Jean Filiol (parfois orthographié erronément Filliol malgré la graphie de l'acte d'état civil), né le à Bergerac et mort en 1975 à Milan, est un militant nationaliste français, cofondateur avec Eugène Deloncle de la Cagoule en 1935.
Biographie
De l'Action française à la Cagoule vignette|gauche|Jean Filiol (années 1930).|246x246px Militant de l'Action française, où il dirigeait la des Camelots du roi dans le quartier de La Muette. dans le 16e arrondissement de Paris, il est très actif durant la manifestation des Ligues, le . De cet événement, naît une opposition farouche entre les dirigeants de l'Action française, lui et son équipe de camelots. Celle-ci débute par une accusation d'immobilisme lancée à l'encontre de Georges Calzant et Maurice Pujo, qui auraient été introuvables pendant l'émeute. Puis, en 1935, dans un long mémoire signé par 97 camelots appuyés par Jean Filiol, une argumentation tend à accuser Calzant, Pujo et Maxime Real del Sarte de laisser dépérir le mouvement. Filiol et ses 97 camelots sont alors exclus de l'Action françaiseThomas Roman in Agnès Callu, Patricia Gillet, Lettres à Charles Maurras : amitiés politiques, lettres autographes : 1898-1952, Presses univ. Septentrion, 2008, 256 p., 160.. gauche|vignette| Jean Filiol assurant la sécurité de Charles Maurras le 15 mai 1932 lors de la fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme. Dans ces circonstances, se développe dès le mois de décembre un groupuscule, le Parti national révolutionnaire (PNR ou PNRS) qu'il fonde avec son ami Eugène Deloncle.. Ses adhérents ne peuvent échapper à la police. C'est à cette fin qu'ils décident de dissoudre leur association aussi légale soit-elle, et de créer une organisation non plus légale mais secrète, l'Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale (OSARN). Lors de son démantèlement, cette organisation sera dénommée le (CSAR) et surnommée la « Cagoule » dans la presse.
Ce groupe d'extrême droite s'oriente alors dans des actions de plus en plus violentes dans le but de renverser le régime républicain. En 1937, Jean Filiol est soupçonné d'avoir assassiné le l'économiste russe Dimitri Navachine et d'avoir participé à l'assassinat des frères Carlo et Nello Rosselli à Bagnoles-de-l'Orne pour le compte de Mussolini, à la suite duquel il se réfugie en Italie puis en Espagne.
Collaborateur avec l'Allemagne nazie vignette|gauche|Jean Filiol en mars 1943. En 1941, il revient en France et rejoint l'équipe dirigeante du Mouvement social révolutionnaire de Deloncle où il est chargé du renseignement. Le , il organise un pour évincer Deloncle. Pierre Laval, échaudé depuis la tentative d'assassinat dont il a été victime de la part de Paul Collette en , voit en lui un assassin en puissance et le fait interner en au camp de Saint-Paul-d'Eyjeaux.
Joseph Darnand, secrétaire d'État au maintien de l'ordre et chef de la Milice, le fait libérer début 1944 et l'affecte à la Franc-garde de la Milice dans le Limousin, en le chargeant encore du renseignement. Il a investi, avec ses camarades, le Petit Séminaire, près de l’Hôtel de ville de Limoges . Jean Filiol y torture pendant trois mois des résistants, comme Victor Renaud, et laisse dans la région un souvenir épouvantable. Il est aussi en liaison étroite avec les services allemands de la SD, dirigés par les officiers August Meier et Erich Bartels.
Le , Jean Filiol participe avec l'état major des SS de la division Das Reich à la préparation du massacre d'Oradour-sur-Glane notamment une réunion préparatoires aux opérations au siège de la milice rue du général Cérez. Le , à Saint-Victurnien, il monte une embuscade contre des résistants à l’issue de laquelle neuf résistants périrent ainsi que deux habitants du village. Jean Filiol accompagne les Allemands lorsqu’ils descendent pour conduire une grande rafle de suspects dans les rues de Périgueux. Lorsque Jean de Vaugelas est remplacé à Limoges par Émile Raybaud, Jean Filiol, qui ne s'entend pas avec ce nouveau chef qu'il juge trop indulgent, obtient le droit de quitter le Limousin pour l'Auvergne. Il aurait été à l'initiative de l'exécution de 24 civils ou résistants extraits de leur cellule de la prison allemande du RI à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et fusillés à Orcines (Puy-de-Dôme) par les Allemands le en représailles du sabotage de 24 poteaux électriques par la Résistance. Il appartenait alors à la Milice. Selon un rapport du commissaire de police de Chamalières au commissaire central de Clermont-Ferrand, en date du , Filiol aurait à cette date été directeur adjoint du maintien de l'ordre à Clermont-Ferrand sous le nom de Denis. Il rencontre le commandant local Paul Blumenkamp, qui emploie plusieurs agents hauts tel que Ursula Brandt ou encore les français Georges Mathieu, et Jean Vernières. Il serait alors domicilié à Paris Saint-LazareLettre du commissaire Le Pabic au commissaire central, 18 août 1944. Copie conservée par le service de renseignement de la Résistance (SR), archives privées, Clermont-Ferrand.
Le 10 août 1944, Joseph Darnand transmet un ordre de repli général. Jean Filiol quitte Clermont-Ferrand pour Vichy puis traverse la Bourgogne, arrive à Nancy puis en Allemagne, il retrouve dans le dernier refuge des collaborateurs français, Jean Degans, Max Knipping et Marcel Gombert. Jean Filiol installe son QG à Kraunchenwies près de Sigmaringen, où Pierre Laval et Philippe Pétain se sont réfugiés. En compagnie de Jean de Vaugelas, il participe à la création de « maquis blancs » pour reconquérir la France.
Après-guerre Après la guerre, Filiol est condamné par contumace à la peine capitale.
Pour l'historien Robert Paxton, il est évident qu'il fait partie de ces Français marginaux qui
Contrairement à ce qui a été longtemps cru, Filiol n'a pas fuit en Espagne après la guerre. Comme Marcel Déat ou Hermann Bickler, il a choisi de se réfugier dans le nord de l'Italie. Sous le nom d'Adriano Grossi, il a pu refaire sa vie dans la région de Milan jusqu'à sa mort en 1975.
D'après Christine Sautermeister, professeur à l'université de Hambourg, Jean Filiol aurait inspiré le personnage du tueur Horace Restif dans les romans D'un château l'autre et Rigodon de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline. L'assassin fictif est également nommé « Palmalade », un pseudonyme utilisé par le tueur de la Cagoule, affirme l'universitaire franco-allemande..
Notes et références
Annexes Sources primaires
Vol. 1, Paris, Éditions du Clan, 1967, 459 p. Vol. 2, Le Roman noir de la droite française, Paris, Éditions du Clan, puis Robert Desroches, 1967, 472 p.
Bibliographie
Liens externes
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