Le Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI) est un parti politique ivoirien fondé le dans le sillage du retour en Côte d'Ivoire de l'ancien président Laurent Gbagbo. Ce dernier préfère créer cette nouvelle formation plutôt que de s'efforcer de reprendre la tête du parti qu'il avait créé en 1982 avec son épouse Simone Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI). Le PPA-CI se positionne à gauche de l’échiquier politique. Le président du PPA-CI est Laurent Gbagbo.

Idéologie

Ce parti se définit comme défendant des positions socialistes, panafricanistes et souverainistes.

Identité, objectifs et implémentation Son porte-parole affirme la volonté du parti de prendre part à l’ensemble des scrutins municipaux, régionaux et présidentiel tout en consolidant sa présence sur l’ensemble du territoire ivoirien. Au terme de sa première année d’existence, le parti revendique la mise en place d’un vaste réseau de comités de base. Le bilan dressé mentionne environ 24 362 structures implantées sur l’ensemble du territoire national.

En , le secrétaire général du parti, Damana Pickass, annonce que le parti compte à jour de cotisation.

Crises internes, répression et tensions politiques

En , trois dirigeants du PPA-CI, dont Damana Pickass et Justin Koua, sont condamnés à dix ans de prison ferme par le tribunal d’Abidjan pour des faits liés à des troubles à l’ordre public et à des tentatives d’attentats. Le parti dénonce ces verdicts comme étant politiquement motivés et annonce son intention de faire appel.

En , le PPA-CI interpelle la communauté internationale, notamment l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne pour demander des éclaircissements sur la candidature à un quatrième mandat du président sortant Alassane Ouattara, qu’il estime contraire à la constitution ivoirienne.

Histoire

À la suite de son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) en 2021 et de son retour au pays, l’ancien président Laurent Gbagbo choisit de ne pas reprendre la tête du FPI, le parti historique qu’il avait cofondé, et opte plutôt pour la création d’une nouvelle formation politique. Le parti est officiellement fondé à l’occasion de son congrès constitutif tenu à Abidjan les 16 et .

Le PPA-CI vise à exprimer son influence politique en cherchant à nouer des partenariats et des alliances. Lors des élections législatives de 2021, le parti Ensemble pour la démocratie et la souveraineté, une branche dissidente du Front populaire ivoirien (FPI), soutient Gbagbo et obtient 18 députés dans une alliance avec le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI). Après la création du PPA-CI, les députés rejoignent tous le PPA-CI dont le groupe à l'Assemblée nationale compte donc 18 députés, ce qui fait du parti la troisième force politique à l'Assemblée.

En , se déroule l'élection à la présidence de l'Assemblée nationale. Le PPA-CI, comme le PDCI, choisit d'apporter son soutien à Adama Bictogo, candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir. Ce dernier est élu avec 237 voix contre 6 pour Jean-Michel Amankou (PDCI). Ce soutien est présenté comme faisant partie du « processus de réconciliation ».

Les relations avec le pouvoir tenu par le président Alassane Ouattara sont fluctuantes. Le parti participe au dialogue pour mettre en place la réconciliation nationale et fait son entrée à la Commission électorale indépendante. Mais, le régime continue de maintenir la pression sur les militants du PPA-CI. Ainsi, en , Damana Pickass est convoqué par la justice ivoirienne et placé sous contrôle judiciaire. Il est accusé d'être impliqué dans l'attaque d'un camp militaire en . Le même mois, le PPA-CI dénonce des interdictions de meetings politiques ainsi que l'arrestation de 31 de ses militants. Ces militants avaient participé à une manifestation de soutien à Damana Pickass en février. Vingt-six d'entre eux sont rapidement jugés et condamnés à deux ans de prison ferme pour « troubles à l'ordre public ».

Ces condamnations sont critiquées à la fois par le PPA-CI, mais aussi par Amnesty International qui demande la libération des militants PPA-CI et l'annulation de leurs condamnations. Un procès en appel se déroule le même mois et les militants sont condamnés à deux ans de prison, mais avec sursis.

