La brigade de chasseurs indigènes est une unité de l'Armée de terre française. Formée de soldats marocains, elle combat au début de la Première Guerre mondiale, puis donne naissance au de marche de tirailleurs marocains le .
Historique
Formation de la brigade En 1914, le protectorat français au Maroc compte cinq bataillons d'auxiliaires marocains, intégrés à l'Armée française. La plupart des sous-officiers et hommes de troupe sont d'origine marocaine mais d'autres sont des tirailleurs algériens ou tunisiens ou des Français. Les commandants de bataillon sont tous français mais chaque compagnie compte en moyenne trois officiers français, un officier algérien ou tunisien et un khelifa ou caïd mia (officiers) marocain.
Les cinq bataillons (sauf la qui reste à Tanger), sous les ordres du colonel Pellé, sont envoyés en France début , débarquant à Bordeaux le . Les bataillons sont ensuite regroupés au camp de Châlons le dans une brigade de chasseurs indigènes, sous les ordres du général Ditte.
Forte de plus de , sa composition est la suivante :
régiment de chasseurs indigènes : sous les ordres du colonel Touchard bataillon du commandant Auroux bataillon du commandant Fumey bataillon du commandant Richard d'Ivry régiment de chasseurs indigènes : sous les ordres du commandant Poeymirau du commandant Pellegrin bataillon du commandant Clément
Après quelques opérations sur l'Avre, sans combats réels, la brigade est intégrée au de divisions de réserve à partir du . Elle est mise en première ligne le dans ce qui va devenir la bataille de la Marne et engagée le lendemain dans la zone Iverny-Monthyon (actuelle Seine-et-Marne).
Bataille de l'Ourcq vignette|Carte des positions allemandes et françaises pendant la bataille, à partir du 6. La brigade marocaine combat au nord-ouest de Meaux.
L'assaut est lancé le matin et la brigade dépasse Villeroy à midi. Sous les ordres du commandant Poeymirau, l'avant-garde part occuper Neufmontiers où des forces allemandes convergeraient. Le () est arrêté devant le bois de Penchard par l'avant-garde de la de réserve allemande tandis que le () atteint Neufmontiers. Pendant ce temps, le () s'engage pour soutenir le stoppé par le feu allemand. Dépassant Neufmontiers, il charge vers en direction de Penchard mais les Allemands contre-attaquent avec quatre bataillons. Après une heure de combat au corps-à-corps autour du village, le bataillon déroute vers Neufmontiers, ayant perdu le commandant Richard d'Ivry, son chef, tué.
La brigade recule vers Charny, découvrant le flanc de la de réserve française engagée vers Monthyon. Unique unité de réserve de la division, le du d'infanterie attaque vers Villeroy pour rétablir la liaison avec les Marocains. Le feu de la allemande stoppe l'élan français avant le village. Le bataillon français, déplorant de nombreuses pertes dont le lieutenant Charles Péguy, rejoint les chasseurs indigènes à Villeroy. La brigade a perdu et en une seule journée mais les Allemands également éprouvés ne poursuivent pas leurs assauts.
Reformée, la brigade attaque le lendemain matin à nouveau vers Penchard puis Chambry. Le moins éprouvé est en pointe de la brigade, qui a reçu le soutien de deux groupes de batteries d'artillerie. Les Marocains subissent les feux de l'artillerie du allemand, le commandant Fumey du étant blessé avant Chambry. Un premier assaut du , lancé à ne parvient pas à prendre le cimetière de Chambry, tandis que le subit des pertes autour de Chambry. Dans l'après-midi, le repart à l'attaque pour soutenir la de réserve bloquée après avoir dépassé Barcy. Dépassant Chambry, l'assaut conjoint échoue cependant à devant les lignes allemandes. La charge frontale de la d'infanterie d'Afrique ne parvient pas non plus à remporter la décision.
Les combats faiblissent sur le front de la brigade. Le 7 au soir, une compagnie marocaine reçoit l'ordre de tenter une attaque de nuit à Chambry mais elle est détectée et, accueillie par le feu des fantassins allemands, reflue en désordre. La brigade marocaine décimée part en réserve à Neufmontiers.
Bataille de l'Aisne vignette|Chasseurs de la brigade marocaine blessés dans l'Aisne en couverture du journal Le Miroir du . La photographie est également légendée comme montrant la bataille de l'Ourcq.
La brigade est à la disposition de la à partir du . Le prend Chaudun le 11 puis Crouy le 14. Les zouaves de la ne parviennent pas à prendre pied sur le plateau au-dessus de Crouy et la brigade est engagée le 16 au matin. Les du , soutenus par le groupe d'artillerie d'Afrique, parviennent avec succès à prendre la ferme des Perrières. Le 18, la ligne française en avant de Soissons a été sécurisée mais l'effectif du a été réduit à .
Dissolution La brigade est dissoute le , les formant le régiment de marche de chasseurs indigènes, sous les ordres du lieutenant-colonel Poeymirau. Le , ce régiment devient le Régiment de marche de tirailleurs marocains (RMTM) par décision du .
Pertes de la brigade Entre le et le , les pertes de la brigade sont les suivantes : +Effectif initialTuésBlessésDisparusTotal des pertesTaux de perte186857166111612114837Total297280 Certains auteurs ont parlé, par exagération, d'un taux de perte de , voire !
Uniforme Les troupes auxiliaires marocaines ont vu leur tenue standardisée en 1913 : vareuse et culotte (coupée large) en toile kaki clair, chéchia rouge couverte d'un chèche de toile kaki clair, ceinture rouge, bandes molletières bleu foncé, brodequins réglementaires de l'Armée française. Ils portent également la djellaba. L'armement est celui de l'infanterie française, avec des fusils Lebel.
Débarqués fin août à Bordeaux, les chasseurs indigènes reçoivent deux équipements bleu foncé portés par les chasseurs alpins : le manteau-cape à capuche et une vareuse-dolman (portée par dessus la vareuse kaki clair). Ces effets sont peu portés en journée, à cause de la chaleur de l'été 1914. Les chasseurs indigènes reçoivent également un couvre-chéchia jaune canari.
Personnalités ayant servi au sein de l'unité
Henri Poeymirau (1869-1924), commandant le , André Maux (1886-1915), poète et médecin aide-major au bataillon de jusqu'à la guerre. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Alphonse Juin (1888-1967), lieutenant au du .
Références
Bibliographie
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Articles connexes
Armée d'Afrique (France)
Liste des brigades françaises de la Première Guerre mondiale
Chasseurs indigènes marocains Catégorie:Tirailleurs marocains