Les Mising ou Mishing, parfois appelés Miri, sont une communauté indigène qui habite certaines parties des États indiens de l'Assam et de l'Arunachal Pradesh. Ils étaient, par le passé, également connus sous le nom de Miris et sont toujours reconnus en tant que Miris dans la Constitution de l'Inde.
Cette tribu est par ailleurs répertoriée par le gouvernement indien sous le nom de « Miri ».
Leur langue, le Mising, fait partie de la branche tani de la famille des langues sino-tibétaines.
Étymologie « Mising » est un endonyme et signifie littéralement « homme de la terre ».
« Miri », en revanche, est un exonyme communément utilisé par les Assamais des plaines. Les origines de ce terme font encore l'objet de nombreux débats : certains érudits coloniaux affirmèrent que « miri » faisait référence à leur statut d'intermédiaires entre les peuples des plaines de la vallée du Brahmapoutre et les tribus des collines au nord, tandis que d'autres, comme Grierson (1909), pensaient qu'il signifiait « gentihomme », tandis que Crooks l'interprétait comme « homme des collines ».
Des études plus récentes associent les miri à des « fonctionnaires » religieux de certaines tribus Tani des collines. Selon ce point de vue, lorsque les Mising migrèrent vers les plaines, ils furent identifiés comme venant du Miri pahar («collines Miri»), dont la dimension magique aurait été célèbre à l'époque, et le nom resta.
Histoire Les Mising appartiennent au plus grand groupe du tani, parlant des langues sino-tibétaines et comprenant de nombreuses tribus de l'Arunachal Pradesh en Inde et au Tibet.
Toutes les tribus Tani partagent des similitudes linguistiques, culturelles et génétiques. Ils ont la plus grande similitude avec les peuples Tani de la région de Siang-Subansiri, en particulier les Padam-Miniyong.
La première mention des Mising vient du royaume d'Ahom au début du , lorsque les Mising étaient encore des tribus montagnardes indépendantes au nord de la vallée du Brahmapoutre.
En 1615, les Mising attaquèrentle territoire d'Ahom et les troupes envoyées pour les maîtriser échouèrent.
En 1655, les Mising lancent un autre raid qui aboutit à une contre-attaque des forces Ahom au cours de laquelle les Misings furent battus. Ces derniers accèptent alors de payer un tribut annuel aux Ahoms et donnèrent 12 hommes aux Ahoms pour les deux qu'ils avaient brûlés.
Par la suite, de nombreux Mising obtiennent des postes élevés dans l'administration Ahom, preuve d'un plus grand contact culturel avec les Assamais par rapport aux autres tribus montagnardes.
Il n'y a pas d'histoire écrite des Mising, ni concernant leur migration de l'Himalaya vers les plaines de l'Assam. Mais leur histoire fut transmise oralement sous la forme de chansons et de folklore par les ancêtres de génération en génération et est toujours répandue dans leur société.
Bien qu'ils fussent initialement des habitants des collines, ils migrèrent vers les plaines au et commencèrent à vivre sur les rives des rivières de l'Assam. La raison de ce changement d'habitat n'est pas connue, mais une théorie avance que les Mising vivant actuellement dans les plaines de l'Assam ne constituaient pas au départ une seule tribu, mais qu'elle a évolué en une seule lorsque de nombreuses tribus de diverses tribus Tani de l'Arunachal Pradesh migrèrent vers les plaines de l'Assam.
Ceci peut expliquer la présence de nombreux clans Mising avec différents dialectes Mising ainsi que différents niveaux de développement. Selon les historiens, les Mising descendirent en plaine en deux groupes: les Barogam et les DohgamDas, Juthika, The mishing culture of assam: A socio philosophical study,p. 44.
D'autres théories affirment que les Mising des régions montagneuses de la région de Subansiri-Siang étaient subordonnés aux Abors et ont donc migré vers les plaines pour échapper à leur sort.
Des contes populaires Mising parlent d'une embuscade contre des soldats birmans par des Misings sur le Brahmapoutre, ce qui implique que les Mising étaient bien établis en Assam avant les invasions birmanes de 1817.
