La conférence de Dubaï de 2023 sur les changements climatiques, ou COP28, est une conférence internationale de l'Organisation des Nations unies se déroulant du au à Dubaï aux Émirats arabes unis. Elle est la (d'où son acronyme) et réunit les représentants des pays signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Elle constitue également la réunion des parties au protocole de Kyoto (désignée CMP 18) et la cinquième réunion des parties à l'accord de Paris de 2015 (désignée CMA 5).
La conférence a été largement critiquée, tant en ce qui concerne le président du sommet que le choix des Émirats arabes unis comme pays hôte, compte tenu de son bilan environnemental douteux et opaque et de son rôle de grand producteur de combustibles fossiles. Le président du sommet, Sultan Al Jaber, est en effet le PDG de la compagnie pétrolière nationale d'Abou Dabi (ADNOC), ce qui suscite des inquiétudes quant aux conflits d'intérêts.
À quelques jours de la clôture de la COP, des documents divulgués semblaient montrer que les Émirats arabes unis prévoyaient d'utiliser la conférence pour conclure de nouveaux accords sur les combustibles fossiles avec d'autres pays, suscitant un tollé international. Mais le , Al-Jaber annonce qu’un accord de compromis final est conclu entre les pays concernés, l’accord « appelant » toutes les nations à « s’éloigner » des combustibles fossiles « d'une manière juste, ordonnée et équitable », afin d'éviter les pires conséquences du changement climatique, tout en « accélérant l'action au cours de cette décennie critique, afin d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 conformément à la science ». Ce pacte mondial est le premier dans l'histoire des sommets de la COP à mentionner explicitement la nécessité de s'éloigner de tout type de combustibles fossiles, mais reçoit tout de même de nombreuses critiques en raison de la décision de ne pas inclure d'engagement clair à l'élimination ou à la réduction progressive des combustibles fossiles.
Organisation Date et lieu La COP28 devait initialement avoir lieu vers . En raison de la pandémie de Covid-19, la COP 26 de Glasgow (Écosse) est reportée de à , et par voie de conséquence, la COP 27 de Charm el-Cheikh en Égypte reprogrammée en , et la COP28 en ..
La COP28 se tient à Dubaï, première ville des Émirats arabes unis. Ce sera la troisième fois que les négociations annuelles se tiendront au Moyen-Orient, après le Qatar en 2012 et l’Égypte fin 2022, la troisième dans un État membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole après le même Qatar ancien membre de l'OPEP et l'Indonésie en 2007..
Le site de l'exposition universelle de 2020 a été repris pour accueillir la COP.
Présidence Elle est présidée par Sultan Ahmed Al-Jaber, ministre de l’Industrie émirati et PDG de la compagnie nationale Abu Dhabi National Oil Company, ce qui est très mal perçu. et indigne le réseau mondial de plus de ONG environnementales Climate Action Network...
Réunions préparatoires Sommet pour un nouveau pacte financier mondial (Paris, 22 et 23 juin 2023) Une quarantaine de gouvernants se sont réunis à Paris les 22 et pour tenter de dégager de nouvelles ressources au service de la lutte contre la pauvreté et contre le réchauffement climatique. Si le FMI a annoncé que l’objectif de réallouer l’équivalent de de dollars de droits de tirage spéciaux des pays riches vers les pays pauvres, sur les émis en 2023, avait été atteint, les ONG, plus prudentes, ont rappelé qu'en réalité il n’y a pas encore eu de décaissement des . Par ailleurs les débats au sujet d’une taxe sur le commerce maritime, rejetés par les États-Unis et la Chine, n'ont pas abouti. Finalement, le nouveau pacte financier mondial reste un projet, même si une « Déclaration pour une vision commune des banques multilatérales de développement » a pu être définie...
Conférence technique sur le climat (Bonn, 5 au 15 juin 2023) Les représentants de près de se sont réunis à Bonn (Allemagne) du 5 au , pour préparer la COP28. La question de la présidence de la COP par le président d’un groupe pétrolier, Sultan Al-Jaber, a d'abord été au cœur des débats. Plus de européens et membres du Congrès américain ont appelé, dans une lettre publiée le , à sa démission et à « limiter l’influence » de l’industrie fossile dans les discussions climatiques. Près de ont énoncé une requête similaire. Les débats ont également porté sur le choix des solutions, la place de la technologie, l’état des financements ou encore le format que prendra le bilan mondial. Concernant le financement climatique, les pays en développement demandent des gages et souhaitent savoir de quelle manière les déficits des trois dernières années seront comblés. Les pays du Nord et du Sud s’opposent toujours sur le périmètre du fonds (pour financer les coûts des catastrophes climatiques ou également des phénomènes lents ?), les sources de financement (dons, prêts, etc.), la liste des contributeurs (les pays développés au sens de la convention climat de 1992 ou les pays riches d’aujourd’hui) et les bénéficiaires (tous les pays en développement ou seulement les plus vulnérables ?).
