Georges Yves-Marie Nyo, né à Ploubalay le et mort à Clamart le Relevé des fichiers de l'Insee., est un général de division français des troupes coloniales.

Il est commandant du Sud de l'actuel Viêt Nam au début de la guerre d'Indochine.

Biographie Georges Nyo est le fils de Ferdinand Nyo et de Mélanie PerrodoRegistre matricule de Georges Nyo, Cote : FRAD022_1R2008_GP_1915, Classe 1915..

Première Guerre mondiale Engagé volontaire en lors de la Première Guerre mondiale, il est promu sous-lieutenant en , lieutenant en puis capitaine en . Il est cité cinq fois au cours du conflit et est blessé deux fois à la main et au poignet par balle.

Entre-deux-guerres Après avoir terminé ses études à l'École militaire de Saint-Cyr puis à l'École supérieure de guerre (1923-1925), Georges Nyo commence sa carrière militaire dans les troupes coloniales.

En 1925, il est envoyé en AOF.

En 1930, il est promu chef de bataillon puis sert en Indochine française où il combat les rebelles dans les montagnes de la chaîne Annamitique.

De retour en métropole, il est promu lieutenant-colonel en 1936 puis entre 1937 et 1939, il dirige depuis l'AOF, le Service de Renseignement Intercolonial (SRI), équivalent à un 2e bureau des colonies, créé par le ministre des colonies Marius Moutet, avec comme adjoint le colonel Raoul SalanBAT Jean-Pierre, COURTIN Nicolas, « Le renseignement français en Afrique », Revue Défense Nationale, 2016/7 (N° 792), p. 65-69. DOI : 10.3917/rdna.792.0065. URL : https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2016-7-page-65.htm.. Le SRI est composé de huit secteurs : Shanghai (commandant Valluy), Hanoï (colonel Levain), Nouméa (capitaine Trocard), Djibouti (capitaine Trocard), Tananarive (commandant Jean Chrétien), Dakar (commandant Jean Chrétien), Brazzaville et Fort-de-FranceBulletin de l'association des anciens des services spéciaux de la Défense nationale..

Seconde Guerre mondiale Après la capitulation de la France en 1940, il poursuit son service dans l'Armée d'armistice. Il s'évade par l'Espagne en 1943 pour rejoindre l'Armée française de la Libération en Afrique du Nord française. Le , deux jours après son arrivée au Maroc, il reçoit le commandement de la nouvelle d'infanterie coloniale. Jugé trop giraudiste par le comité français de libération nationale, il est remplacé le par le général Joseph Magnan.

En , le général Nyo reçoit un nouveau commandement, celui de la coloniale d'Extrême-Orient qui doit être mise sur pied en Provence pour intervenir en Indochine.

Indochine En , le général Nyo commande la nouvelle 3e division d'infanterie coloniale, formée à partir de la . Cette division regroupe alors 17.000 hommesGilbert Bodinier: Le Retour de la France en Indochine: 1945-1946, Service historique de l'Armée de terre, 1987, p. 65.. Elle est envoyée en en Indochine et s'agrège au Corps expéditionnaire. Les Français doivent affronter les troupes communistes d'Hồ Chí Minh dirigeant du Việt Minh, soutenu par les communistes chinois qui profitent de la défaite de l'empire du Japon et enclenchent la révolution d'août de la république démocratique du Viêt Nam. La 3e division coloniale du général Nyo repousse avec l'aide de la 9e division d'infanterie coloniale le Viêt Minh et stabilise le front en décembre, si bien que les troupes de l'Armée des Indes britanniques dirigées par le général Gracey peuvent se retirer.

Le général Nyo reçoit juridiction sur le sud de la région: en Cochinchine et dans le sud de l'Annam où il s'efforce de chasser complètement les troupes du Việt Minh de cette partie du pays. Cependant, comme il ne disposait pas de suffisamment de troupes pour une occupation globale du pays, Nyo applique la stratégie de la « pacification tournante », dans laquelle ses troupes font des rotations d'une région à l'autre. Mais face à la tactique de guérilla appliquée par le Việt Minh, cette méthode est peu fructueuse et l'on compte de nombreuses pertes dans la population civile prise en otage par le Viêt Minh qui applique une stratégie de la terreur auprès des populations rurales ayant bénéficié de la pacificationJacques Dalloz: Dictionnaire de la Guerre d'Indochine: 1945-1954, Armand Colin, 2006, NYO, Georges.. Bien que la France et le Việt Minh aient convenu en de cesser les hostilités dans le cadre de l'accord du 6 mars et du modus vivendi, le général Nyo continue à prendre des mesures contre les et les , ce qu'il précise expressément dans une ordonnance rendue le Stein Tønnesson: Vietnam 1946: How the War Began, University of California Press, 2009, p. 96.. En retour, le Việt Minh augmente de plus en plus ses infiltrations dans les régions du sud et terrorise les Vietnamiens neutres.

Le , des pourparlers de paix ont lieu à Hanoï entre le général Nyo (devenu général de division)troupesdemarine.org: Nyo Georges Yves-Marie (1895 - 1980) et le représentant du Việt-Minh, Hoàng Hữu Nam, sur la situation au sud; mais ils n'aboutissent pas David G. Marr: Vietnam: State, War, and Revolution (1945-1946), University of California Press, 2013, p. 246.. Quelques semaines plus tard, le bombardement de Haïphong a lieu, ce qui provoque l'escalade et le début de la guerre d'Indochine. Le général Nyo est nommé commandant régional du Viêt Nam du Sud, confirmant en fait sa position précédente. Après plus d'un an où peu de choses avaient changé dans le sud, Nyo est remplacé en par le général de Latour du Moulin Geneviève de Galard: Angel of Dien Bien Phu: The Lone French Woman at the Decisive Battle for Vietnam, Naval Institute Press, 2013, Annex Chronology A: French Indochina War..

Le général Nyo entre dans la réserve en 1955 et prend sa retraite.

Décorations principales Légion d'Honneur : Chevalier, Officier (1936), Commandeur (1946), Grand officier (1950) Croix de Guerre 1914-1918 (5 citations)

Notes et références

Catégorie:Général français du XXe siècle Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Militaire français de la guerre d'Indochine Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Naissance en mai 1895 Catégorie:Naissance dans les Côtes-du-Nord Catégorie:Décès en avril 1980 Catégorie:Décès à Clamart Catégorie:Décès à 84 ans