Les difficultés d'apprentissage sont des obstacles aux apprentissages, des difficultés de progression qu'un apprenant rencontre.

Difficultés ou troubles de l'apprentissage ? Il ne faut pas confondre difficultés d'apprentissage et trouble d'apprentissage, ces deux termes traitant des problématiques différentes .

Le trouble d'apprentissage est un terme médical qui désigne un trouble permanent d’origine neurologique. Un trouble d'apprentissage correspond à une atteinte affectant une ou plusieurs fonctions neuropsychologiques, ce qui perturbe l'acquisition, la compréhension, l'utilisation et le traitement de l'information verbale ou non-verbale

La difficulté d'apprentissage quant à elle est temporaire, cependant, elle peut être grave et durable en fonction de la situation de la personne affectée. Ils n’atteignent pas les fonctions cognitives, et les facteurs déclencheurs de ces difficultés sont souvent externes à la personne.

Les types de difficultés d'apprentissage

Les difficultés dites "normales" Les difficultés dites "normales" se manifestent lorsque le processus d'apprentissage est jalonné de phases difficiles lors de l'acquisition de connaissances. Les représentations ou les gestes anciens doivent être abandonnées et remplacées par des représentations ou des gestes plus pertinents.

Une personne qui a des lacunes dans une matière, manifestera une certaine difficulté face à la matière jusqu'à ce qu'elle se conditionne à changer sa manière de voir cette matière.

Les difficultés "majeures" Les difficultés "majeures", c'est ce qu'on appelle des "blocages". Le fait de ne pas réussir ou de comprendre après plusieurs essais.

Les difficultés psychomotrices Un document de l'Afpa parle de « difficultés psychomotrices » lorsqu'un apprentissage pour un métier manuel recourant à postures ou gestes peu naturels ne peut se faire par simple imitation mais nécessite que chaque apprenant trouve sa propre posture pour réussir. Il arrive que malgré un entraînement long, certains aient du mal à y parvenir.

Les difficultés cognitives 1- la mauvaise gestion de la complexité : la concentration est basée sur le résultat à atteindre et non pas le cheminement pour atteindre l'objectif.

2- les difficultés de compréhension orale et écrite : lorsque la langue qu'il y a la barrière de la langue, ou que nous sommes face à un apprenant illettré ou allophone. L'apprenant exprimera des difficultés dans la compréhension mais aussi dans l'écrit, ce qui peut causer un blocage voire un frein à l'apprentissage car l'apprenant n'avancera pas au même rythme que les autres.

3- Une mémorisation insuffisante : les difficultés de mémorisation se manifestent par une impossibilité totale voir partielle coder des informations dans la mémoire à court ou à long terme

4- L'inadéquation entre le style d'apprentissage préféré et les conditions de l'apprentissage : en fonction des modalités mises en œuvre , l'apprentissage peut être difficile s'il y a un trop grand hiatus avec les préférences de l'apprenant. Par exemple un apprenant peut préférer des supports visuels à des supports oraux ; préférer partir d'une vue d'ensemble pour rentrer ensuite dans le détail ou à l'inverse maîtriser un ensemble de détails pour en faire ensuite une synthèse ; préférer un enseignement très structuré de type cours magistral ou au contraire disposer d'une grande autonomie. D'autres composantes des styles d'apprentissage ont été abondamment décrites, et un minimum de 71 styles différents a été répertorié. Il est généralement conseillé aux enseignants d'adapter leurs modalités à chaque style d'apprentissage présent dans le public formé, ou de mixer ces modalités mais l'efficacité de la première option a été remise en cause, une préférence étant à donner à des méthodes pédagogiques déjà éprouvées. Les causes et conséquences des difficultés d'apprentissage Plusieurs facteurs sont la cause, voire la conséquence des difficultés d'apprentissage. Les circonstances de la vie ont un fort impact sur nos capacités d’apprentissage.

La précarité est une cause des difficultés d’apprentissage. “La précarité est l'absence d'une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et aux familles d'assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux. L'insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives.” d’après J. Wresinski.

Lorsque la situation familiale n’est pas stable, saine, cela peut générer du stress et de la souffrance auxquelles les enfants ne peuvent échapper.  

Sur le plan scolaire, cela amène à des effets négatifs sur les résultats scolaires, engendre des moqueries, du harcèlement… Cela peut aller jusqu’au décrochage scolaire.

Le décrochage scolaire est une cause aux difficultés scolaires, mais cela peut être aussi une conséquence. Le décrochage scolaire est le résultat de faiblesses que l'élève connaît au cours d’une longue période scolaire. Cela résulte de la difficulté d'apprentissage, ou encore du mal être que l’élève peut ressentir.

L'apprentissage scolaire et l’éducation familiale sont tous deux des causes face aux difficultés scolaires. Il faut savoir que l’école est pour une partie des enfants un lieu de perte de confiance en soi. L'insuffisance des performances scolaires est souvent attribuée au manque de travail, à l'incompétence, aux capacités personnelles, ou encore au désintérêt des familles pour l’école. Dans les milieux populaires, cela commence très tôt, on possède peu le code culturel implicite de l’école et on a un niveau de compétence langagière inférieur à celui exigé par la pratique scolaire.

L’expérience familiale ne permet pas toujours de préparer et n'entraîne pas toujours les enfants aux modalités scolaires de mobilisation de la pensée. De ce fait, les enfants connaîtront très vite l’échec, sans pouvoir y remédier, sans comprendre les raisons de tout cela.

