La Négation (en allemand : ) est un bref écrit de Sigmund Freud, paru en 1925 dans la revue Imago. Freud y donne l'explication métapsychologique de son concept de (dé)négation lié au refoulement dans la clinique des névroses.

Ce texte a suscité un vif intérêt chez les psychanalystes français et a donné lieu notamment à un débat du philosophe hégélien Jean Hyppolite avec Jacques Lacan dans les années 1950.

Histoire

Le court article intitulé en allemand est écrit par Sigmund Freud en juillet 1925 et paraît au troisième trimestre de la même année dans la revue ImagoAlain Rauzy, « Notice » pour La négation, OCF.P XVII : 1923-1925, Paris, PUF, 1992 , .. Étant donné l'intérêt qu'il a suscité chez les psychanalystes français, il aura donné lieu à plus de dix traductions différentes. Le commentaire du philosophe Jean Hyppolite et la discussion de Jacques Lacan, dont il a fait l'objet, ont été publiés en 1956 dans la revue La Psychanalyse, puis dans les Écrits de Jacques Lacan en 1966.

Traductions françaises de la freudienne Selon Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, les polémiques suscitées en France à l'occasion de la traduction de la freudienne ont d'abord eu lieu à la suite d'une discussion entre Freud et René Laforgue à propos de la scotomisation, puis des théories d'Édouard Pichon sur la négation grammaticale, enfin de la création du concept de forclusion par Jacques Lacan..

En 1934, Henri Hoesli adopte le mot « négation » pour dans la première traduction en français du texte de Freud. En 1956, dans son débat avec Jacques Lacan, le philosophe hégélien Jean Hyppolite (1907-1968) lui préfère le terme « dénégation », tandis qu'en 1967, dans le Vocabulaire de la psychanalyse, Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis nomment « (dé)négation » la et « déni » la , laquelle est rebaptisée « désaveu » par Guy Rosolato (également en 1967). En 1989, dans Traduire FreudJean Laplanche, « Terminologie raisonnée », entrée: « nier », dans: , ., l'équipe de Jean Laplanche (1924-2012) et d'André Bourguignon (1920-1996) adopte de nouveau le mot « négation ». En 1989 en effet, dans le cadre des traductions des Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse, Jean Laplanche ne maintient pas l'ancienne traduction de Verneinung par « (dé)négation » de Laplanche et Pontalis en 1967, : le texte de Freud « die Verneinung », écrit Laplanche, a en effet .

Éditions (D'après la notice des OCF.P)

Première publication : 1925 : Die Verneinung, Imago, 11 (3), .

Principales éditions allemandes : 1928 : Gesammelte Schriften, t. XI, . 1943 : Gesammelte Werke, t. XIV, . 1975 : Studienausgabe, t. III,

Traduction anglaise : 1961 : Standard Edition, t. XIX, : Negation.

Traductions françaises : 1934 : « La négation », traduit par H. Hoesli, Revue Française de Psychanalyse, 7 (2), . 1985 : « La négation », traduit par Jean Laplanche, in S. Freud, Résultats, idées, problèmes, II, Paris, Presses universitaires de France, . 1992 : « La négation », traduit par Jean Laplanche, dans Oeuvres Complètes de Freud / Psychanalyse — OCF.P XVII : 1923-1925, Paris, PUF, , .

Le concept freudien de (dé)négation

Dans le Vocabulaire de la psychanalyse, Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis rapportent que c'est dans l'expérience de la cure que Sigmund Freud a mis en évidence le procédé de , ainsi que les deux auteurs traduisent en 1967 le concept freudien de la Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse (1967), entrée: « (dé)négation », Paris, P.U.F., édition, 1984,, .. Freud a en effet rencontré très tôt chez les hystériques une forme de résistance particulière, il écrit dans les Études sur l'hystérie : . L'autre exemple de (dé)négation est celui de « L'homme aux rats » auquel vient par association l'idée du malheur qui pourrait le frapper, celui de la mort de son père, idée qu'il repousse énergiquement en se défendant contre la possibilité d'en avoir pu ainsi exprimer le « désir ». En 1967, la définition de la « (dé)négation » que donnent Laplanche et Pontalis est donc liée au refoulement : c'est, disent-ils, un . La phrase d'un patient à propos de la femme dont il a rêvé montre que le refoulé est reconnu de manière négative, sans être accepté .

Cette idée que la prise de conscience du refoulé peut se signaler dans la cure par la (dé)négation est au point de départ de l'article de 1925 intitulé , où Freud fournit alors l'explication métapsychologique du phénomène en développant les trois affirmations solidaires suivantes :

(Freud, Die Verneinung, 1925).

D'après Laplanche et Pontalis, la troisième proposition — concernant le « symbole de la (dé)négation » — montre en dernier lieu que pour Freud, la (dé)négation à laquelle on a affaire en psychanalyse et la négation logique ainsi que la négation au sens linguistique ont une même origine, ce qui représente la thèse majeure de son article de 1925 Die Verneinung. Selon Monique Schneider, le texte de Freud pose une question topique : ..

Jugement d'attribution et jugement d'existence Dans La négation, Freud rattache au toute qualification de ce qui est bon et mauvais et la construction des limites du Moi : Colette Chiland, « 7 - A propos de la négation (Freud, 1925) », dans Colette Chiland, Homo psychanalyticus, Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Psychologie d'aujourd'hui », 1990, . . Ce premier niveau de l'attribution d'une propriété bonne ou mauvaise à une chose renvoie aux motions pulsionnelles animant . Dans le registre pulsionnel, les opérations instaurent ainsi une .

Freud distingue le du jugement d’attribution sur un mode classique, à l'instar de Kant. Le philosophe dit que en expliquant que . Il donne l'exemple du concept de cent thalers : . Le psychanalyste quant à lui rattache à ce jugement d’existence l’épreuve de réalité. Selon Colette Chiland, il apparaît dans La négation que, pour Freud, . D'après Monique Schneider, ce second niveau de décision judicative , requiert la médiation de la représentation, pour témoigner de la réalité du représenté. En recoupant l'épreuve de réalité, le jugement d'existence .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

(Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs :) Colette Chiland, « 7 - A propos de la négation (Freud, 1925) », dans Colette Chiland, Homo psychanalyticus, Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Psychologie d'aujourd'hui », 1990, . . Suzanne Ginestet-Delbreil, « Dualité de la pulsion de mort », Les Lettres de la SPF, 2011/1 (N° 25), . DOI : 10.3917/lspf.025.0087. Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse (1967), entrées: « (dé)négation », « moi-plaisir — moi-réalité», Paris, P.U.F., édition, 1984,, . Jean Laplanche, « Terminologie raisonnée », entrée: « nier », dans: , . Alain Rauzy, « Notice » pour « La négation », OCF.P XVII : 1923-1925, Paris, PUF, 1992, , . . . Jacques Tréhot, « Il était une fois... la BEJAHUNG », Champ lacanien, 2006/1 (N° 3), . DOI : 10.3917/chla.003.0195.

Articles connexes Négation (linguistique) Négation logique Négation en français Déni

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