Sommet africain sur le climat (Nairobi, 4-6 septembre 2023) Le premier sommet africain sur le climat, pour lequel ont obtenu des accréditations, s'est tenu le du 4 au à Nairobi (Kenya). Il visait à faire du continent une puissance émergente en matière d’énergies renouvelables et à appeler à une aide financière internationale pour révéler son potentiel. Mais d’importants désaccords sont apparus. Les Comores, qui assurent pourtant la présidence tournante de l'Union africaine, ont demandé que le rôle des océans et de l’économie bleue figure dans le texte final. Le Botswana s’est plaint que la question de l’adaptation au changement climatique qui est « le sujet central » pour la survie de millions d’Africains ne soit pas posée de manière plus claire. L'Égypte a demandé que l’objectif de doublement des financements internationaux destinés à l’adaptation soit inscrit dans le texte. La ministre de l’environnement de l'Afrique du Sud, Barbara Creecy, a quant à elle déclaré que son pays ne soutiendrait pas « l’appel en faveur d’un nouveau régime fiscal mondial pour financer l’action climatique à grande échelle ». Le Nigeria a aussi émis des réserves similaires. La République du Congo a déploré l’absence de toute référence aux services écosystémiques rendus par les forêts du Bassin du Congo. La décision finale dite « Déclaration de Nairobi » a néanmoins été adoptée pour servir de base à la position commune de l’Afrique pour la COP28. Les dirigeants africains appellent notamment à l’accélération des initiatives en cours visant à réformer le système financier multilatéral et l’architecture financière mondiale, notamment l’Initiative de Bridgetown, l’Agenda Accra-Marrakech, la proposition de relance des ODD du Secrétaire général de l’ONU et le Sommet de Paris pour un nouveau Pacte de financement mondial..
Semaines régionales du climat Quatre semaines régionales du climat sont organisées pour la première fois en 2023 par l'ONU pour chacun des blocs géographiques des Nations unies. : Bloc géographiqueLieuDatePays d'accueilCommentairesAfriqueNairobi4 au KenyaParallèlement au Sommet africain sur le climat.Moyen-Orient et Afrique du NordRiyad8 au Royaume d'Arabie saouditeAmérique latine et CaraïbesPanama Citydu 23 au PanamaParallèlement à la réunion du Forum des ministres de l'environnement de l'Amérique latine et des Caraïbes (24 - 26 octobre 2023).Asie-PacifiqueJohor13 au Malaisie
Sommet de l’ONU sur l’ambition climat (New York, 20 septembre 2023) À l’initiative du Secrétaire-général de l’ONU et en application d'une décision de la COP27, un sommet de l’ONU sur l’ambition climat s'est tenu à New York le pendant la semaine climat en marge de la Assemblée générale de l’ONU. Intervenant en amont de l’achèvement des travaux sur le bilan mondial, il a surtout pour objet de créer une dynamique diplomatique forte et de donner une nouvelle impulsion politique en amont de la COP28 afin d’accélérer l’action climat par les États et les acteurs non-étatiques (villes, régions, provinces, secteur privé et société civile)...
Conférence du Fonds vert pour le climat (Bonn, 5 octobre 2023) La conférence du Fonds vert pour le climat (GCF) pour acter formellement les engagements des États (en matière de leurs contributions pour la période de reconstitution 2024-2027 s’est tenue à Bonn le . Au total, se sont engagés à fournir un total de pour reconstituer le GCF sur la période de reconstitution (2024-2027). Les trois principaux pays donateurs sont l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France...
Pré-COP (Abu Dhabi, 30-31 octobre 2023) Afin de préparer la COP28, les ministres de l’environnement représentatifs des principaux groupes de négociation, le Secrétariat de la CCNUCC, les présidents des deux organes subsidiaires de la CCNUCC (SBSTA et SBI), ainsi que des représentants de la société civile (ONG…) se sont retrouvés les 30 et à Abu Dhabi pour une « pré-COP » qui devait permettre de faire le point sur les avancées possibles et les blocages à craindre lors de la conférence à venir. En marge de cette pré-COP, un rapport élaboré conjointement avec l'Agence internationale pour les énergies renouvelables et l'Alliance mondiale pour les énergies renouvelablesL'Alliance mondiale pour les énergies renouvelables (Global Renewables Alliance ou GRA) est un groupe de 20 pays et 5 banques publiques ayant annoncé lors de la COP26 mettre un terme, à partir de fin 2022, à leurs investissements publics dans le pétrole, le gaz et le charbon à l’international.est publié. Il propose une feuille de route permettant d’atteindre les deux objectifs phare que la Présidence émiratie souhaite voir adopter lors de la COP28 : tripler la capacité installée de production d’énergies renouvelables d’ici 2030 et doubler le rythme d’amélioration moyen de l’efficacité énergétique dans tous les secteurs d’ici 2030 pour atteindre 4 %..
Participants Avec 80 000 participants inscrits, La COP28 est officiellement la plus grande COP organisée.
Près de font partie des délégations nationales. Le Brésil, habitué aux délégations COP record, arrive en tête avec . Environ sont enregistrés pour Les Émirats arabes unis, 265 pour la France ou 158 pour les États-Unis.
Manifestations Différentes manifestations ont eu lieu, notamment le , au milieu des pavillons de la « zone bleue », un endroit sous contrôle de l'Organisation des Nations unies (ONU), avec des revendications typiques des actions climat, entre défense des droits humains et appels à mettre fin aux émissions de gaz à effet de serre. Même si le défilé n’a pas rassemblé autant de monde que lors des précédentes COP, puisque seules les personnes accréditées ont accès à cette zone, tous les continents étaient représentés, les jeunes Européens côtoyant des hommes et des femmes en tenues traditionnelles d’Amérique centrale.. Le , Licypriya Kangujam, une militante indienne pour le climat de 12 ans, est montée sur la scène principale de la conférence et a brandi une pancarte intitulée « Mettons fin aux combustibles fossiles. Sauvons notre planète et notre avenir. », et a prononcé un bref discours. Elle a été applaudie par le public et expulsée de la séance par le personnel de sécurité. Selon Kangujam, il lui a été interdit de participer à la COP28..
Contexte et enjeux Les Émirats arabes unis, un pays vulnérable au changement climatique