L'illettrisme, la dyslexie et l'origine sociale sont des causes des difficultés d’apprentissage. D’après une étudeBeauvois J.L., Dubois N., Pratiques éducatives familiales et internalité. Rapport de recherche, MIRE, 1990 faite auprès d’un groupe de jeunes en formation, ayant étudié en France sur 89 d’entre eux, 57 était en grande difficulté de lecture à la suite d'évaluations de lecture et les habiletés métaphonologiques. Ces jeunes étaient indemnes de troubles sensoriels et leur QI normal. Ce niveau de lecture bas, ne leur a pas permis d’obtenir leur diplôme pour 90 % d’entre eux. Toujours sur ces 57 apprenants, 56 % avaient des difficultés à déchiffrer et à identifier les mots, ce qui a permis de faire un diagnostic de dyslexie développementale.  

La dyslexie est un trouble spécifique du langage écrit qui ne s’explique ni par la déficience intellectuelle, ni par une pathologie neurologique, par une carence socio-éducative majeure ni par des troubles sensoriels. Dans la dyslexie, le déficit en lecture se caractérise par une grande difficulté à identifier les mots dû, le plus fréquemment à un déficit habilité métaphonologique.

Avant cette étude, les jeunes n’avaient jamais bénéficié de diagnostic de dyslexie. Cela se caractérise par un échec scolaire précoce, dès l’apprentissage de la lecture en Cp, un grand nombre d’entre eux ont fréquenté des classes spécialisées. Il faut savoir que les enfants dyslexiques de famille précarisées sont très rarement diagnostiqués. Leur échec et leurs difficultés d’apprentissage sont mis sur le compte de leur environnement culturel et familial et cela est considéré comme étant normal.

En absence de toute prise en charge et sans soutien efficace, l’enfant dyslexique va évoluer inexorablement vers l'illettrisme et la précarité.

La précarité liée à l’emploi est vue comme une conséquence des difficultés scolaires. L’insécurité face à son emploi, le chômage,  cette forme de précarité peut être liée à différentes situations notamment le manque de qualification. Ce qui ne permettra pas une évolution ou  une considération du poste malgré l’expérience et les compétences démontrés par l’employé. Aujourd’hui, les diplômes ont une importance dans le marché de l’emploi. Cela permet de classer, catégoriser une personne face à ses fonctions. Une personne qui n’a pas pu obtenir de diplôme au cours de son parcours scolaire à cause de certaines difficultés sera confrontée à cette précarité. Les normes liées à l’emploi évoluent, la formation est la seule issue qui peut permettre à l’individu de se requalifier professionnelle.

Le besoin de formation est une conséquence des difficultés d’apprentissage.  Souvent confronté à une reprise d’étude à l’âge adulte, une personne ayant subi une précarité scolaire exprimera des difficultés, des appréhensions face à cette décision. Mais l’objectif est d’accompagner l’apprenant à ce qui sera pour lui une réussite, c’est-à-dire l’accompagner à surmonter ses difficultés, valoriser son apprentissage.  

De plus en plus, dans certaines régions, on retrouve des parcours de formation pour mieux accompagner le public en situation de précarité :

la formation d’insertion professionnelle et sociale : ce sont des formations qui ont pour but de remettre à niveau les apprenants en mathématiques, français, bureautique ainsi qu’en sciences humaines. D’autres formations ont pour but la sécurisation du parcours de formation qualifiante et le retour à l’emploi. la formation qualifiante : ce sont des formations qui ont pour objectifs l'acquisition de compétences, ainsi que d’une qualification, afin de faciliter favoriser le retour à l’emploi et s’adapter au marché de l’emploi.

Si on s’appuie sur le Dossier “Le cœur à l’ouvrage” Pourquoi nous formons-nous, Mars 1999 écrit par Philippe Carré, on peut suivre une formation professionnelle pour de multiples raisons, telles qu’une visée promotionnelle, se cultiver, développer des compétences, bénéficier de contacts sociaux, acquérir une meilleure image de soi, s'évader de conflits familiaux.

À la suite d’une recherche réalisée par Philippe Carré auprès d’un public adulte en formation afin d’apprécier le “tableau motivationnel” qui les caractérise lors de leur engagement dans un processus de formation, différentes catégories de réponses ont été relevées. Donc une quatrième catégorie rassemble l'orientation extrinsèque et l'orientation vers l'apprentissage (quadrant nord-ouest). Elle s'exprime sous deux formes différentes :

Motif opératoire professionnel : c’est l’acquisition des savoirs (connaissances, habiletés et attitudes) perçus comme nécessaires à la réalisation d'activités spécifiques sur le champ du travail, afin d'anticiper ou de s'adapter à des changements, de découvrir ou de perfectionner des pratiques, mais toujours avec un objectif de performance précis.

Motif opératoire personnel : la formation doit permettre d'acquérir les savoirs, perçus comme nécessaires à la réalisation d'activités spécifiques en dehors du champ du travail (loisirs, vie familiale, responsabilités associatives, humanitaires, religieuses, politiques).

Et une cinquième catégorie plus « centrale », qui surtout de l'orientation extrinsèque.

On y rencontre deux motifs :

Motif identitaire : ce motif est centré sur la reconnaissance de l'environnement et l'image sociale de soi, en dehors de tout motif économique. Il s'agit d'acquérir les savoirs et/ou la reconnaissance symbolique nécessaires à une transformation (ou une préservation) de ses caractéristiques d'identification sociale, à travers le maintien ou la transformation du statut social ou familial, de la fonction, du niveau de qualification, du titre.

Motif vocationnel : la personne cherche à acquérir les savoirs et/ou la reconnaissance nécessaires à l'obtention d'un emploi, à sa préservation, son évolution ou sa transformation. La raison de s'engager en formation est ici centrée sur une logique d'orientation professionnelle, de gestion de carrière ou de recherche d'emploi.