Joseph-Patrice Fouchard, dit Hugues Frédéric Robert Dubourg ou Frédéric Butler Dubourg ou plus simplement le général Dubourg, né le à La Rochelle et mort le à Paris, est un officier français.

Biographie

Fils de Patrice-Jean-Pascal FouchardWalter Bruyère-Ostells, La grande armée de la liberté, 2009, , bourgeois et de Marie-Madeleine Dionneau, Joseph-Patrice Fouchard entre dans la Marine à 10 ans sur un bâtiment de commerce, Le Sensible et devient aspirant à 15 ans sur une canonnière avant de servir à 17 ans comme officier sur un corsaireJean-Claude Sosnowski, Dubourg (ou Du Bourg ou Du Bourg de Butler ou Dubourg-Butler, Frederick-Robert ), Joseph-Patrice Fouchard dit, décembre 2015, Dictionnaire biographique du fouriérisme sur charlesfourier.fr..

Il prend part dès 1793 aux guerres de Vendée avec les Royalistes. Il s'auto-proclame général, se bat dans l'Argonne et est capturé en 1796. Libéré, il rallie les Républicains. En 1810, il signe Fouchard-Dubourg puis Hugues-Frédéric-Robert Dubourg, en 1814, comte Dubourg et en 1815, comte Du Bourg de Butler avant de ne conserver que le nom DubourgPierre Baudrier, Notes de lecture, in Bulletin de la Société des Archives Historiques. Revue de la Saintonge et de l'Aunis XVI, Paris : A. Picard ; Saintes : Mme Mortreuil, 1896, , reproduit dans G.H.C., bulletin , février 1996, .

Enseigne de vaisseau sous l'Empire () à Toulon sur Le Vulcain, diverses rixes le font dégrader () mais il est rétabli dans ses rangs et grade le . Lieutenant de vaisseau () sur le Charlemagne, vaisseau de l’escadre de l’Escaut, il est promu adjudant de l’escadre de l’Escaut mais, le , est de nouveau dégradé pour avoir introduit des denrées coloniales d’une valeur de 7 à francs sur L'Eugénie et pour avoir refusé de les rendre ou de les rembourser. Il accompagne Bernadotte en Suède et en 1812, essaie en vain de se faire reconnaître comme capitaine d’un vaisseau corsaire à Copenhague.

Napoléon rappelant tous les officiers qui ont accompagné Bernadotte en Suède, il devient en chef d'état-major de Berthier, prince de Wagram puis de juillet à , est affecté au service du général ClaparèdeAlfred Marquiset, « Un héros de Juillet », Le Correspondant, 25 juillet 1914, .. Il participe à la campagne de Russie et est prisonnier de guerre à Saint-PétersbourgRaymond Lécuyer, « Un héros des Trois Glorieuses. Le roman du général Dubourg », Le Figaro, 30 juillet 1930, .. Il arbore alors le titre de colonel que Claparède lui aurait donné ainsi qu'une Légion d'honneur.

Autorisé à rentrer en France à la chute de Napoléon, il mêle habilement mensonges et exactitudesBiographie des hommes vivants ou histoire par ordre alphabétique de la vie publique de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs actions ou leurs écrits, tome 2, Paris, L. G. Michaud, octobre 1816 – février 1817, pour obtenir à la Première Restauration, le poste de Chef d'état-major au ministère de la Guerre (1812-1814). Adjudant-commandant ()Almanach royal pour les années MDCCCXIV et MDCCCXV, Paris, Testu, 1814, ., il suit Louis XVIII en exil à Gand lors des Cent-Jours et se montre royaliste assidu. Chateaubriand qui le mentionne dans Mémoires d’outre-tombe est impressionné par le personnageFrançois-René de Chateaubriand, Œuvres complètes, 17, Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition par Edmond Biré, tome 5, Paris, Garnier, 1828, Nendeln (Liechstenstein), Kraus, 1975, ..

Dubourg s'empare de Cambrai, Bapaume, Le Quesnoy et Arras. Commandant en Artois, ses opinions ultras le font disgracier. Diverses enquêtes démontrent ses nombreuses supercheries. Il s'invente alors une nouvelle identité attestée par des officiers d'état-major (natif du Cap Français (île de Saint-Domingue) le du mariage de Jean-Patrice-Robert, comte du Bourg, et de Marie-Magdeleine de Butler de Dionneau). Pour que ses dires soient acceptées, il en arrive même à menacer de se tuer () mais les enquêtes concluent : Alfred Marquiset, « Un héros de Juillet », Le Correspondant, 25 juillet 1914, .. Néanmoins promu commandant de la légion de la Loire (), une nouvelle enquête, bien que démontrant qu'il a bien pris part à de nombreux combats, met en doute la véracité de sa Croix de la Légion d'honneur. Réformé en 1820, ses usurpations sont démontrées. Dubourg n'insiste pas et devient journaliste.

Dans son ouvrage Questions de politique européenne, et sommaires de plans de campagne contre les Turcs, Dubourd s'invente une amitié avec Ypsilantis qui lui aurait demandé d'être le chef du mouvement d’indépendance grecque en 1821.

