La thérapie de choc est le nom donné, en science économique, à une politique de réforme économique rapide et brutale. Elle consiste souvent en une libéralisation soudaine des prix et des changes, une privatisation rapide des entreprises et services publics, et la libéralisation du commerce extérieur. Elle s'inscrit dans le cadre du néolibéralisme.
Concept La thérapie de choc est un concept en économie du développement. Il consiste en une adaptation rapide d'une économie à un autre système économique, via des réformes brutales. La thérapie de choc s'oppose ainsi au gradualisme.
En tant qu'ensemble de mesures, la thérapie de choc a pour objectif de remédier à une crise économique ou à un phénomène d'importance majeure comme de l'hyperinflation. La brutalité de court terme des mesures de thérapie de choc, ou ses conséquences de long terme lorsqu'elle échoue, ont permis à certains économistes de qualifier ces mesures de .
Critiques et débats
Surmortalité et crise démographique La chute du bloc de l'Est communiste a permis l'application d'une thérapie de choc, promue par l'économiste de l'université Columbia, Jeffrey Sachs, notamment au sein des économies de transition d'Europe de l'Est, ainsi que pour certains pays d'Amérique latine. D'après plusieurs organisations, les conséquences pour les populations concernées ont été catastrophiques : en Russie, par exemple, un rapport de l'UNICEF et de l'IRC estime que la restauration du capitalisme a provoqué 3,2 millions de mortsRapport accessible ici, voir aussi une étude de The Lancet ici.. La thérapie aurait aussi eu un impact de long terme sur la démographie russe, ainsi que sur la réduction de l'espérance de vie humaine.
Outre la Russie, la plupart des autres anciens pays communistes ont subi une chute de l’espérance de vie dans les années 1990. Elle est due en particulier au démantèlement ou à l'affaiblissement des systèmes de protection sociale ainsi qu'à la forte hausse de l'alcoolisme provoquée par le chômage de masse.
La thérapie de choc aurait relativement fonctionné en Pologne, mais elle y fut appliquée de manière plus modérée que dans d'autres pays.
Faux dilemme La thérapie de choc est critiquée car ses opposants y voient «un système néolibéral de domination des marchés». La thérapie de choc ignore la voie médiane de l'économie sociale de marché telle que pratiquée en Europe de l'Ouest et en Europe du Nord.
Perte de revenus et récession L'argument majeur de la thérapie de choc est que la brutalité des mesures prises, si elles peuvent provoquer une récession à court terme, assainit le système économique du pays et lui permet de générer une croissance supérieure dans les années qui suivent. Cela n'est toutefois pas prouvé empiriquement. Plusieurs pays ayant subi une thérapie de choc ont vu leur économie s'enfoncer dans une récession profonde et ont connu une croissance lente dans les décennies suivantes.
Voir aussi
Transition économique Le phénomène est décrit dans l'essai polémique de Naomi Klein : La Stratégie du choc, la montée d'un capitalisme du désastre (éditions Actes Sud).
Notes et références
Catégorie:Macroéconomie