Au début de la période britannique, les Misings continuaient à se déplacer des collines vers les plaines, mais même eux continueraient à faire face aux raids de leurs anciens suzerains Abor. Les administrateurs britanniques tentèrent de forcer de nombreux Misings à retourner dans les collines et sous leur ancien statut subordonné. Cependant, lorsque les Britanniques pacifièrent les tribus des collines, les Misings vécurent en paix dans les plaines.
En 1924, des tribus Mising instruites formèrent leur « Grande Assemblée des Mising » (« Mising Bane Kebang ») à présent la plus importante organisation Mising.
Mouvements autonomistes Les Misings disposent actuellement d'une certaine autonomie d'État sous le Conseil autonome des Misings (MAC), qui a été formé en 1995 à la suite de violents affrontements au début des années 1990 pour une plus grande autonomie. MAC comprend 40 circonscriptions dans huit districts du haut Assam comprenant des zones centrales et des zones satellites. Les conseillers exécutifs (CE) de 36 circonscriptions sont élus démocratiquement tandis que 4 autres membres sont représentés par le gouvernement au pouvoir d'Assam. Des tensions existent entre la tribu Mising et d'autres communautés concernant l'inclusion de quelques villages non-Mising dans MAC. Bien qu'aucune violence n'ait eu lieu entre les Misings et les non-Misings, certains syndicats non-Mising se sont toutefois heurtés à la police. La zone MAC constitue plus de 60% de la population ST et les autres communautés sont minoritaires.
La plupart des Misings résident aujourd'hui dans les districts de Dhemaji et Lakhimpur, à la frontière de l'Arunachal Pradesh, tandis qu'un nombre important est également présent dans le district de Majuli.
Depuis 1983, les organisations Mising demandent le statut de « sixième annexe » en vertu de la Constitution indienne. Diverses organisations nationalistes Mising ont été formées, comme Takam Mising Porin Kébang (Union des étudiants Mising) et Mising Bahne Kebang (Conseil Mising) après l'inclusion de l'éducation dans les zones Mising. vignette| Femmes Mising dansant sur Ali Ayé Lígang, une fête traditionnelle des Misings
Population Selon le recensement indien réalisé en 2011, la population de Mising en Assam est d'environ 7 lakhs avec un bon ratio homme-femme.
Ils vivent principalement dans dix districts de l'Assam : Dhemaji, Lakhimpur, Sonitpur, Tinsukia, Dibrugarh, Sivasagar, Majuli, Charaideo, Jorhat et Golaghat, et dans trois districts de l'Arunachal Pradesh : East Siang district, Lower Dibang Valley et Lohit.
Les villages Mising les plus importants de l'Arunachal Pradesh comprennent Oyan et Namsing, dans le district de East Siang. À Namsai (district de Lohit) on trouve un bon nombre de Mising, en particulier dans les environs du village de Silatoo Mising"A-11 Individual Scheduled Tribe Primary Census Abstract Data and its Appendix". www.censusindia.gov.in. Office of the Registrar General & Census Commissioner, India. Retrieved 2017-11-03..
Culture
Musique et danse Les Misings ont une variété de différents types de chansons folkloriques :
Ahbang : un verset d'hymne de louange et d'adoration des dieux et des déesses. Il est chanté par le Mibu (prêtre) lors de rituels. Il existe également des Ahbangs communautaires généralement utilisés à Pobua ou Porag, un festival rituel, priant pour de meilleures récoltes, la santé et le bonheur.
Kaban - C'est l'une des plus anciennes formes de chansons folkloriques Mising. C'est une musique de lamentation qui rappelle des événements tristes. À la mort d'un être cher, les femmes éclatent en une sorte de cri et de chant qui, pour un étranger, peut sembler drôle.
Tebo Tekang - C'est une romance, racontant des rencontres amoureuses.
Siuhung Nitom - C'est une chanson mélancolique, chantée dans des endroits isolés comme la jungle.
