Le est un sanctuaire romain à double à unique en relation avec une villa romaine. Il est implanté à du centre de la ville antique d'/Clermont-Ferrand, en France. Découverte en 2009 à l'occasion d'un diagnostic d'archéologie préventive, la villa a été fouillée par une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) entre 2010 et 2011, puis partiellement détruite par les aménagements réalisés à la suite de ces opérations. Seul le sanctuaire, inscrit aux monuments historiques en 2012, a été préservé au sein d'une zone verte.
Établi au pied des côtes de Clermont-Ferrand, le site archéologique a été profondément enfoui par des éboulements, ce qui a permis une très bonne conservation. Vierge de toute occupation protohistorique, le vallon de Trémonteix est aménagé dès le Haut-Empire. À un premier établissement interprété comme une villa romaine succède un second établissement construit vers le début du , pareillement interprété, et doté d'un sanctuaire construit d'un seul tenant. La reconstruction de cet établissement, dans le courant du , ne semble pas avoir entraîné de réorganisation majeure du sanctuaire. La datation des différentes phases d'occupation du site est toutefois complexe du fait de la rareté du mobilier, notamment céramique, permettant d'affiner la chronologie de son occupation. L'interprétation du site en tant que villa est pareillement sujette à discussions du fait de l'absence de structure agricole, à l'exception de quatre cuves dont la fonction n'est pas assurée.
Le sanctuaire occupe la partie septentrionale du reste du site archéologique. Il en est séparé par un mur de clôture équipé d'une tour-porche assurant la transition entre l'espace cultuel et la cour de l'établissement. Le sanctuaire est implanté au bas d'une pente qui a fait l'objet d'un aménagement sous la forme de terrasses, tant pour protéger le site de l'érosion que pour mettre en valeur les deux temples. Au sein du péribole qui délimite l'espace cultuel, plusieurs aménagements ont été observés, dont une fontaine et un nymphée. Les deux temples sont des structures à plan centré, le nord étant d'un gabarit légèrement plus grand que le sud ( de côté contre de côté). Tous deux ne sont toutefois connus que pour leur partie orientale, le reste de leur emprise n'étant pas compris dans le projet d'aménagement et donc dans les limites de la fouille archéologique. Si aucune divinité n'a été identifiée, la présence d'un bassin dans la du temple sud, les aménagements trouvés dans le péribole et divers mobiliers indiquent qu'il s'agit probablement d'un sanctuaire des eaux.
Abandonné à la fin du , l'emplacement du site est partiellement réoccupé lors des siècles qui suivent, avant la construction d'un hameau au cours du Moyen Âge.
Interventions Le site archéologique de Trémonteix a été découvert à l'occasion d'un diagnostic d'archéologie préventive réalisé par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) en janvier et sur environ . À la suite de cette opération, une fouille préventive a été prescrite sur une emprise de . et réalisée par l'Inrap entre 2010 et 2011, sous la direction de Kristell Chuniaud. Le secteur a depuis fait l'objet d'un aménagement immobilier sous la forme d'un quartier locatif de , à l'exception de la zone du sanctuaire qui est inscrite au titre des monuments historiques en 2012. et qui a été aménagée sous la forme d'une zone verte. Au moment de l'aménagement du secteur, le vallon de Trémonteix est occupé par des potagers et des friches.
La zone des deux temples n'est que partiellement documentée du fait de l'emprise prescrite de la fouille qui n'a permis d'observer que la partie orientale du sanctuaire, soit environ un tiers des temples.
Le rapport de la fouille de 2013 est consultable sur Dolia, le catalogue des fonds documentaires de l'Inrap..
Contextes Contexte géographique Implanté au pied des côtes de Clermont au niveau d'un cône de déjection, dans un thalweg, le site a fait l'objet d'un recouvrement sédimentaire important permettant une conservation des élévations maçonnées jusqu'à de hauteur dans la partie septentrionale du site. Des moyens techniques importants ont été mis en œuvre afin de décaisser le terrain. Les constructions sont adaptées au terrain et suivent l'orientation de la pente.
Le sanctuaire est construit à environ du centre de la ville antique d', actuelle Clermont-Ferrand. Au cours de l'Antiquité, cette ville est la capitale de la cité romaine des Arvernes.
Contexte archéologique vignette|redresse=1.5|alt=Plan montrant par un jeu de couleurs les composants d'un site archéologique.|Plan général du site pour le second état, seconde phase. Aucune occupation protohistorique n'a été mise en évidence dans le vallon de Trémonteix.
Le premier établissement rural romain construit est composé de onze bâtiments qui sont globalement répartis sur , sur un axe nord-sud composé de deux alignements de constructions. Le plus grand des bâtiments, d'environ , se trouve au centre de cet alignement. Il se singularise par une probable galerie méridionale ainsi que des murs décorés d'enduits peints ; il est de ce fait identifié comme le bâtiment résidentiel au centre du domaine. Si son interprétation est le plus souvent celle d'une villa romaine, les fouilleurs soulignent qu'il pourrait tout aussi bien s'agir d'une « petite villa ou d['une] grosse ferme » qui contraste avec les établissements reconnus à la périphérie de la capitale arverne ou dans sa proche campagne. Ce premier établissement est construit au Haut-Empire, vers la fin du ou le début du siècle suivant, et ne dépasse pas le début du , lorsque l'établissement est presque entièrement reconstruit.