En , le PPA-CI choisit Laurent Gbagbo comme candidat du parti pour l'élection présidentielle prévue en 2025. Toutefois, il est encore inéligible en raison de la suspension de ses droits civiques. Sa candidature à l'élection présidentielle est rejetée par le Conseil constitutionnel en .. Le parti se retrouve alors sans candidat officiel. Cependant, Ahoua Don Mello, vice-président du parti, présente une candidature de précaution pour éviter que le parti se retrouve sans candidat à soutenir. Cette décision personnelle est rejetée par le parti qui démet Ahoua Don Mello de son mandat de vice-président. Le PPA-CI choisit de ne pas donner de consigne de vote pour l'élection..

En , le parti conclut une déclaration commune avec le PDCI-RDA, visant à former un front commun pour l’élection présidentielle d’.

En , le Parti affirme qu'une trentaine de ses membres ont été arrêtés ou enlevés depuis le dans plusieurs villes, dont Abidjan. Le PDCI a aussi dénoncé une campagne d'arrestation de ses dirigeants en juin. Dix-huit militants sont libérés le ..

Sur le plan institutionnel, le parti soumet des observations au Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, contestant la légalité d’un éventuel quatrième mandat du président sortant et soutenant la validité de la candidature de Laurent Gbagbo.

Le PPA-CI se montre actif dans l’opposition, formulant régulièrement des critiques à l’encontre du gouvernement et des autorités en place.

Le PPA-CI annonce ne pas participer aux élections législatives de en raison de la situation politique « délétère » dans le pays avec, en particulier, les arrestations de ses militants.

En , Laurent Gbagbo est reconduit président du parti lors de son premier congrès ordinaire. Ahoua Don Mello, candidat dissident lors de l'élection présidentielle de 2025, est radié du parti. Plusieurs militants ayant déposé des candidatures dissidentes aux dernières élections sont suspendus, dont Georges Armand Ouégnin, Prince Arthur Dalli et Stéphane Kipré..

Enjeux et défis Comme toute formation politique, le PPA-CI fait face à divers défis. Le fait que son principal leader, Laurent Gbagbo, ait longtemps été privé ou contesté dans ses droits civiques influence directement les stratégies du parti. De plus, le climat électoral ivoirien, que le parti considère comme nécessitant des réformes pour assurer des élections libres et équitables, représente un obstacle supplémentaire. Le PPA-CI doit également consolider son implantation sur le terrain dans certaines régions et transformer sa présence en succès électoraux. En , le parti célèbre son troisième anniversaire au siège de Cocody-Bonoumin, tout en mettant en avant ses ambitions pour l'élection présidentielle de 2025.

Organigramme Le , il est créé un « Conseil stratégique et politique », dont les membres sont :

Assoa Adou, président Sébastien Djédjé Dano, vice-président Justin Koné Katinan, vice-président et porte-parole du parti Emmanuel Auguste Ackah, directeur de cabinet de Laurent Gbagbo Laurent Akoun Massany Bamba, anciennement membre du secrétariat, vice-présidente de l’Organisation des femmes du FPI et députée de Port-Bouët Alphonse Douati, mort le Stéphane Aymar Kipré Richard Kodjo, ex-ambassadeur, mort le Pascal Dago Kokora, membre fondateur du FPI et ancien ambassadeur de Côte d’Ivoire aux États-Unis Boubacar Koné, ancien ambassadeur puis directeur du protocole du président Laurent Gbagbo de 2008 à 2011 André Kouakou Kouassi, ancien membre du Conseil constitutionnel et conseiller spécial de Laurent Gbagbo, mort le Douayoua Lia Bi, ex-conseil général de Sinfra et ex-ministre de la Communication, revenu d'exil en 2019 Moïse Lida Kouassi Odette Likikouet Sauyet Marie-Odette Lorougnon Georges Armand Ouégnin Hubert Oulaye est le président exécutif et Damana Pickass le secrétaire général du parti. La porte-parole adjointe est Habiba Touré. Le comité de contrôle est dirigé par Marthe Agoh. La présidence par intérim de la ligue des femmes a été confiée à Gisèle Yapi Apo, celle de la ligue des jeunes à Lagui Zadé Éden Nova. Le président de l’inspection générale du PPA-CI est Issa Malick Coulibaly. Le parti organise une fête annuelle appelée « Fête de la renaissance »..

Notes et références

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