Edmond Beaufort (né vers 1406 et mort le ), comte de Dorset (1442), comte (1444) puis duc de Somerset (1448), fut l'un des grands capitaines anglais de la fin de la guerre de Cent Ans et du début de la Guerre des Deux-Roses.
Il est le troisième fils de Jean Beaufort, comte de Somerset, et de Margaret Holland ; et le neveu de Henri Beaufort, évêque de Winchester et régent d'Angleterre. Ces deux hommes étaient les demi-frères de et les oncles de .
Carrière militaire
Entré très jeune comme commandant dans l'armée anglaise, Edmond Beaufort est capturé lors de la bataille de Baugé en 1421 et restera prisonnier de pendant dix ans. Libéré en 1431 en échange de Charles d'Artois, comte d'Eu, il retourne en Angleterre où il se met au service de Henri Beaufort, en lutte contre Humphrey de Gloucester pour le poste de régent. À la mort du duc de Bedford en 1435, c'est effectivement Henri Beaufort qui dirige l'Angleterre pour , alors mineur. En 1436, il envoie Edmond seconder John Talbot en Normandie qui est en train de reprendre le comté à l'armée du roi de France. En 1440, il parvient tout de même à s'emparer d'Harfleur, que les Français venaient de prendre, et à ralentir l'offensive française. L'Île-de-France est entièrement reprise par les Français mais, pour le moment, la Normandie reste entre les mains des Anglais.
En 1444, William de la Pole, comte de Suffolk, négocie une trêve à Tours sur la base du statu quo. Le mariage est décidé entre et une nièce de , Marguerite d'Anjou, lequel se fait le . Du même coup, Suffolk remplace Henri Beaufort, qui s'est retiré, comme maître de facto de l'Angleterre. , très influençable, lui laisse en effet les rênes du pouvoir. Edmond Beaufort, devenu comte de Somerset à la mort de son frère la même année, est nommé lieutenant de France. Il devient duc de Somerset en 1448. Son frère Jean Beaufort ayant porté le titre avant lui, il est parfois appelé le deuxième duc, mais le titre avait été créé une seconde fois, et il était donc le premier duc, la numérotation recommençant à zéro.
La trêve est rompue en 1449, et se lance à la conquête de la Normandie que Somerset va défendre très mal. Lorsque la campagne militaire s’achève, les Anglais ont perdu plusieurs villes importantes de Basse Normandie (Coutances, Carentan, Saint-Lô, Valognes) et ont été vaincus à plusieurs reprises en Haute Normandie par l’armée française commandée par DunoisGeorges Bernage, 15 Avril 1450, la bataille de Formigny, Revue "Moyen-Age" (Juillet-Août 2000). En quelques mois, il perd presque tout le comté et doit rentrer en Angleterre.
Le Parlement et le Conseil du roi ne pardonnent pas la défaite à Suffolk qui est arrêté puis exécuté. En avril 1450, Edmond Beaufort prend sa place comme conseiller du roi et favori de la reine Marguerite d'Anjou. Cette nomination est cependant contestée par Richard d'York, qui commence à s'aviser que ses droits à la Couronne d'Angleterre sont mieux fondés que ceux de et qui se pose de plus en plus en rival. Le conflit entre les deux branches (les Lancastre et les York) est retardé par l'offensive de en Guyenne qui se termine par une victoire française en 1453. Entre-temps, Edmond de Somerset est rentré en France afin de maintenir une présence anglaise en Normandie, mais il ne peut empêcher la chute de Caen et finalement de toute la province à l'été 1450.
Le , après un traumatisme psychologique (qui serait dû à la défaite de Castillon), devient fou ; indifférent à tout ce qui l'entoure durant plus d'un an, il est incapable d'assumer ses fonctions. Richard d'York passe alors à l'action. En février 1454, il convoque un Parlement qui le nomme Lord Protecteur. Beaufort est envoyé à la Tour de Londres où il végète un an. Au début de 1455, partiellement guéri, reprend le pouvoir et libère son ancien lieutenant.
Celui-ci, appuyé par la reine, convoque aussitôt un grand conseil « en vue de pourvoir à la sûreté du roi contre ses ennemis ». Se sentant menacé, le duc d'York lève une armée et marche sur Londres. Le , les troupes royales, commandées par Somerset, sont battues à la première bataille de St Albans, qui est également la première bataille de la Guerre des Deux-Roses. Edmond Beaufort est tué pendant le combat et le roi, blessé, est fait prisonnier. Richard d'York est le maître de l'heure.
Mariage et descendance En 1435, il épousa Éléonore de Beauchamp (v.1408-1467). Ils eurent : Henri Beaufort (1436-1464), de Somerset ; Marguerite (1437-1474), mariée en 1449 à Humphrey († 1458), comte de Stafford (d'où Henry Stafford duc de Buckingham), puis à sir Richard Darell ; Éléonore Beaufort († 1501), mariée à James Butler, comte d'Ormonde et de Wiltshire († 1461), puis en 1470 à sir Robert Spencer ; Edmond Beaufort (v. 1438-1471), de Somerset ; Jean Beaufort († 1471) ; Thomas († avant 1463 ) ; Anne, mariée à Sir William Paston (fils de William Paston) ; Jeanne († 1518), mariée vers 1478 à Robert, Lord Howth († 1486), puis à Sir Richard Fry († 1504) ; Elizabeth († 1492), mariée à sir Henry FitzLewis ; Marie, mariée à un membre de la famille de Burgh.
Généalogie
Ascendance
Notes et références
Articles connexes Guerre de Cent Ans Guerre des Deux Roses Siège de Caen (1450) Première bataille de St Albans
Liens externes
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