Le , , était une unité de la police de l'ordre () créée fin à ().

Composée de conscrits allemands, elle comprenait également des hommes issus des territoires occupés assimilés germaniques (). Le bataillon était subordonné à la Schutzstaffel () à partir de , à la suite de la réorganisation générale des forces de police.

Renommé en () du (), il est initialement déployé sur le Front de l'Est, le a participé à des actions de lutte contre les partisans et à des opérations de « pacification ».

Le a été impliqué dans la Shoah par balles, notamment lors de la liquidation du Ghetto de Pinsk en , où des milliers de Juifs ont été assassinés. Au fil de son histoire, le a été responsable de nombreuses exactions et crimes de guerre et fortement impliqué dans l’Holocauste.

Après avoir été transféré sur le Front de l'Ouest en 1944, le a été dissous en , lors de l'effondrement du régime nazi. Très peu de responsables ou d'hommes du () ont été jugés pour leurs crimes et de nombreux policiers ont retrouvé leurs fonctions pré-guerre dans l'.

Historique

Contexte et formation

La police de l'ordre allemande constitue un instrument clé de l'appareil sécuritaire du Troisième Reich. Dès l'avènement du régime nazi, Heinrich Himmler, à la tête de la , et Kurt Daluege, chef de la police de l, collaborent pour transformer les forces policières héritées de la République de Weimar en des formations militarisées, aptes à réaliser des objectifs d'expansion territoriale et de politiques raciales.

Les unités de l participent activement à l'annexion de l'Autriche et à l'occupation de la Tchécoslovaquie. Lors de l'invasion de la Pologne, les structures policières sont déployées et assurent la sécurité, le maintien de l'ordre ainsi que (pour certaines) la déportation et les exécutions sommaires massives.

Vingt-trois bataillons de la police de l'ordre interviennent dans l'Opération Barbarossa en , lors de l'Invasion de l'Union soviétique. Deux de ces bataillons soutiennent directement les Einsatzgruppen – les escadrons mobiles de la mort de la – ainsi que l'Organisation Todt, chargée des travaux de construction militaire.

Leur mission consiste à sécuriser l'arrière-garde en éliminant les restes des forces ennemies regroupées sous forme de partisans et groupes de guérilla, en surveillant les prisonniers de guerre soviétiques et en protégeant les lignes de communication ainsi que les installations industrielles capturées. vignette|220x220px|Camp de prisonniers soviétiques improvisé. (1942, Archives Fédérales Allemandes) Daluege ordonne expressément , illustrant la portée répressive de ces unités.

Les formations de la police de l'ordre se constituent par le recrutement d'hommes nés entre et . Ces troupes, organisées en bataillons, sont complétées par des cadres expérimentés – pour le , ces cadres proviennent majoritairement du « Bataillon d’instruction de la police de Frankfurt am Main » –, lesquels sont fervents adhérents et imprégné à l’idéologie nazie par leurs expériences professionnelles antérieures.

Cette organisation permet à l'appareil sécuritaire nazi de déployer des unités dans l'exécution des politiques de terreur et de répression.

Le est créé le de recrues ainsi que du bataillon d’instruction de la police Francfort-sur-le-Main () dans la caserne de police éponyme. vignette|220x220px|« Pacification » d’un village en Pologne occupée. (Exécution de six villageois dans la province de Rzeszów.) Transféré à Lublin, le dépend du Régiment de police où il est affecté à des tâches de garde et de sécurité ; il participe aussi à l'exécution de plusieurs milliers de prisonniers soviétiques dans les forêts avoisinantes ; mais aussi aide à la déportation de Juifs.

Dans sa mission de « sécurité », à Lublin, le a la charge de la « pacification » de la région environnante. La résultante de cette pacification est une multitude d’exécutions arbitraires , des incendies de village ou de ferme ainsi que des multiples exactions.

Le est transféré sur le Font de l’Est, dans le groupe de combat « Jeckeln » dans les luttes contre les partisans. Il est probable que le bataillon de police commette des exactions dans cette mission de sécurisation. vignette|220x220px|Les partisans soviétiques (ou assimilés) sont fusillés. (Russie-Nord, Exécution de partisans, Archives Fédérales Allemandes)

Après cette période dans le Jeckeln, le est rattaché à la pendant un court laps de temps puis, le intègre le , à l’instar des bataillons de police et .

Le suit la transformation orchestrée par le reichführer ainsi que le commandant de l’ et incorpore la . Le Régiment prend le nom de (), les bataillons se dotent aussi des runes et sont renommés de à Bataillon de police . Le prend le numéro ().

C'est au cours de l'été que la transformation de l''' se termine et que le est intégré dans le nouveau (comme les bataillons de police et ). Par la même occasion, le bataillon est renommé .

Massacre du ghetto de Kożangródek Kożangródek, actuellement , comporte une importante communauté juive depuis plusieurs siècles. Début de l’, plusieurs décrets successifs ghettoïsent la ville. Ce sont plus de personnes qui sont contraintes à vivre dans des conditions terribles.

Fin , le est mobilisé dans l’éradication de la population juive du ghetto de Kożangródek. Le œuvre en étroite collaboration avec d'autres unités de la police allemande et de la .

La mission consiste à éliminer l'intégralité de la communauté juive – sans distinction d'âge ni de sexe –, en recourant à des fusillades massives et à des exécutions sommaires. Le bilan de l'opération est lourd, plus de personnes sont abattues, réduisant en quelques heures une communauté historique à l'état de vestiges humains, dans une atmosphère de terreur et de déshumanisation.

Si le bataillon (encore sous le nom de ) a déjà participé à des opérations « de chasse aux partisans » ainsi que les massacres liés à celles-ci, la liquidation du ghetto de Kożangródek est la première opération systématique de ce genre pour les hommes de l’ex-bataillon de police de l’ordre.