Bini - Ce sont des berceuses chantées à la maison ou dans les champs (lorsque le bébé accompagne la mère sur le terrain). Le bébé est attaché dans le dos de la mère ou de la jeune nourrice.
Midang Nitom - Ceci est généralement chanté au moment d'introduire une mariée dans son nouveau foyer, souvent pour la taquiner. Celles-ci sont également plutôt mélancoliques, car elles dépeignent la tristesse des mariées qui pleurent d'être séparées de sa famille, de ses amis et de l'environnement familier de l'enfance.
Oi Nitom - C'est la forme la plus populaire de chanson folklorique Mising, chantée par les jeunes Mising lorsqu'ils travaillent ou se déplacent dans les champs, les bois, etc. Elle fait partie intégrante du Mising Soman (danse). Il a une variété de thèmes allant de la romance, l'humour, la tragédie et les motifs socio-culturels. Chaque ligne dans un Oi-Nitom est de sept syllabes.
Les Misings ont une riche musique folklorique. En dehors du dumdum, du luhpi, du lehnong, du marbang, du bali, etc. utilisés dans la danse Gumrag et qui sont communs à d'autres locaux, voici les types typiques d'instruments traditionnels joués dans la musique folklorique mising : ejuk tapung, derki tapung, tumbo tapung, tutok tapung, ketpong tapung, gekre tapung, dendun, dumpak corég, gunggang, tulung etc. Ce sont principalement des instruments à vent en bambou. Le Yoxa (épée) est utilisé comme instrument de musique par le prêtre (Mibu) lors de danses religieuses.
Il existe de nombreux types de danses Mising, et chacune a ses règles particulières. Le Gumrag est exécuté cinq fois en cercle. Les tambours et les cymbales sont les instruments de musique habituels de ces danses.
Mibu Dagnam est une danse sacerdotale exécutée principalement pendant Po:rag – la fête des récoltes – et observée dans le Murong, la salle communautaire des Misings. Le prêtre chante l'Ahbang en exécutant cette danse rituelle.
Selloi - C'est une sorte de chant et de danse joyeux souvent exécutés pour le plaisir, par de jeunes garçons et filles avec accompagnement de tambours ou de cymbales. Elle symbolise le commencement historique de l'afflux des Mising des collines vers les plaines de l'Assam.
vignette| Une fillette Mising, dans son costume traditionnel
Lereli - De temps en temps, toutes les sections de personnes présentes s'adonnent au chant et à la danse lereli dans le plaisir et la gaieté, en particulier lorsqu'elles rencontrent de vieux amis.
Ejug Tapung Sohman - Il s'agit d'une forme de danse très ancienne exécutée avec l'accompagnement de l'ejug tapung, un instrument à vent ressemblant à celui utilisé par les charmeurs de serpents.
Gumrag Sohman (Gumrag Paksong) - Cette danse est exécutée à l'occasion d'Ali-Aye-Ligang et à Mising Bihu.
Lotta Sohman - Cette danse est exécutée en toute occasion, comme expression de joie ou de célébration communautaire. Anciens et jeunes, tous se joignent à ces danses
Mariage Les Mising sont une société patrilinéaire et patriarcale et ainsi, selon le droit coutumier, seuls les enfants mâles ont le droit d'hériter des biens d'une famille. Cependant, les filles peuvent hériter des vêtements et des bijoux de leurs mères.
Les mariages parmi les Mising se déroulent de quatre manières :
les mariages formels par négociation (Midang); le mariage par fuite (Dugla-lanam); le mariage par une cérémonie très simple; et le mariage par la force (Kumna-sola-lanam ; note: cette dernière n'est pas une pratique habituelle de la tribu mais correspond plus à la mentalité de certains parents ou familles.
Le dernier cas, dans lequel un homme fait d'une femme sa femme contre son gré en l'extirpant d'un foyer et en commençant à vivre ensemble, n'est plus en pratique.
L'extrême pauvreté ou certains inconvénients logistiques obligent parfois les familles à organiser un mariage du troisième type, dans lequel quelques anciens, invités dans la maison du marié, bénissent le futur couple autour de quelques bols de bière de riz - et le mariage est terminé.