Lors de la Révolution de juillet, Dubourg se fait connaître en dirigeant la prise d’assaut de l’hôtel de ville de ParisLe Constitutionnel, 30 juillet 1830, .. Il se proclame général de la Garde nationale élu par « universelle acclamation »<ref>Louis Blanc, Histoire de dix ans, 1830-1840', tome 1, Paris, Germer Baillière, 1877, </ref>Alexandre Dumas, Œuvres complètes, 6, Mes Mémoires, Paris, Michel Lévy, 1863, .Hippolyte Bonnelier, Mémorial de l’Hôtel-de-Ville de Paris, 1830, Paris, Houdaille, 1835, .. Improvisé chef de la partie militaire du gouvernement provisoire, le 31 juillet, son apostrophe au duc d’Orléans fait sensation. Il l’exhorte de respecter ses engagementsBaptiste Capefigue, L’Europe depuis l’avènement du roi Louis-Philippe, première période, histoire des années 1830 à 1842, édition, t. 2, Paris, Au comptoir des éditeurs réunis, 1847, .. Soutenu par La Fayette, il s'excuse malgré tout auprès du duc pour obtenir un poste et est nommé maréchal de camp le 2 octobre 1831Le Moniteur universel, 10 août 1830, cité par Raymond Lécuyer, « Un héros des Trois Glorieuses. Le roman du général Dubourg », Le Figaro, 30 juillet 1930, ..

Placé en disponibilité (22 mars 1831)Annuaire de l’état militaire de France pour l’année 1846, Paris, veuve Levrault, P. Bertand, 1846, ., il est un personnage embarrassant et réclame, entre autres, d'être nommé Pair, de recevoir le grade de commandant de la Légion d'honneur et en 1833, une indemnité de francs pour ses dépenses lors des Trois GlorieusesJean-Claude Caron, « Révolution, concurrence des pouvoirs et usurpation de fonctions. Le général Dubourg et les Trois Glorieuses », Actes de la journée d’étude du 16 janvier 2010, Usurpations de fonction et appropriations du pouvoir en situation de crise () sous la direction de Quentin Deluermoz et Jérémie Foa, Paris, Centre d’Histoire du siècle, 2012, . Il obtient une pension annuelle de francsNote du général Dubourg à Messieurs les membres composant la commission pour l’examen des indemnités de Juillet, Paris, Auguste Mie, 9 février 1833..

Candidat aux élections à la Constituante dans le département de Seine-et-Oise lors de la Révolution de 1848, il tente sa chance auprès de Lamartine pour la création d'une garde mobilePierre Caspard, « Aspects de la lutte des classes en 1848 : le recrutement de la garde nationale mobile », Revue historique, tome 252, fasc. 1 (511), juillet-septembre 1974, . mais finalement son indemnité de francs est supprimée par le nouveau gouvernementLa Fin des révolutions. Appel au jugement de la France, Paris, Banget, 1849, .. Il tente divers recours mais ses requêtes sont rejetées. Il est définitivement mis à la retraite.

Adepte de Victor Considérant et de Charles Fourier, il fonde en 1848 Le Journal des intérêts agricoles, manufacturiers, commerciaux et maritimes dont l'objectif est la création d'un Crédit agricole mais le journal ne connaît qu'un numéro.

Il se donne la mort deux ans plus tard à Paris.

Jules Verne le mentionne au chapitre XX de son roman Le Chemin de FranceAlexandre Tarrieu, Dictionnaire des personnes citées par Jules Verne, vol. 1 : A-E, éditions Paganel, 2019, .

Publications

1812 : De la nécessité de n’employer dans l’épuration de l’armée que des mesures légales 1814 : Lettre d’un Anglais, à son retour en Angleterre d’un voyage en Italie, au mois d’, sur le roi Joachim Murat, trad. de l’anglais, augmenté de Notes pour servir à l’histoire du général Murat, Londres, impr. de J. Ridgway (attribué) 1816 : De la nécessité d’adopter un système stable d’économie, et quelques moyens de l’établir, Paris, Michaud 1827 : Mémoire sur les moyens de fonder la prospérité des fabriques françaises, en leur assurant des débouchés au dehors 1828 : Questions de politique européenne, et sommaires de plans de campagne contre les Turcs 1831 : La Révolution de Pologne et de ses effets probables, Paris, imp. d’Everat 1836 : Plan de colonisation du royaume d’Alger, indiquant les moyens de rendre la possession de cette belle conquête avantageuse à la France 1848 : Les Principes de l’organisation de la marine de la guerre, suivis de vues nouvelles sur la restauration du commerce maritime de la France, Paris, Corréard 1849 : La Fin des révolutions. Appel au jugement de la France, Paris, Banget

Notes et références

Bibliographie Louis-Gabriel Michaud, Biographie des hommes vivants ou histoire par ordre alphabétique de la vie publique de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs actions ou leurs écrits, tome second, Paris, octobre 1816 – février 1817, Jean-Chrétien-Ferdinand Hœfer (dir.), Nouvelle biographie générale : depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours..., tome quatorzième, Dexbach-Duchesnois, Paris, Firmin-Didot, 1855, col. 894-896 Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique…'', tome sixième, Paris, Administration du Grand Dictionnaire universel, 1870,

Liens externes

Catégorie:Officier royaliste de la guerre de Vendée Catégorie:Général français de la monarchie de Juillet Catégorie:Usurpateur Catégorie:Naissance en février 1780 Catégorie:Naissance à La Rochelle Catégorie:Décès en février 1851 Catégorie:Décès dans l'ancien 8e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Suicide en France Catégorie:Militaire suicidé