Soutien à la liquidation du Ghetto de Łachwa

vignette|316x316px|Déportation des Juifs lors de la liquidation d'un ghetto (ici, Ghetto de Brzeziny en Pologne occupée, .

Łachwa, village de l’actuelle Biélorussie, est en un de la Pologne occupée.

Le village devient l’une des nombreuses enclaves dans lesquelles les autorités nazies confinèrent la population juive avant d’entamer sa liquidation. Cette enclave sera connue comme le Ghetto de Łachwa, où se déroula un des premiers, si pas le premier, soulèvement des ghettos.

En , au cours d'une opération conjointe avec un , le apporte son soutien pour mener à bien la liquidation du ghetto. La participation du se caractérise par la fourniture d'un soutien logistique et opérationnel permettant de sécuriser les zones d'opération et de garantir le déroulement de l'opération de liquidation.

Seuls environ 90 personnes survivent à la liquidation du ghetto, où plus de 650 Juifs sont abattus lors du soulèvement, plus de 500 sont fusillés et placés dans des fosses communes .

Liquidation du Ghetto de Pinsk

Comme dans de nombreux territoires occupés à l’Est, les Juifs sont enfermés dans des ghettos. La région de Pinsk, n’échappe pas à cette « règle ». Pinsk, où la communauté juive est installée depuis plusieurs siècles, se dote du sien où plus de personnes sont enfermées pour y vivre dans des conditions déplorables.

Entre toute fin et tout début , une opération de grande envergure se déploie dans la ville, et marque le début de la liquidation du ghetto. Dans le but de rendre le territoire occupé « » (), le (dont fait partie le ) participe activement à l'exécution d'un massacre de masse, qui s'inscrit dans le cadre d'une stratégie plus vaste de « pacification » de l'arrière-garde sur le Front de l'Est.

C’est ainsi que plus de juifs sont tués dans la liquidation du Ghetto de Pinsk, les rares survivants sont envoyés à la mort vers d’autres camps à marche forcée. À ce massacre, seules trois personnes semblent avoir échappé.

Les victimes sont soit abattues dans les ruelles confinées du ghetto, soit rassemblées et conduites vers des fosses préparées et destinées à recevoir des cadavres en masse.Cette liquidation témoigne de la froideur administrative et de l'efficacité meurtrière de la machine répressive nazie, et, illustre le mode opératoire utilisé pour anéantir les communautés juives de manière systématique : un rassemblement dans les enclaves, persécutées, affamées, utilisées, massacrées en gardant les personnes encore utiles...

Opérations anti-partisans et répressions civiles

Au cours de l’année , dans le contexte d’un recul progressif des armées allemandes et face à la montée de la résistance locale, l’unité est mobilisée pour mener des opérations de répression destinées à terrifier, massacrer (sous le terme de pacification) la population et à éradiquer toute forme de soutien aux partisans et résistants.

Cette mobilisation est appelée (lutte contre les bandits), guerre contre les partisans () voir lutte contre les francs-tireurs () et est dans les mains de la (la police de la sureté, ), et de la sécurité (, ) qui contrôle de nombreuses unités de police .

Cependant, face aux avancées de l’Armée rouge, ainsi que les actions des groupes de résistants et partisans, le , dont fait partie le , est pratiquement détruit.

Réorganisation en Norvège

En , les restes du régiment sont envoyés en Norvège pour être réorganisé, reconstitué. Caserné à Mysen (le régimentaire est localisé à Sarpsborg), Le participe à diverses missions de sécurisation des infrastructures portuaires ainsi que des missions de sécurisation face aux groupes de résistance locaux, le tout avec l’aide d’autres unités déployées localement.

Bien que le nombre de Juifs en Norvège n’est pas élevé, le pays subit lui aussi la Shoah de plein front. Ainsi, sur les Juifs résidant dans ce pays du nord, ce sont presque d’entre eux qui ont été déportés. Il semble peu probable que le aide à ces ignominies mais reste concentré sur les opérations de sécurisation.

Déploiement sur le Front Ouest

Contexte général

La signature de l’armistice de Cassibile par l’Italie avec les Alliés le (et rendu public le ), provoque une réaction immédiate de l'Allemagne nazie qui lance l' pour désarmer les forces italiennes et occuper le milieu et le nord du pays (qui ne sont pas encore repris par les Alliés).

Dans ce contexte, l’ est déployée en Italie pour maintenir l'ordre et réprimer toute résistance. Ses unités sont chargées de missions de sécurité intérieure et d'opérations de contre-insurrection, notamment dans le nord de l’Italie où la résistance antifasciste est active.

Cependant, même si la résistance intérieure est drue, « la chasse aux Juifs » ne ralentit pas, et dans le nord de l’Italie s’intensifie même après la capitulation italienne . Avant cette date, bien que persécutés par le régime fasciste de Mussolini, les juifs italiens ne sont pas déportés massivement vers les différents camps de concentration et d’extermination.

L’occupation allemande qui suit la capitulation marque un tournant. Les Allemands prennent en charge la politique antisémite en plaçant une administration militaro-policière chargée de la traque des indésirables du régime nazi. Cette chasse est souvent exécutée avec la collaboration de fonctionnaires italiens, fascistes locaux.Les arrestations systématiques se succèdent selon un procédé connu et rodé dans les autres pays ayant subi le joug nazi et les déportations : les Juifs sont rassemblés dans des centres de transit, puis déportés par train vers les camps de concentration ou de mise à mort et leurs biens sont confisqués. Les opposants à ces déportations ou ceux qui se sont rendus sont envoyés au travail forcé. C’est ainsi que plus de juifs, majoritairement du nord de l’Italie, sont transportés vers la mort.

Déploiement en Italie