Au début du , peut-être à la fin du premier tiers de ce siècle, le site est intégralement reconstruit et voit l'aménagement d'un second établissement rural de . Le site est divisé en deux espaces : au nord le sanctuaire à proprement parler, qui semble construit d'un seul tenant, et au sud la cour de la villa, longue d'au moins , où trois bâtiments dits pavillons périphériques, à pièce unique, ont été trouvés le long du mur oriental. Tandis que le mur d'enceinte est ouvert au sud, les deux espaces sont séparés par un mur de façade où est aménagé un porche assurant la transition entre les deux espaces. Au cours d'une troisième phase, dans le courant du , la cour est réaménagée : si les murs d'enceinte sont conservés, les bâtiments qui se trouvent le long sont reconstruits avec au moins six pavillons à l'architecture et à l'organisation plus sophistiquée qu'à la phase précédente. L'érosion ne permet toutefois pas d'interpréter ces constructions qui sont parfois accolées et disposent, pour certains, d'un sol en béton. À l'exception d'un pavillon, interprété comme une habitation, les autres sont supposées être des bâtiments d'exploitation agricole. Au cours de cette même phase, le terrain qui se trouve au nord des deux temples est aménagé en terrasses pour protéger le site de l'érosion et de la poussée du terrain, et aussi pour mettre en valeur le sanctuaire. En dernier lieu, un bâtiment situé dans l'angle sud-est du sanctuaire est reconstruit et contribue à la complexité de l'interprétation du site archéologique. La datation stylistique des enduits muraux mènerait à la seconde moitié du mais cette datation est infirmée par les données chrono-stratigraphiques.
Du fait de la bipartition entre des pavillons dans une cour au sud, et une partie moins agricole au nord, séparée du reste des constructions par un mur et un porche, ce second établissement a également été interprété comme une villa relevant de la catégorie dite des villas à pavillons multiples alignés. qui se caractérisent par cette bipartition marquée entre une partie résidentielle enclose, accolée à une seconde partie enclose, marquée par l'alignement de constructions stéréotypées le long des deux plus longs murs.
Le site est abandonné à la fin du mais fait l'objet d'une réoccupation au cours du Moyen Âge, sous la forme d'un hameau par ailleurs attesté dans des archives du . Celui-ci se caractérise par une série de petits bâtiments d'architecture fruste, équipés de foyers. L'habitat médiéval est associé à une série d'inhumations datées entre le et le .
Le sanctuaire antique vignette|redresse=1.3|alt=Plan montrant par un jeu de couleurs les composantes d'un site archéologique.|Plan du sanctuaire pour le second état, seconde phase. Le sanctuaire est implanté au nord des pavillons de la villa, au pied du versant qui a fait l'objet d'un décaissement afin d'obtenir une surface plane. Des murs de soutènement et des terrasses permettaient de limiter la poussée du terrain en direction du sanctuaire.
Deux temples à plan centréSi la terminologie de est toujours d'un emploi courant par les archéologues, de récentes recherches à caractère historiographique montrent qu'il s'agit d'une construction contemporaine liée à la recherche archéologique française : . y ont été construits, ainsi que divers autres aménagements dans son péribole. Ces deux temples prennent la forme d'un quadrilatère correspondant à la où réside la divinité, laquelle est entourée d'une galerie périphérique de même orientation, d'un gabarit légèrement plus élevé. Presque accolés, les deux temples ne sont séparés que par un vide de destiné à évacuer les eaux de pluie. La chronologie de leur construction n'est pas définie puisque les maçonneries n'ont pas été démontées, mais il semble que les deux temples soient contemporains et qu'ils aient été construits dans le courant du .
Péribole vignette|gauche|alt=Construction en pierres semi-circulaire, conservée en élévation sur plusieurs dizaines de centimètres de hauteur.|La fontaine faisant face à l’entrée du temple nord.
Le péribole autour des deux temples n'a également été fouillé que sur ses parties orientale et méridionale. Il s'agit d'un espace non construit où a toutefois été reconnu un dallage qui menait au temple nord. Les fouilleurs émettent l'hypothèse que l'espace n'était pas aménagé, notamment avec un sol en béton, et que les visiteurs transitaient dans une zone partiellement inondée par l'évacuation d'une fontaine dépourvue de conduite d'évacuation, au profit d'une « évacuation de l'eau dans l'aire ouverte à l'air libre ».
Plusieurs structures ont été fouillées à l'intérieur de ce péribole : un socle maçonné possiblement destiné à accueillir une statue ou un autel, une fontaine faisant face au temple nord, et un puits dont l'accès se faisait grâce à un plan incliné, interprété comme un nymphée. Alimenté en eau depuis l'ouest grâce à un drain, le nymphée était accessible par une rampe et était aménagé avec un cuvelage en bois qui n'a pas été retrouvé en place. Le mobilier trouvé lors de sa fouille comprend autant du mobilier du quotidien que des objets religieux (fragments de statuette en terre blanche de l'Allier et lampe à huile) et des pions de jeu. Des enduits peints blancs, agrémentés de bandes rouges, ont été observés sur les trois faces du nymphée, sans pour autant disposer d'un enduit hydraulique qui les aurait protégés de l'humidité.
La fontaine est la structure dont la construction est la plus soignée. Débordant du mur d'enceinte oriental du péribole, face à l'entrée du temple nord, elle était alimentée en haut depuis le nord-est du site, notamment grâce à un petit édicule interprété comme une sorte de château d'eau dont la vocation était de canaliser et de forcer l'écoulement des eaux en direction de la fontaine.
vignette|right|alt=Plaque d'enduit rouge vif sur lequel un gladiateur est dessiné et apparait en blanc.|Graffite de gladiateur sur enduit peint trouvé dans le bâtiment 5.