a été sauvée de la destruction grâce à des habitants du village de Plan d'Aups qui sont venus l'enlever et la préserver de la haine des révolutionnaires. D'autres statues n'ont pas eu cette chance : elles ont été décapitées.
À droite de l'autel se trouvent des escaliers permettant de monter au . Un peu plus loin (à droite des escaliers), se trouve une autre statue de la sainte intitulée , où Marie Madeleine est portée par deux anges.
Sur la droite de la salle, des escaliers permettent de rejoindre la partie basse de la grotte, un autre lieu de prière est aménagé pour les familles ayant perdu un enfant in utero, ou mort-né. Sur le mur, des petites plaques rappellent les noms des enfants disparus..
Le mur fermant la grotte est percé de sept vitraux réalisés par le Compagnon du devoir Pierre Petit dans les années 1980. Le mur est également recouvert de nombreux exvotos.
Aménagements extérieurs
Les falaises surplombant la grotte et les bâtiments qui l'entourent (couvent, abris des pèlerins), sont équipés de filets de protection contre la chute de blocs et rochers. Ces installations ont fait l'objet d'une purge et entretien au printemps 2021 ayant nécessité la fermeture de l'accès à la grotte durant plusieurs mois..
Sur le parvis de la grotte se trouvent trois constructions : à droite le couvent des dominicains, à gauche un abri pour pèlerins (libre d'accèsCet abri hors-sac ne dispose ni d'eau ni de sanitaires. Il n'est pas aménagé pour servir de gite.) et une petite boutique tenue par le sanctuaire. Une piéta est placée sur le parvis, face à l'église. Plus loin, un calvaire est situé à l'arrivée du chemin d'accès et de ses 150 marches d'escaliers symbolisant les 150 du rosaire.
Notoriété et importance économique thumb|Une des premières gravures de Marie Madeleine et de la grotte dans La Chronique de Nuremberg, 1493. Durant tout le Moyen Âge, la grotte, et le sanctuaire qu'elle abrite, constituent l'un des plus importants lieux de pèlerinage de la chrétienté occidentaleEn premier il y a Jérusalem avec le Saint-Sépulcre, puis Rome avec la basilique du Latran et les tombeaux de saint Pierre et saint Paul, puis la Sainte-Baume avec Marie de Magdala. Aux apparait et se développe le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle sur la tombe de saint Jacques.. D'un accès plus facile et plus sûr que la Terre Sainte, particulièrement lors de sa conquête et occupation musulmane, puis des croisades, le tombeau de Marie Madeleine, est devenu du au un lieu réputé de pèlerinage européen. Ainsi par exemple, en 1580La date est incertaine, entre 1580 et 1583. les autorités civiles d'Auriol font vœu de faire le pèlerinage à la Sainte-Baume chaque année, pour le lundi de Pentecôte.
Au cours du Moyen Âge, a été institué le des Compagnons du Devoir qui offre aux apprentis une période de formation en itinérance pour parfaire leur connaissance et maitrise technique. Cette période de formation, depuis le Moyen Âge, se termine par un pèlerinage à la grotte Sainte-Marie-Madeleine, sur la tombe supposée de , leur légendaire fondateur.. Cette montée à la grotte conclut spirituellement toute la période de formation technique et professionnelle du compagnon. Un livre de passage, tenu aujourd’hui par les Dominicains, permet à chaque compagnon d’inscrire sa venue. Ce livre de passage, pour la période de 1840 à 1921, contient la signature de appartenant à 29 corps de métiers..
Dès le début du , de nombreux livresSe reporter au chapitre des bibliographies qui en recense certaines. sont publiés pour faire connaitre l'histoire de la sainte et la grotte où elle vécut.
En plus de donner son nom au massif montagneux qui l'abrite et à la forêt qui l'entoure, la grotte a donné son nom à la commune de Plan d'Aups (Plan-d'Aups-Sainte-Baume) sur laquelle elle est située, mais aussi celle de la grande ville toute proche : Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, toujours en référence à l'ermitage de sainte Marie Madeleine.
Aujourd'hui, deux pèlerinages avec procession sont organisés jusqu'à la grotte, pour le lundi de Pâques et pour le 15 août.
La grotte de la Sainte-Baume attire chaque année près de et touristes d'après l'office de tourisme. La fermeture d'accès de la grotte (pour risque d'éboulement) entre juin 2020 et avril 2021 a été une d'après la presse régionale..
Le sanctuaire
thumb|La chapelle des Parisiens en 2013. Le sanctuaire se développe au cours des siècles, tout autour de la grotte, surtout à partir du , avec l'installation des dominicains. Devenue un haut lieu de la chrétienté occidentale, la grotte reçoit la visite de nombreux papes et rois. L'histoire du sanctuaire suit celle de la grotte : pillé lors des guerres de Religion, détruit lors de la Révolution française, le sanctuaire est progressivement reconstruit au , sous l'impulsion du père Henri Lacordaire. La nouvelle hostellerie bâtie en plaine au milieu du permet à nouveau d'accueillir des pèlerins dans le sanctuaire.
En plus de hostellerie et de la grotte, le sanctuaire possède différents lieux de culte et de dévotion répartis dans la forêt : la chapelle des Parisiens, la chapelle du Saint-Pilon et trois oratoires (qui ont survécu aux destructions). La chapelle des Parisiens et les oratoires sont classés aux Monuments Historiques.
Depuis les années 2000, huit frères dominicains sont installés à demeure dans le sanctuaire pour assurer l'accueil des visiteurs à l'hostellerie, et l'animation spirituelle des lieux de culte.
Historique
Durant l'Antiquité